jeudi 27 mai 2010

L'ART BRUT JAPONAIS A LA HALLE SAINT PIERRE



Je pense qu'il va me falloir prendre un abonnement à la HALLE SAINT PIERRE !
Ce musée situé au pied de Montmartre propose de remarquables expositions (C'est là que j'ai découvert CHOMO et MARIE MOREL )
On ne fait pas la queue, le lieu est lumineux et superbe, le petit café -restaurant sert un thé délicieux, la librairie est une tentation à l'état pur ....

" Œufs de saumon sur pyjamas, série de trains multicolores, icônes de magazines simiesques… L'art brut nippon qui débarque à la Halle Saint-Pierre, à Paris, réserve des télescopages insolites. Ces œuvres indisciplinées, tout droit sorties de l'imagination de jeunes artistes psychotiques, ont le don de réveiller les sens. "

" A l’heure où l’Art Brut trouve la place qui lui est due sur la scène de l’Art Contemporain et où l’artiste majeur de la Collection de l’Art Brut de Lausanne, Aloïse, vient de faire l’objet d’une importante rétrospective au Japon, un panorama de l’Art Brut Japonais est présenté au musée de la Halle Saint Pierre jusqu’au 2 janvier 2011.
Cette exposition réunit 63 créateurs contemporains et plus de 1000 œuvres : dessins, peintures et notamment un grand nombre de sculptures.
C’est, d’une part, l’occasion de comprendre le caractère universel de l’Art Brut dans le champ de l’Art Contemporain grâce à certaines œuvres archétypales et d’autre part, de mettre en lumière une expression singulière propre à la culture nipponne."


Bénédicte Philippe dans un article "L'empire du soeil dément " ( Télérama n° 3150 ) écrit :


" Dessins, tableaux brodés, sculptures en céramique... Mille œuvres de soixante-trois créateurs contemporains japonais, « mentalement différents », sont présentés à la Halle Saint Pierre.
C'est la première fois qu'une telle exposition est organisée. Bouleversant les regards, elle renouvelle l'approche de l'art. Provenant de tout l'archipel, l'ensemble des oeuvres présentées est foisonnant, frappe par l'extraordinaire fantaisie, la diversité des expressions et des moyens. On savoure avant tout le pur plaisir de la découverte, même si très vite vient s'y mêler une sensation, pas évidente à décoder, d'étrange familiarité.
« A leur contact, on ressent à l'oeuvre des forces de vie », analyse Jean-Pierre Klein, psychiatre, écrivain, spécialiste de l'art thérapie.
Les auteurs des œuvres présentées aujourd'hui à Paris sont autistes, trisomiques, ou souffrent de troubles psychotiques. Certaines pièces ont été réalisées dans le bain affectif propice d'un atelier spécialisé, d'autres ont vu le jour spontanément.
« Ces œuvres, explique Martine Lusardy, directrice de la Halle Saint-Pierre, ont été rassemblées il y a quelques années, à l'initiative de l'ONG Haretari-Kumottari, pour leur donner une plus grande visibilité dans le monde de l'art et améliorer le regard des Japonais sur le handicap. » Aujourd'hui, pour la commissaire de l'exposition, « cette ouverture de la culture nipponne sur l'art brut renouvelle le questionnement sur les rapports de l'art à ses sources, à ses frontières et à ses créateurs. »
La première interrogation concerne le territoire de l'art brut lui-même : cette exposition montre qu'il continue de s'échapper du contexte dans lequel il a été historiquement conceptualisé par Dubuffet.
Que l'art brut sorte des frontières d'un pays aussi codifié que le Japon est un signe fort quant aux mutations qui agitent aujourd'hui la société. Le succès que l'exposition est en passe de remporter à Paris nous renseigne aussi sur les questionnements intimes et collectifs qui nous agitent devant des oeuvres créées aux marges, hors d'un contexte artistique et marchand.
« Au même titre que le regard sur les arts premiers a changé, une exposition comme celle-ci nous enseigne que tous les enjeux sont dignes, estime Yves Le Fur. Ne reste au final que des œuvres. » Par-delà les mots, ces dernières ouvrent le contact avec des artistes dits « déficients».
Employant des moyens détournés pour s'exprimer, ils nous forcent à sortir des a priori, des connaissances figées en nous-mêmes. Déconnectant notre regard des cartels, garants rassurants de la notoriété, ils nous rendent juste plus vivants. "
Takahiro Shimoda
Mineo Ito
Moriya Kishaba
Takashi Shuji
Yoshimitsu TomizukaSatoshi Nishikawa
Shinichi Sawada
Keisuke IshinoTsukasa Iwasaki
Yoshio Hatano
Masao ObataHirotaka Hatana
Yuji Tsuji



Halle Saint Pierre
2, rue Ronsard
JUSQU'AU 2 JANVIER 2011

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire