Souvenirs d'une belle rencontre dans la petite ville de Thouars ...

"La clef de l’œuvre est là : tout ce qui vit, se transforme. Rien n’est jamais achevé…"
"Glanés sur les plages, les matériaux
échoués et modelés par les flots, bois, plastiques, coquillages,
tissus, cordages, serviront de ciment à mes histoires, véritables
supports d'un langage poétique et engagé. Leur voyage me fascine,
leur beauté m'enchante, leur usure raconte.
Leur passé est notre présent. Il y a
tellement à dire. Et puis j'aime faire avec rien, avec un
rien on fait un tout, une alchimie qui n'appartient qu'à soi, mais
qui s'adresse à tous."
Et dans le jardin ...




Quelques photos trouvées sur la page de l'artiste ...
"Claudine Guibert intervient très peu sur les racines ou les morceaux de
branches qu'elle découvre lors de ses pérégrinations campagnardes. Se
contentant de les imbriquer, les indenter, les "intégrer" si
complètement à l'épave originelle, que les éléments disparates forment
un tout en complète harmonie, le nœud du bois, la branche
burinée, déterminant à l'évidence le sens du travail et la
destination de la glane."




À Thouars, Claudine Guibert développe une œuvre singulière, nourrie par la matière et le temps. Artiste plasticienne et commissaire d’expositions, elle trace un parcours où la pratique artistique et le regard curatorial se répondent avec finesse.
Depuis plusieurs années, Claudine Guibert explore une thématique centrale : celle de la transformation des matériaux. Son travail s’ancre dans une observation attentive des éléments rejetés par la mer (bois brûlés, plastiques altérés, fragments de verre polis par les vagues). Ces vestiges, témoins silencieux des activités humaines et des cycles naturels, deviennent la matière première d’une œuvre qui interroge notre rapport au monde.
"Ma réflexion se porte sur la valeur et l’évolution des matières : les matériaux échoués sur le littoral : bois brûlés, plastiques et verres roulés par les flots ", écrit-elle. Une phrase manifeste qui éclaire l’ensemble de sa démarche. Chez elle, rien n’est anodin : chaque fragment porte une mémoire, chaque altération raconte une histoire.
Son approche s’inscrit dans une esthétique de la trace et de la résilience. En redonnant une place à ces matériaux délaissés, elle opère un geste à la fois artistique et écologique. L’objet récupéré n’est pas simplement réemployé : il est réinterprété, transformé, élevé au rang de témoignage sensible. Le temps, l’érosion et l’accident deviennent ainsi des co-auteurs de ses œuvres.
Parallèlement à sa pratique, Claudine Guibert a également œuvré comme commissaire d’expositions, contribuant à faire dialoguer les artistes et les disciplines. Cette double casquette lui confère une vision élargie du champ artistique, où la création individuelle s’inscrit dans une dynamique collective et contextuelle.
À Thouars, son travail résonne avec une acuité particulière. Entre terre et mémoire maritime, son œuvre agit comme un pont entre les territoires, rappelant que les flux,qu’ils soient naturels ou humains, façonnent autant les paysages que les imaginaires.
Dans un monde marqué par la surconsommation et l’accumulation des déchets, Claudine Guibert propose une autre lecture : celle d’une beauté fragile, née de l’abandon et du passage du temps. Une manière de regarder autrement ce que l’on croyait perdu.
Et dans les vitrines de la librairie " Brin de lecture " à Thouars ...



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MARS 2026
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