Les Grigris de Sophie ce sont bien sûr des broches, des colliers et des sacs … mais c’est aussi un blog !

Les Grigris de Sophie ce sont bien sûr des broches, des colliers et des sacs …

Mais c’est aussi un blog ! Un blog dans lequel je parle de CEUX et de CE que j’aime …
HHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
Vous trouverez ici des artistes, des lieux insolites, des recettes, des films, des expositions, des musiques, des spectacles, des photographies d’amis ….
Tout ce qui rend la vie meilleure, tout ce qui rend ma vie meilleure !

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samedi 2 septembre 2023

HOMMAGE A PIERRE SHASMOUKINE

 

Il y a un an disparaissait PIERRE SHASMOUKINE ....

J'avais visité GORODKA et rencontré Pierre en 2010 ICI 

Voici aujourd'hui sur les Grigris l'hommage rendu par Nicole Esterolle en novembre 2022.

 



PIERRE SHASMOUKINE, ARTISTE VISIONNAIRE DU « DÉVELOPPEMENT DURABLE », NOUS A QUITTÉ… GORODKA, SON VILLAGE DANS LA FORÊT,  DOIT LUI SURVIVRE Par Nicole Esterolle (billet d’humeur)

Encore une triste nouvelle, après celle du suicide de Claudius de Cap Blanc, créateur de l’Affabuloscope en Ariège, voici donc celle du décès , le 2 septembre 2022, de Pierre Shasmoukine, créateur de cet autre lieu fabuleusement « inspiré » de Gorodka en Périgord.

Tous les deux ont été  les victimes d’un même  mépris, voire d’une sorte d’une sourde vindicte venant des autorités culturelles des alentours  et de ces DRAC toujours pleines d’affectueuse générosité pour les faux subversifs de l’art, mais féroces envers ces vrais inspirés, « marginaux de l’extrême », magnifiques  poètes, vrais analyseurs sociétaux, qui engagent leur  propre vie pour une exploration existentielle de fond.

Pierre Shasmoukine s’était installé  en 1970, sur une parcelle de forêt  qu’ il avait héritée, près de Sarlat en Dordogne, non viabilisée, sans eau et sans électricité… Il avait 27 ans. Il abandonnait un parcours d’artiste reconnu  exposant à Paris, Versailles, Lyon, Angoulême et  Milan… Aucun moyen financier … Pour tous biens, une brouette, une hachette, 2 chèvres, 3 cochons et 5 canards… Personne pour l’aider. Il installait un petit campement de fortune et vivait seul dans une vieille caravane. Défrichage et nivelage à la pioche. Abattage d’arbres à la hache. Il éleva cochons et volailles, produisait et vendait ses conserves. En même temps, il s’attaquait au travail forestier (échange des cochons contre des arbres) et commençait alors à construire ses premières cabanes, maladroites ébauches de ses futures « Anarchitectures ».

 

 

Commençait alors l’aventure de ce précurseur, écologiste visionnaire avec la découverte d’une agriculture « différente », la création d’un Institut rural d’information qui débouchera sur l’ouverture d’une des premières boutiques de gestion, l’édition du tome 4 du fameux Catalogue des ressources… Gorodka devient un vrai village de sculptures habitables.  Dans ses « anarchitectures » viendront  en résidence  et exposeront 250  artistes parmi lesquels  Philippe Genty, la Mano Negra, Carolyn Carlson, etc. 

L’I.R.I ( Institut Rural d’Information ) bénéficiera du soutien institutionnel et emploiera jusqu’à 13 salariés. L’I.R.I mettra en place une des premières Boutiques de Gestion, et sera « reconnu » par des centaines d’adhérents et de professionnels : collaboration avec 3000 consultants dans divers domaines. A cette époque, les médias se sont vivement intéressés à cette expérience pionnière, innovante et unique. Il travaillera en relation avec des consultants français et étrangers sur tous les sujets créatifs et innovants du monde Rural. Il publiera la Revue Za, le livre « Construire en bois », le 4ème, Catalogue des Ressources « Énergie Habitat », etc …

 

 

 

Il empoignait ainsi tous les sujets du développement durable avec trente ans d’avance…

Mais hélas, en 1981, changement d’ambiance dans Culture française avec l’arrivée du progressisme décentralisateur culturel languien. La Région et  les décideurs locaux, qui n’ont jamais compris la portée de tout ce travail et n’ont eu pour l’IRI qu’indifférence ou hostilité, peuvent se désintéresser de Gorodka. Les subventions seront supprimées et l’IRI, endetté fermera ses portes en 1984. Pierre Shasmoukine restera seul pour faire face aux dettes et aux tracas administratifs…

Très récemment il envisageait de mettre le feu à Gorodka et de disparaître lui-même avec son œuvre… Et il existe un enregistrement poignant de  Pierre Shasmoukine en plein désarroi face au  mépris des instances officielles.:  « Pourquoi, pourquoi ne m’ont-ils pas aidé ? » 

Sa sœur et des amis entreprennent courageusement  aujourd’hui de faire survivre  Gorodka, de préserver ce lieu chargé depuis 50 ans des  valeurs  qui  acquièrent maintenant une importance centrale pour la survie de l’art et de l’humanité.

Il faut soutenir Gorodka. Il faut aller visiter ce lieu céleste, d’un idéalisme de rêve, mais si plein de sens, de positivité, de prospectivité, d’intelligence, de poésie, de nécessité et de compréhension des réalités de notre temps présent..


 LE LIEN VERS NICOLE ESTEROLLE 

 GORODKA ET LES GRIGRIS DE SOPHIE

LE SITE DE PIERRE SHASMOUKINE


(cliquer sur les liens)

 

 La Canéda
24200 Sarlat la Canéda
05 53 31 02 00

(Sur le GPS j'ai tapé place Marguerite Duras, c'est une petite place pas très loin du site et une aide supplémentaire)


jeudi 19 novembre 2015

CAROLYN CARLSON VUE PAR PIERRE SHASMOUKINE ET THIERRY DELCOURT




CAROLYN

Je suis là aujourd’hui pour vous parler de Carolyn Carlson.
Seuls quelques initiés connaissent la densité,
L’importance et l’éclectisme des créations de Carolyn.
Mais pas obligatoire d’être intime de Carolyn
Pour recevoir ses ondes de ferveur créatives et spirituelles.
Carolyn Carlson, universellement connue
Et reconnue comme danseuse chorégraphe.
Carolyn Carlson, moins connue par ses textes et dessins.
Ses textes : des poèmes, des haïkus longs,
des mots pour l’imagination …
Ses dessins : des calligraphies pures, délicates et inspirées …
Carolyn Carlson chorégraphies et danses :
Synergie des réflexions du jour et des rêves de la nuit.
Carolyn Carlson c’est tout ça,
création et encore création,
mais sans dispersion,
comme une flopée d’étoiles dans un poing fermé.
Et toutes ses créations sont liées : dessins, mouvements, poèmes,
Que Carolyn fait éclore pour se butiner et trouver là, ses souffles.
La pensée que l’on pourrait méconnaître ses chorégraphies
est inacceptable.
Ne passez pas à côté de ses textes et dessins.
Je lui ai encadrés et mis sur les murs de la galerie.
Cela m’a remis à ma juste place,
naturellement,
sans humiliation,
et c’est doux.

PIERRE SHASMOUKINE



                                    Carolyn Carlson dans Dialogue avec Rothko@L. Paillier


 A REIMS A LA VILLA DOUCE CE JEUDI 19 NOVEMBRE 2015, THIERRY DELCOURT 
PRÉSENTERA UN FILM PUIS UNE CONFÉRENCE SUR CAROLYN CARLSON





CAROLYN CARLSON DE L'INTIME A L'UNIVERSEL

Thierry Delcourt - éditions Actes Sud, 2 septembre 2015

"Il n’existait pas encore d’ouvrage autour de l'œuvre de Carolyn Carlson, mondialement reconnue à travers ses créations et son enseignement. Plus de cinquante ans de création ininterrompue et dans un mouvement permanent, son œuvre est prolifique, originale et diversifiée.
Danseuse, soliste, chorégraphe, poète, calligraphe, Carolyn Carlson a besoin de tous ces registres pour exprimer son bouillonnement créatif.
Les recherches de Thierry Delcourt sur le processus de création et la créativité l’ont conduit à faire le choix, en accord avec Carolyn Carlson, de réaliser une biographie thématique, un essai autour de son œuvre. Il lui a semblé très important, étant donné sa singularité dans l’univers de la danse, d'approcher les clés de sa création et les lignes de force qui se dégagent de ses productions, dont la plus importante est la notion de poésie visuelle. Ce choix explique la construction originale de l’ouvrage qui, tout en respectant une certaine chronologie et une volonté d’exhaustivité, s'appuie avant tout sur les thèmes de son existence et de sa créativité."







 

mardi 10 avril 2012

UNIVERS DE PIERRE SHASMOUKINE





Univers
Tu remplis l’univers
Comme un coup de foudre brûle un cœur.
Regarde et vois les robots grouiller
Et rendre tout un monde invisible,
Comme des soldats, aux âmes dans l’espace,
Brusquement égarés sous leur bannière gelée.

Le sens de tes pas ordonnés
Vont bousculer un jour une foule en fête…
Le lendemain ta danse va heurter des alignements figés.
Ces contretemps injustes t’enfièvrent,
Et tu peux t’arrêter, virevolter, revenir,
Changer de pas, t’allonger, te baisser, t’envoler,
Pour laisser passer le danger de cette troupe
Que ton corps gêne.

Mais si tu te baisses
On te piétine les yeux.
Et en t’envolant, tu arraches leur tête,
Et tes ailes sont aussitôt brisées.
Et je te vois rester là,
au milieu,
ensanglantée
au centre des pas bien réguliers qui défilent.

Tu as de la chance,
L’indifférence te laisse recroquevillée
Avec ton souffle et ton air de danse.
Cela me suffit pour ne voir que toi,
Te charger et courir,
Et t’entraîner,
Entremêlant tes cheveux à mes épaules.

Mais crois-tu en un lieu où je puisse te déposer
En étant sûr qu’il n’y ait plus pour toi aucun danger …
Car je ne vois plus rien dans cette course
où ton coeur préoccupe mon cœur,
où tes cheveux voilent mes yeux …

PIERRE SHASMOUKINE



 LE LIEN VERS NICOLE ESTEROLLE 

 GORODKA ET LES GRIGRIS DE SOPHIE

LE SITE DE PIERRE SHASMOUKINE


(cliquer sur les liens)

 


jeudi 16 février 2012

DU CÔTE DE L'ART BRUT DE PATRICK MARTINAT

LE 4 MERCREDI 4 JANVIER 2012  PATRICK MARTINAT CONTINUE A PARLER DE L'ART BRUT DANS LE BERRY REPUBLICAIN




L’art brut connaît parfois des miracles



Ils étaient facteur comme Fernand Cheval ou balayeur dans un cimetière comme Raymond Isidore. Le Palais idéal de l’un et la Maison Picassiette de l’autre ont réussi à forcer la porte de la célébrité. C’est loin d’être toujours le cas.
C’est souvent l’œuvre d’une vie, un besoin obsessionnel d’achever « quelque chose » qui n’est pas forcément une œuvre à leurs yeux, mais une création qu’ils habitent et dont ils sont habités. C’est parfois très beau, souvent surprenant, toujours fascinant. Ces artistes encore trop méconnus sinon rejetés ne sont pas toujours fous. Mais trop souvent mal traités après leur mort. Leurs œuvres avec eux. Dans la région Centre, plusieurs mésaventures ont connu des fins plus ou moins heureuses. Tandis que la cathédrale de Jean Linard dans le Cher, près de La Borne, joue son avenir (elle a été mise en vente) et que le souvenir du facteur Cheval va, en 2012, offrir un double anniversaire (l’achèvement de ses travaux en 1912 et celui de son tombeau en 1922), quelques destins de monuments de cet art encore trop dédaigné peuvent amener à réfléchir sur la pérennisation de ces œuvres. « A qui la faute et faut-il trouver des responsables ? Question récurrente qui taraude les amateurs et passionnés. Au-delà de l’aspect sordide de la destruction d’une œuvre d’art, quel enseignement doit-on tirer de ce phénomène ? » s’interroge encore tout récemment Jean-Michel Chesné en légende d’une photo sur son blog ( http://jmchesne.blogspot.com/ ) prise sur place été 2008 en compagnie de Jean Linard par son complice Michel Leroux.

Pour mémoire, après avoir rappelé l’émotion suscité par la mise en vente de la Cathédrale de Linard à la fin de l’année dernière, il cite « La Tour au chinois de Jallieu balayée en 1987, la longue agonie de la Villa aux fleurs de Montbard, l’usure progressive des Rochers sculptés de Rothéneuf et tout récemment le démantèlement du jardin d’André Hardy ou la mise en vente de la propriété de Bodan Litnianski ».

Au passage, il exhume les vestiges incongrus près d’Orléans, de la Maison Artistique, « un ensemble à l’aspect un peu fatigué malgré les apparences », dans le village de Jargeau, rue de l’Echo, que les nouveaux propriétaires n’ouvrent qu’exceptionnellement à l’occasion de la journée du patrimoine.

Le miracle du Manège de Petit Pierre


Les exceptions comme souvent, ici comme ailleurs, confirment la règle. Derrière les emblématiques totems que sont Ferdinand Cheval dans la Drôme et Pierre Avezard à Jargeau, près d’Orléans (Loiret), où ce gardien de vaches propose un autre cas de figure avec le sauvetage miraculeux de son manège.

Pierre Avezard, avant de devenir Petit Pierre, c’est d’abord une gueule cassée avant l’heure. Il est né en 1909 victime d’une déformation congénitale qui a torturé spectaculairement les traits de son visage. Ceux qui l’ont connu se souviennent surtout de la douceur, la gravité, l’humilité et la ténacité qui émanaient de son œil valide et rendaient le personnage extrêmement attachant. En 1937, employé à la ferme La Coinche, prés de Jargeau, commence la construction de ce qui va devenir vingt ans plus tard son « manège ». Les tôles et les boulons récupérés sur un avion allemand qui s’est écrasé en 1942 dans un champ à proximité de celui où il fait paître son troupeau, va lui procurer de la matière première. Sa drôle de machine achevée en 1955 qu’il fait fonctionner en pédalant lui-même, Petit Pierre reçoit bientôt à la belle saison des centaines de visiteurs accueillis par ses gags semés ici et là qui le rendent hilare : des avions bombardiers dont les billes lâchées sur les tôles provoquant un vacarme épouvantable, une « vache électrique » douchant le spectateur autant que le portillon de sortie…c’était « un écheveau complexe de cames, de tringles, de galets, de courroies… » explique Laurent Danchin qui découvre, à la fin des années 1970 « cette étonnante machine poétique » qu’il va contribuer à sauver. Rescapé de deux hémiplégies, Petit Pierre qui a rejoint une maison de retraite à Jargeau, suit de loin les menaces qui cernent son œuvre. Il a plus de 70 ans et les travaux de la tangentielle Orléans-Châteauneuf approchent du site du manège « alors perdu en pleine campagne, parmi les champs de blé et de maïs » comme le découvre Laurent Danchin.

Sollicitée, la région Centre avait mis deux architectes de la ville de Tours, Jean-Yves Barrier et Jean-Claude Drouin sur un projet de serre aérienne de béton, de verre et d’acier qui devait protéger l’œuvre. Coût global estimé 1,8 millions de francs (300.000 euros environ) et le ministère ayant déjà inscrit à son budget 1983 « Arts Plastiques » un million, le complément financier aurait été assuré par la région et le département…

Le 25 août 1985, Pierre Avezard offre sa dernière représentation. Il a 75 ans. « Dans les 15 jours qui suivirent, les enfants des environs pillèrent la « maison du Manège » chapardant ou arrachant tout ce qu’ils purent saisir ». Passa un hiver. Laurent Danchin, à l’occasion d’une série d’émissions sur les musées d’art brut réalisée pour France Culture fait alors la connaissance de Alain et Caroline Bourbonnais, fondateurs de La Fabuloserie à Dicy, en Bourgogne, parc paradisiaque pour les œuvres d’art brut en souffrance. Minutieusement démonté, transporté et remonté, le Manège de Petit Pierre déménagé pendant l’été 1987 a fonctionné de nouveau le 26 août 1989, trois ans, à un mois près, avant la mort de son créateur qui, paraît-il, réserva sa dernière pensée à ses outils.



Questions à Laurent Danchin


Les « environs imaginaires » ne sont pas des étoiles perdues dans une galaxie inconnue. Ils font partie, en tout cas pour certains d’entre eux, d’une grande famille qui cherche encore sa place au sein de l’art contemporain et moderne, l’art brut.

Michel Leroux, collectionneur d’art brut, rappelle que selon la définition de Jean Dubuffet, l’art brut est celui des malades mentaux, des psychotiques qui en outre sont exemptes de culture artistique. Il préfère regrouper ces artistes « qui se sont laissés débordés par leurs passions créatrice » dans un milieu naturel, sous une catégorie qu’il nomme « Environnement d’art populaire ».

L’Art outsider désigne les créateurs autodidactes marginaux solitaires sans influence du milieu artistique. Cette perception est défendue par John Maizels, peintre marginal qui a créé en 1989 la revue anglaise Raw Vision.

On parle également de Folk art, d’art naïf, d’art visionnaire, art singulier.

Laurent Danchin, correspondant de Raw Vision, propose une définition qui a l’avantage de tracer les frontières souvent indicibles de cet art.

Quelle est votre définition de l’art brut ?


Les auteurs n’ont pas la prétention de faire de l’art – c’est un art non-savant-inspiré –ce sont des créateurs de mondes intérieurs extrêmement forts et riches - relevant de la culture populaire. Un art instinctif, autodidacte.

Quel est son origine ?

Ses origines. En gros trois domaines s’imposent : les asiles d’autrefois, mais attention tous les « fous » ne font pas des choses intéressantes ; il y a l’art brut des médiums. Encore faut-il distinguer l’art médiumnique brut du savant. Ces artistes se croient inspirés par des esprits dans une sorte de transe tranquille analogue à un léger somnambulisme ; Et puis il y a l’art brut des marginaux, des excentriques, des « fadas » qui créent à la sauvage.

Où en est-on ?

Nous arrivons à la phase de vulgarisation et de banalisation de l’art brut avec une génération de jeunes doctorants et étudiants de l’Ecole du Louvre qui se spécialisent en art brut ou art populaire contemporain.

L’art brut n’est plus ce qu’il était ?

Il devient une page de l’histoire de l’art et entre dans l’institution. Un marché de l’art brut se développe en Europe et aux Etats-Unis avec l’Outsider Art Fair de New York ou la galerie Christian Berst à Paris. L’art brut devient « tendance ». Il existe toujours mais les vraies découvertes sont noyées dans le mauvais art brut qui se répand un peu partout.

Comment reconnaître le bon grain de l’ivraie ?

Je pense, entre autres, qu’il est urgent de définir les critères du bon et du mauvais art brut. Parce que tout ce qui est « brut » n’est pas forcément de même valeur ni de même qualité. Et art brut ne veut pas dire forcément que c’est excellent.

Ces lieux représentent chaque fois l’œuvre solitaire d’une vie. Pourquoi les protéger ?

Chaque fois que dans un village, une campagne, une région, on sauve un de ces lieux originaux où une forte personnalité s’était incarnée, on contribue à redynamiser cet espace et à recréer de la vie dans un tissu social en déconstruction ou en voie de désertification. Un seul Palais Idéal fait vivre des commerces, attire des touristes redonne une identité à un lieu mort.


Chefs d’œuvre morts ou en péril


La France serait en embonpoint de patrimoine. Pauvre petite fille riche ; des pays se contenteraient de bien moins. Et cette obésité a pour victimes directes…
Pierre Shasmoukine, versaillais comme son pseudonyme ne le laisse pas soupçonner, au bout de 40 ans, aimerait enterrer la hache de guerre avec son maire qui le chiquenaude sur des bornes cadastrales. Sur les deux hectares de bois à champignons dont il avait hérité en Périgord noir, à la lisière de Sarlat - à Sarlat la Canéda exactement- l’artiste s’est vengé en dédiant à l’édile ancien ministre, un passage. « L’Impasse de Peretti ». Une voie sans issue qui cache toutes celles qui quadrillent Gorodka, ce lieu qui n’inspire aux visiteurs que des superlatifs. « La situation est catastrophique » clame Sophie Lepetit, auteur d’un blog – Les Grigris de Sophie – des plus passionnés sur l’Art brut. Cette « pasionaria », ne parvient pas à comprendre l’injustice imposée au domaine extraordinaire et à cet artiste qui en accueille d’autres en résidence…Où le visiteur séduit peut bénéficier d’un gîte afin de profiter des émotions singulières que l’endroit diffuse de jour comme de nuit, différents à chaque saison.

Au cœur des terres comme en bord de mer, les remous produisent les mêmes plaintes.

A Honfleur, la Forge de Florence Marie est logée à la même enseigne que Gorodka. « Même problèmes, même non reconnaissance » se désespère cette avocate-blogueuse qui passe aussitôt à une autre plaidoirie.

Cette fois, le client c’est Bodan Litnianski, à Viry Noureuil. Sur le portail de La Maison aux coquillages un panneau « A vendre » signifie la peine capitale. L’homme l’a construite avec des matériaux de récupération, réalisant du beau avec ce que les autres jetaient. Des Chinois ont été intéressés mais les petits enfants de l’artiste préféreraient que l’endroit soit entretenu et ouvert au public…

Et Danielle Jacqui à Roquevaire, près de Pont-de-l’Etoile, qui ne sait pas ce que va devenir sa Maison-de-celle-qui-peint et son grand œuvre, Le Colossal d’Art brut. Il y a bien eu naguère un projet l’associant à la gare d’Aubagne. Ça ne s’est pas fait. Alors « la brodeuse » a du enfiler la vieille tunique prétexte de Pénélope. Et attend.

Les œuvres de Jean Smilowski ont été récupérées in extremis au pied d’une benne…Pour finir dans un grenier où elles attendent l’oubli sinon la fin. Un catalogue d’exposition a été confié au LaM il y a une dizaine d’années…

« Ceux qui aiment l’Art Brut savent ce que sont devenues les maisons, les jardins de Chomo, d’André Hardy, de Franck Barret, de Guittet…La liste est longue et douloureuse des lieux à jamais disparus, des lieux pillés ou vandalisés…» se lamente Sophie Lepetit qui rappelle qu’à Sénas, Arlette, la veuve de Raymond Reynaud cherche désespérément une solution…

André Hardy a vendu sa maison récemment pour gagner la maison de retraite. Lui aussi avait transformé son environnement, installant ici et là dans la petite prairie qui entourait son habitation de grandes sculptures. Ce sont elles qui ont fait baisser le prix de vente et l’affaire faite, le nouveau propriétaire s’est débarrassé des œuvres. Heureusement, Michel Leroux passait par là. Il a alerté d’autres collectionneurs et deux musées dont celui de Villeneuve d’Ascq (le LaM) ont acheté certaines sculptures. Trois en ce qui concerne ce dernier. Des lots de consolation.

L’enfer est souvent pavé de bonnes intentions. La maison de Robert Vasseur a été reprise par son fils. Si le lieu ne peut plus être visité – les normes de sécurité laissent à désirer – l’héritier le réhabilite en ajoutant ses propres touches. Évidemment on peut craindre qu’avec le temps l’original ne disparaisse sous un entretien zélote. A moins que ce passage de relais n’aboutisse un jour à la réussite filiale d’une œuvre à quatre mains…

Plus étonnante l’histoire de Philippe Aïni. Cet ancien pâtissier de Bordeaux reçoit en 1990 commande d’une fresque à réaliser dans la chapelle à cinq pans de la petite église Saint-Michel du village de Flines-lez-Raches. Il y travaille jours et nuits pendant deux mois presque en état extatique et le 21 juin 1990, la fresque (13x7 mètres) aux 90 personnages est inaugurée en grandes pompes par les élus entourés de six cents personnes. Le rêve d’immortalité de l’artiste va virer bientôt au cauchemar. L’œuvre va régulièrement être vandalisée. On casse les doigts des personnages, pratique des trous que l’on rempli de gros sel (pour conjurer le diable et détériorer le support!) avant que ne viennent les « bombages ». Bref ! Au bout de deux, le maire lui ordonne d’enlever sa fresque, ce qui est pratiquement impossible à moins que de la détruire. Le curé a été muté et vingt ans plus tard, la fresque est toujours dans la chapelle, mais recouverte d’un voile pudique.

Que dire des rochers sculptés par l’abbé Fouré à Rothéneuf, près de Saint Malo (Ile-et-Vilaine) livrés à l’exploitation sans vergogne d’un site non entretenu pour des visiteurs auxquels on propose une version fantaisiste de la vie de ce prêtre qui avait conçu son œuvre pour récolter de l’argent pour les pauvres ?

La Tour au chinois de Jallieu (Isère) a été balayée en 1987 et la Villa aux fleurs de Montbard (Côte d’Or) a disparu après une longue agonie. Comme La Vacherie à Troyes (Aube)


Bibliographie

Mondes imaginaires, Taschen, 1990
John Maizels, L’art brut, l’art outsider et au-delà, Phaidon, 2003
Laurent Danchin, Art brut –L’Instinct créateur, Gallimard, 2006
Bruno Montpied, Eloge des jardins anarchiques, L’Insomniaque, 2011
Marielle Magliozzi, Art brut, architectures marginales, L’Ecarlate, 2011
Gabriele Mina, Costruttori di Babele, 2011
Jo Farb Hernandez, ouvrage en préparation sur les sites espagnols.



Blogs

Animulavagula : http://animulavagula.hautetfort.com
Jean-Michel Chesné : http://jmchesne.blogspot.com
Les Grigris de Sophie : http://lesgrisgrisdesophie.blogspot.com
Le poignard subtil : http://lepoignardsubtil.hautetfort.com
Mycelium : www.mycelium-fr.com
Raw Vision : www.rawvision.com



Expositions

* Marcel Storr, bâtisseur visionnaire, Le Pavillon Carré de Baudouin, Paris 20 ème, du 16 décembre 2011 au 10 mars 2012.

* La Halle Saint Pierre prépare une exposition d’œuvres venues d’Italie (22 mars 2012 – 6 janvier 2013) « un événement qui balaiera de la fin du XIX ème à nos jours des œuvres italiennes sous le titre Banditi dell’Arte (Les bandits de l’art) ». Ouvert en 1986 cet espace dédié alors à l’art naïf, s’est orienté vers l’art brut et singulier puis l’art marginal suite à l’exposition en 1995 Art Brut et Compagnie, réalisée grâce à cinq collectionneurs majeurs. Ce lieu culturel forme désormais une sorte de trait d’union entre le musée et la galerie.


mercredi 11 janvier 2012

ATELIER DE PIERRE SHAMOUKINE



ATELIER

QUAND ÉPUISÉ ET BRÛLÉ DES COULEURS
SON REGARD FIXE SE RELEVAIT QUELQUES INSTANTS
EN FACE DE LUI DANS SON BOCAL
LE FŒTUS DE SON IMAGINAIRE BOUGEAIT
C’ÉTAIT COMME UNE PLAIE OUVERTE
DANS LA PÉNOMBRE.

mardi 10 janvier 2012

" GORODKA, LA VACHERIE, ET LE MANEGE DE PETIT PIERRE" PAR PATRICK MARTINAT

Le vendredi 6 janvier 2012 Le Monde numérique a publiè un article de Patrick Martinat :
"Gorodka, la Vacherie, et le manège de Petit Pierre"




" Il y a quarante ans, Pierre Shasmoukine a créé, près de Sarlat, un univers, baptisé "Gorodka", sur les bases d'une législation moins rigoureuse qu'aujourd'hui sur les permis de construire. Son imaginaire a envahi l'espace, séduit les visiteurs, et d'autres artistes, 230 en tout. Mais les interdictions se sont multipliées, et Gorodka est désormais considéré comme zone non constructible. Du coup, Pierre Shasmoukine et ses rêves d'extension meurent d'asphyxie. Et si on ne vient pas si facilement à bout des rêves d'un créateur, on peut encore détruire son monde...

Bureau des ruines

Jean-Michel Chesné, auteur d'un jardin de mosaïques et d'une grotte à Malakoff, s'intéresse depuis une vingtaine d'années aux "architectures insolites" ou jardins "artistiques". Il a dénombré à ce jour une quarantaine de sites - sans compter "les curiosités, maisons excentriques ou réalisation d'artisans rocailleurs" - dont dix-huit ont disparu tandis qu'une douzaine subsistent dans des états "très variables".

Au chapitre des pertes, les ruines de la Vacherie : à partir de 1896 dans le quartier de la Vacherie, à Troyes, un certain Auguste Bourgoin réalise un ensemble de seize tours en pierres sèches baptisé par son créateur "Ruines publiques fin de siècle" à partir de matériaux de récupération. Un "Bureau des ruines" était réservé à la conservation de ses trouvailles hétéroclites parmi lesquelles "des hallebardes, des roues de wagonnets, des pièces de canons et des statuettes dont une de Vénus, une de Jeanne d'Arc, une autre de Napoléon et une de Garibaldi...".

Le succès des premières années 1900 passé, le terrain fut morcelé et les tours détruites les unes après les autres. Reste comme témoin ultime la plus petite, perdue sur le terrain d'un lotissement, et menacée par la pousse d'un arbuste à son pied.

Mais il y a aussi des miracles : Pierre Avezard, dit Petit Pierre, à force de rêver de mécanique en gardant ses vaches du côté de Fay-aux-Loges (Loiret), avait fini par réaliser de 1937 à 1974, un manège sur trois étages conçu de bouts de ficelles, de vieux pneus, des restes d'une carlingue d'un avion allemand écrasé... Les dimanches après-midi, de Pâques à la Toussaint, à partir de 1957, le créateur avait pris l'habitude de recevoir des centaines de visiteurs qu'il taquinait de sa cabine de pilotage.

Au début des années 1980, la route tangentielle Orléans-Châteauneuf, un peu de vandalisme et quelques hivers ont commencé leur oeuvre destructrice. Mais tandis que Petit Pierre déclinait dans sa maison de retraite de Jargeau, la Fabuloserie, d' Alain et Caroline Bourbonnais, paradis des chefs-d'oeuvre d'art brut en péril (à Dicy dans l'Yonne), s'est proposé comme refuge. Le nouveau manège transporté en 1987 fut inauguré le 26 août 1989 et Petit Pierre s'éteignit le 24 juillet 1992 avec une dernière pensée pour ses outils.


http://www.lemonde.fr/culture/article/2012/01/06/chefs-d-oeuvre-d-art-brut-cherchent-sauveurs_1626709_3246.html


* L'autre article de Patrick Martinat
" CHEFS-D'OEUVRES D'ART BRUT CHERCHENT SAUVEURS":
http://lesgrigrisdesophie.blogspot.com/2012/01/chefs-doeuvres-dart-brut-cherchent.html

lundi 9 janvier 2012

" CHEFS-D'OEUVRES D'ART BRUT CHERCHENT SAUVEURS " PAR PATRICK MARTINAT



                                        (photo Apolline Lepetit)

Le 6 janvier 2012 LE MONDE numérique a publiè un article de Patrick Martinat  :
 "Chefs-d'oeuvre d'art brut cherchent sauveurs" .


" La Cathédrale de Jean Linard, dans le Cher, est à vendre. La Maison aux coquillages de Bodan Litnianski, dans l'Aisne, aussi. Le Village de Gorodka de Pierre Shasmoukine, dans le Périgord noir, compte ses jours. Comme Le Colossal de Danielle Jacqui dans les Bouches-du-Rhône. Chefs-d'oeuvre en péril de l'art brut, plus précisément "environnements imaginaires", en voie de disparition, voire déjà disparus. Presque tous les rescapés sont en sursis. Leur faute ? Appartenir à une catégorie à la fois à part et dérangeante de l'art contemporain.

Sauver ces monuments populaires est un combat que mène depuis quarante ans le critique Laurent Danchin, qui se considère comme un "défenseur des créateurs oubliés". Pourtant, Jean Dubuffet, le père-fondateur de l'expression "art brut", et André Breton les ont défendus. Claude Lévi-Strauss y est allé de son éclairage sur ces oeuvres de bricolage, leur conférant une valeur artistique déterminante. Ça n'a pas suffi. Ces créations souvent monumentales, mais réalisées avec de pauvres moyens, sont trop encombrantes pour les musées, et généralement fragiles, menacées par un simple coup de tempête ou un hiver rigoureux...

Conscient qu'il n'y a pas de temps à perdre, Laurent Danchin va à l'essentiel, n'hésitant pas à parler d'urgence. Il nous entraîne d'abord au fond de la forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne) où il avait déniché Roger Chomeaux, dit "Chomo", presque à ses débuts. L'homme avait installé là son "Village d'art préludien", que sa mort, en 1999, a laissé en semi-abandon : "Après la mort de Chomo, nous avons réussi à mettre ses oeuvres à l'abri, mais les bâtiments ne sont pas sauvés et ils sont extraordinaires."

C'est l'un de ces sites en sursis. Un autre danger le mène du côté de Dives-sur-Mer (Calvados). Vers la Maison bleue d' Euclides Ferrera da Costa, "le plus beau lieu de mosaïque d'art brut à part la maison Picassiette à Chartres". Dans cette guerre des tranchées, Laurent Danchin n'hésite pas à utiliser un lance-flammes contre le bûcher des vanités de certaines instances culturelles. "Longtemps, les directions régionales des affaires culturelles (DRAC) ont traité avec le plus profond mépris ces lieux de création. Pas assez valorisants à leurs yeux."

Cet état d'esprit a autorisé la disparition de chefs-d'oeuvre de l'art brut. Un naufrage parmi d'autres, la création du "Caillouteux" : "A Mantes-la-Ville (Yvelines), un cheminot, Marcel Landreau, avait dans les années 1960-1970 réalisé des statues extraordinaires, dont certaines, en silex, étaient animées. A la fin de sa vie, il a dû se résoudre à vendre sa maison, son oeuvre, à un acquéreur qui avait promis d'entretenir le lieu... Et qui a tout démoli au bulldozer. Landreau est mort peu après dans son village natal. De tristesse."

Les anecdotes font cortège. Le Jardin des supplices de Marcel Besse a subi le même sort du côté de Villeréal (Lot-et-Garonne). La vente en 2004 avait pourtant été assortie d'une promesse de sauvegarde... Il ne subsiste que quelques oeuvres que l'artiste avait emportées avec lui. Le Jardin de nous deux, dans les faubourgs de Lyon, à Civrieux-d'Azergues, Charles Billy l'avait consacré à l'amour partagé avec sa femme, qui l'avait aidé à réaliser l'immense porte, "une prouesse technique", selon Laurent Danchin. Les nouveaux propriétaires ont tenu ce qu'ils ont promis. Ils ont même ouvert le site à l'occasion des Journées du patrimoine. Mais ont fini par avouer qu'ils n'avaient pas les moyens de s'en occuper...

"Que ce soient les héritiers ou de nouveaux propriétaires, tant que ces endroits ne sont pas reconnus, on ne peut rien faire. Ce sont chaque fois des questions d'ordre privé", constate Laurent Danchin, qui ne perd pourtant pas espoir : "Les temps changent et le public y est pour beaucoup. On assiste à une sorte de retour du refoulé de l'art contemporain trop intello qui ne jurait que par le rejet du pathos, de la moindre émotion. Le public vient en masse visiter ces lieux."

Le critique voudrait créer un fonds de dotation pour aider les lieux menacés. Car certains peuvent être sauvés. Les 39 statues de ciment et de matériaux de récupération du Jardin humoristique de Fernand Chatelain à Fyé ont bénéficié, en 2003, d'une mobilisation générale (et singulière) des collectivités locales et d'une astuce via l'Unesco, dont le label obtenu pour cinq ans a permis d'attendre les renforts financiers.

Et certaines institutions s'intéressent enfin à la question. Le Musée d'art moderne Lille Métropole (LaM) a ouvert en septembre 2010 une salle de 900 m2 exclusivement consacrée à l'art brut, profitant de la collection que des passionnés constitués en association, l'Aracine, lui ont offerte. "Les associations peuvent jouer un rôle important", confirme Savine Faupin, conservateur du LaM, tout en confessant les limites de l'institution. "Nous essayons de récupérer des situations délicates. Mais même si les moyens étaient plus importants, des situations restent compliquées." Ainsi Jean Smilowski, dont les oeuvres récupérées in extremis au pied de la benne s'entassent dans un grenier, Arthur Vanabelle, dont la Ferme des avions, près de Steenwerck (Nord), jouxte l'autoroute Lille-Dunkerque. Les oeuvres d' André Hardy sont des miraculées, grâce à un collectionneur, Michel Leroux. Des lots de consolation...

Le galeriste parisien Christian Berst pose la question en forme de boutade : "L'art brut est-il soluble dans l'art contemporain ?", avant de défendre une position sans concession : "L'art brut est la dernière "terra incognita" de l'art, qui reste à défricher." Son accueil dans un musée comme le LaM ? "N'est-ce pas tout simplement un enterrement de première classe ? La muséification peut être un mausolée." Pour lui, "l'art brut est dans un ghetto depuis 1945 et les choses n'ont pas avancé d'un pouce depuis". Cette amertume est partagée par quelques blogueurs souvent passionnés, et de trop rares collectionneurs. Tous persuadés que cet art faussement mineur vaut bien des majeurs."



 * Le blog Les Grisgris de Sophie propose une galerie très fournie de lieux d'art brut :
http://lartbrutetleslieuxinsolitesdesgrigris.blogspot.com/

* L'association A.m.l.s. (Art marginal - Insolite - Singulier) dresse une liste de liens consacrés à l'art brut :
http://www.art-insolite.com/pageinsolites/pages/insoliteconcept.htm

* "Gorodka", l'univers créé il y a quarante ans près de Sarlat par Pierre Shasmoukine, est présent aussi sur Internet :
http://www.gorodka.com/


 *** Demain un autre article de Patrick Martinat sur Les Grigris :
Gorodka, la Vacherie, et le manège de Petit Pierre


http://www.lemonde.fr/culture/article/2012/01/06/chefs-d-oeuvre-d-art-brut-cherchent-sauveurs_1626709_3246.html

samedi 17 décembre 2011

S'ENVOLER DE PIERRE SHASMOUKINE









S’ENVOLER

J’ai le très grand désir de m’envoler.
Je suis monté tout en haut d’une simple grue.
Debout sur une poutrelle étroite,
au –dessus du vide et par-dessus les maisons,
j’ai regardé avant de m’y plonger, l’horizon.
A la seconde où j’allais m’élancer,
j’ai vu juste sous l’horizon,
la fenêtre d’où tu me regardais.
Sans réfléchir,
j’ai fait doucement demi-tour sur ma poutrelle étroite.
je suis redescendu de la grue,
sonné à ta porte, et suis entré dans ta maison .
C’est ensemble que depuis que nous voyageons.
Tu m’as expliqué aussi, que ce jour là, sur ma grue,
si tu ne m’avais pas vu,
je serais seul parti pour m’écraser dans la rue .
E t depuis qu’ensemble nous voyageons,
Je guette tous les matins les étiquettes de nos valises,
Imaginant des petites ailes.
J’ai toujours le très grand plaisir de m’envoler,
les jours passent
Et je sais que jamais les valises n’auront des ailes.
Avec ce très grand désir de m’envoler,
je suis remonté sur ma grue,
par ta fenêtre tu m’as vu .
Tu as quitté ta maison, traversé la rue …
Assis ensemble sur la poutrelle étroite,
au-dessus du vide et par-dessus les maisons,
nous essayons de comprendre cet horizon
qui semble nous ignorer.
Nous voulons y plonger, nous allons nous écraser,
et je t’ai expliqué ce jour-là qu’à l’horizon il faut parler raison
Seul le désir doit avoir de l’imagination.

PIERRE SHASMOUKINE (1996)


ET QUE TOUT BOUGE EN 2012 POUR GORODKA !
 
 

mercredi 23 novembre 2011

PORTE CAROLYN DE PIERRE SHASMOUKINE


 
 
 
 
PORTE CAROLYN

Pourquoi peindre
mon cœur
sur cette porte,
sur un cœur peint
on ne perçoit rien
d’essentiel
Ouvrir la porte
et mon cœur suivra
le dernier oiseau.
Dans la sobriété
de l’ombre
la douceur
de cette fuite
est essentielle.

PIERRE SHASMOUKINE





We died
To the cosmic thread
Love
Love is all
There is no death
Life only dreams
While eternity rests
For a moment

CAROLYN CARLSON




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dimanche 23 octobre 2011

CAPITIS DEMINUTIO DE PIERRE SHASMOUKINE



CAPITIS DEMINUTIO

Je suis arrivé, c’était ici ou ailleurs, mais je suis venu
Plein d’idées et d’actions à réaliser et à partager
Mes mains ont tenu tous les outils pour défricher
Pour construire, pour créer
Petit à petit mes étranges travaux sont sortis des bois
Et furent connus

Alors ils sont venus à moi la main tendue
Me dire tout l’intérêt qu’ils pensaient de ce que je faisais
Qu’il fallait que je continue et je les ai crus
Je pouvais maintenant compter sur eux, ils me soutiendraient

Puis un ami les a rencontrés et m’a raconté
Tout ce qu’ils avaient vu ici était très très mal venu
Dans mon dos ils rigolaient ….impensable d’accompagner
Cette chose qui dans cette région, n’était qu’incongrue

J’ai voulu encore et encore les rencontrer et parler
Car je ne comprenais pas où étaient mes faux pas
Je m’étais certainement mal exprimé, j’avais mal présenté
Pourtant, je l’avais dit, je voulais être très partenariat

Puis on m’a dit que mes offres, mes demandes, mes écrits
Venaient perturber leur habituelle tranquillité
Qu’en fait ils s’agaçaient après m’avoir souri
Et derrière moi maintenant ils levaient 1 doigt sans équité

Je persévérais, harcelais, continuais et faisais bouger
Dans tous les sens où je pensais pouvoir être utile et compris
J’inventais, créais, construisais et inlassablement persistais
Alors sont venus les rejets, les blocages et à rien, je fus réduit

De plus en plus il me devenait impossible de travailler
Mes mains ont vu disparaître un à un leurs doigts inoccupés
Et s’ils revenaient un jour vers moi la main tendue
Je ne pourrais plus leur donner que ma main perdue

Apparemment perdue car elle s’était transformée
Elle était devenue griffe, harpon, ancre et serre
Pour continuer, pour s’accrocher, pour ne pas lâcher
J’étais plus sûr d’elle
Que d’os et de chair
J’étais plus sûr d’elle
Devenue main de fer



vendredi 2 septembre 2011

FATIGUE DE PIERRE SHASMOUKINE





 
 
FATIGUE

Fatigue, fatigue,
Anéantissante et exténuée …
Et je veux rester persuadé,
Face à ce que j’ai toujours perçu puis connu de la nature humaine
Ce qui est une grande fatigue de cœur,
Que la seule solution pour éviter la régression,
Aujourd’hui encore plus réelle,
Reste l’effort maximum.
Et même si c’est utopie,
Qui est une grande fatigue de pensée,
L’utopie reste peut être notre seule chance
De ne pas nous retrouver incongru devant la mort.
L’effort d’agir même est une grande fatigue.
Donc par petites étapes épuisantes,
Je me rends compte petit-à-petit des résultats.
Mes actions ne génèrent que conflits,
Ce qui est une énorme fatigue.
Conflits culturels, sociaux, familiaux,
donc aucun, même si je me rends minéral
ne m’offre de mise en disponibilité
ce qui est une grande fatigue.
Donc aucun, même si je m’humanise,
Ne génère de stimulant,
Ce qui est une grande fatigue.
Ce sont certainement les principales raisons
De mon épuisement physique, moral et créatif,
Ce qui me donne comme dernière envie forcée, de donner,
Et une précipitation affolée de testament avant qu’il ne soit trop tard ,
Les mains au Musée.
Ce qui est un travail de grande fatigue.
Affectivement m’inquiètent Milan et Chantal, ce qui est …………..
Affectivement j’ai trop peur d’en parler …
Affectivement j’ai trop peur si j’en parle d’être encore……..
Ce qui est une énorme fatigue, une fatigue de partout
De trainer une montagne pour en gravir une autre ….

PIERRE SHASMOUKINE (2002)



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samedi 6 août 2011

VISITEZ GORODKA !


 
 
 
 
 
A quelques kilomètres de Sarlat, Gorodka est un village dédié à l'art.
Pierre Shasmoukine est l'auteur de ce lieu atypique, habité d'étranges sculptures lumineuses. Depuis 1970, cet artiste se bat pour que son village utopique devienne réalité. Aujourd'hui, 3 parcours sillonnent la forêt et 4 galeries abritent des œuvres d'artistes de tous bords comme Carolyn Carlson, Philippe Genty ou la Mano Negra. Lieu d'exposition et de création, ce village se veut avant tout un lieu d'accueil et un projet social.

La Canéda
24200 Sarlat la Canéda
05 53 31 02 00
( Sur le GPS j'ai tapé place Marguerite Duras, c'est une petite place pas trés loin du site et une aide supplémentaire)
 
 

mercredi 20 juillet 2011

POUR CAROLYN CARLSON



 
 
 
Pourquoi peindre
mon cœur
sur cette porte,
sur un cœur peint
on ne perçoit rien
d'essentiel
ouvrir la porte
et mon cœur suivra
Le dernier oiseau
Dans la sobriété de l'ombre
la douceur
de cette fuite
est essentielle

Pierre Shasmoukine
 
 
 
 
 

mardi 28 juin 2011

MURIEL CERF A GORODKA

 
Le beau visage de MURIEL CERF sur ce tableau de PIERRE SHASMOUKINE ...
et ce texte écrit par Pierre en 1985 :





Pour moi
Muriel CERF est une fée et une affameuse
Si je m'échoue sur les plages d'une île déserte
je cherche avant tout autour de moi
tout ce qui peut paraître utile à ma survie :
bananes, vieux clous, bouteilles de bordeaux ....
Et puis du coin de l'oeil
j'aperçois à demi enfoui,
un de ces coffres de pirates,
cuir et grosses fourrures...
Bien sûr je vais soulever le couvercle.
Ce coffre, c'est Muriel Cerf, sa vie, ses oeuvres.
Le coffre ouvert, tout me saute à la figure :
images, bijoux, mélodies, formes, sang, couleurs, étoffes, lumières ...
Ça éblouit, ça cliquetille, ça se tortille langoureux,
ça captive, ça nous fait farfouiller .
Mais comme avant tout j'ai faim, soif et froid sur cette île,
je voudrais bien refermer ce coffre
et m'éloigner à la recherche de l'utile.
Mais, voilà, ce n'est pas possible,
et je crois bien que je vais rester là devant
assis, hypnotisé,
et peut-être mourir de faim ...



Gorodka (Sur 2 hectares), 3 parcours-nature, 8 galeries, 5 ateliers, plus de 500 œuvres ..
La Canéda
24200 Sarlat la Canéda
05 53 31 02 00
( Sur le GPS j'ai tapé place Marguerite Duras, c'est une petite place pas très loin du site et une aide supplémentaire)
 
 
 

jeudi 28 avril 2011

VISITEZ GORODKA !



ALBERT SCHWEITZER LEON TOLSTOI MERE TERESA NELSON MANDELA


ABBE PIERRE ALEXANDRE SAKHAROV GANDHI


HENRI DUNANT SIDDHARTA SOEUR EMMANUELLE


CHICO MENDEZ SWINDLE TIERNO BOKAR

WANGARI MUTA MAATHAI



Gorodka (Sur 2 hectares), 3 parcours-nature, 8 galeries, 5 ateliers, plus de 500 œuvres ...

La Canéda
24200 Sarlat la Canéda
05 53 31 02 00

( Sur le GPS j'ai tapé place Marguerite Duras, c'est une petite place pas trés loin du site et une aide supplémentaire)


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mercredi 16 mars 2011

RECONSTRUIRE DE PIERRE SHASMOUKINE


RECONSTRUIRE

Je viens aujourd’hui même de gratter
Mes mûrs, mes tours, mes palais
Construits avec calculs et avec peur
Et follement et avec peine
Pour un jour te parler
Ils sont solides, mes mûrs
J’en suis fier et solide comme eux
Rien de sinistre à l’intérieur
Beaucoup de temps, beaucoup d’amour
J’ai tellement observé le ciel
Pour que les fresques y soient belles
Et je pose à leurs pieds
Et je suis rassuré
Beaucoup de temps, beaucoup d’amour
Car il n’y a qu’au travers de ces palais
Que je crois pouvoir te parler
Tant sont impuissantes mes autres capacités
Autour, il y a des jardins
Et dans les mûrs
Un monstre fastueux
Dragon doux, puissant, docile
Le plus difficile fut de le dresser
Pour que son cri puisse te faire t’envoler
Tous les mots, il les apprend
Et je l’entends déjà te hurler
Les opéras qui sont en moi
Aujourd’hui je commence de gratter
Je m’effrite sur les pierres
Je sens que le long de mon corps
Monte une fièvre qui va encore une fois
Me brûler et me traverser
Sous la chair de mes doigts
Tu m’apparais qui va certainement me parler
Et je continue de démolir
En espérant le son de ta voix


vendredi 31 décembre 2010

L'ILE AU TRESOR DE PIERRE SHASMOUKINE

Je termine cette année 2010 par un texte de PIERRE SHASMOUKINE que j'aime beaucoup !

REEMBARQUONS .... POUR 12 MOIS DE BONHEURS !!!





L’île au trésor

Notre demande humaine est telle
que l’approche d’une âme
est comme celle d’un continent perdu.
Lorsque l’on part à sa découverte,
les premières rives aperçues sont celles d’une île au trésor.

Devant elle,
notre âme et notre corps réinventent tous leurs vécus
et dans leur entier,
fusionnent et s’harmonisent.
Plus tard,
reviennent les réalités qui nous feront réembarquer.

PIERRE SHASMOUKINE (1983)



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dimanche 19 décembre 2010

VOIR ENSEMBLE DE PIERRE SHASMOUKINE





 
 
VOIR ENSEMBLE

Suite à donner …peindre ou voler !
Ce qui sera et devra être,
pour une vraie création dans ce domaine,
en accord avec mon désir le plus profond et le plus vrai :
rencontrer une femme…
Elle est peintre, sculpteur.
Elle écrit, fait du théâtre, du cinéma.
Elle est musicienne, danseuse.
Elle est Blanche, ou Noire ou Jaune ,
ou une femme,
ni peintre, ni sculpteur, ni écrivain, ni styliste,
ni danseuse, ni musicienne, ni actrice ….
Elle est Blanche ou Noire ou Jaune .
Elle comprend ce désir et ce besoin obsessionnel
de faire naître en moi, de par sa grâce
10, 20, 1000 peintures et sculptures et mots
Qui vont en retour faire éclore ses passions
et souligner son charme.
Elle sait que je ne suis pas son cambrioleur.
Bien au contraire ,
Je suis là pour réaliser ce qu’elle est ,
ce qu’elle sent, pense, vibre, aime, rejette.
10, 20 , 1000 œuvres :
pour la fusion de nos contraires complémentaires.
Faire, faire, avec tout ce que je sais faire.
1000 œuvres pour raconter son histoire,
qui sera notre histoire et qui deviendra légende.
Enfin alors je cesserai d’être voleur et deviendrai SamouraÏ
quand nous pourrons construire cette légende
avec tout ce que nous savons .

PIERRE SHAMOUKINE (1994)


lundi 22 novembre 2010

MEMOIRE DE PIERRE SHASMOUKINE


 
 
 
 
Il nous faudrait le jour,
la mémoire de nos nuits.
Il nous faudrait le jour,
essayer de vaincre les pensées
qui réveillent la nuit.
Mais le jour est plein de coups de marteau,
bruyants et aveugles
qui débordent nos autres mondes.
Ainsi,
l’ensemble de notre vie
cache-t-elle les autres réalités,
comme le souvenir du jour,
reste notre unique réalité.
Il nous laisse,
pour décrire nos nuits,
que le mutisme des feuilles
qui bruissent vaguement sous la lune,
quand elle est là,
quand on la voit...


© Pierre Shasmoukine1985


jeudi 23 septembre 2010

PIERRE SHASMOUKINE ET GORODKA


 
 
 

 
 
 
J'avais fait quelques recherches avant de partir pour le Périgord et décidé de visiter GORODKA . Je ne savais presque rien de ce lieu incroyable et j'avoue que ce que j'ai trouvé ce jour là, à quelques kilomètres de Sarlat, a dépassé ce que j'attendais .
J'ai découvert un endroit extraordinaire loin du tourisme de Sarlat (je n'ai pu m'empêcher de penser au calme de LA FORGE de FLORENCE MARIE opposé à l'agitation de Honfleur). (ICI)


Nous avons passé une journée entière dans ce lieu atypique et nous n'avons pas eu le temps de tout lire .
Nous avons vu le parc de jour puis de nuit et cette journée partagée avec mes enfants restera un fabuleux moment de cet été.

Nous avons plongé dans le passé grâce à toute une série de photos et eu un aperçu de GORODKA des années 1970 ( l'agriculture, la serre, l'élevage des poules et des cochons), les fêtes magnifiques, les invités prestigieux, les expositions .

Nous avons visité les différentes galeries, profité de deux visites faites par Bruno puis Laurent et eu l'immense bonheur de rencontrer PIERRE SHASMOUKINE .
On ne peut qu'admirer PIERRE SHASMOUKINE, ses convictions, ses rêves,sa puissance de travail et sa puissance créatrice.
Sa vie inspire la fascination . Cet homme a eu plusieurs vies en une seule, cet homme a rendu ses rêves possibles.
En rencontrant PIERRE SHASMOUKINE cet été m'est venue à l'esprit cette phrase de Perdican :

" On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière ; et on se dit : “ J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui.
Moi qui suis attirée par le mariage des arts, j'ai été fascinée par cet homme et consternée par la difficulté qu'il a à faire vivre GORODKA.

Que ce lieu qui est un atout pour la région, un charme supplémentaire , une richesse différente certes mais d'une originalité totale, un lieu de visite étonnant, puisse être confronté à des difficultés d'exister est inadmissible et même impensable.

PIERRE SHASMOUKINE est un homme affable, attentif et patient.
Il est possible que d'anciens différends l'opposent à la mairie de Sarlat mais ne peut- il y avoir prescription ?
Ne peut on envisager une trêve, que dis-je une amnistie et la reconnaissance d'un lieu d'exception.
GORODKA est un lieu UNIQUE en France, c'est à la fois l'histoire d'une vie, l'histoire d'un homme, l'histoire d'un rêve.
PIERRE SHASMOUKINE se définit comme plasticien mais il est aussi poète et écrivain.

Il m'a offert cet été ses textes et de ceux-ci je reparlerai plus tard.


PIERRE SHASMOUKINE est un homme affable mais désabusé, un homme fatigué, un homme qui cherche une solution ou des solutions pour sauver GORODKA et ceci depuis trop longtemps.

Il se bat pour la pérennité du lieu et des oeuvres . Ce qui est incroyable c'est que plus de 300
articles, 25 guides nationaux et internationaux évoque ce lieu " UNIQUE ET INCONTOURNABLE " et que la ville de Sarlat ne tire pas gloire et avantage de cet atout supplémentaire !
Le but du projet est Précurseur et Innovateur : Mariage-pédagogique de l’Art, de la Culture et de projets Sociaux et Humanitaires. Il y a par exemple à GORODKA des artistes en résidence , un hébergement prévu pour les visiteurs .

PIERRE SHASMOUKINE se dit trans-social :

"Le trans-social, est un individu qui ne peut se situer dans aucune des catégories sociales, psychologiques ou idéologiques,où nous avons tendance à nous enfermer du premier cri au dernier soupir.Il fait sauter les verrous des schémas et des conditionnements...la camisole des structures sécurisantes...Ce n’est certainement pas un asocial, mais un chercheur qui contribue au développement de sa société. Mais pour lui pas d’étiquette."


Dans un prospectus PIERRE SHASMOUKINE lance un appel à un partenariat médiatique et financier et l'on peut lire les mots suivants :" La suite de l’aventure de Gorodka... sans moi… "

Et bien moi je n'envisage pas GORODKA sans PIERRE SHASMOUKINE .

J’espère qu'il aura la force de lutter encore
J’espère qu'il gagnera son combat ...


LONGUE VIE A GORODKA !
 
 
 



Gorodka (Sur 2 hectares), 3 parcours-nature, 8 galeries, 5 ateliers, plus de 500 œuvres ..

La Canéda
24200 Sarlat la Canéda
05 53 31 02 00

( Sur le GPS j'ai tapé place Marguerite Duras, c'est une petite place pas trés loin du site et une aide supplémentaire)




GORODKA ET LES GRIGRIS DE SOPHIE

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