vendredi 8 juin 2018

LA DERNIERE FUGITIVE DE TRACY CHEVALIER


" Quand Honor Bright franchit l’Atlantique pour accompagner, au coeur de l’Ohio, sa soeur promise à un Anglais fraîchement émigré, elle pense pouvoir recréer auprès d’une nouvelle communauté le calme de son existence de jeune quaker : broderie, prière, silence. Mais l’Amérique de 1850 est aussi périlleuse qu’enchanteresse ; rien dans cette terre ne résonne pour elle d’un écho familier. Sa soeur emportée par la fièvre jaune à peine le pied posé sur le sol américain, Honor se retrouve seule. Très vite, elle fait la connaissance de personnages hauts en couleur. Parmi eux, Donovan, "chasseur d’esclaves", homme brutal et sans scrupules qui, pourtant, ébranle les plus profonds de ses sentiments. Mais Honor se méfie des voies divergentes. En épousant un jeune fermier quaker, elle croit avoir fait un choix raisonnable. Jusqu’au jour où elle découvre l’existence d’un "chemin de fer clandestin", réseau de routes secrètes tracées par les esclaves pour rejoindre les terres libres du Canada."






"Elle avait toujours aimé les étoffes, admirant leur tissage, leurs motifs et leurs textures imaginant ce qu'elle pouvait en tirer. Un métrage de tissu neuf offrait toujours une multitude de possibilités. Aujourd'hui, pourtant, elle comprenait que loin d'être innocentes et pures, la plupart de ces étoffes étaient le résultat d'un monde de compromis. Se procurer du tissu qui ne soit pas marqué par la souillure de l'esclavage était difficile, comme l'avait dit Jack. Mais si elle rejetait toutes les cotonnades, il lui faudrait porter uniquement de la laine dans la chaleur de l'Ohio, ou bien se promener nue.

"Avec le temps, son silence devint moins gênant, et qu'elle soit assise à table, sur la véranda ou au culte, il arrivait à Honor d'éprouver une plus grande plénitude qu'à l'époque où elle parlait. Au fond d'elle-même, elle savait, bien que cette décision ne fût pas consciente, qu'elle s'était interdit de parler. Elle ne se demandait pas pourquoi, mais acceptait ce silence comme un don."


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