Au cœur de la région de Bombarral, dans l’Ouest du Portugal, se déploie Bacalhôa Buddha Eden, le plus grand jardin oriental d’Europe avec près de 35 hectares d’étendues verdoyantes et de sculptures monumentales. Ce qui distingue ce lieu n’est pas seulement son ampleur, mais l’histoire qui l’a inspiré. En 2001, la destruction par les talibans des Bouddhas géants de Bamiyan, en Afghanistan, profondément choqué l’homme d’affaires et mécène portugais José Berardo. En réaction, il décide de créer un espace dédié à la paix, à la mémoire et à la contemplation — une œuvre d’art à ciel ouvert qui rend hommage à l’héritage culturel universel.
Aujourd’hui, des sentiers sinueux traversent des statues de bouddhas, des pagodes, d’impressionnants soldats en terre cuite peints à la main, et des lacs peuplés de carpes koï, offrant aux visiteurs une promenade méditative entre nature et spiritualité.
J'ai passé dans ce vaste parc plus de 3 heures et j'ai adoré !
Une visite que je vous recommande si vos pas se font portugais.


À peine une heure au nord de Lisbonne, la route quitte l’agitation urbaine pour s’enfoncer dans un paysage de collines ondulantes et de vignobles. Rien ne laisse présager l’apparition imminente de l’un des lieux les plus surprenants du pays. Puis, derrière une allée bordée d’arbres soigneusement alignés, surgit un portail discret. Au-delà s’étendent 35 hectares de silence, de pierre et d’eau : le Bacalhôa Buddha Eden.
Dès les premiers pas, le temps semble ralentir. Le gravier crisse sous les chaussures tandis qu’un immense bouddha de marbre blanc domine l’horizon. Son regard, impassible, surplombe des bassins où glissent des carpes koi orange et dorées. Autour, des statues monumentales se succèdent, espacées avec une précision presque chorégraphique. Chaque perspective a été pensée, chaque ouverture sur le paysage invite à la contemplation.
Le jardin n’est pas né d’un simple caprice esthétique. Il est le fruit d’une réaction. En 2001, la destruction des Bouddhas de Bamiyan en Afghanistan choque le collectionneur et entrepreneur portugais José Berardo. Face à cet acte, il décide de répondre par la création plutôt que par la colère. Le projet prend forme à Bombarral : ériger un espace dédié à la paix et à la mémoire culturelle.
Marcher ici, c’est donc traverser une œuvre engagée. Les statues monumentales ne sont pas de simples décorations ; elles incarnent une réponse artistique à l’effacement du patrimoine.
Plus loin, le décor change. Des soldats en terre cuite, inspirés de l’armée de l’empereur Qin, se dressent en rangs serrés. Leurs visages sont expressifs, presque individualisés. À quelques mètres, des sculptures africaines en pierre noire, issues de la tradition Shona du Zimbabwe, introduisent une autre énergie, plus brute, plus organique.
L’ensemble pourrait paraître hétéroclite. Pourtant, le dialogue fonctionne. Les œuvres ne se concurrencent pas ; elles cohabitent. Les lacs reflètent les pagodes rouges, les dragons de pierre veillent sur les ponts arqués, et les bambous murmurent au vent atlantique.
Au fil de la promenade, les sons deviennent plus présents : bruissement des feuilles, clapotis de l’eau, appels lointains d’oiseaux. Le jardin se visite à pied ou à bord d’un petit train touristique qui serpente entre les sculptures. Mais c’est à pied que l’expérience prend toute sa dimension.
Sous le soleil portugais, le marbre chauffe doucement. Les ombres s’allongent. Certains visiteurs s’assoient face au grand lac central, d’autres photographient les statues monumentales qui se détachent sur le ciel bleu intense. L’atmosphère reste paisible, presque méditative, malgré l’ampleur du site.
Au Portugal, pays profondément marqué par son histoire maritime et catholique, ce jardin d’inspiration asiatique surprend. Pourtant, il s’intègre naturellement dans la diversité culturelle contemporaine du pays. À proximité des vignobles de Bacalhôa, il attire familles, amateurs d’art et voyageurs curieux.
Ouvert presque toute l’année, le Bacalhôa Buddha Eden est devenu bien plus qu’un parc à thème exotique. C’est un manifeste paysager. Un rappel que la destruction peut engendrer la création. Que la mémoire peut prendre racine dans la terre d’un autre continent.
Quand vient le moment de quitter les lieux, un dernier regard se pose sur les statues immobiles. Le silence semble plus dense qu’à l’arrivée. On repart avec la sensation d’avoir traversé non seulement un jardin, mais une intention, celle d’opposer à la violence du monde une architecture de paix.
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Bacalhôa Buddha Eden
Quinta dos Loridos
2540-420 Bombarral
OCTOBRE 2022
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