lundi 1 août 2016

DANIELLE JACQUI VUE PAR CLAUDE ARZ


A 82 ans, DANIELLE JACQUI vient de refaire, une fois encore, la façade de sa maison !





(photos Danielle Jacqui)


Et pour accompagner ces photos le texte qu'écrivait CLAUDE ARZ  à propos de La Maison de Celle qui Peint en 1995 dans la France Insolite : 

"Danielle Jacqui a inventé un art jubilatoire en peignant entièrement les façades de sa maison, du sol aux gouttières. Une isba couleur bonbon, tapissée de tableaux multicolores, plantée en plein coeur d'un village provencal, Pont-de-l'Etoile. Sur la façade, un poème: «Je suis allée chez Merlin l'Enchanteur et j'ai ramené des paillettes d'or et d'argent, de la neige de Noël; du spray multicoçlore et mille autres ingrédients pour magnifier mes dessins comme des cartes postales du Nouvel An.» C'est le manifeste d'une femme qui expose ses oeuvres aux passants, au clair de lune, aux hirondelles. C'est aussi une femme qui revendique sa maternité, son cri dans la ville, un cri bariolé, un cri haché. Une démarche différente d'un Ben Vautier qui explique que s'il met des objets sur sa maison de Saint-Pancrace, c'est pour attirer le regard des autres, comme le paon. Avant tout, un travail dur, pénible. Combien de fois a-t-elle dû s'accrocher à l'échelle pour peindre et repeindre les façades soumises aux vents d'hiver et aux soleils brûlants de l'été ? Convaincre aussi les habitants du village de sa démarche artistique, une démarche provocante, têtue, enfin reconnue par l'organisation du Festival d'Art Singulier de Roquevaire.
A l'intérieur, c'est le ventre de la baleine décoré par un Jonas illuminé. Pas une parcelle de murs qui ne soit recouverte de paillettes d'or ou de gouache. Les couleurs jaillissent de Danielle Jacqui comme une cascade. Elle peint, laque, nourrit et soigne par les couleurs tout ce qui se trouve autour d'elle. Le réfrigérateur, la table de la cuisine, la lampe à iode, la salle de bains, les toilettes sont inondés de céramiques incrustées de têtes grotesques.
Tout y est passé, absolument tout. Comme un déluge de couleurs. Il n' a pas de dessin à l'origine car Danielle Jacqui fonctionne à l'intuition. Il n'y a pas de cadre non plus. La maison est véritablement inondée de toiles, céramiques, broderies.
Au rez-de-chaussée, d'un côté le jardin d'hiver et ses fastes exubérants, de l'autre l'atelier peuplé de tableaux brodés dont une fausse toile de mariée faite de deux sacs de pommes de terre d'où pendent des boules de laine blanche. Les tableaux sont gorgés de rouge, de vert et de bleu d'où surgissent des têtes hilares, des bouches charnues, des yeux malicieux. Comme un torrent de lianes bariolées, de fleurs exotiques. Au bout d'un labyrinthe de couloirs, une grotte où sommeillent des créatures sculptéees dans l'argile. Les marches de l'escalier qui mène au premier étage sont ornées d'un poème graffité en rouge: «Mon escalier est un jardin, mon pré d'herbe folle, ma musique, mon carré de pissenlit...» Des messages pour repeindre le monde des vivants. Comme les chanteuses qui font des vocalises, Danielle Jacqui crache les couleurs, le feu dans le coeur."






DANIELLE JACQUI ET LES GRIGRIS DE SOPHIE

(cliquer sur le lien)

Pour Anne-Marie, pour son anniversaire, cette femme ORGANuGAMME que j'aime tant et qui est pour moi un exemple ....

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