vendredi 3 août 2018

JOSEPH KURHAJEC ÉTAIT A GISORS


" D’origine tchèque, Joseph Kurhajec est né en 1938 à Racine, dans le Wisconsin, aux Etats-Unis, où son père est éleveur de visons. Cette enfance au sein de la nature amérindienne est une source d’inspiration très riche.
Il s’adonne à la sculpture, au modelage, au dessin, au collage et à la peinture. Il crée des animaux, des totems et des personnages sanglés de cordes et couverts de tissus, de fibres, de cornes et de plumes.
Jospeh Kurhajec partage sa vie entre trois endroits : les Etats-Unis, la France et, depuis peu, le Mexique. Partout chez lui, c’est un inlassable voyageur qui parcourt le monde à la recherche d’images et de visions fortes qui viennent enrichir sa création."



























 "Il est né en 1938 dans le Wisconsin. Après une enfance dans un ranch où ses grande parents, originaires de Tchécoslovaquie, étaient à la tête d’un élevage de visons, il choisit d’abord d’étudier la sculpture sur métal à l’université du Wisconsin, mais c’est une exposition de fétiches du Congo à l’Art Institute de Chicago qui, en 1961, va décider de son orientation artistique .Il a travaillé successivement à New York, Rome et en Angleterre et s’est installé à paris en 1987.

Pour évoquer son pouvoir créateur et la force de ses œuvres, Joseph utilise des formules comme
« injecter du spirituel dans mon travail » ou « débusquer la présence du sacré et de la magie dans l’art ».Qu’est ce qui caractérise l’esprit de l’artiste, qu’est ce qui donne cette force et cette présence à chacune de ses œuvres ?

1-c’est d’abord un esprit d’observation et d’attention constantes à la création telle qu’elle se manifeste dans la nature et « le spectacle du monde ».Il n’est pas indifférent de savoir que cet artiste est aussi un grand chasseur et un grand pêcheur qui partage avec ses proies cette qualité d’être toujours en alerte, aux aguets, de détecter les moindres signes pour les interpréter. Joseph nous donne cette possibilité de faire un portrait de l’artiste en chasseur ou en pêcheur. l’art a aussi affaire à cette capacité de traquer le moment où surgit la rencontre, l’inattendu, l’inhabituel, à le saisir sans le laisser passer.

50 ans de création, 50 ans où son esprit a été préoccupé par la création ont affiné le pouvoir de détecter les matières minérales ou animales, les objets échoués susceptibles de rejoindre son œuvre et de retrouver une nouvelle vie dans son imaginaire. Tous ces matériaux qui seront incorporés dans une sculpture avec le minimum de transformations ont tous des contextes de rencontre et un devenir qui les transfigure. Ces clous enfoncés dans un crane pour donner à cette statuette la force d’un fétiche congolais ont été trouvés et achetés dans un souk du Caire, âprement marchandés…cette pièce de harnais qui entrave ce visage de l’animalité provient des puces de Vanves, et joseph évoque encore aujourd’hui le bonheur d’avoir trouvé cette pièce qui va donner une toute autre signification à une pièce déjà existante. Il ne va pas toujours très loin pour ces trouvailles : les branches de marronnier qui donnent de l’ombre à son atelier parisien deviennent avec deux traits de scie et quelques coups de râpe ces merveilleux serpents voluptueux…

2-l’échange réciproque et le dialogue avec toutes les civilisations du monde. Pour être toujours surpris par l’inattendu et garder en alerte son sens de la création, l’artiste a besoin de voyager, de quitter son chez soi, ou de trouver son chez soi partout où il va. Il ne travaille jamais mieux que lorsqu’il est ailleurs. Il ne tient pas en place entre Paris, son village de Treadwell dans les Appalaches et le Mexique. Joseph ne voyage pas au sens propre du terme, il travaille avec les artistes qu’il rencontre et s’imprègne de l’imaginaire, des mythes et légendes des endroits traversés. Il est allé travailler avec les Inuits, dans le Nord du Canada, il a fabriqué avec eux des statuettes et des masques Yup’ik et s’est imprégné de toutes les ressources animistes de la création. Avec des Indiens d’Amérique proches de Treadwell il s’est initié aux figurines qui accompagnent le chamanisme. Il est allé aussi travailler avec des « singuliers » de l’art en Scandinavie, en Hongrie, et en France !Il ne fabrique pas des fétiches ou des totems, mais il s’est imprégné de tout l’imaginaire des civilisations rencontrées, des manières différentes de figurer l’invisible dans le visible, de l’exercice brut de la création. Il s’est incorporé tout cela dans la main, et ses œuvres semblent maintenant sortir spontanément de sa main, avec une « manière » qui est bien à lui ; inimitable.

3-Ce travail d’échange accompli avec les civilisations se nourrit aussi d’une confrontation avec l’histoire de l’art, avec des références explicites, dans ses gravures, à Dürer, Goya , Picasso… et aussi toute la tradition populaire de l’art, du folk art jusqu’à l’univers de la BD. Ajoutons même que c’est un grand collectionneur d’art africain…"


JOSEPH KURHAJEC ET LES GRIGRIS DE SOPHIE 
 




 LE TEXTE SUR JOSEPH 


 SUR LE SITE DE LA CRÉATION FRANCHE

(cliquer sur le lien)



Retrouvez le travail de JOSEPH à PEBRAC ( 43 - Haute-Loire) cet été ...




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