"Sincérité, spontanéité, bonheur de peindre, richesse de l’imagination, à n’en point douter , Simone Le Moigne, est un peintre naïf authentique et l’un
des plus attachants" écrit Denise Delouche.
Moi j'ai découvert son travail chez mon ami Michel Leroux et ce fut un véritable coup de cœur.
C'est donc avec joie que je suis allée voir des splendeurs de tableaux et quelques grands formats au Centre culturel breton de Saint Herblain.
Je vous conseille très vivement cette exposition qui se termine le 31 octobre !
«...A 58 ans j'ai commencé à peindre mes souvenirs pour m'amuser.
si j'avais su raconter aussi bien que ma grand-mère les soirs de
veillées, quand nous mettions une grosse bûche dans la cheminée
pour que ses histoires durent plus longtemps, je n'aurais
probablement jamais dessiné. Les histoires de ma grand-mère,
c'était comme le cinéma. C'était merveilleux...»
Simone Le Moigne, peintre bretonne
Herblinoise pendant 26 ans, Simone Le Moigne s’est fait un nom dans l’art naïf.
"Peindre et revivre", c’est le titre du livre écrit par sa fille Anne
Vinesse. Il résume à lui seul l’effet de résilience que la peinture a
opéré sur Simone Le Moigne. Peindre est pour elle une façon de se
plonger dans ses souvenirs et d’en garder le meilleur. Elle fait partie
des grands peintres naïfs français du XX
e siècle.
Née
en 1911 dans une famille unie à Magoar dans les Côtes-d’Armor, Simone
vit au rythme des saisons et de la vie paysanne aux côtés de ses trois
sœurs, de ses parents et de la famille élargie aux tantes et aux oncles.
Son enfance est ponctuée par les travaux de la ferme, la vie au
village, les pardons, les mariages, les feux de la Saint-Jean. En
pension chez les religieuses, la vie est dure et les élèves n’ont pas le
droit de parler breton sous peine de porter un sabot autour du cou.
N’ayant
pu poursuivre ses études après le certificat d’études primaires, Simone
Le Moigne part travailler dans les champs. Bonne observatrice, elle
engrange les images qui lui serviront plus tard pour sa peinture.
En
1935, elle épouse Guillaume Le Bris, sabotier. Les difficultés
économiques, la dureté de la vie n’épargnent pas le couple qui doit
déménager avec ses deux enfants à plusieurs reprises en région
parisienne et trouver des emplois alimentaires. En 1968, le couple se
sépare.
Une "vraie naïve"
C’est alors qu’employée de maison, elle
tombe sur une boîte de peinture abandonnée par le fils de la maison. À
58 ans, sans avoir jamais pris de cours, en parfaite autodidacte, elle
ébauche ses premières peintures avec ce qu’elle a sous la main : des
aiguilles à tricoter, une épingle à cheveux. Encouragée, elle consacre
désormais sa vie à la peinture. Elle s’installe à Saint-Herblain dans le
quartier de Preux.
"Avant de commencer à peindre, mon tableau est
fini dans ma tête", explique Simone, que la joie de peindre ne quitte
plus. C’est sa bouée, son bonheur : "Je ne veux peindre que les bons
souvenirs, il ne faut pas peindre les malheurs". Sa peinture colorée et
issue de son imagination révèle ce tempérament optimiste.
L’artiste
laisse courir ses souvenirs, sa mémoire. Elle aime peindre et dessiner
la vie rustique d’autrefois, les traditions de la vie paysanne et rurale
de son enfance. Elle ne s’encombre pas de règles, de théorie, préférant
inventer sa propre technique et son style. "C’est une femme libre,
authentique, qui n’a subi aucune influence, c’est une vraie naïve",
complète Anne Vinesse.
1 500 tableaux
Simone Le Moigne voudrait tout dire. Du coup, elle opte souvent pour des
grands formats, comme "L’histoire du pain" (acquis par la Ville) qui
fait 8 m de long !
Femme d’expression à part entière, elle se fait
volontiers poète et écrivaine pour transmettre son passé. Denise
Delouche, historienne de l’art, la décrit volontiers comme un témoin et
un peintre-poète.
Simone Le Moigne s’éteint en avril 2001 et est
enterrée au cimetière de l’Orvasserie. Au total, elle aura peint environ
1 500 tableaux. Certains sont exposés dans des musées (Nice, Lugano en
Suisse, Nantes) ou font partie de collections publiques et privées
(américaine, irlandaise, portugaise, israélienne…).
LE LIEN
LE SITE DE L'ARTISTE
(cliquer)
Jusqu'au 31 octobre 2019
du mardi au vendredi, de 10h-12 et de 14h-18h, Salle des expositions
du Centre Culturel breton Yezhoù ha Sevenadur, 12 allée de
l'Angevinière, Saint-Herblain
Exposition "Simone Le Moigne, livourez an eñvorennoù, peintre de la mémoire".
Simone
le Moigne a revécu son enfance et sa jeunesse dans ses toiles. Son
oeuvre picturale se double d’un intérêt ethnologique, que ce soit dans
la description minutieuse de scènes de la vie quotidienne, de la vie à
la ferme, des travaux des champs, ou des fêtes profanes et religieuses
de l’époque de sa jeunesse. Auteure d'environ 1500 œuvres, elle vécut à
Saint-Herblain
Gratuit.
Renseignements : Maripol Gouret, KDSK : 06 68 81 84 58 - maripol.gouret@orange.fr
Se garer Allée Henri Farman et continuer à pied
Pour Michel Leroux avec toute mon amitié