dimanche 12 mai 2019

TISSAGE TRESSAGE A LA VILLA DATRIS A ISLE-SUR-LA-SORGUE

Voici une magnifique exposition que j'ai eu la chance de visiter cet été, mes photos furent partagées sur Facebook mais j'aimerais, pour mémoire, vous les proposer sur les Grigris.

Chaque année depuis 2011, la Fondation organise une exposition thématique autour de la sculpture contemporaine.
Ses expositions rassemblent un grand nombre d’artistes émergents ou issus de la scène internationale,
dans une demeure provençale du XIXème siècle, jusque dans son jardin en bord de Sorgue.
Elles ont pour vocation de faire découvrir la sculpture contemporaine à un large public,
en restant toujours vivantes et accessibles, ludiques et surprenantes.
































"Depuis la nuit des Temps, le fil fascine et inspire les artistes et poètes, et la mythologie n’a cessé d’en dérouler les mystères : l’implacable fil des Parques ; celui de la toile de Pénélope, qui rime avec infini ou encore le fil d’Ariane – pour qu’enfin Thésée trouve l’issue du labyrinthe… Il peut aussi devenir nœud, imbroglio, énigme, nœud gordien ou boucle de Moebius.

Pour sa 8ème exposition, la Fondation Villa Datris a choisi d’explorer les différents modes d’expression de la sculpture contemporaine à travers l’art textile, le tissage et le tressage, en présentant 106 œuvres de 74 artistes. Cette thématique, qui tire ses racines dans les pratiques universelles et ancestrales, évoque naturellement les gestes sur le métier à tisser, la trame et la chaîne, le-va-et-vient de la navette et les fils qui s’entrecroisent et donnent corps à la matière textile.

Les artistes de notre temps puisent dans ces gestes immémoriaux une approche sensible et sensuelle de la matière, des fibres, fils ou brindilles ainsi croisés et assemblés. La démarche du tissage ou du tressage bouscule les paramètres modernes de l’urgence et réintroduit une autre temporalité.

On assiste à une reconquête de gestes ancestraux, souvent associés à la femme (broderie, tissage, tressage minutieux) ou à l’homme (vannerie, métier de haute lice). Ce travail de la main, corrélé avec la perception de l’ouvrage et du temps, introduit une véritable réflexion sur la notion d’artefact, en prolongement des recherches modernistes menées par le Bauhaus dans les années 20 et 30. Souvent proche de l’esprit de l’Arte Povera, 
il induit un retour au dénuement des origines, avec des matériaux modestes ou de récupération.


Chaque exposition à la Fondation Villa Datris ouvre un nouvel horizon riche de découvertes. J’ai ainsi pu aller à la rencontre des artistes du textile et plusieurs m’ont parlé de leur travail : Raymonde Arcier, Christian Jaccard, Marinette Cueco, Pierrette Bloch, Rina Banerjee, Chiharu Shiota… Découvrir leur démarche profonde est ce qui me passionne et fait partie de la richesse du travail de recherche, donnant à chaque exposition une signification personnelle et artistique. Le résultat est fabuleux, avec par exemple l’énergie bondissante de ces deux œuvres de Nick Cave, venues directement de New York ; la splendeur d’El Anatsui, magnifique et incontournable ; la délicatesse du tondo végétal de Marinette Cueco ou l’époustouflante trame de cuivre d’Antonella Zazzera.

Mes choix ont toujours été libres et personnels, avec parfois des pièces transgressives, porteuses d’un sens politique, sociétal comme Au nom du Père de Raymonde Arcier, expression de combats féministes que je partage. D’autres œuvres offrent aussi une perception décalée, surprenante, presque magique, comme les nœuds obsessionnels de Christian Jaccard ou les fétiches multicolores mystérieusement entrelacés de Judith Scott. Les matériaux offrent toutes les sensations, douceur et rugosité, force ou fragilité, qu’ils soient issus de la nature ou de la production industrielle. La corde s’érige telle un étrange menhir avec Judy Tadman et avec Rina Banerjee, les passementeries s’animent en une explosion de couleurs baroques. Quant à L’Oiseau de feu, Hommage à Stravinski de Jagoda Buić, il dévoile la scénographie d’une harmonie subtile et puissante entre les pièces.

L’exposition explore ainsi librement la métamorphose du fil, du lien, du tressage et du nœud. On découvre une tension intéressante entre l’universalité de l’utilisation du textile et la force de l’inspiration de leurs traditions natives pour les artistes. La fantaisie rime constamment avec l’inventivité, comme cette installation poétique et inattendue en tressage de bambous de Mireille Fulpius – où pour la première fois une œuvre est accrochée sur la façade – comme aussi la superbe sculpture textile d’Elena Redaelli qui émerge vers le jardin. Au milieu de la nature exubérante de la Villa Datris, de ses branchages, lianes et rhizomes, la fibre et le textile tracent leur route, et l’osmose se fait à merveille. Le cœur de la Villa Datris a trouvé sa place dans les ramifications magnifiques d’un figuier accueillant, qui s’est laissé conquérir par l’œuvre d’Aude Franjou, Le Cœur du Figuier, symbole de naissance et de renaissance. Un précieux fil rouge qui nous guide tout au long de l’exposition « Tissage / Tressage… quand la sculpture défile »."



7, avenue des Quatre Otages 84800 Isle-sur-la-Sorgue


LE SITE

(cliquer)

Pour mémoire 
Pour Isabelle
Aout 2018

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