mardi 12 février 2019

ANNE JEBEILY


Je l'ai souvent citée sur les Grigris, présentant de-ci de-là des visuels de ses dessins. 
J'aimerais aujourd'hui lui consacrer toute une page.
Voici ANNE JEBEILY !
















"Mon univers est un théâtre peuplé de personnages dont la troupe grossit au fil des voyages. Ils questionnent ce qui nous émeut, nous bouleverse, nous effraie, nous transporte. Ces portraits imaginaires peuplent ce paysage, tantôt étranges, terrifiants, sereins ou tourmentés, heureux et étonnés… Je dessine ce qui fait mal et ce qui fait bon : Je fais ce qui ne peut se dire avec les mots."




 







D’où ça vient

Comme ça vient...d’où ça vient

Je dessine depuis toujours. D’abord dans les cahiers de textes et sur les papiers volants de mon enfance. J’ai été bercée par les images noires et blanches des portraits photographiques que mon père réalisait et que nous développions le dimanche. Mes parents m’ont donné le goût des livres, des arts. Mon oncle peintre aussi a été une source d’admiration.

Tout me venait et donnait du sens à ce que je voyais... une image, un mot, une histoire, une ombre, un rêve, tout se répondait.

De mon enfance je garde des souvenirs de forêts, de ruisseaux, de champignons, de tapis aux motifs étranges, de grandes reproductions de peintres, des tables et bancs en granite du jardin, des vieux livres lus avant de savoir lire…

De l’autre côté de la mer, j'ai imaginé. Mes ancêtres s’appelaient Achille, Athéna, Adon, d’autres n’avaient pas de noms, mais des profils, des corps,des décors.
Puis, comme les ruines antiques d’une civilisation disparue, il reste des traces, comme là une colonne blanche, ici une sculpture sans bras, un morceau de mur, un objet magnifique dont on a perdu la signification alors que cette colonne était peinte de couleurs vives, que cette sculpture était parée, que cet objet était doté de pouvoirs magiques...
 Dans mon travail, je pense que c’est la même chose. Il reste des traces, détournées de leur sens, comme cette mythologie imaginaire, des ancêtres que j’ai inventés, de ce frère qui ne sera plus là. Et puis, je suis venue à traiter le visage, la peinture, le dessin. Le visage comme un paysage. Chaque portrait un monde, toute une histoire.

Le silence
Est venu le choix et l’engagement. Les Beaux-Arts m’ont fait grandir dans ma façon d’envisager la création, comme une recherche consciente et permanente.
Je n’ai jamais arrêté depuis lors. La création me porte, je la nourris et elle me nourrit en retour. Un long entracte cependant pour élever mes enfants.

Je suis venue à la peinture après les Beaux-Arts. Auparavant je mettais en scène de petits personnages, ombres, têtes en terre crue. La nécessité de créer m’a amenée à la toile, comme une maquette imaginaire de ce que pourrait être...Et toujours cette nostalgie de ce qu’était la peinture et le dessin au sens classique du terme.
Un questionnement profond sur le fini et l’infini. Inachevé, qui prend corps de façon visible, avec cette impossibilité d’y revenir. Pas de repentir.
Une peinture en appelle une autre. Une émotion insaisissable, un souvenir en apparition, une course contre le temps et hors du temps... Mon atelier est dans ma tête, dans un carnet que j’emporte dans mon sac aussi. Je ne passe pas une heure sans penser à la toile en cours que j’ai laissée à la maison et qui m’attend.


LE BLOG D'ANNE JEBEILY 

 ANNE JEBEILY ET LE HANG ART

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 ANNE JEBEILY sera présente au Grand Palais du 13 au 17 février (le 12 sur invitation)



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