Les Grigris de Sophie ce sont bien sûr des broches, des colliers et des sacs … mais c’est aussi un blog !

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samedi 7 février 2026

LA MAISON PICASSIETTE ... ON NE S'EN LASSE PAS

 

Hélène Huysseune a été mes yeux à Chartres .... 

 

 

 

 

 

 

 

 






 

 

 

 




Maison Picassiette
22 rue du Repos - 28000 Chartres
Tél : 02 37 34 10 78



LE SITE DE LA MAISON PICASSIETTE

PICASSIETTE ET LES GRIGRIS DE SOPHIE

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A VISITER ABSOLUMENT !
 

 

 MAI 2024

 

mardi 14 octobre 2025

LA MAISON PICASSIETTE ....C'EST TELLEMENT BEAU

 

Mon fils Antoine a été mes yeux à Chartres pour une nouvelle visite de LA MAISON PICASSIETTE. 

Une incontournable visite ! 

 

 

Photo prise sur le site

 

"Dès les premiers pas, entrez dans un lieu où l’imaginaire a tous les droits… Ici, le talent de Raymond Isidore dit Picassiette s’est exprimé dans chaque recoin. Labellisée patrimoine du XXe siècle, la Maison Picassiette à Chartres se trouve être une œuvre à la croisée des chemins entre architecture naïve et art brut. Recouverte de mosaïques du sol au plafond, jusque dans le jardin, ce lieu est fascinant et nous fait entrer dans l’intimité de la vie d’un homme spirituel et passionné."

 

 

 

 

 

 

 





















 

 







"Raymond Isidore est à l'origine de l'une des réalisations d'architecture spontanée parmi les plus marquantes et enchanteresses.

Pendant plusieurs décennies, le « Picassiette », surnommé ainsi par dérision, va progressivement recouvrir entièrement sa maison, ses meubles et même ses objets de faïences, de débris de verre et de vaisselle. Il peint et recouvre de mosaïques multicolores tous les espaces, des sols au plafond, ainsi que son jardin.

Homme simple et de condition très modeste, sans instruction, solitaire, Raymond Isidore est un personnage hors du commun, à la fois, architecte, bâtisseur, peintre et mosaïste.

Un parcours modeste

Il est né à Chartres le 8 septembre 1900 au sein d'une famille plus que modeste, septième d'une fratrie de huit enfants. Il connaît peu son père parti travailler loin de son foyer et sa mère ne lui apporte pas la tendresse dont tout enfant a besoin. Il reçoit une formation scolaire rudimentaire et exerce plusieurs métiers (mouleur de fonderie, employé aux chemins de fer, accessoiriste au théâtre municipal…).

Il change souvent d’emploi, instable et révolté par toute injustice. En 1935, il est embauché comme cantonnier par la Ville de Chartres ; il sera affecté comme balayeur au cimetière Saint-Chéron à partir de 1949 et y restera jusqu’à sa démission en 1958.

 

Une vie de famille tranquille


En 1924, il épouse Adrienne Rolland née Dousset, son ainée de onze ans, alors veuve et mère de trois enfants. Il devient propriétaire en 1929 d'un terrain rue du Repos sur lequel il va avec l'aide de ses deux beaux-fils Michel et Bernard Rolland, construire une maison.

Trois pièces seulement constituent cette demeure : une cuisine/salle à manger, un petit salon exigu et une chambre. Raymond Isidore ne pense alors aucunement à la décorer de quelque manière que ce soit.

L’œuvre du hasard

Il commence son œuvre en 1938, par l'intérieur de la maison et, d'une certaine manière, par hasard, comme il le dit lui-même :

« J'ai d'abord construit ma maison pour nous abriter. La maison achevée, je me promenais dans les champs quand je vis par hasard, des petits bouts de verre, débris de porcelaine, vaisselle cassée. Je les ramassais sans intention précise, pour leurs couleurs et leur scintillement. J'ai trié le bon, jeté le mauvais. Je les ai amoncelés dans un coin de mon jardin. Alors l'idée me vint d'en faire une mosaïque, pour décorer ma maison. Au début je n'envisageais qu'une décoration partielle, se limitant aux murs. » 

 

Une passion reconnue

Chaque jour, il parcourt des kilomètres à la recherche de débris, il devient le pique-assiette (Picassiette). Son personnage devient fameux, parfois raillé. Pour créer ses décors, il s’inspire de ses rêves. Il travaille à ses créations le jour et quand vient la nuit, à la lumière d’une lampe torche.

D’abord dédaigné par ceux qui le connaissaient, parfois littéralement pris pour un fou, Raymond Isidore a cependant de son vivant la satisfaction de voir son travail reconnu. Il fait d’abord visiter sa maison avec plaisir.

 

Un univers croissant

Pendant la seconde Guerre mondiale, il travaille dans un entrepôt de charbon. Cette triste période le conduit plusieurs mois à l’hôpital psychiatrique à la suite d’une crise de démence. Absorbé par son monde intérieur, il devient indifférent au succès naissant et aux visiteurs de plus en plus nombreux. Il s’attache à décorer les murs extérieurs, puis les cours.

En 1956, il entreprend de nouvelles constructions derrière sa maison : une chapelle, une maison d’été ; il achète une parcelle de terrain limitrophe et décore son jardin.

En 1962, il construit le tombeau de l’esprit, son ultime réalisation

 

Une vie de créativité

Après 24 ans d’un travail de titan et de créativité, son œuvre est enfin achevée. En 1964, il connaît de nouveau l’hôpital psychiatrique. Le 6 septembre de la même année, trouvé hagard au bord d’une route, il succombe au matin, âgé de 64 ans.

La Ville de Chartres fait l'acquisition de la Maison Picassiette en 1981, et enrichit ainsi son patrimoine d’un chef d’œuvre d’art brut. La procédure d'acquisition aboutit au classement de la maison parmi les monuments historiques en novembre 1983.

Depuis 2017, le site est labellisé « Architecture contemporaine remarquable » par le ministère de la Culture.


 

Maison Picassiette
22 rue du Repos - 28000 Chartres
Tél : 02 37 34 10 78



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Pour en savoir plus : Picassiette, « Le Jardin d'Assiettes », de Paul Fucks, Éditions Ides et Calendes.


dimanche 5 septembre 2010

LE PICASSIETTE DE MICHEL RAGON





Dans le livre de Michel Ragon sur PICASSIETTE on peut lire :

« La maison de Picassiette est désormais à Chartres un monument historique, au même titre que la cathédrale. Lorsqu’on sait l’admiration et la dévotion que Raymond Isidore ne cessa de porter à Notre-Dame de Chartres , principal objet de son inspiration, cette association est plutôt réjouissante. »

Isidore raconte : « Je me promenais dans les champs quand je vis par hasard des petits bouts de verre, débris de porcelaine, vaisselle cassée. Je les ramassais sans intention précise, pour leurs couleurs et les scintillement. J’ai trié le bon , jeté le mauvais . Je les ai amoncelés dans un coin de mon jardin. Alors l’idée me vint d’en faire comme une mosaïque, pour décorer ma maison . »

« On imagine l’obstination, l’endurance, qu’il aura fallu à Raymond Isidore pour imposer à sa femme et aux enfants de celle-ci une telle intrusion extravagante dans un logis de si petites dimensions.
D’autant plus que, pendant la guerre, non content d’avoir envahi les murs, Isidore entreprendra de recouvrir de mosaïque tout le mobilier : table, chaises, buffet, guéridon, lit, armoire et même le tuyau de la cuisinière à charbon, le poste de radio et le moulin à café. Décoration totale, absolue, jusqu’à l’absurde. E t c’est là où le délire commence qu’Isidore devient vraiment artiste.
Artiste il sait qu’il l’est .Au contraire de la plupart des créateurs de l’art brut qui se complaisent à décrire la prouesse que représente l’exécution de leurs objets, Raymond Isidore sera toujours persuadé, malgré les railleries de son entourage, qu’il réalise une œuvre d’art.
Sa maison devient un tableau à multiples épisodes : le Mont Saint Michel, la cathédrale de Chartres, un paysage marocain ? C’est une enluminure, un livre d’heures. »

« Ce surnom de Picassiette s’il a popularisé l’œuvre de Raymond Isidore, contribua aussi à la rabaisser au niveau de l’anecdote. Car l’originalité du décor de Raymond Isidore réside moins dans l’assiette cassée que dans la somptuosité, le raffinement, l’image rêvée qui en est le résultat. »

« Pendant plus de vingt ans Raymond Isidore donna vie à son rêve ».

« Lorsque, après 1945, une fois l’intérieur de sa maison saturé, Raymond Isidore entreprendra la décoration extérieure de la maison et qu’autour de la cour d’entrée apparaîtront des fresques représentant la cathédrale de Chartres, la stupéfaction des gens du voisinage poussera Isidore dans un isolement tragique . »

« En réalité, comme pour tout artiste, rien d’autre ne compte que ce qui peut alimenter sa création. Ses multiples emplois n’ont été que concession à la vie sociale , à la nécessité de recevoir quelque argent pour entretenir sa famille . »
« Paul Fuks , dans son analyse psychanalytique de l’œuvre de Raymond Isidore écrit : « Ce qui inspire Raymond Isidore, ce n’est pas l’assiette : c’est son débris, non sa surface circulaire et intacte mais sa brisure, non son intégrité, mais sa reconstitution….S’il a fait de l’assiette brisée son matériau de prédilection, c’est qu’il y est reconnu , identifié, lui l’enfant d’un ménage brisé , privé de son père de son petit frère , puis de son grand frère, brisé par la société, toujours séparé de lui –même et de ses aspirations . Il a trouvé dans cette porcelaine morcelée, dispersée, jetée au rebut, une image de lui, de ses désirs .Et il a ramassé l’assiette cassée comme on ramasse sa propre photo déchirée. »

« Plus il avance dans la réalisation de son grand œuvre, plus il prend conscience de sa singularité d’artiste . A ses voisins perplexes et ironiques il ne parle jamais de son savoir-faire, à la manière de la plupart des créateurs de l’art brut, mais de son art . »

Raymond Isidore a dit à Gilles Ehrmann :
« J’ai poursuivi mon travail comme si j’étais guidé par un esprit, quelque chose qui me commande, qui me dit la manière de faire ; quand c’est bien incrusté dans ma tête, ça se répand en moi, dans mes mains, dans mes doigts, je suis poussé à travailler ».
Et à Robert Giraud :
« La nuit me dictait ce que je devais faire, je voyais mon motif devant moi comme s’il existait vraiment . Je me levais en hâte et me mettais immédiatement au travail. Je ne choisissais aucun élément. Les morceaux de porcelaine et de faïence se trouvaient à ma portée, prêts à être utilisés. Moi qui n’ai jamais su dessiner de ma vie, je ne comprends pas encore comment je suis arrivé à un pareil résultat. »

« En 1952, tout l’extérieur de la maison est entièrement décoré.
Quatre ans plus tard, Robert Giraud insiste sur l’insatisfaction de Picassiette :
«Raymond Isidore, pourtant, n’est pas satisfait. Tout ce qu’il a réalisé jusqu’à ce jour ne compte plus pour lui . Il a jeté les bases d’une nouvelle construction : derrière sa maison, dans le terrain vierge qu’il possède, il rêve d’élever, toujours en débris d’assiettes, la chapelle monumentale qui lui servira de tombeau. »

« Toujours, la magnificence de l’inspiration comme le résultat méticuleux du travail apparaissent comme une revanche sur l’indigence matérielle du créateur. »
« Il y a là une minutie et une obsession qui confinent au délire . »

" A une journaliste de Elle, venue l’interviewer le 8 juin 1970, Mme Isidore déclara :« Moi quand il parlait, je ne disais rien ….Il m’avait épousée veuve avec trois enfants ….Alors il avait toujours raison. Les enfants et moi il fallait qu’on le laisse tranquille. Après il avait toujours raison . Les enfants et moi il fallait qu’on le laisse tranquille. Après, il disait : « viens voir, ma vieille. » Et je voyais des églises dans ma cour, des chameaux dans ma chambre, un trône de roi dans mon jardin. Ma machine à coudre couverte de fleurs. Ma barrière tout en marguerites. Tout était peint ou recouvert de mosaïques. Je crois bien qu’à la fin, j’aurais pu, moi aussi, être à petits carreaux ."
 
 
 
 
Maison Picassiette
22 rue du Repos - 28000 Chartres
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