Les Grigris de Sophie ce sont bien sûr des broches, des colliers et des sacs … mais c’est aussi un blog !

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Mais c’est aussi un blog ! Un blog dans lequel je parle de CEUX et de CE que j’aime …
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Vous trouverez ici des artistes, des lieux insolites, des recettes, des films, des expositions, des musiques, des spectacles, des photographies d’amis ….
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jeudi 18 juin 2026

TORBEN GAMMELGAARD ... UNE SI BELLE DÉCOUVERTE

Où il est de nouveau question de TORBEN GAMMELGAARD ...
































Torben Gammelgaard, la rigueur nordique au service de l’incertitude contemporaine :

Né au Danemark en 1972, Torben Gammelgaard appartient à cette génération d’artistes pour qui la création n’est pas une réponse, mais une question maintenue ouverte. Son travail, à la fois exigeant et silencieux, s’inscrit dans une tradition scandinave de sobriété formelle, tout en dialoguant avec les tensions propres au monde contemporain : instabilité, mémoire fragmentée, rapport ambivalent au progrès.

Chez Gammelgaard, l’économie de moyens n’est jamais synonyme de pauvreté expressive. Au contraire, elle agit comme un révélateur. Qu’il travaille sur des surfaces, des volumes ou des dispositifs plus conceptuels, l’artiste privilégie des formes épurées, parfois presque austères, qui obligent le regard à ralentir. Le spectateur n’est pas happé : il est invité. Invité à observer, à douter, à habiter l’espace de l’œuvre plutôt qu’à le consommer.

Cette approche reflète une posture artistique profondément ancrée dans la culture nordique, où le silence, la retenue et l’attention aux détails jouent un rôle central. Mais Torben Gammelgaard ne se contente pas d’en reproduire les codes. Il les met à l’épreuve. Derrière la précision des formes se cache une inquiétude diffuse : celle d’un monde en mutation permanente, où les repères esthétiques, sociaux et même moraux se déplacent sans cesse.

L’un des aspects les plus marquants de son travail réside dans la manière dont il traite le temps. Le temps comme trace, comme usure, comme suspension. Les œuvres semblent souvent prises dans un état intermédiaire : ni totalement achevées, ni franchement provisoires. Cette ambiguïté volontaire ouvre un espace d’interprétation où chacun est libre de projeter sa propre expérience.

Gammelgaard se tient à distance des effets spectaculaires. Là où certains artistes cherchent l’impact immédiat, il privilégie la persistance. Ses œuvres ne s’imposent pas d’un coup ; elles s’installent lentement dans la mémoire. Ce choix peut déconcerter, mais il constitue aussi une forme de résistance face à l’accélération généralisée du regard contemporain.

Dans un paysage artistique souvent dominé par la surenchère visuelle et discursive, Torben Gammelgaard revendique une autre temporalité : celle de l’attention, de la contemplation, voire de l’inconfort. Son travail ne cherche pas à séduire. Il propose plutôt un terrain de réflexion, parfois fragile, toujours exigeant.

À travers cette démarche, l’artiste danois affirme une position claire : l’art n’a pas nécessairement vocation à expliquer le monde, mais à en révéler les zones de friction. En cela, Torben Gammelgaard s’inscrit pleinement dans une tradition critique contemporaine, tout en conservant une voix singulière, discrète et résolument personnelle.

 

Quelques gros plans des tableaux ... 

 




 L'artiste au travail ...

 

 




 

 

 

SUR INSTAGRAM 

 

TORBEN GAMMELGAARD ET LES GRIGRIS DE SOPHIE 

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mercredi 17 juin 2026

DES MASQUES ...

 

 

 BERNARD NICOLAS

 

 

 

PASCAL BRIBA 



 

COCO FRONSAC


 

 

 

 

CORINNE PIRAULT

 

 

 

EMILY BEER 



 

 

 

HUGUES LEROY 

 


JÉRÔME BOUSCARAT 

 

 

 

KELLY MOORE

 

 




LAURENS FONT 

 

 

 

 

MARIE JALLOT

 








MARIE VASSILIEFF

 




MIGAS CHELSKY

 




 

 

 

NADINE VERGUES

 

 

 

THIERRY LAMBERT 



 

 

Les masques sont des menteurs très polis. Ils vous regardent droit dans les yeux,enfin, façon de parler, et vous disent : " Je ne cache rien, je sublime. " Et on les croit. Depuis que les humains ont décidé qu’un visage nu, c’était bien, mais qu’un visage décoré, c’était mieux, on se fabrique des doubles avec élastique.

Prenez les masques du théâtre antique : dans la Grèce d’Athènes, on enfilait un visage tragique le matin et comique l’après-midi. Grâce à eux, on pouvait mourir d’amour à 14h et renaître en valet rusé à 16h. Pratique. Pas besoin de psy, juste un bon accessoire en bois et une voix qui porte. Le masque ne cachait pas l’acteur ; il révélait l’idée. Un nez plus long, une bouche plus grande, et hop : l’émotion devenait visible depuis le dernier rang.

Puis il y a les carnavals. À Venise, sous les dorures et les plumes, on glisse une bauta ou un loup, et soudain la boulangère peut discuter philosophie avec un duc sans que personne ne fronce les sourcils. Le masque est un passeport social : il efface les hiérarchies, gomme les rides et autorise les audaces. Derrière lui, on devient plus libre, ou plus espiègle, ce qui revient souvent au même. C’est fascinant : on se cache pour mieux se montrer.

En Afrique de l’Ouest, certains masques rituels ne sont pas des déguisements, mais des présences. Ils ne disent pas " je suis quelqu’un d’autre ", ils murmurent " je suis plus que moi ". Le bois sculpté, la fibre, la couleur ne dissimulent pas un visage : ils ouvrent une porte. Le porteur disparaît pour laisser passer une histoire, un ancêtre, une force. Là, le masque ne protège pas seulement l’individu ; il protège le lien.

Et puis il y a les artistes contemporains, qui jouent avec le masque comme avec un miroir capricieux. Un trait de maquillage, une cagoule en satin, un visage peint en bleu électrique, et voilà qu’on interroge l’identité. Qui parle ? La personne ou le personnage ? Le masque rassure : il offre une distance, un petit coussin entre soi et le monde. On peut oser davantage quand on sait qu’on pourra toujours dire : " Ce n’était pas moi, c’était mon masque. "

Au fond, le masque artistique est un paradoxe ambulant. Il cache pour révéler, protège pour exposer, ment pour dire la vérité. Il nous rappelle que le visage n’est jamais neutre, qu’il est déjà une mise en scène. Alors autant choisir sa scénographie. Mettre un masque, c’est admettre que l’identité est un costume qui se froisse, se lave, se change.

Et si parfois on s’y attache un peu trop, si l’on oublie ce qu’il y a dessous, ce n’est pas très grave. Après tout, même sans masque, nous jouons tous un rôle. Le masque artistique, lui, a au moins l’élégance d’annoncer la couleur.

 

LE CONFINEMENT ET LES GRIGRIS

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