mercredi 25 septembre 2013

JEAN-LUC GIRAUD EXPOSE SES MONOTYPES A NANTES


Amis nantais une exposition à ne pas manquer annoncée dans MYCELIUM !
Et un artiste à découvrir ... ou retrouver : JEAN-LUC GIRAUD !






"Nous étions en 2013. L'hiver s'était étiré lugubrement. Le printemps ? Encore pire ! Des mois sans la moindre caresse du plus fugitif rayon de soleil.  La poisse au cul verdâtre, quoi ! (expression d'un défunt cousin).
... Et voilà que les spécialistes internationaux de la météorologie assuraient qu'il y avait soixante dix pour cent de chances pour que l'été à venir soit exécrable et que, concernant un éventuel été indien, on pouvait s'en battre l'œil et faire une croix dessus. Superbe !
... Et moi, moi bien sûr, pauvre de moi, avec sur ma peau et dans ma tête une impression de perpétuelle (fatale ?) moisissure mortifère, quelle énergie pouvais-je encore trouver pour répondre à un objectif que je m étais fixé, celui d'une petite exposition à Nantes à l'automne ?
Dans l'incapacité d'en imaginer un quelconque contenu, je m'appliquais lugubrement à lui chercher un titre qui lui correspondrait. Quelques exemples : "Ma dernière surprise partie", "The last Waltz", "Guignioleries d'Outre-Tombe",  jusqu'à "Le rebouteux déboîté, dans ses saisissantes moisissures"
( ce dernier avait ma préférence).
C'est une conversation avec mon ami Roger Brusetti qui m'a mis sur une voie salvatrice en m'invitant à la légèreté et à la désinvolture, antidotes souverains, selon lui, envers toutes formes  de nécroses :
-  Et pourquoi pas tes monotypes ?
Et pourquoi pas des monotypes ?
Ouf ! Voilà que j'avais une sorte d'objectif. Même s'il était dérisoire, c'était mieux que rien. J'ai démarré laborieusement, un peu comme l'écolier devant son cahier de devoirs de vacances, avec le sentiment stupide "qu'il fallait que j'assure " (assurer quoi au fait ?).
Peu à peu, le vrai plaisir, et la légèreté, ont dépassé la seule besogne et j'ai fini par bien m'amuser.
Dans le même temps, un été luxuriant étalait pour nous ses splendeurs.
J'ai réalisé une quarantaine de monotypes durant cette période estivale, qui feront l'objet de cette exposition.
Je suis aujourd'hui totalement incapable de distance vis-à- vis de cette production spontanée, et si quelqu'un me demandait ce que j'ai voulu exprimer, il considérerait certainement ma réponse stupide ou alors prétentieuse : Je voulais me montrer que j'étais encore vivant et drôle, et emmerder les météorologues.
Je m'étais également donné comme objectif prioritaire dans cette petite aventure celui de ne surtout pas faire d'autoportrait (ma "spécialité"), Alas! les quelques amis à qui j'ai montré ces monotypes semblent prendre du plaisir à me dire que cela n'est pas le cas. En témoigne ce courrier de Laurent Danchin :
On a beau connaître ton univers, c'est un renouvellement complet à chaque fois, et ce noir des monotypes est magnifique. Malgré tout on te reconnaît partout à travers les personnages ou les animaux, c'est le plus étonnant. Le créateur ne peut pas s'échapper à lui-même. On a fabriqué sa propre prison ou on est soi-même sa prison.
Laurent a bien raison, mais cette prison est aussi un royaume* et l'été indien nous sera  resplendissant.
Au fait, j'ai fini par intituler cette exposition Monotypes estivaux. Pas vraiment fracassant mais sympathique, non ?"

* Notre prison est un royaume  (Gilbert Cesbron)






"Il y aura toujours en moi comme une obligation de faire bien et de mériter, tout autant dans mes amitiés que dans mon 'travail' d'ailleurs. Quand je dis 'travail', j'englobe sans distinction mes anciennes activités d'enseignant et celles de dessinateur. Je peux par exemple m'acharner des jours sur un petit dessin au crayon, multipliant les traits minuscules pour en gommer la plupart ensuite, tout en caressant la belle feuille de papier Arches et en m'égarant souvent dans des repentirs quasiment invisibles. Cet aspect savant de mon travail me plaît et, sans doute, me rassure. Il y a de quoi  : je suis une sorte de poids lourd du petit trait. C'est pourquoi la pratique du monotype ou celle d'autres techniques aussi spontanées me procure, comme en contrepoint, un plaisir quasiment frénétique et jubilatoire, mais teinté de culpabilité. C'est sans doute la raison pour laquelle je n'aime pas que les gens me disent qu'ils trouvent ces gribouillis relevant de l'écriture automatique plus intéressants que les dessins qui m'ont demandé tant d'efforts."                      







Abandon
(Pratique nocturne du monotype)


"... Un peu à la manière d'une séance de spiritisme nocturne bon enfant.
Sans invocation particulière, ni illumination, ni une quelconque visitation.
En bonne entente avec moi-même, cet étranger compatissant, prêt à tout excuser.
Engourdissement de la pensée, c'est le vide des idées.
La volonté, cette volonté si diurne et masculine, semble comme se ramollir
dans l'odeur familière et euphorisante  de l'encre lithographique.
Souverain de ma nuit mais modeste, je ne suis pas en quête d'inspiration
ni  taraudé par l'envie de faire œuvre.
L'idée crétine de devoir faire appel à " l'imagination" me fait sourire.
L'imagination, combleuse de vide,  dont parle Simone Weill *
Il se trouve que c'est justement cette attirance du vide qui dans ces moments m'emporte.
Alors, je gribouille cependant que le temps se dilue.
Un peu aérien mais restant néanmoins très appliqué, besogneux même, 
j'enchaîne une série de monotypes jusqu'à ce que la lassitude l'emporte.
J'aime que cette technique rapide ne supporte pas le repentir.
Quand "rien ne vient" il ne sert pas de s'obstiner, mais ce n'est pas du tout grave.
Mieux vaut s'en prendre alors au choix d'un mauvais papier,
de l'encre qui sèche trop vite ,ou à cet imbécile de chat 
qui s'applique à mettre ses empreintes partout où il ne faut pas..."

* La pesanteur et la grâce.






Vernissagee mercredi 25 septembre 2013
à partir de 18h 30.
Apéritif de décrochage le dimanche à partir de 11h








EXPOSITION
JEAN-LUC GIRAUD

MONOTYPES ESTIVAUX

 du lundi 23 au dimanche 29 septembre
de 10h30 à 13h et de 16h à 19h.














Galerie  ATELIER EXPO
14 rue Joseph  Caillé 44000 Nantes.
( entre la Place Edouard Normand et la place Viarme)


JEAN-LUC GIRAUD ET MYCELIUM 


JEAN-LUC GIRAUD ET LES GRIGRIS DE SOPHIE

(cliquer sur les liens) 





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