samedi 27 août 2016

L'EGLISE DE GANAGOBIE DANS LES ALPES DE HAUTE PROVENCE


JUIN 2016 ...

"Surplombant la vallée de la Durance du haut de son plateau boisé, le monastère bénédictin Notre-Dame de Ganagobie, fondé au Xe siècle par l'évêque Jean II de Sisteron, est réputé pour ses mosaïques médiévales. Ces dernières, situées dans l'abside centrale de l'église, constituent un véritable joyau de l'art roman. Réalisées au XIIe siècle, ces remarquables mosaïques polychromes, d'influence orientale, sont ornées de motifs géométriques et d'animaux fantastiques. Autre merveille à découvrir, le magnifique portail de l'église, avec son tympan sculpté représentant le Christ en Majesté."




"La façade occidentale de l'église est la partie la plus remarquable.
Le portail est la première des splendeurs du prieuré de Gangobie que l'on peut voir lorsque
l'on entre dans l’église romane.
Sous un oculus de grand diamètre se trouve un portail monumental assez profond et établi dans l'épaisseur du mur-pignon.
Ayant subi plusieurs restauration vers le XVIe ou plus surement vers le XVIIe siècle, il se compose d'une archivolte où les voussures pleines sont associées à des voussures festonnées retombant sur des colonnettes de chaque côté, et prenant appui sur un bahut constitué de cinq socles moulurés.
Ces colonnettes sont rehaussées de chapiteaux corinthiens à feuilles d'acanthe, tous différents.
L'un représente un masque d'homme barbu, l'autre des masques de gladiateurs grimacants ;
des diablotins semblent surgir de la pierre..."








" L'église possède des mosaïques, de tradition carolingienne, mais plus certainement d'inspiration orientale, représentant des lions et des griffons. Elles ont été commandées par le prieur Bertrand, en fonction à Ganagobie dans le troisième quart du XIIe siècle. L'inscription autour de l'abside nous donne même le nom du chef de l'équipe ayant réalisé ce pavement, d'une qualité exceptionnelle et qui semble avoir quelques ressemblances avec les mosaïques découvertes - certes moins riches - dans l'ancien prieuré de Saint-André-de-Rosans, Hautes-Alpes. Chef-d'œuvre de l'art roman, les mosaïques de Ganagobie occupent la majeure partie de son sol. Elles ont été exécutées vers 1124 et couvrent une surface de 72 mètres carrés. Initialement plus étendue (82 mètres carrés), la partie centrale fut détruite pat l'écroulement de la coupole au XVIe siècle ou lors de la démolition de l'église en 1794. Le chœur de l'église du prieuré a été dégagé à la fin du XIXe siècle.
Sa dimension et sa qualité artistique en font une œuvre unique en France. Certaines réminiscences de motifs byzantins rappellent la place de la Provence dans l’Antiquité. L'ensemble évoque les tapis d'Orient bien connus dans l'Europe du XIIe siècle.
Trois couleurs : rouge (grès), blanc (marbre), noir (calcaire) et une grande variété de formes font vivre, autour de l’autel, une faune et une flore fabuleuses : créature intermédiaire entre le bœuf et l’éléphant, centaure, griffon, etc. Dans les absidioles occidentales, les mosaïques, en partie disparues, représentent des monstres réalistes et un chevalier ; dans une absidiole sud, un cadre contient un taureau à tête humaine, deux médaillons enferment une harpie et un cerf. Le même décor végétal complète ces mosaïques. D’autres animaux fantastiques ornent le deuxième transept, dont certains marqués, comme sur les textiles sassanides, d’une croix pattée noire. Le bras sud contient un Saint Georges tuant le dragon. Sur le sol, une lutte de monstres et de cavaliers.
Fin 1975, les mosaïques sont pratiquement illisibles, recouvertes d'une couche de terre, de poussière et de sels, qui, en fonction du taux d'humidité, se transforme en boue. Le tapis de mosaïque parsemé de nombreuses lacunes est désolidarisé du support, il sonne « creux ». Sous le pavement, se trouvent plusieurs types d'assises, de nature et d'épaisseur irrégulières, sur une couche de remblais et des vestiges de constructions antérieures reposant sur le rocher. Le pavement présentait deux grands types d'altérations : une altération mécanique accidentelle due à l'effondrement de la voûte à la fin du XIXe siècle ; une altération de nature physico-chimique résultant de la nature des matériaux, de la structure de la mosaïque, de la situation géographique et hydrogéologique du pavement par rapport au plateau de Ganagobie, des conditions climatiques et du micro-climat propre à l'église. La variation du taux d'humidité est le principal vecteur de ces phénomènes et l'eau, remontant par capillarité, entraînait des sels solubles."































Cette œuvre exceptionnelle passe un peu inaperçue lorsque l'on visite le magnifique prieuré de Ganagobie si célèbre pour ses fabuleuses mosaïques son cloître et son portail .
L'histoire de cette pierre sculpté est également passionnante car elle ne fut découverte qu'en 1930 dans une ferme de la région où elle servait d'auge après des vicissitudes elle ne fut restituée qu'en 1982 à Ganagobie pour être installée à l'entrée de l'église .
 Ses trois faces sont ornées de motifs archaïsant où domine une figuration très naïve d'un "orant" nu les bras levés en croix accompagné d'un arcs, tout autour se développe des décors d'arcatures et de marguerites et aussi de spirales dont une très large sur la partie centrale la plus visible .La présence d'une croix entourée de curieux motifs végétaux ne laisse pas de doute sur la marque chrétienne de cet ancien tombeau qui pourrait dater du IX éme siècle soit des tout premiers temps du monastère.
Une fois encore cette oeuvre rare est la marque des influences les plus anciennes sur l'art des premiers chrétiens"





"Depuis les destructions de la Révolution, l'église n'avait plus de vitraux, mais de simples vitres translucides qui laissaient passer la lumière du jour. Les recherches archéologiques qui ont eu lieu parallèlement aux travaux de restauration du monastère dans les années 1960 ont mis au jour de petits fragments (classés) qui ont prouvé qu'il y avait eu autrefois des vitraux très colorés.
Depuis 2006, de nouveaux vitraux ont été installés : la communauté des moines bénédictins a choisi le projet de vitraux non figuratifs proposé par le père Kim En Joong, moine dominicain coréen."




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L’église est ouverte tous les jours sauf le lundi.
Toutefois, la visite ne peut être complète (accès complet a toute l’église ainsi qu’aux mosaïques qui sont situées au fond de l’église) que durant les horaires de visite. Ainsi, la visite est préférable chaque après-midi du Mardi au Dimanche inclus, entre 14h30 et 17h15. L'accès aux mosaïques est possible durant ces horaires.

Il est également possible de voir le cloître à partir de l'église, grâce à une baie vitrée qui y donne directement accès. Les autres bâtiments du monastère ne sont pas accessibles aux visites pour ne pas perturber la vie de la communauté.


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