Voici aujourd'hui les photos d'une rencontre chaleureuse et de la découverte du jardin habité de Jean-Pierre Gallais.
"Aussi sculpteur qu’il est poète, Jean-Pierre Gallais se définit comme " un assembleur ". De son passé d’électricien, il garde un goût pour les matières. Plein de poésie, l’artiste ne suit pas forcément un thème précis, mais se laisse guider par les bouts de pièces métalliques qu’il sauve des déchets."
" je laisse la matière en état, comme une dégradation naturelle ", explique l’artiste, un choix délibéré qui prend sa force autant dans les objets originels que dans leur nouvel aspect.
" Le métal a déjà une histoire. Je ne fais que la prolonger "
À Herbignac, derrière une façade discrète, le jardin de Jean-Pierre Gallais se révèle comme une œuvre en perpétuel mouvement. Ici, la nature et le métal composent un dialogue singulier, où chaque sculpture semble émerger du paysage.
L’artiste travaille à partir de vieux outils et de pièces métalliques
récupérées, qu’il transforme en sculptures chargées d’histoire. " Je ne
pars jamais de rien. Chaque outil a déjà vécu, il a une mémoire ",
explique-t-il. Pelles usées, lames rouillées ou fragments agricoles
deviennent les éléments d’un vocabulaire plastique profondément ancré
dans le territoire.
Au détour d’un sentier, une forme surgit : tantôt figure animale, tantôt structure abstraite. Les œuvres se fondent dans le paysage ou s’en détachent avec force, jouant avec la rouille, la lumière et la végétation. « Le métal a déjà une histoire. Je ne fais que la prolonger », explique Jean-Pierre Gallais.
Le jardin devient ainsi un espace habité, non seulement par les sculptures, mais par les traces du temps. Certaines pièces évoluent au contact des éléments, se patinent, se transforment, voire disparaissent partiellement sous les plantes. Cette dimension vivante est au cœur de la démarche de l’artiste, qui refuse toute fixité. " Le temps fait partie de l’œuvre. La rouille, la pluie, la pousse des plantes… tout ça continue le travail à ma place ", souligne l’artiste.
Plus qu’un lieu d’exposition, ce jardin est un terrain d’expérimentation. Jean-Pierre Gallais y teste des assemblages, observe les réactions des matériaux, laisse place à l’imprévu. Le visiteur, invité ponctuellement, découvre un univers où l’art ne s’impose pas, mais se révèle progressivement.
À Herbignac, ce jardin habité incarne une forme de poésie brute, où la mémoire des objets rencontre la force du vivant.
(cliquer)
MARS 2026
Les éditions ESDÉE ont publié ce petit ouvrage
L’assembleur – Jean-Pierre Gallais
«Les petites flèches pianotent contre la fenêtre, font naître des
larmes, les petites flèches comme des cibles, indicibles dans le
ruisseau, les petites flèches s’en vont à la pêche, à la pêche dans la
rivière, les petites flèches s’en viennent, s’emmêlent sur les ondes,
sont de mèche entre elles. Les petites flèches ruissellent pêle-mêle
quand il pleut à corde. Arc-boutée au cordeau invisible. Jusqu’à la mer.
Suivre les flèches…»




















Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire