En avançant vers l’ouest, les reliefs se dressent. Les routes serpentent, les tunnels percent la roche, et les ferries deviennent indispensables pour franchir bras de mer et fjords. Ici, le voyage est un mouvement constant entre terre et eau.
Je suis parti de l’est, près de la frontière suédoise. Là-bas, la Norvège est douce, presque discrète : forêts épaisses, lacs immobiles, et quelques écomusées où l’on découvre la vie d’autrefois.
Puis la route a changé. Elle s’est mise à grimper, à tourner, à disparaître dans des tunnels. J’ai compris que l’ouest approchait. Les fjords sont apparus sans prévenir, immenses. J’ai traversé l’un d’eux en ferry, en silence, fascinée.
Au détour d’une route, j’ai aperçu le Sognefjord. Impossible de détourner le regard. Tout semblait démesuré.
Plus tard, en remontant vers le nord, j’ai retrouvé cette lumière étrange du soleil de minuit. À Tromsø, la nuit n’existait plus vraiment. Sur le port, l’odeur de la morue séchée me rappelait que, ici, les traditions sont toujours vivantes.
Ce voyage d’est en ouest, puis vers le nord, m’a donné l’impression de traverser plusieurs pays en un seul.
LES GRIGRIS DE SOPHIE ET LA NORVÈGE
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