Les Grigris de Sophie ce sont bien sûr des broches, des colliers et des sacs … mais c’est aussi un blog !

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Mais c’est aussi un blog ! Un blog dans lequel je parle de CEUX et de CE que j’aime …
HHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
Vous trouverez ici des artistes, des lieux insolites, des recettes, des films, des expositions, des musiques, des spectacles, des photographies d’amis ….
Tout ce qui rend la vie meilleure, tout ce qui rend ma vie meilleure !

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jeudi 5 février 2026

EDMOND BARRIAL AU MUSÉE D'ARTS BRUT, SINGULIER & AUTRES A MONTPELLIER

 

Une fabuleuse et rare exposition a commencé au mois de janvier au MUSÉE D'ARTS BRUT, SINGULIER & AUTRES à Montpellier. Il ne me sera pas possible de la voir hélas mais Soizic a été mes yeux. 

 

 


 

Voici ce qu'en dit Patrick Michel, Directeur du Musée d'Art Brut :

 Un trésor caché

Découvrir une œuvre exceptionnelle dans un grenier, plus de dix ans après le décès de son auteur, est certes un événement, mais aussi un choc émotionnel d’autant plus que cette dernière n’a jamais été montrée encore dans sa totalité.

Dans le petit monde de la création autodidacte dont un réseau d’amateurs et de collectionneurs assure depuis longtemps la promotion, peu d’auteurs ont, comme Edmond Barrial, maintenu leur activité artistique à l’abri de tout regard pratiquement jusqu’à la fin de leur existence. Grâce à la visite fortuite de Jeanne Roualet au Musée d’Art Brut de Montpellier il y a peu, j’ai aussitôt pris la décision de mettre l’ensemble de cette œuvre en lumière.

Cette exposition présente une quarantaine de pièces uniques (sur plus d'une centaine). Je remercie vivement Thérèse et Bertrand Roualet de me les avoir confiées quelques instants, quelques instants seulement…










  

Edmond Barrial (1926-2012)

Sculptures


Edmond Barrial dit « Momon » est né au Mas Masseboeuf dans la commune du Martinet en 1926, au coeur de la vallée de l’Auzonnet, dans le bassin houiller d’Alès à l’entrée des Cévennes. Edmond, enfant unique, était atteint d’une grave maladie invalidante qui l’empêcha de marcher. Il ne put fréquenter l’école. C’est sa grand-mère et trois de ses voisins qui se relayaient tous les jours pour lui apprendre à lire et écrire.

Dès sa jeunesse, il fabriquait déjà toutes sortes de petits objets en bois. Après le décès de sa mère alors qu’il n’a que dix-sept ans, et sa santé s’améliorant, il est contraint de travailler comme mineur de fond mais ne supporta pas les conditions de travail, humidité, poussière, enfermement et fut redirigé au poste de lampiste.

A sa retraite, à l’âge de quarante-sept ans, il donna tout son temps, « tous les jours, des heures et des heures »  à la fabrication d’objets, oiseaux, chars, avions, personnages célèbres (Laurel et Hardy, John Wayne, Elvis Presley…), façonnés en bois de châtaignier ou poirier qu’il allait récupérer dans la montagne. La plupart de ces sculptures étaient nourries de son imaginaire, de contes, de légendes ainsi que de la culture populaire. De son vivant, il travaille dans son atelier éloigné de la ville. Personne ne partageait les secrets de son labeur et son entourage ne reconnaissait pas sa valeur.

Autodidacte passionné, luttant constamment contre l’angoisse et la dépression, Edmond fait partie de ces artistes singuliers aux frontières de l’art brut. Son œuvre, « sans école », habitée d’une extraordinaire densité et ingéniosité, est restée des années emprisonnée. Il est décédé en 2012 dans sa région natale à Saint-Florent sur Auzonnet.

  





Christian Noorbergen, critique et historien d'art en parle aussi : 


L'imaginaire instinctif d'Edmond Barrial


 

Comme une respiration de vérité, l’œuvre singulière et crue d’Edmond Barrial (1926-2012) exorcise le quotidien, la vie passante, l’incurable maladie et les inévitables fatigues de la modernité. Chez lui, ce n’est pas l’ailleurs qui parle, ni l’intellect éduqué, ni la culture aux ordres, mais les plus puissantes pulsions vitales, et les dures énergies, âpres et intimes, du dedans invisible et caché. Edmond Barrial, dit Momon, très récemment découvert, fait partie des créateurs les plus forcenés, les plus implacables et les plus percutants, tant ils représentent les forces vivantes et cachées de l’art de notre temps. Son œuvre entière percute en profondeur l’art des marges, qu’il soit brut ou singulier. Comme une turbulence violente, en effraction vitale, cet art des hauts fonds est venu perturber l’histoire de l’art, laquelle ne se découvre vraiment que par ses remous…

L’art aigu d’Edmond Barrial, autodidacte absolu jamais atteint par le déjà des repères et des codes, bouillonne d’étrangeté. Il navigue dans le salutaire no man’s land du hors-sens établi. Momon, beau sculpteur, invente son art à partir des figures légendaires d’une inguérissable enfance, entités qu’il sacralise, mais également des sécrétions d’un environnement qu’il n’a jamais quitté. Et ses créations virulentes retrouvent l’impact fabuleux des signes vitaux de l’art primitif. Art des rires et des sueurs, des grottes intérieures et des secrètes meurtrissures : l’inaccompli de l’art maintient intacte la charge hétérogène des puissances imaginantes. Chez lui, le chaos veille. Sa constante vocation, intime et plus que discrète, le pousse à évacuer, dans la jubilation d’une matière quasi euphorique, toutes les surfaces de l’art qui aveuglent. Si la sculpture est son véritable territoire de création, quelques peintures de grand format signent chez lui l’impact proche et profond de la mère-nature.

L’imaginaire instinctif, que l’homme affronte d’abord en lui-même, met au-devant de la scène toutes les virtualités sous-jacentes, celles qui nourrissent la vie du dedans. Elles sont ici montrées en suspens, en plein vol, en pleine gestation. Œuvres étranges et obsédées, incroyablement denses, où la vitalité de l’artiste embrase à jamais l’inertie du quotidien. A chaque création, plutôt repère extatique de sa vie, l’homme des marges accomplit le meurtre salutaire du corps narcissique. Formidable terrien abrupt, patient et ingénieux, Edmond Barrial impose un art barbare exultant de sauvage santé, au poids immense de terre nouvelle et de magma à peine apprivoisé. Émerveillement d’être, en faisant apparaître, et continûment... Ces créations frémissantes et frénétiques au lourd faciès onirique corrodent l’espace et creusent l’énergie érectile de ces silhouettes incantées et de ces pantins magnifiés, qui œuvrent tous en fort rituel d’apparition. Chez lui, les yeux sabrent l’étendue, car ils naissent des confins du mental.

Féérie et magie s’étreignent sans fin dans ces figures animales et humaines qui peuplent de leur humanité une armée de joyeusetés crues et insolentes. Il allait lui-même choisir son matériau d’art privilégié, le bois. D’abord celui du châtaignier, dur et imputrescible, mais aussi celui d’arbres fruitiers, dont le poirier. On retrouve alors, toutes créées en bois de ses alentours, les impressionnantes identités premières d’une culture partagée, celles du mineur local (son terroir archaïque et vital), du paysan, du berger, du soldat, voire de l’haltérophile, tous accompagnés du bestiaire intemporel d’animaux fantasmés, du tigre à l’aigle, ou du rhinocéros au grand crocodile. A noter que le petit crocodile, inoublié, existe aussi… Et Momon n’oublie pas les attelages devenus ludiques de la vie paysanne environnante. L’impact immédiat de ses sidérantes sculptures laisse cependant entrevoir, passé un premier regard souvent stupéfié par l’intensité de la présence créée, de fins détails qui, ici et là, oxygènent l’ensemble. Et l’art vit de ces braises chaudes !

Les personnages célèbres, réels ou imaginaires, d’Elvis Presley à Blanche Neige, signent une réelle vive ouverture au monde, malgré son humilité et sa discrétion proverbiale. Il a en effet vécu totalement refermé sur lui-même, au point que ses voisins ignoraient ce qu’il faisait dans le secret toujours protégé de son petit atelier. Il a d’ailleurs surtout créé à la fin de sa vie. Son œuvre entière a failli être brûlée après sa mort… Elle n’a été retrouvée que quelques années après sa disparition, presque par hasard, dans une petite exposition locale, grâce au regard acéré d’un couple de visiteurs lucides et admiratifs...



 




 

Et un dernier texte : Edmond Barrial mineur de fond, toujours de Patrick Michel : 

Sur cet artiste secret, on sait finalement peu de choses, sinon des témoignages lacunaires et empreints de pudeur, à son image. Pourtant, au contact de son œuvre, apparaît un homme fort, volontaire, sensible, doté d’un imaginaire foisonnant. Son père, originaire d’Ardèche, était venu travailler dans les mines de charbon du bassin houiller des Cévennes, alors en plein essor et recrutant massivement une main-d’œuvre venue de toute la France et de l’étranger. Il épousa une habitante de Cessous, et le couple s’installa au Mas Cluster, anciennement demeure du célèbre mathématicien Antoine Deparcieux (XVIIe siècle).

Edmond Barrial vivait en contact étroit avec la nature, qu’il observait avec une grande attention. Une fois son activité professionnelle accomplie qu’il occupait jusqu’à la fermeture et la démolition de la mine en 1975, il part ensuite à la retraite à l’âge de quarante-sept ans.

C’est à ce moment-là qu’il conçoit et construit lui-même sa maison, puis qu’il entreprend son œuvre artistique. Cette passion lui permet d’échapper aux réalités du monde du travail qu’il a connues, aux bouleversements sociaux qui l’ont conduit à l’inactivité et au désespoir.

Toujours avide de créer, il cherche en permanence des matériaux et puise des idées dans les imagiers. Ses sculptures le hissent hors d’une mélancolie persistante. Ses tableaux, peints sur des supports de fortune sont encadrés de sculptures prolongeant leur sujet, très colorés, riches en détails, et témoignent de son amour profond pour la nature. Ses sculptures traduisent quant à elles sa volonté de donner vie aux légendes et aux récits de la culture populaire.

La plupart de ses sculptures – personnages ou animaux – mesurent entre 60 et 80 cm. Mais deux pièces maîtresses se distinguent par leur taille et leur sujet singulier : Le Carrosse (120 × 50 × 50 cm, 50 kg), creusé, buriné, rehaussé de touches de peinture et de vernis ; Le Carreau de la mine, sa seule œuvre véritablement publique. Edmond Barrial l’avait offerte à la CGT du Martinet au moment de la fermeture des mines. Elle représente divers éléments du site – chevalement, sous-sols, manifestants, chevaux, wagons… – et demeure aujourd’hui l’unique témoignage de son travail, précieux pour les habitants de la vallée de l’Auzonnet, désormais silencieuse.


 LE SITE DU MUSÉE 

LE MUSÉE ET LES GRIGRIS DE SOPHIE

(cliquer)

 

MUSÉE D'ARTS BRUT, SINGULIER & AUTRES
1, rue Beau Séjour 
34000 Montpellier 
Tel. : 04 67 79 62 22


Jusqu'au 26 avril 2026 !


 
Ne manquez pas cette exposition, moi elle me fait rêver ! 

 

 

mardi 28 octobre 2025

MÉLANCOLIES AU TRINKHALL MUSEUM A LIÈGE

 

 

 

L’exposition " Mélancolies " est conçue comme une libre déambulation, une succession de petits cabinets consacrés à quelques artistes choisis, pour la plupart issus de notre collection.
Dans le cadre de cette saison anniversaire – cinq ans déjà ! –, nous avons également souhaité mettre à l’honneur des artistes qui comptent particulièrement pour nous, et qui ont été présents dans nos expositions thématiques précédentes."

 

 

 

 

 

Alain Meert 

 

 

Christiane Dewaele

 

 

Sylvain Cosijns

 

 

 


Pascale Vincke

 

 

 

Ashley Anjuyn

 

 

 

Pascale Vincke

 

 

 

Alexis Lippstreu

 

 

Bertha Otoya
 
 


Alain Meert 

 

 

 


 

Pascal Tassini

 

 


Ashley Anjuyn

 

 

 

Pascale Vincke

 

 

 

Christine Cattebeke

 

 

 


 

 Pascale Vincke 

 




Bertha Otoya 

 

 

 




Bertha Otoya 

 


Pierre de Peet




"Nous avons cherché un fil conducteur, suivi patiemment et comme à rebours les chemins parcourus au cours des cinq dernières années. Nous avions pour ambition de dresser le bilan de nos activités, pour mieux les comprendre et les faire devenir. On ne sait jamais exactement ce que l’on a fait, n’est-ce pas, sinon à prendre un peu de recul. Qu’avions-nous exposé ? Quelles œuvres et pourquoi ? L’extraordinaire diversité et la beauté des œuvres de la collection nous éblouissent, aujourd’hui comme hier. Et l’évidence, pour nous, que la question du handicap mental ou des dites déficiences cognitives devient secondaire lorsque l’on cherche à identifier d’un mot, à saisir d’un regard, à traduire d’un geste ce qui, devant ces images, ne cesse de nous mettre en mouvement. C’est là, au reste, depuis le début, le cœur de notre réflexion : affranchir la collection de la bien-pensance et des représentations convenues de la marge, de la différence, de l’altérité. Celle-ci, en effet, n’est pas d’essence mais d’institution ou de circonstance. Pour qui sait l’accueillir, l’altérité est une forme d’intériorité communément partagée. Alors quelles émotions, quelles énigmes, quelles beautés, quelles vérités ? Sous quel alizé la collection, depuis cinq ans, avait-elle pris son envol , sinon celui, avons-nous enfin compris, de la mélancolie ? La mélancolie n’est ni la joie, ni la tristesse ; ni le souvenir, ni l’oubli ; ni la beauté, ni la laideur ; ni l’espoir, ni le désespoir ; ni le désir, ni le renoncement ; ni le manque et ni le plein mais le lieu d’où chacun nous sommes autre et d’où, sans cesse, nous devenons. "

 

 LE SITE DU MUSÉE

 LE SITE DU CREAHM

 LE TRINKHALL ET LES GRIGRIS DE SOPHIE 

 

(cliquer)

 

JUSQU'AU 5 AVRIL 2026 

Parc d’Avroy 4000 Liège – Belgique

 

 

Vu en juin 2025  


mercredi 10 septembre 2025

LE MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN SINGULIER (MACS) AU CANADA VU PAR MARIETTE

 

 En avril 2019 j'avais évoqué une visite qui me faisait tellement envie ICI 

 


 

 

 (photos Patrick Cady)

 

Mariette a été mes yeux, en ce mois d'aout 2025, elle qui a eu la chance de rencontrer Patrick Cady et de découvrir les merveilles de son musée, voici ses photos aujourd'hui sur les Grigris  ...

 

L’événement de l’année au MASC !

Ouverture de l’exposition Mary Lou Freel du 1 mai au 31 octobre Une rétrospective sur près d’un demi- siècle de tapisseries brodées à la main !


 

 
























"Le M.A.S.C, « Musée d’Art Singulier Contemporain », est installé dans une ancienne église de Mansonville, village collé à la frontière américaine, dans les Cantons de l’est du Québec. Cette position géographique a une valeur symbolique, car pour moi, l’art contemporain est singulier quand il fait de la frontière un pays. Cela signifie que l’artiste singulier n’habite aucun territoire délimité par le marché de l’art et l’Histoire de l’art, mais qu’il porte en lui de quoi transformer ce qui sépare en ce qui unit et créer ainsi son propre espace métissé . L’artiste singulier est aussi celui qui explore ses propres frontières, il est un migrant dans son monde intérieur.

Le courant singulier de l’art contemporain a déjà ses figures tutélaires comme Rebeyrolle, Dado et Rustin. Il n’est pas à confondre avec l’art brut car, même si presque tous les artistes exposés dans le musée sont autodidactes et qu’ils connaissent la marginalité et la souffrance, leurs œuvres n’expriment pas une création spontanée; ils ont tous mené une réflexion sur leur travail et l’ont fait évoluer. N’ayant comme école ou université que les musées et les galeries, ces artistes ne cessent de se former, sans jamais se contenter de ce qu’ils ont déjà créé.

Ma passion pour cet art, j’ai voulu la faire partager et quoi de mieux qu’un musée pour ce partage."

Patrick Cady

 

 


(Photos Patrick Cady)

 

Biographie de Mary Lou Freel rédigée par Patrick Cady 

"Elle est née à Niagara Falls en 1943. Elle a fini par se retrouver à Montréal où elle habite avec ses tapisseries couchées les unes sur les autres sur la planche sommier d’un grand lit à baldaquin. Depuis quarante ans, elle fait aller son aiguille avec du fil de laine, de coton et de soie. C’est sa mère et sa grand-mère qui lui ont appris la manière ; pour l’art, elle ne sait pas d’où ça lui est venu, peut-être de l’imagination et de la fantaisie de sa famille irlandaise émigrée dans le sud des États-Unis. Mary Lou ne dit rien de Mary-Lou Freel, mais certaines de ses tapisseries la font parler. Chacune de ses tapisseries raconte une histoire où les temps se mêlent comme dans les rêves, où les mémoires de la famille et de l’Irlande, de son paganisme et de son Christianisme, de l’Antiquité et de l’espèce humaine se nouent et forment d’étranges patchwork.

Mary Lou Freel a retracé toute l’Histoire de la tapisserie à travers son œuvre (considérable, je n’ai rien montré de son œuvre abstraite, expressionniste ou minimaliste). Elle s’inscrit comme autodidacte, dans la transmission de la broderie populaire et non du tissage qui demande d’autres moyens. Sa dernière tapisserie est faite de morceaux de tissu brûlé et de morceaux de patrons de couturière, qui sont comme les restes de l’incendie qui en 1911 à New-York, a ravagé une tour où travaillaient 150 femmes juives d’Europe de l’est considérées comme les meilleures couturières à l’époque dans cette ville. Le feu a pris dans les étages inférieurs et comme les patrons avaient bloqué toutes les issues de secours pour éviter le vol, elles ont toutes brûlé vives ou se sont tuées en sautant par les fenêtres. Je crois qu’elles étaient comme ses sœurs. Peut-être serait-il plus juste de dire que Mary Lou Freel coud et non qu’elle brode, elle coud pour refermer des plaies, des plaies personnelles peut-être mais plus sûrement les plaies collectives causées par les injustices et les persécutions.

 L’œuvre de Mary Lou Freel est aussi importante dans la broderie que celle d’un Jean Lurçat dans le tissage, même si elle n’a jamais eu jusqu’à présent d’exposition consacrée à son œuvre et qu’elle est autodidacte. Tard dans sa vie, elle a voulu aller à l’université, elle voulait découvrir ce qu’on enseignait de cet art qu’elle avait appris de sa grand-mère et qu’elle avait pratiqué si longtemps en solitaire, loin des galeries et des critiques. Sur ce qui l’intéressait, elle dit qu’elle n’a rien appris.

Son père était pianiste de jazz, elle-même se destinait à être pianiste, jusqu’à son premier concert qui sera le dernier. Elle est incapable de jouer en public. Mary Lou Freel ne m’a jamais dit quelle musique elle écoute quand elle coud, elle qui a arraché ses doigts à son piano pour les mettre au service du travail répétitif de la broderie, mais quand je regarde l’ensemble de son œuvre, j’entends le mélange de musique et de chant baroques et contemporains créé par Simon Pierre Bestion avec son ensemble instrumental et vocal « La tempête » et tous ces âges de l’humain entrent en moi tandis que j’entre dans l’histoire de cette pianiste recroquevillant ses doigts sur des aiguilles dans le silence laineux, cotonneux et soyeux de son art."

 


Musée d’Art Singulier Contemporain

307 Rue Principale,
Mansonville, QC J0E 1X0

tel 1-514-344-4560
patrick.cady48@gmail.com

Visite sur rendez-vous.

Les horaires de visites sont :
du jeudi au dimanche de 9 h à 17 h