Les Grigris de Sophie ce sont bien sûr des broches, des colliers et des sacs … mais c’est aussi un blog !

Les Grigris de Sophie ce sont bien sûr des broches, des colliers et des sacs …

Mais c’est aussi un blog ! Un blog dans lequel je parle de CEUX et de CE que j’aime …
HHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
Vous trouverez ici des artistes, des lieux insolites, des recettes, des films, des expositions, des musiques, des spectacles, des photographies d’amis ….
Tout ce qui rend la vie meilleure, tout ce qui rend ma vie meilleure !

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mardi 26 juin 2012

GASTON CHAISSAC A VOIR ET A LIRE ...


Que vous aimiez GASTON CHAISSAC ou que que ce nom n'évoque rien pour vous, s'il est un musée qu'il vous faut visiter c'est celui de l'Abbaye de Sainte Croix aux  Sables d'Olonne . C'est une merveille de musée avec greniers à l'ancienne et escaliers de bois .


" Le musée de l'Abbaye Sainte-Croix des Sables d'Olonne est un pionnier en France. Créé en 1963 par Pierre Chaigneau, premier conservateur, il n'a eu de cesse de s'agrandir et d'affirmer en France et à l'étranger sa vocation de diffusion de l'art moderne et contemporain.

Installé dans une abbaye du XVIIe siècle, fondée par les religieuses bénédictines de Poitiers, le musée occupe 2.500 m² de grandes salles sobres et blanches. Au 3ème étage, une salle sous combles à la charpente en carène de bateau renversé forme la partie la plus ancienne. Le musée municipal, protégé au titre de l'Inventaire supplémentaire, bénéficie du label « Musée de France ».

 Le musée de l'Abbaye Sainte-Croix dispose de deux fonds majeurs : Gaston Chaissac (1910-1964) et Victor Brauner (1903-1966). Chaissac fut un créateur total, peintre et écrivain. Il s'essaya à tous les supports : papier, kraft, ardoise, carton ondulé, tôle, osier... Son inventivité le place parmi les artistes les plus originaux du XXème siècle. Le musée possède 47 œuvres de Chaissac et rassemble consciencieusement sa correspondance. Brauner, d'origine roumaine, composa un univers onirique dans l'orbite surréaliste. Sa série Mythologies et Fêtes des mères (1965) surprend par un étrange mélange de modernité, d'alchimie, d'humour et de sexualité. Victor Brauner, ami de René Char et de Roberto Matta, a pris ses quartiers d'été aux Sables d'Olonne : 56 œuvres dans les collections.

Le musée présente une riche collection d'œuvres de Georg Baselitz, Henri Bassmadjian, Max Beckmann, Rémi Blanchard, Marcelle Cahn, Philippe Cognée, Robert Combas, Marc Desgrandchamps, Blaise Drummond, Jean Dubuffet, Richard Fauguet, Gilgian Gelzer, Philip Guston, Philippe Hortala, Jean Hélion, Jean Launois, Alberto Magnelli, Albert Marquet, François Morellet, Nam June Paik, Anton Prinner, Jean-Michel Sanejouand, Peter Saul, Fabien Verschaere, Claude Viallet... Chaque nouvelle exposition donne prétexte à l'enrichissement des collections..."











Voilà ce que l'on peut lire sur GASTON CHAISSAC dans le Monde des Arts

Gaston Chaissac est né en 1910 à Avallon, dans une famille modeste, et d'un père cordonnier, qui abandonne très tôt le foyer. Rien ne le prédestinait à devenir artiste, peintre et écrivain. De santé précaire, sans diplôme, il avait décidé de faire le métier de son père, et se passionnait pour le dessin tout en rêvant un jour de devenir écrivain.

Plusieurs années plus tard, il disait de lui : « Sans doute ai-je l'âme très proche des artistes de cirque qui, comme moi, savent à peine écrire et ne sont instruits que par ce qu'ils ont vu » .

En 1936, établi à Paris comme cordonnier, il rencontre par hasard le peintre Otto Freundlich, qui l'encourage à dessiner et lui prodigue ses conseils.

Atteint d'une tuberculose, entre 1938 et 1942, il erre dans différents sanatoriums, tout en affirmant son langage esthétique au travers les gouaches et les dessins qu'il réalise durant cette période : éléments animaux végétaux, humains s'entremêlent dans des formes imbriquées soulignées par un contour noir et dans des couleurs vives et contrastées .

A l'occasion d'un travail qu'il trouve chez un bourrelier à à St Rémy de Provence, il rencontre Albert Gleizes ainsi que André Lhôte, Aimé Maeght, et le sculpteur architecte André Bloc.

A la fin de 1942, Chaissac se marie avec Camille Guibert, et s'installe dans un village en Vendée où sa femme est institutrice. C'est dans un isolement total qu'il dessine surtout, mais qu'il découvre aussi la peinture à l'huile et qu'il peint sur de multiples supports une "peinture rustique moderne" disait-il.

Il noue alors des relations avec Jean Dubuffet très proche de lui dans sa conception de l'"Art Brut", selon une notion pour lui qui consiste à peindre hors de tout référent culturel ou artistique, en rupture totale avec ce qui s'était fait en peinture jusque là. Gaston Chaissac y voit des coïncidences avec sa propre conception d'un art délivré de la tradition, et d'un art rural et rustique opposé à l'art citadin. Il peint par exemple à cette époque le " Samouraï " dont il dit à Dubuffet qu'il est la parfaite concrétisation de sa manière de travailler et de voir l'art.

Sur ces idées, Ils parviennent ensemble à participer à une première exposition d' "Art Brut" chez Drouin en 1949.

De 1942 à 1950 Gaston Chaissac est entré dans une période de recherches intenses. L'enthousiasme qu’il retire du contact et des échanges de correspondance avec Jean Dubuffet et la découverte de l’Art Brut, si proche de ses préoccupations, le poussent à rechercher davantage des formes d’expression en marge de la tradition et de l’art intellectuel. Son travail est à la fois proche de l’écriture automatique par l’assemblage d’éléments totalement divers et en même temps proche du dessin d’enfant par son aspect trés coloré et naïf. Ainsi " Le Samouraï " ou "Deux personnages sur fond gris", de 1947 et de 1949, s’organisent autour de la notion de masque, qui demeure un thème récurrent dans son oeuvre. Les visages, sont des masques colorés qui s’inscrivent dans un fonds vivement coloré. La technique du traitement par aplats des couleurs renforce l’impression d’un jeu de formes et préfigure ce que sera le travail abstrait de l'artiste dans les années qui suivront et jusqu'à son dernier jour.

A partir de la fin des années 50, les points de vue des deux peintres divergent. Dubuffet considère l'Art Brut comme toute forme d'expression de caractère spontané et inventif en marge totale des standars de l'art et ayant pour auteur des personnes hors des milieux artistiques.

Chaissac quant à lui, a noué des contacts avec Raymond Queneau, Jean Paulhan, Jakovsky et le romancier vendéen Michel Ragon, qui est l'un des premiers critiques d'art à prendre son oeuvre au sérieux.

Il réalise des peintures murales éphémères, utilise des assemblages de matériaux divers sur lesquels il peint, réalise des empreintes, des graffitis, des collages à partir de dessins d'enfants.

De temps à autres apparaissent des visages, des masques, parmi des motifs abstraits, mais aussi des séries avec de fleurs, des animaux, des serpents.

Cette démarche différe en ce qu'elle est moins intellectuelle que celle de Dubuffet : des objets de rebuts, des déchets, des pierres sont les supports de la peinture de Chaissac, qui ne reste pas cantonné dans le support de la toile.

Gaston Chaissac parvient à exposer une nouvelle fois en 1961 à la Galerie Iris Clerc, protectrice des "Nouveaux Réalistes", laquelle trouve dans ses assemblages d'objets et dans ses cailloux peints un lien de parenté avec sa perception d'un art nouveau

Dans les années qui suivent, jusqu'à sa mort en 1964 à l'hôpital de La Roche-sur-Yon, Chaissac se consacre à la réalisation de collages de papier de tapisseries découpés en de vastes compositions avec ou sans personnages.

Il faudra attendre près de dix ans pour que le Musée National d'Art Moderne organise en 1973 une première exposition de ses oeuvres et que Chaissac soit reconnu pour un artiste à part entière



A une soixante de kilomètres des Sables à SAINTE FLORENCE on peut trouver
L' ESPACE GASTON CHAISSAC.
A visiter pour les seules latrines de France classées aux monuments historiques, pour l'accueil et le très vaste choix d'ouvrages mis à disposition. En revanche je n'ai pas du tout craqué pour  la scénographie ....


" Entrez dans l’univers intime et imagé de l’artiste Gaston Chaissac…
Découvrez l’ancienne école publique où il a vécu. Dans la cour, non loin du préau, Chaissac a peint les murs des latrines. Elles sont maintenant classées à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques. A l’intérieur de ces vieux murs se trouve l’Espace Gaston Chaissac. Ce dernier est composé de la salle des ressources et de la boîte à sucre bleue, une création originale du peintre scénographe Xavier de Richemont sur la vie et l’oeuvre de Chaissac. "



 (photo du magnifique livre de Gilles Ehrmann Les Inspirés et leurs demeures)




 



ET pour terminer quelques photos d'un livre passionnant (mais hélas épuisé ) 
 que m'a prêté Serge Fouché :
"LETTRES DU MORVANDIAU EN BLOUSE BOQUINE A PIERRE ET MICHEL BOUJUT "




Et cette phrase de Chaissac :
« Si j’étais riche, j’aimerais construire des monuments commémorant les plus infimes événements . Mais riche, ma tournure d’esprit me donnerait sans doute de tout autres désirs. Quoi qu’il en soit, je supplée comme je peux à l’absence de monuments grandioses pour donner des chances à d’infimes événements de ne pas tomber dans l’oubli »




           ( A Michel Boujut sans date- 1959- gouache sur papier)



                 (sans date-  1952 - Pastel sur papier) 


   (huile sur papier sans date 1946-1947 - bureau de Pierre Boujut)

(Avril 1959 - Chaissac et Pierre Boujut : Bas les masques ! )


            ( 6 mars 1959 . Encre sur image religieuse )


(A Michel dessin avec texte mars 1959)

 ( Dessin sur un fragment de page d'un catalogue type Vilmorin)





 (Gaston, Michel et Camille en avril 1959)




A la fin de cet ouvrage il y a une superbe lettre de Camille Chaissac que je prendrai le temps de recopier car elle mérite d'être lue et citée ...


*** "LETTRES DU MORVANDIAU EN BLOUSE BOQUINE A PIERRE ET MICHEL BOUJUT "


Trente et une lettres à Pierre Boujut, Plein Chant, Cahiers trimestriels de littérature, Bassac, printemps 1979 (broché, 22 x 15 cm, 148 pages, dessins et deux planches en couleurs de Chaissac) - également des textes sur ou à Chaissac de Camille Chaissac, Didier Ard, Louis Cattiaux, Jean Dubuffet, Pierre Boujut, Frédéric Orbestier, poème de François Merlet, bibliographie


*** Musée de l'abbaye Sainte-Croix
Rue de Verdun
85100 Les Sables d' Olonne
Tél : 02 51 32 01 16

Du 16 septembre au 14 juin : de 14 h 30 à 17 h 30, sauf lundis et jours fériés
Du 15 juin au 15 septembre: de 13 h 00 à 19 h 00, sauf lundis et jours fériés


 
*** ESPACE GASTON CHAISSAC

1 rue de la scierie
85140 SAINTE FLORENCE
Tel : 02 51 66 10 84

lundi 25 juin 2012

LA CATHEDRALE DE JEAN LINARD A BESOIN DE VOUS !


Je reçois ce mail de l'équipe de la Cathédrale de Jean Linard et il me paraît important de le partager avec vous aujourd'hui ....


(Photo Raymond Loewenthal)


Bonjour et merci encore de votre soutien !

On est très excité car dans moins de 2 semaines la Cathédrale sera ouverte au public !
On est très fier de vous montrer comment elle brille après le grand nettoyage de ce WE.
Pour garder le souvenir de ces beaux moments on vous propose une petite vidéo que vous pourrez trouver sur la page principale d'Ulule ou à l'adresse suivante :

 http://www.youtube.com/watch?v=lj5VwJavR5Y

En plus on est également passé à la télé (FR3 Berry) :

 http://www.youtube.com/watch?v=wVWa3r4UEyE&feature=youtu.be

On revient vers vous pour vous demander un petit dernier effort pour être ensemble dans cette dernière ligne droite.

Comme vous savez, il y a un mois on a lancé un appel à dons en complément des subventions étatiques sur le site Ulule, appel qui s'adresse plus précisément au soutien de l'ouverture estivale :

http://fr.ulule.com/cathedrale/

On peut choisir un montant à partir de 5 € (moins que la souscription à l'association) et recevoir des contreparties sympas en échange. Le paiement se fait en ligne par CB ou par chèque, à envoyer à l'association.

Sur Ulule, les projets ne sont financés que s'ils atteignent leur objectif (dans notre cas 2200 euros), autrement (on touche du bois …) les donateurs sont remboursés.

Il ne reste plus que 9 jours pour la collecte sur Ulule, mais on est encore loin de l'objectif. On a donc besoin de faire circuler l'info le plus possible.

Et qui mieux que vous, vous qui avez déjà soutenu ce projet, peut promouvoir la cause ?!

Parlez-en autour de vous, à vos parents, tantes et oncles, chez le coiffeur et le boulanger!

On a également ajouté une contrepartie spéciale pour les entreprises : pour 500 euros ou plus, le logo de l'entreprise sera affiché à l’accueil de la Cathédrale pendant les 2 mois et une visite privée sera offerte à tous les employés.Donc si vous connaissez des entreprises susceptibles d'être intéressées, n’hésitez pas à nous mettre en contact avec eux.

Merci encore et à bientôt à la Cathédrale!

L’équipe de la Cathédrale


La Cathédrale de Jean Linard
Les Poteries
 18250 Neuvy-Deux-Clochers

e-mail : info@cathedrale-linard.com

LE SITE DE LA CATHEDRALE DE JEAN LINARD
(cliquer sur le lien)


Aujourd'hui 25 juin il ne reste que 5 jours pour se mobiliser ...
Regardez les vidéos !

 




dimanche 24 juin 2012

LES LIVRES OBJETS DE MICHEL BUTOR


Alain Cadet me confie un texte sur un artiste exceptionnel et une idée que je juge fabuleuse ...
Travail à quatre mains, facéties d'un vieil homme (mais oui Michel Butor, puisque c'est de lui qu'il s'agit,  est quand même né en 1926 !), lisez surtout ce texte en entier, moi  cette expérience me fait rêver et m'enthousiasme !







Michel Butor, les livres objets, la peinture et les peintres


En mai 2012, à l’occasion d’une exposition des photographies de son ami, Maxime Godard, Michel Butor est revenu dans sa commune natale, à Mons-en-Baroeul, dans la banlieue de Lille. Sur certaines photos de Maxime, Michel a ajouté un petit poème. Ce n’est pas la première fois. Le photographe et l’écrivain ont publié, ensemble, plusieurs « Livres–objets». Le texte, imaginé par Michel Butor est écrit à la main puis recopié sur une petite dizaine d’exemplaires. Ces livres-objets, fruit d’une collaboration avec plusieurs dizaines d’artistes, sont représentatifs du travail contemporain de l’écrivain. En 2011, Michel Butor en a réalisé l’inventaire et en a compté 2014 en langue française.

Voici comment l’écrivain explique ce travail particulier:


« Qu’est-ce que j’écris aujourd’hui ? Essentiellement des poèmes et des petits livres en collaboration avec des artistes ! Vous savez, je suis un écrivain très âgé. J’ai beaucoup écrit et beaucoup publié au cours de ma vie. D’ailleurs on peut même trouver en librairie une édition de «mes œuvres complètes ». Le terme n’est pas complètement exact… tant que je vis, j’écris encore des choses. Malgré tout, pour ce qui est de mon œuvre, je considère que désormais, « c’est fait ! ». Je serais désormais incapable d’écrire un roman ou un essai. Pour cela, il faut pouvoir ramasser énormément d’énergie... même les préfaces, je n’en écris plus guère.

Ce que j’écris maintenant c’est une sorte de coda de mon œuvre : des textes en liberté ! Ce sont souvent mes amis les peintres qui me sollicitent et me forcent à écrire. Ils conçoivent des livres à partir de leurs images et me demandent d’y ajouter un texte. En général ça marche ! D’autres, parfois, ne sont pas très contents. Pour ce qui est du livre sur Dirk Bouts, dont on parle aujourd’hui, il ne sait pas ce que j’ai écrit sur lui et ne se plaint pas! Ce travail me plaît. Il me permet de rester jeune. Voilà comment ça se passe, en général. L’artiste m’envoie sept exemplaires de son livre contenant ses images. Pas plus ! Comme je recopie chaque exemplaire à la main, écrire en plus grand nombre serait trop fastidieux ! Chez moi, il y a plusieurs piles de projets en attente. Il se produit, dans mon bureau, comme un embouteillage. Il ne faut pas être trop pressé. Il faut que cela mature dans ma tête. Un jour, l’idée me vient et je me dis, tiens, je vais pouvoir écrire tel ou tel livre. Je n’ai pas d’idée précise sur le texte avant d’avoir vu le livre. Je ne me presse pas. J’écris mon texte à feu doux. Son écriture doit être aussi une forme de découverte pour moi.

Il reste des endroits qui sont libres sur la page. Ils peuvent être très limités - juste sous l’image - ou, au contraire, avec des pages entières complètement vierges. Le format compte beaucoup aussi ! Quand c’est un format à l’italienne, je fais souvent des phrases très longues et très compliquées. Si le format est étroit, le mieux c’est d’écrire des vers. J’écris généralement des octosyllabes : c’est quelque chose de très facile et qui semble avoir été créé pour moi ! Je peux évoquer les images de la page ou au contraire m’en écarter. Parfois je mets de la couleur. J’utilise des encres de couleurs différentes particulièrement lorsque les images en noir et blanc. La couleur du texte retentit sur l’image noir et blanc de l’artiste. Elle est aussi choisie en fonction de ce que j’écris.

Ces petits livres sont très différents des essais que j’écrivais, jadis, sur la peinture. Quand on écrit, sur un peintre ou sur un tableau, il y a l’œuvre et la culture du peintre. Il appartient à son époque et s’explique par son environnement. Il y a aussi tout ce qu’on a pu dire, au cours des siècles, sur sa peinture. Enfin, il y a un point de vue contemporain qu’on peut et doit avoir à propos d’un tableau d’un siècle passé. C’est le cas lorsque j’ai écrit sur Delacroix. L’œuvre est monumentale. Il existe beaucoup de textes différents, écrits au cours des siècles. Ils ont alimenté ma réflexion et nourri mon propre texte.

Lorsque j’entame un Livre-objet, je commence par faire un brouillon sur une feuille de papier. Puis et puis je le recopie directement dans le premier livre. Il faut noter qu’aucun des sept livres n’est jamais totalement identique à un autre. Comme j’écris à la main, chaque exemplaire est le brouillon du précédent. Je peux changer la disposition et même le texte. Il me vient des idées nouvelles. Je perfectionne le texte d’origine au cours de mes recopies successives. Du coup chaque livre est un objet unique. Souvent, le peintre procède de la même façon : il y a des différences d’un livre à l’autre, dans ses images dessinées à la main.

Je ne vends pas ces livres, mais l’artiste le fait le plus souvent… parfois à un prix raisonnable, parfois très cher ! Il peut arriver que certains livres soient reproduits en fac-similé par un éditeur. C’est intéressant parce que, dans ce cas, on peut en diffuser un assez grand nombre.

J’ai toujours aimé la peinture et les peintres. Ce n’est pas du tout un hasard si j’écris avec eux. J’aime leur façon de vivre. Ils ont choisi un mode de vie particulier. Ils vivent dans des ateliers (enfin pour ceux qui ont réussi… J’en ai aussi connu beaucoup qui tentaient de peindre dans une chambre de bonne.) L’atelier, c’est un lieu de vie éclairé et spacieux, c’est un lieu de liberté. C’est un endroit où le désordre fait partie de la création. Le peintre crée une œuvre destinée à être entourée d’un beau cadre et à être exposée sur le mur lisse d’un musée. Mais dans sa matrice, posée dans un coin d’atelier, elle exprime quelque chose de différent. Voir peindre est un spectacle. On voit l’œuvre naître et grandir. Le travail du peintre en action est un bonheur. »



(photos de Maxime Godard)


*** Les rencontres d'Alain Cadet

*** Si vous possédez une de ces merveilles envoyez moi une photo elle trouvera place sur mon blog !


samedi 23 juin 2012

LE JARDIN DE GABRIEL VU PAR CATHERINE D'ARZAC


Depuis plusieurs mois Catherine d'Arzac travaille sur LE JARDIN DE GABRIEL
" je visite ce site une à deux fois par semaine et sous le soleil ou sous la pluie,c'est toujours le même enchantement pour moi " .
Elle a eu la gentillesse d'écrire ce texte pour Les Grigris .







Visible depuis la route, Le Jardin de Gabriel ne paye pas de mine : les fleurs, la treille ont disparu, les intempéries ont lavé les statues qui sont devenues grisonnantes derrière leur grillage, l’ensemble est comme délaissé… il faut dire que Gabriel Albert n’est plus là depuis de nombreuses années…


Mais, sitôt le portillon d’entrée passé, c’est tout un monde qui nous accueille ! Les sculptures vous regardent, elles vous interpellent, impossible de rester indifférent. Et que nous disent-elles ces statues d’hommes, de femmes, d’enfants et d’animaux? Elles nous montrent un panonceau « MERCI », elles portent des tenues de soirées : cravates et robes longues, elles vous font un salut militaire ou vous tendent la main, vous offrent une fleur…

Et puis c’est la découverte, on déambule librement parmi les 388 œuvres placées minutieusement par Gabriel Albert voilà près de 40 ans. On sourit devant les représentations d’hommes politiques, devant le clown qui tire la langue, devant les personnages qui lèvent leur verre… On est touché par ces bustes doubles où les têtes légèrement penchées des personnages vous parlent d’amour, d’amitié, de connivence.

On assiste à des scènes de danse, de fête où les personnages placés en ronde applaudissent, lèvent les bras, reposent sur un pied. Leurs vêtements semblent tournoyer.

À l’heure de sa retraite, avec des armatures métalliques de récupération, du ciment teinté dans la masse et des outils rudimentaires Gabriel Albert a modelé un univers de poésie ! Les femmes aux gracieuses chevelures délicatement coiffées, inclinent la tête, parlent à l’oiseau posé sur leur main, ouvrent leurs bras. Les hommes se saluent, semblent se parler, à leurs pieds des chats, des chiens, toute une ménagerie vous regardent et semblent vous sourire…

« Je suis là, au milieu d’elles, trouvez-moi ! » disait Gabriel Albert aux visiteurs. Je ne vous verrai jamais Monsieur Albert mais je crois que je vous ai un peu trouvé et je vous remercie pour la visite.









*** Et n'oubliez pas
Samedi 23 et Dimanche 24 Juin 2012 de 14H à 18H venez découvrir le Jardin de Gabriel !


LES GRIGRIS DE SOPHIE ET LE JARDIN DE GABRIEL

(cliquer sur les liens)

 

vendredi 22 juin 2012

GERALD FINOT ET LES MAXIMES QUI L' INSPIRENT

Voici pour accompagner mes photos aujourd'hui un texte paru dans l'Union en 2009 :

LE JARDIN DES DEUX MONDES DE GERALD FINOT

"A Quatre-Champs, le jardin des deux mondes de Gérald Finot déborde d'inspiration littéraire et musicale. Chaque œuvre de ce sculpteur autodidacte lui a été soufflée par une maxime, sortie tout droit de la chanson ou du livre de l'un des génies qui le font vivre.
Ossip Zadkine, Henry Moore et Etienne Martin sont les sculpteurs qui l'inspirent le plus. Il a choisi d'exercer le même art que ces trois hommes, même s'il n'y était pas prédestiné. Durant vingt ans, c'est la mécanique automobile qui l'a occupé. « Mais je n'étais pas heureux. J'ai décidé d'apprendre seul la sculpture. »

L'homme de 55 ans a su cultiver son jardin en le peuplant de nombreuses œuvres : la maison de fées, le Général, Daisy,… Certaines sont sculptées dans la pierre, d'autres sont composées de boîtes de conserve, électroménager, pierres, pièces de chêne massif. Il confectionnera bientôt les panneaux indiquant les noms des œuvres.

Gérald Finot se dit « fier d'être un artiste marginal ».

Même si l'argent ne coule pas à flot, vivre sa passion est plus important que le confort de la vie quotidienne. Certes, il doit exercer quelques missions en intérim parfois, pour pouvoir se nourrir. Car il ne bradera pas ses sculptures, pour lesquelles il travaille six à huit mois. « Je ne joue pas les modestes, je clame que je fais du bon travail. Orgueilleux oui, prétentieux, non. »

« Ils me récompensent humainement »

Quelques euros sont régulièrement glissés dans sa boîte aux lettres, par des gens de passage, à qui son art a parlé.

Ils lui laissent toujours un petit mot gribouillé à l'improviste sur un bout de papier déchiré, et lui transmettent leur admiration et leur soutien.

Ils me « récompensent humainement » ajoute-t-il. Gérald a repris la guitare depuis un an et chante régulièrement dans les bars de Charleville. Il clame des poèmes qui l'ont touché, et chante les artistes qui l'ont marqué, comme Brassens ou Brel.
Déterminé, il tranche : « Le XXe siècle, j'y suis encore, et j'y resterai jusqu'à ma mort. »"










Et celui-ci paru dans l'Union en 2010 et écrit par Guillaume Lévy :
Un musée à ciel ouvert De vos déchets il fait de l'art






SON « Jardin des 2 mondes », c'est tout un monde. En l'occurrence, le nôtre. Il y a quelques années, Franz Bartelt l'a qualifié de « chaos superbe et proliférant », orchestré par un « jardinier gothique ».


Gérald Finot est né à Vouziers il y a 56 ans. Il vit à Quatre-Champs, ce qui en fait deux de trop ! Pour lui, il y a le réel et l'imaginaire. L'objet et le symbole. Son Jardin des 2 mondes, « expo permanente » bâtie jour après jour, depuis 20 ans, le long de sa bicoque, est un concentré de sa philosophie. De sa méthode.

« Sur la route, ma femme m'engueule, parce que dès que je vois un enjoliveur, il faut que je m'arrête pour le récupérer. Quand on part en vacances, le coffre est plus rempli au retour qu'au départ ! »

L'homme se dit « artiste de la pauvreté ». Avec lui, cela tient d'ailleurs du pléonasme. « Je n'ai pas d'argent mais pas de dettes non plus, juste de quoi manger. »

La surconsommation, il la garde pour son jardin. Tout ce que les gens honnêtes jettent dans un bout de forêt à l'abri des regards, il le récupère et le sublime. « Je connais mes dépôts… », glisse-t-il mystérieusement, comme d'autres évoquent leurs coins à champignons.

Pare-chocs et vieilles godasses

Il y trouve du lourd : frigo, four, tondeuse, radiateur, chaîne Hi-Fi, gouttière, pare-chocs, VAP (cousin du Solex) des années 40. Du léger aussi. Plein. Rasoirs, moules à tarte, fers à cheval, chaînes de vélo, bouteilles, conserves, briquets, lampes, canettes, étuis à CD, vieilles godasses… Une de ces œuvres ne s'appelle pas pour rien Polymatérisme.

Depuis deux décennies, chaque pièce est venue construire une œuvre en perpétuel mouvement. Totémisés, les lilas, frênes, cyprès, se recouvrent peu à peu, parfois sur 5 mètres de hauteur, d'ustensiles variés. Tous retenus par du fil de fer. « Je suis l'artiste du fil de fer. Il m'en faut énormément pour tout faire tenir, et je suis toujours anxieux quand il y a de l'orage… »

« Et je danse »

Dominant le vert des arbres, le gris ferraille et la rouille, des guirlandes de centaines de bouchons colorés relient les œuvres les unes aux autres. Comme des lampions, qui coiffent l'ensemble et lui donnent un air de fête. Les vers de Rimbaud résonnent : « J'ai tendu des cordes de clocher à clocher ; des guirlandes de fenêtre à fenêtre ; des chaînes d'or d'étoile à étoile, et je danse. »

Au fond du jardin, une sculpture s'intitule Une saison en enfer. On pourrait la sous-titrer Ronces et ferrailles. À l'opposé, à l'entrée, une œuvre très haute : voici Le Général… À ses pieds, une citation du romancier Paul Coelho : « Accomplir sa légende personnelle est la seule et unique obligation des hommes. »

« Longtemps, mon jardin n'a pas été accepté, confie Gérald Finot. Mais j'ai tenu le coup. Aujourd'hui les gens apprécient plus, certains me glissent parfois une pièce. Des Hollandais m'achètent une sculpture. J'ai beaucoup souffert mais maintenant, je suis sûr de moi. Je sais que mes œuvres resteront. Je mourrai le sourire aux lèvres. »


GERALD FINOT ET LES GRIGRIS DE SOPHIE
(cliquer sur le lien)

jeudi 21 juin 2012

GERALD FINOT VU PAR FRANZ BARTELT

Lorsque nous avons rencontré Gérald Finot il nous a parlé avec fierté des textes écrits sur lui par Franz Bartelt.
 J'ai contacté celui ci par téléphone et il a eu la gentillesse de me confier ces deux textes écrits en 2000  dans son ouvrage " Aux pays d’André Dhôtel " ( Édition Traverses).
L'écrivain a rencontré Gérald il y a une vingtaine d'années, alors qu'il était journaliste, et suit depuis régulièrement son travail .






GERALD FINOT, JARDINIER GOTHIQUE

Après avoir vécu tout ce qu’il est possible de vivre au cours d’une carrière de chanteur ambulant qui le conduisit bien au-delà des Valparaiso auvergnats, après avoir touché l’Espagne du bout sa guitare, et l’Italie par une singulière inclinaison pour les bottes de femmes, Gérald Finot cultive sa parcelle à Quatre-Champ, perpendiculairement à une route qui monte vers un ciel où Camille Renault veille, d’assez loin maintenant, sur ces cantons du sud ardennais dont les vallonnements constituent une extension naturelle du Dhôtelland. Il édifie là, sous les ricanements perfides des béotiens, une sorte de chaos superbe et proliférant, produit d’une imagination athlétique et de cette énergie du voyageur condamné à une immobilité dont il voudrait encore faire un voyage. À choisir, en homme qui a toujours quelque chose à célébrer, il aurait sans doute préféré entreprendre la construction d’une cathédrale. Mais la place lui manquait et le terrain était en mauvaise pente. Sans abdiquer de ses ambitions, les repoussant seulement vers un avenir plus fortuné, il s’est résigné à faire jaillir de terre des monuments d’une ampleur maîtrisée, mais d’une extravagance grandiose. Fragments de châteaux en dur, alignements de bidons d’assouplissant en attelage sur des manches à balais, stèles commémoratives d’amnésies historiques, totems aux complexités freudiennes, gargouilles à intermittences délurées, machines à débucoliser le paysage, buissonnements de vélos disloqués, perches casquées, allusions vulvaires, reconversions de boîtes de conserves et de jouets en matière plastique, expansion de queue de cochon, porte oriflamme en matériau composite, élaboration d’un planétarium à ciel ouvert, rien n’échappe à ce forçat qui invente sa liberté en bâtissant son propre bagne. Par ailleurs, et plus secrètement, ce conducteur de travaux privés explore les éventualités de l’art sacré dans le milieu de la récupération d’objets, tout en manifestant une persévérance héroïque dans la mise en œuvre de gidouilles. Au cœur de ce panorama où ni le mot ni la chose ne disent rien à personne, le fait mérite d’être mentionné.



GERALD FINOT

Ailleurs encore, dans un autre jardin— mais dans la région, c’est la terre qui manque le moins —, un homme tout droit sorti d’un roman d’André Dhôtel construit un monde où il est sûr de trouver sa place. C’est un musicien qui a fait la route pendant des années et qui de retour au pays s’est converti à la sculpture. Il est animé d’une inextinguible soif de paroles, comme s’il craignait quelque chose du silence.

Il se présente comme « un artiste de quarante-six ans », parle sans arrêt, déclame, réclame, délire, disserte avec des moulinets de bras qui fauchent loin autour de lui et risquent d’éborgner qui se trouve à sa portée :

« Le monde a besoin qu’on l’agresse. L’agression, c’est bon pour tout le monde. C’est technique, au fond. J’agresse pour secourir. »

Cependant, il n’aime plus personne, pour ainsi dire. L’humanité le déçoit. Il voudrait que tout le monde vive comme lui, dans le mépris des choses matérielles. Dans cette quiétude de la réflexion créatrice.

« En ce moment, dit-il en montrant une pièce de bois, je fais du gros. Je travaille le gros. La grosse pièce ne se traite pas de la même manière que la petite pièce. Le gros c’est le gros. En ce moment, je travaille le gros. J’attaque le tronc. Le tronc c’est du gros. »

Des jeunes ont visité son atelier. Remarquant un amas caillasseux sans forme identifiable, l’un d’eux a lancé :

« Ça, m’sieur, je pourrais en faire autant.

– La différence entre nous, lui rétorqua l’artiste qui connaît ses classiques, c’est que toi tu pourrais en faire autant, tandis que moi je le fais. »

Il se défend d’être obsédé par les chaussures de femme. Toutefois, il les récupère et, coulant du béton à l’intérieur, les utilise comme moule. Il fabrique des quantités de chaussures en béton, qu’il entasse dans tous les coins de son jardin. Les place sur les poteaux peints en rouge, sur les branches de ce qui veut ressembler peut-être à des totems. On en trouve dans des boîtes, dans des caisses, dans des taupinières, dans des constructions, dans l’épaisseur des murs, sur le bord des fenêtres.

Remarquant cette curieuse prolifération de chaussures, le marcheur ne doute plus qu’il se trouve sur la bonne route.

Aucun statisticien ne s’est jamais attelé à la compilation des signaux déposés par des originaux et dont la répartition sur le territoire planifie toutes sortes de hasards, de coïncidences, d’étonnements qui, à force, sans qu’on y comprenne rien, ménage des passages entre la réalité et l’imaginaire, la géographie et le roman, établissant des réseaux d’une logique aléatoire et poétique, plus infaillibles que les cartes d’état-major, et qui complètent d’un village à l’autre, et dans les trous du décor, les messages, plus officiels, plus collectifs, que représentent les églises, les chapelles, les calvaires et les fontaines miraculeuses.

Là où il n’y a rien à voir, tout est à inventer.







 

Et cette photo, hommage à Chomo,  pour Laurent bien sûr !




(Ces photos ne m'appartiennent pas et ont été réalisées par Matt Bosma, un visiteur de passage conquis par l'homme et le lieu,  en 2006 )


*** FRANZ BARTELT sur Wikipédia

****LE SITE DE MATT BOSMA 


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mercredi 20 juin 2012

GERALD FINOT ET SON JARDIN DES DEUX MONDES


GERALD FINOT est né le 19 juin 1954 à Quatre Champs près de Vouziers,
là où il habite aujourd’hui,  pas loin de la maison de sa mère et de son frère …Son père était maçon .

Il a obtenu un certificat d’études avec mention (Premier du canton se plaît- il à ajouter) et est parti comme apprenti dans la mécanique auto.

De plus loin qu’il remonte, il se voit comme rebelle et marginal.

Mais cet homme qui se dit « désabusé », misogyne nous a reçu très longuement (presque 5 heures !), nous a offert à boire et nous a fait visiter LE JARDIN DES DEUX MONDES .

Il y a du Bodan Litnianski dans cet « anartiste » inclassable, du Richard Greaves aussi !

Dans son jardin des « îlots d’objets »amoncelés dans un équilibre miraculeux. On sent son  émerveillement presque enfantin face à ses montées verticales aussi fragiles que solides. La rouille qui s’est déposée sur les objets montre que les constructions sont anciennes.

Elles portent des noms étonnants « La fête foraine », « L’homme qui marche », « La maison des fées », « Vaisseau », « L’arbre le Général » et sont faites de fer à repasser, de boites de conserve, de landau, de sculptures sur bois, de bicyclettes, de bidons, de bouchons de bouteilles, de casques, de plaque d'immatriculation, de marionnettes, d'enjoliveurs, de chaussures, de boites à oeufs ….

Un inventaire à la Prévert n’y suffirait pas bien sûr.

Chaque objet n’est pas là par hasard, chaque objet a une histoire qu’il aime raconter.

Mais cet « arbrutiste »complètement autodidacte est un homme cultivé.

Il cite avant tout Calaferte mais se réclame de Brel, Brassens, Ferré , aime Renaud, Béranger, Thiefaine et Tachan , évoque Picasso, Duchamp.

Il déclame des vers de Victor Hugo, écrit des textes proches de Michaud, récite des poèmes , joue de la guitare.

Il se dit « luciférien », s’intéresse à la numérologie et aux anges rebelles.

Dans sa vie GERALD FINOT a fait plein de petits métiers, il a été marionnettiste, chanteur des rues, ébéniste aussi .

Dans son jardin des accumulations colorées et ubuesques mais aussi des totems noirs ,recouverts d’huile de vidange, donnant l’impression de bois brulés, portent les noms de « Daisy », de « Bathin » mais aussi des totems de couleurs vives , des panneaux écrits en rouge, des citations d’Arthur Rimbaud, d’Hervé Bazin, d’Antoine de Saint Exupéry , de Nougaro, de Chomo …

Il rend hommage aussi avec une de ses installations  à Tinguely et à Niki de Saint Phalle .

D’autres sculptures en pierre cette fois s’appellent « Hommage à Zadkine », « Maternité », « Espoir », « Sorcière », « Mécanoïde », « Lilith », « Viking » ou « Cathédrale ».

Au sol juste avant d’entrer dans sa maison les noms qui l’inspirent, on y trouve Raymond Moralès .

GERALD FINOT a beaucoup voyagé, en France surtout et a eu un vrai émerveillement pour les sculptures gigantesques de cet artiste de Port-de-Bouc .Il a fait la route " comme Jack Kerouac"  et parle des rencontres qu’il a pu faire. Le voici maintenant « voyageur immobile ».

Véritable cabotin, se livrant pour nous à un one man show passionnant, nous présentant ses lectures du moment, ses textes, les livres de Franz Bartelt où son nom est cité, la page qui lui est consacrée dans " Aux pays d'André Dhôtel" , les articles de journaux qui parlent de lui et nous on l’écoute submergées par tant d’informations, par ce débit qui n’appartient qu’à lui, par son énergie, son enthousiasme  .

Au mur de sa maison de très nombreuses cartes postales, des reproductions, des photos de Camille Claudel, de Petit Pierre, de Chomo; deux sculptures de pierre " La Marquise " et " Jubilator" ainsi qu'une grotte salle de bain …

Nous repartons avec un CD de photos prises en 2006 par Matt Bosma , un visteur de passage qui s'est pris de passion pour l'homme et l'incroyable jardin  .
Les constructions ont évolué, elles se sont transformées. Suivant les saisons la végétation donne au lieu un aspect différent . Nous reviendrons c'est sûr !











 









Gérald Finot
6 rue des Vignes
08400 Quatre-Champs




Pour Romain et Laurence ....