mardi 5 juillet 2016

" NYMPHEAS NOIRS " DE MICHEL BUSSI







.... - Mais Monet n'était pas fou ... il ne peignait pas les cadavres !
Guillotin dévale les escaliers, les deux étages, se rue dans la boutique du musée, attrape un énorme livre et déchire le plastique transparent entre ses dents.
Il tourne les pages, comme habité .
Monet n'a pas peint la mort ! Monet ne peignez pas les cadavres, seulement la nature ! Ah, ah ... Regardez, inspecteur, regardez !
Bénavides ne peut refréner un mouvement de recul.
Un spectre. Pleine page.
Le tableau représente un portrait de femme. Yeux clos . Comme enveloppé d'un suaire de glace, d'un tourbillon de coups de pinceaux gelés, comme prisonnière d'une toile d'araignée blanche qui dévore le visage pâle du modèle .
La mort ...
-Je vous présente Camille Monet, explique la voix froide de Guillotin . Sa première femme. Son plus joli modèle . La demoiselle à l'ombrelle dans les coquelicots, la compagne radieuse des dimanches à la campagne. Morte à trente-deux ans ! Monet a peint ce tableau maudit au chevet du lit de mort de sa femme; il s'en voudra toute son existence de ne pas avoir résisté à la tentation de fixer sur la toile les couleurs de la vie qui s'envole, d'avoir traité son amour à l'agonie comme un vulgaire objet d'étude. Comme Géricault et sa fascination pour les corps écartelés . Comme si le peintre avait pris possession de l'amant désespéré. Monet, devant le frais cadavre de sa femme, raconta qu'il avait été victime d'une sorte de peinture automatique , comme sous hypnose."





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