dimanche 11 janvier 2026

ANNE SOPHIE OURY HAQUETTE ... MOI J'AIME TELLEMENT

 

Je suis son travail depuis des années et en avril 2025 mon amie Anouk a écrit un texte sur ses gants magnifiques (ICI). 

Depuis des mois j'enregistre ses créations et récemment un texte écrit par elle m'a donné l'envie d'une nouvelle publication.

Longue vie aux exceptionnelles créations d'Anne-Sophie Oury Haquette !

 

Quand la nuit descend,
Je chuchote à vos rêves dans le creux de mon ventre,
Vous courez éperdus,
Je vous cueille au passage,
Je vous berce ;
Vous retrouvez souffle,
Vous retrouvez Vous, tout entier,
Celui-là même que vous aviez laissé en chemin,
Confiant, lumineux ;
Plus tard,je dresse à vos faims une table de fête sous les arbres,
Où retrouver le peuple des forêts
Même le lynx, quand je penserai qu'il est trop tard !
C'est là que tout le jour, jusqu'à la nuit,
Je couds vos moiteurs d'enfance
dans les senteurs de blé craquant, d'herbe sèche,
Et comme c'était bon de se retrouver,
Lourds des heures passées loin,
Dans le bruit de nos cœurs !
Je couds vos meurtrissures,
La rudesse des armures endossées,
Je pique les rumeurs, les bruits de couloir,
Les secrets volés aux portes entrebâillées,
Les mains ouvertes à la neige,
Celles qui se tordent,
Je vous suis, encore, toujours,
Égarés, absents,
Je connais le grain de vos peaux,
Tout ce qui s'est déchiré un jour,
Je le rassemble,
J'essaie,
Sans jamais cesser de vous aimer.
 
 
 
 

































 

Ce que je suis

Tout traverse dans mon travail, tout s’entremêle, résonne ; rien ne s’achève ;

L’écriture se suspend pour le dessin qui m’entraîne vers d’autres mots, croisés par le fil d’un fragment cousu ; bribe de dentelle ancienne, coton ou lin, branche, mousse, lichen ou graine.

Tout traverse et je suis traversée :

Par la force lumineuse des arbres (leur résilience espérée),

Par ce qui m’étreint : le Beau, comme la désespérance de cette terre qui meurt,

Traversée par ceux que j’aimais, et qui sont morts, qui me portent autant que je les porte,

Traversée par un temps qui ne passe pas, qui réunit en un seul point mouvant passé, présent, futur ; tout en effet trouve sa correspondance, son écho ; l’universalité, l’intemporalité des douleurs et des joies humaines me fascinent.

De là vient mon envie de travailler sur des vêtements anciens ; ils gardent dans leurs fibres les émotions de ceux qui les ont portés (autant je crois que leur sueur, les taches de lait ou de vin…) ; je cherche à créer, à partir des traces de leur histoire, un écho nouveau ; j’espère que celui ou celle qui regarde reconnaitra ses propres émotions.

Traversée, je cherche à inviter l’autre à traverser à son tour.

On me dit souvent qu’une partie de mon travail évoque l’enluminure, le vitrail, l’icône, ces ressemblances sont liées à mon éducation, je ne les rejette pas mais mon propos n’est pas religieux.

Je dessine, j’écris, je couds mon envie de protéger les enfants, les bêtes, les arbres, mon envie d’emmener avec moi vers une nécessaire et urgente reconnexion à la Nature, au Vivant sous toutes ses formes, tous ceux que j’aime, ceux que je croise sur ma route, ceux que je ne connais pas encore.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 (cliquer) 
 
 
 
 

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