samedi 25 février 2017

LES AMBROTYPES DE TIPHAINE POPULU

C'est à Izabella Ortiz que je dois la découverte des captivants songes-mirages de TIPHAINE POPULU ...

Tiphaine POPULU : photographie au collodion humide sur plaques de verre
ambrotypes et tirages

Née en 1987, je vis et travaille à Tours où j'ai étudié la littérature et l’histoire de l’art.
La photographie - métier de mon grand-père et de mon père - resta longtemps refoulée, compagne discrète et oppressante tenue à bonne distance durant toute mon enfance.
Après l'avoir tenue à l'écart pendant plus de vingt ans, j'ai laissé la photographie m'approcher pas nécessité. J'ai commencé à photographier en numérique pour pallier les carences de ma main et du dessin. Je suis alors récompensée quelques mois après mes débuts, en juin 2011 puis 2012 lors de concours photo organisés par la ville de Tours.
Toutefois, ne retrouvant pas les sensations procurées par les arts plastiques, je range mon reflex numérique. Par la suite, contrainte de cadenasser ma sensibilité, je tente également de ranger ma créativité. 

La photographie, réponse à l'effacement, aux disparitions

Suite au décès de mon grand-père Michel POPULU, la perspective d’une dissémination du patrimoine familial crée le déclic. L’aide de certains membres de ma famille, les encouragements et la bienveillance de quelques acteurs du monde de la photographie, de l’art et de l’artisanat me permettent de restaurer le « trésor » du photographe montois, une chambre photographique d’atelier.
Pour donner vie aux ambrotypes, ces photographies sur verre héritées du XIXème siècle et dont le nom signifie "immortels", j'apprends en autodidacte le procédé au collodion humide. S'ensuit l'expérimentation de différentes techniques de tirages. AMBROTIFF est née.

Une démarche ni vraiment nostalgique, ni franchement passéiste

Les spécificités de l'ambrotype sont essentielles dans ma démarche. J'utilise moins le collodion humide pour son charme historique que pour la symbolique toute personnelle que j'ai dégagée de ce procédé, liée aux questions du support verre et de l'humidité inhérente à son bon fonctionnement entre autres. Je ne cherche pas à (re)produire la photographie du XIXème siècle. Et il ne reste de ce siècle que sa dépouille dans mes photos : des vêtements, des objets anciens de mon quotidien tout au plus. 
Chaque image, cueillie voire pêchée plutôt que chassée, composée comme une peinture longtemps murie, résulte de l’exploration d’un cabinet de curiosités dans lequel un corps – presqu’exclusivement le mien – cherche sa place et tente de rester à la surface.

Je vous invite à la croisée des chemins, là où le rire ne sait plus trop s'il doit avancer ou reculer, perdu devant ces trous de serrures donnant sur mes huis clos.











Et ma préférée




Un texte de Raphaël Chambriard sur les photographies de Tiphaine et l'exposition qui s'est tenue à Tours début février :


"Fille et petite-fille de photographes, Tiphaine Populu a remonté une chambre photographique d’atelier. L’atmosphère surnaturelle des clichés (d)étonne.

Montée sur son trépied à roulettes, la chambre photographique d'atelier, avec ses deux soufflets, impressionne par sa taille, sa complexité avec des pièces métalliques, en bois et en verre.
Mais plus impressionnant encore est Tiphaine Populu. Cette jeune femme frêle, au regard félin, aux longs doigts effilés, a redonné vie à cet appareil centenaire.

Fille et petite-fille de photographes installés à Monts, elle vient à son tour, et surtout à sa façon, prendre des clichés. Une façon de respecter la parole donnée à son grand-père décédé en 2012 : « Il m'a fait promettre qu'on était immortel… Une promesse difficile à tenir. »
Apparition éthérée
Elle pense, réfléchit, se dit que cette chambre pourrait capter les images qu'elle voudrait dessiner. Très déterminée, elle se met en quête des parties manquantes : l'optique avec le viseur, la partie arrière qu'elle fait refaire par un menuisier pour pouvoir fixer les plaques en verre. Entre-temps, elle achète de petits modèles à soufflets, légers, pratiques, pour se faire la main. La littéraire éprise de poésie, aussi passionnée d'histoire de l'art, se plonge dans de vieux ouvrages scientifiques, techniques. Elle apprend toute seule à faire ses préparations, des mélanges chimiques pour la technique du «colodion humide» afin d'obtenir différents effets sur la plaque en verre. « Je n'ai jamais fait de stage. Ma première photo sur verre est sortie avec beaucoup d'émotion, un jour de Noël. »
A Tours, elle présente sa première exposition. Des images surprenantes, comme sorties d'un autre temps, celui des spirites qui s'ingéniaient à capturer des apparitions de corps célestes ou de fantômes.
Sans chercher à reproduire des clichés à l'ancienne, Tiphaine Populu se prend en photo, parfois dévêtue, dans des mises en scène intimistes, avec de vieux objets chinés par elle, ou ses parents qui se distinguent comme s'ils apparaissaient en relief. Grâce à la magie de la chambre à soufflets, Tiphaine semble lointaine, éthérée, spectrale, comme une apparition chez Poe. Naît alors un univers à la Tim Burton.« Pendant les quelques minutes dont je dispose pour la pose, j'ai l'impression de me dédoubler, de m'abandonner. » Cette éternité dure quelques secondes."




 LE BLOG DE  TIPHAINE POPULU

L'ARTICLE DE LA NOUVELLE RÉPUBLIQUE

L'AMBROTYPE SUR WIKIPÉDIA

 (cliquer)


TIPHAINE POPULU BIENTÔT A SABLE SUR SARTHE


Vernissage 10 mars à 17h30
Office de tourisme
Rue du château -Sablé
Exposition de photographies - ambrotypes
"Défaillances"
Tiphaine Populu


1 commentaire:

  1. Tiphaine Populu exposera à Sablé sur Sarthe à l'office de tourisme du 10 mars au 2 avril.
    Elle vous accueillera lors de son vernissage le 10 mars à 17h30.
    https://www.facebook.com/events/779196485563481/?ti=cl

    RépondreSupprimer