samedi 7 novembre 2026

LE JARDIN FANTASTIQUE DE FIORENZO PILIA : VUE D'ENSEMBLE (1)

 

Il y a des rencontres qui marquent pour toujours 

Non seulement j'ai eu la chance de visiter l'environnement de Fiorenzo Pilia mais j'ai eu la joie de le rencontrer LUI ! 

Et c'est lui  du haut de ses 95 ans (il est né en 1933) qui nous a fait l'honneur d'une visite.

Un GRAND MOMENT !  

 

 

 

 

























Et bien évidemment le clou de cette visite cette femme allongée ....

 

 

 

 




À quelques kilomètres de San Sperate, le long d’une route secondaire, un immense portail travaillé ouvre sur un monde parallèle. Là, dans un ancien verger transformé en territoire imaginaire, vit depuis plus de trente ans l’un des environnements d’Art Brut les plus singuliers de Méditerranée : le " Giardino Fantastico  de Fiorenzo Pilia.

Rien ici ne ressemble à un musée. Pas de billetterie, pas de parcours fléché, pas de cartel savant. Le visiteur est accueilli par l’artiste lui-même, silhouette âgée mais vive, ancien paysan devenu bâtisseur de visions. Pilia parle sans relâche, entraîne les visiteurs d’une sculpture à l’autre, comme s’il craignait que son message disparaisse avec lui. Car ce jardin n’est pas seulement un ensemble de formes extravagantes : c’est un manifeste existentiel.

Au milieu des arbres fruitiers surgissent des créatures hybrides, des mains géantes, des oiseaux monumentaux, des structures colorées faites de grillage, de résine, de plastique récupéré et de polystyrène. Tout semble bricolé avec les matériaux du quotidien, mais l’ensemble compose une mythologie personnelle d’une étonnante cohérence.

L’œuvre centrale domine le jardin : une femme allongée de près de quinze mètres de long, que Pilia appelle " la Signora ". Le visiteur pénètre dans son corps par une porte placée entre les jambes ; à l’intérieur, des organes peints, des formes embryonnaires et ce que l’artiste nomme son " musée du développement " racontent la naissance, la maternité et l’origine de la vie.

Chez Fiorenzo Pilia, l’Art Brut n’est jamais décoratif. Chaque sculpture porte une inquiétude. Une tour évoque le 11 septembre, un globe suspendu parle de l’équilibre menacé de la planète, des figures humaines semblent écrasées par le désordre du monde moderne. Le créateur répète souvent que " l’important n’est pas la sculpture mais le message ". Cette phrase revient comme une litanie durant la visite.

Le plus bouleversant réside peut-être dans la fragilité du lieu. Rien n’y est institutionnalisé. Le jardin existe encore parce qu’un homme âgé continue chaque jour de repeindre, réparer, commenter et transmettre. On visite autant une œuvre qu’une présence humaine. À l’heure où l’art contemporain se numérise et se mondialise, le Giardino Fantastico apparaît comme une résistance poétique : un monde entièrement fabriqué à la main, dans un coin de campagne sarde, par un homme qui n’a jamais appris l’art dans les écoles mais qui a transformé sa vie en langage plastique.

 

 Et des photos du créateur en ce jour d'octobre 2025...

 




 

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Fiorenzo Pilia
Giardino fantastico
Strada di San Sperate a Decimomannu
San Sperate, Sardaigne, Italie



 OCTOBRE 2025 

 

 

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