mardi 25 mai 2021

PATRICOREL ....MOI J'AIME

Superbe découverte facebookienne ....















Né en 1990 à Cotonou, Aureil Patrick BESSAN dit patricorel est un jeune plasticien béninois qui pratique sculpture, peinture, dessin et installation. Après sa maitrise en Histoire de l’Art à l’Université d’Abomey Calavi, il oriente ses recherches dans le domaine de l’art de récupération et du détournement d’objets. Il trouve du plaisir à recycler bouteilles en verre, bois et feuilles mortes qu’il ramasse dans les rues, sur les tas d’ordures et dans les poubelles. Ingénieusement, il réussit à détourner les bouteilles de vin de leurs fonctions primitives pour proposer des œuvres inédites d’une grande originalité et d’une force visuelle très frappante. Il leur redonne vie et noblesse. Il établit une analogie entre la fragilité des bouteilles et la nature des hommes qui manque aussi de résistance. Dans chacune de ses sculptures, il y a un alliage entre tradition et modernité. Sa grande inventivité, son humour si particulier et son sens aiguisé de l’observation s’uniront et contribueront à la création de son style unique. Tout de suite, son travail remarquable sur les bouteilles en verre a appelé l’attention du public et du monde de l’art. Il a été sélectionné à participer à des expositions collectives et individuelles et à des résidences artistiques en Afrique et en Europe.
Toujours à la quête de nouvelles expressions artistiques, il explore actuellement une technique assez originale qui consiste à transformer les sacs en plastique recyclés en des supports plastiques sur lesquels il dessine, écrit, décrit, gribouille pour donner naissance à des personnages aux visages très expressifs. On ne voit pas la peau, on ne voit que des os, on peut se plonger aisément à l’intérieur des corps, se promener, se fourvoyer, dans une sorte de Labyrinthe. La suppression de la couleur de la peau est pour lui une façon de dénoncer le racisme, de parler d’égalité, de la finitude de l’homme. Son art résolument conscient, engagé est un signe fort pour une Afrique libérée, fraternelle, ouverte et créatrice.

 

Et cette interview de 2019 réalisée par Charles AYI :

Bonjour. Présentez-vous et dites-nous quand avez vous commencé la  peinture. Quelles ont été vos motivations ? 

Je m’appelle Aureil Patrick BESSAN alias Patricorel, plasticien béninois né à Cotonou où je vis et travaille actuellement. Après mon BAC, j’ai obtenu une licence et une maitrise en Histoire de l’Art à l’Université d’Abomey Calavi au Bénin. J’ai commencé réellement par pratiquer la peinture en 2010 ;  cela fait exactement 9 ans aujourd’hui. Au début, je n’avais pas de motivation venant de l’extérieur parce que dans mon environnement quasiment tout le monde me faisait des reproches par rapport au choix que j’ai faits. Je me rappelle encore des propos acerbes de mon père: « L’art n’est pas un métier…tu ne fais que polluer ma cour avec tes détritus » et des moqueries répétées de mes frères et sœurs  » Toi, il faut que tu changes de métier…tu réalises les objets et tu ne vends jamais rien, pourtant tu continues de faire ». Ma seule motivation à l’époque, c’était mon travail. J’avais confiance en moi même et en mon Dieu. Quand j’ai décroché ma première exposition individuelle en France, j’ai connu un grand succès. Les œuvres exposées avaient bénéficié de beaucoup de commentaires élogieux et j’avais fait de grandes ventes. Depuis lors j’ai eu de nouvelles raisons d’avancer dans le domaine de l’art, ma motivation devenait de plus en plus grande car de nouvelles portes d’exposition ont commencé à s’ouvrir à moi. Du coup, tous ceux qui ne s’intéressaient pas à mon travail ont commencé à se rapprocher de moi.

Quel est donc votre palmarès en termes de prix obtenus ? 

Par rapport au prix, j’ai obtenu en 2012 le prix des meilleurs artistes dans le cadre du Concours National d’Arts Scolaires organisé par l’Association Inov ‘Art Bénin. En 2013, j’ai reçu le premier prix du Concours de Bande dessinée organisé par la Fondation Zinsou au Bénin.

Comment voyez-vous l’avenir des arts plastiques notamment la peinture, au Bénin et en Afrique en général ?

Je pense que le Bénin en matière de peinture, regorge de beaucoup de talents. Et sur le plan international, les artistes béninois sont de plus en plus présents dans les biennales, les salons, les foires, les grandes galeries, les grands musées. Avec cet élan, dans l’avenir, les artistes béninois vont beaucoup plus s’afficher et s’imposer sur le marché de l’art.
J’ose affirmer que la peinture en Afrique de façon générale est un domaine très prometteur. A l’heure actuelle, l’Art Africain contemporain est un art qui attire tous les acteurs culturels, les collectionneurs, les galeristes, les conservateurs de musées etc. Je dirai simplement que l’Art Africain contemporain a le vent en poupe et les artistes doivent saisir cette opportunité pour se positionner en travaillant dur.
L’ obstacle majeur que je rencontre actuellement dans mon travail, c’est ma reconnaissance dans mon pays en tant qu’artiste. L’art plastique est encore méconnu du grand public au Bénin. Du coup l’artiste n’est pas trop considéré dans son milieu. Dans mon environnement, les gens ne comprennent pas ce que je fais, parfois ils me traitent de fou. Mis à part cela, certains acteurs culturels  développent une politique pernicieuse qui consiste à considérer uniquement le travail des artistes aînés et à bafouer la création des jeunes artistes quand bien mêmes ceux-ci ont du talent.

Comment pensez-vous que la culture notamment les arts plastiques peuvent servir de tremplin pour l’éveil des consciences en Afrique ?

La culture, notamment la peinture est un canal que les artistes utilisent pour faire des remarques, dénoncer ce qui va mal dans la société, amener les gens à prendre conscience. Beaucoup d’artistes travaillent dans ce sens et dans leurs œuvres, dénoncent  la pollution environnementale et invitent la population à rendre propre son cadre de vie. Certains dénoncent le mariage forcé des enfants, d’autres la maltraitance et l’exploitation des enfants en Afrique. L’art est un moyen idéal pour inciter une prise de conscience.

Et qu’avez-vous déjà fait concrètement dans ce sens ? 

J’ai développé en 2016 une série d’œuvres intitulée « les papiers recueillis ». C’est une série qui dénonce la maltraitance des enfants et une autre série intitulée « les bois percés » qui dénonce la guerre et invite à faire la paix. Mon travail actuel est basé sur la crise migratoire, où je dénonce la violence faite aux femmes. En sculpture, l’essentiel de mon travail est basé sur les objets provenant de la récupération. Pour montrer que les objets qui polluent l’environnement peuvent être transformés en objet d’art. J’ai organisé en 2017 avec les écoliers en France, un atelier de création avec les feuilles mortes ramassées dans les rues.

Quels sont vos projets d’avenir ?

Concernant mes projets d’avenir, je pense organiser à Cotonou,  très prochainement, une exposition à l’air libre avec des objets de récupération pour interpeller le public par rapport à la pollution. Je pense faire une exposition participative où le public sera invité à créer ensemble avec l’artiste.
Aussi, faut-il ajouter,  j’ai d’autres projets d’exposition collective et individuelle en France et un atelier de création en 2019.

Un message à l’endroit du gouvernement ou des acteurs culturels ?

Oui mon message est celui-ci : l’art plastique est un domaine encore méconnu par beaucoup de personnes au Bénin. A l’heure actuelle, il n’y a pas de galerie ni de centres d’exposition gérés par l’État. Or, sans la culture, on ne peut pas parler d’un développement véritable. Je lance un cri d’appel au gouvernement béninois et à tous les acteurs culturels de prendre davantage en considération le secteur de l’art plastique et de développer des politiques d’identification et de valorisation des jeunes talents non connus,  par la création des galeries, des centres d’exposition pour permettre aux artistes de présenter leurs travaux car l’art n’est pas fermeture mais ouverture. Aussi, faudrait- il qu’ils pensent à créer un centre d’accompagnement des jeunes artistes pour les aider à se faire connaitre et à faire connaitre leurs travaux à l’étranger. Tels sont mes désidératas.


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