Les Grigris de Sophie ce sont bien sûr des broches, des colliers et des sacs … mais c’est aussi un blog !

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HHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
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mercredi 14 mars 2018

GIOVANNI BOSCO CHEZ CHRISTIAN BERST

Giovanni Bosco pour moi c'est cette fabuleuse découverte dans les rues de Castellammare del Golfo, seule, puis avec le groupe du colloque ...
Donc beaucoup d'émotions-souvenirs en visitant l'exposition de Christian Berst ....



"Il n’est certainement pas nécessaire de connaître la vie de Giovanni Bosco pour apprécier ses grands dessins au feutre. Mais, dans le cas de l’art brut, ce sont les histoires humaines qui bien souvent font aussi l’œuvre, qui conduisent les objets à devenir des œuvres. Et aux auteurs à s’inventer des manières bien personnelles de se réinventer eux-mêmes."





"Né en 1948, le sicilien Giovanni Bosco - d'abord berger puis ouvrier dans une carrière de marbre - sombra dans la psychose à la suite de l'assassinat de deux de ses frères par la mafia. L'institution psychiatrique et la prison à laquelle il fut condamné un an à la suite, semble-t-il, d'un vol de bétail, ne lui ôtèrent ni son sourire désarmant, ni sa propension à transformer son existence démunie en un acte de poésie pure. À Castellamare del Golfo, à l'ouest de Palerme, ses journées furent alors rythmées par les chansons populaires napolitaines et les peintures d'une inventivité rare qu'il exécutait sur les murs de sa ville ou sur des matériaux de fortune. Au moment où son génie est enfin reconnu – grâce aux efforts du photographe Boris Piot -, il est emporté par un cancer en 2009.
Sa première exposition monographique lui fut consacrée par notre galerie dès 2011, accompagnée d'un catalogue avec des textes de l'historienne de l'art contemporain Eva Di Stefano et du critique Jean-Louis Lanoux. Depuis lors, son oeuvre a fait l'objet de nombreuses tentatives de décryptage et un film retraçant les derniers mois de sa vie a été produit par des étudiants qui furent parmi ses derniers amis, tandis qu'un projet de restauration et de conservation de ses fresques est envisagé. À son tour, la Collection de l'art brut, à Lausanne, organisait une rétrospective en 2013 en même temps que paraissait une étude sur son oeuvre dans le Fascicule de l'Art Brut # 24.
Ce qui frappe de prime abord, dans cet oeuvre, c'est qu'il ne semble débiteur d'aucune influence, échappant, de fait, à tout rapprochement hasardeux.
« Bosco était traversé par la pensée visuelle » écrit Di Stefano, une façon de souligner que la complexité et l'originalité de ses réalisations trouveraient leur seule source dans les arcanes inextricables de sa psyché. Ses compositions irriguées de rouge et savamment agencées, ses coq-à-l'âne formels, ses homoncules hybrides, ses avatars musculeux, ses membres votifs, ses glissements du glyphe à l'organique, et réciproquement, finissent par y égrener l'alphabet d'une langue secrète, intime. Un peu comme si l'on assistait à un soliloque graphique de la plus haute intensité. Giovanni Bosco, en mélancolique dottore di tutto, accablé de tous les malheurs, avait trouvé dans l'art un remède absolu."
















Mon préféré ....




"La vie douloureuse du peintre sicilien Giovanni Bosco a toujours eu pour cadre Castellammare del Golfo. Cette ville est située entre Palerme et Trapani, entre la montagne et la mer. Pasteur ou pêcheur : deux variantes de la même pauvreté s’offraient souvent, naguère, à ses habitants. La famille de Giovanni n’étant pas tournée vers les activités maritimes, son enfance se passe à garder les moutons avec son père dont il sera vite orphelin.
C’est la deuxième fois que sa mère se retrouve veuve. A la naissance de Giovanni en 1948, elle n’était pourtant âgée que de 18 ans. Giovanni Bosco ne fréquente que l’école élémentaire. Dans le climat lourd d’une époque en attente de juges comme Giovanni Falcone et Paolo Borsellino, le jeune berger ne parvient pas à s’adapter à son rude métier. Il perd son troupeau, travaille occasionnellement dans une carrière de marbre. Sans que l’on sache très bien comment, il est condamné pour un petit vol de bétail. Il passe deux ans en prison à Trapani, y subissant de mauvais traitements. Pendant son incarcération, il apprend en 1976 que deux de ses jeunes frères ont versé aussi dans la petite délinquance et qu’ils ont été assassinés. Le crime organisé a pris ombrage de leurs juvéniles incartades. Cette tragédie précipite Giovanni Bosco dans la psychose et il semble que des électrochocs lui soient alors prescrits. C’est peut-être à l’hôpital psychiatrique qu’il voit des gens se livrer à des travaux d’art. Il s’en souvient plus tard en dessinant et en écrivant compulsivement sur des supports de fortune (cartons trouvés, boîtes à pizza). De retour chez lui, il s’adonne à la création malgré la misère où il vit. Solitaire, exposé aux taquineries des gamins et pourtant protégé par ses concitoyens. Fumant et chantant les refrains populaires de Mario Merola, vedette napolitaine qu’il affectionne, il remplit de pleins carnets de ses dessins, il couvre les murs des vieilles maisons de son quartier de fresques où cœurs, robots, personnages élastiques, lames de couteaux, se mêlent et nous interpellent. Ce répertoire de formes est stupéfiant. Un vocabulaire riche et cohérent, totalement personnel s’offre au passant ou au visiteur. L’ancien berger qui n’a plus de métier se désigne dans ses compositions sous le vocable de « Dottore di tutto ». Un artiste local remarque son talent et l’encourage mais c’est à un regard extérieur qu’il devra d’être identifié pour ce qu’il est vraiment : un grand créateur d’art brut. A partir de 2007, les choses se précipitent. Un intérêt général se manifeste en sa faveur. Il n’est plus obligé de dire que ces « gribouillages » pourraient avoir de la valeur une fois encadrés. On vient maintenant lui en acheter et sa situation commence à s’améliorer. Les gens qui aiment son travail se prennent à rêver… Ils ignorent que Giovanni est atteint d’un cancer et que, à peine sexagénaire, il est condamné. Quand une exposition et un colloque international est organisé à Castellammare del Golfo au début de l’année 2009, Giovanni n’est déjà plus en mesure d’y apparaître et de goûter à la reconnaissance des siens."


LE SITE DE LA GALERIE




LE CATALOGUE ICI

LE DOSSIER DE PRESSE

GIOVANNI BOSCO ET LES GRIGRIS DE SOPHIE

UN ARTICLE DE 2011

UN LIEN : GIOVANNI BOSCO DANS LIBÉRATION

GIOVANNI BOSCO ET LAUSANNE

LE TEXTE DE CÉLINE DELAVAUX

GIOVANNI BOSCO ET LA COLLECTION ABCD


GIOVANNI BOSCO ET COSTRUTTORI DI BABELE 


( cliquer sur les liens)


 (photo Google)

3-5, passage des Gravilliers 
75003 Paris



Pour Eva, Raija, Chiara, Roberta et tous les autres ....
Pour Laurent qui n'a pu se joindre à nous 
Pour Antoine et Apolline



mardi 18 août 2015

GIOVANNI BOSCO : GROS PLANS SUR SES PEINTURES MURALES ET SES DESSINS


"De souche paysanne, Giovanni Bosco passe toute sa vie à Castellammare del Golfo, un petit village de Sicile. Ayant peu fréquenté l’école, il est d’abord berger avec son père, qui meurt rapidement, puis manœuvre dans des carrières de marbre. Condamné pour un vol de brebis, il passe deux ans en prison, où il apprend l’assassinat de ses deux frères impliqués dans des réseaux mafieux. Ébranlé par cet événement, il fait un séjour en hôpital psychiatrique. De retour chez lui, marginalisé et solitaire, il se met alors à peindre et à dessiner ; mais surtout, il prend possession des murs du village, les couvrant de cœurs, de robots, de lames de couteau, de formes androïdes — ses thèmes favoris. Il se surnomme « Dottore di tutto  » (« docteur de tout »). À partir de 2007, grâce au soutien d’un artiste local, son travail rencontre la reconnaissance qu’il connaîtra un peu avant de s’éteindre d’un cancer."























 ET CE TEXTE DE CÉLINE DELAVAUX ÉCRIT EN 2011 LORS D'UNE EXPOSITION A LA GALERIE CHRISTIAN BERST :

" Il n'est certainement pas nécessaire de connaître la vie de Giovanni Bosco pour apprécier ses grands dessins au feutre. Mais, dans le cas de l'art brut, ce sont les histoires humaines qui bien souvent font aussi l'œuvre, qui conduisent les objets à devenir des œuvres. Et aux auteurs à s'inventer des manières bien personnelles de se réinventer eux-mêmes.

Les dessins au feutre de Giovanni Bosco exposés à la galerie Christian Berst constituent une part discrète de son œuvre, car c'est dans la rue, sur les murs de sa petite ville sicilienne de Castellamare del Golfo que s'épanouissait pleinement le sens de sa pratique. Dans sa ville, il reste une centaine de fresques de Bosco, mort en 2009. La reconnaissance artistique est cyniquement advenue sur le fil du rasoir…

Si l'on peut esquiver le récit de la tragique histoire de Giovanni Bosco, celle de la découverte de son œuvre est en revanche irrésistible à raconter. En 2007, le Français Boris Piot travaille sur le tournage du film Largo Winch en Sicile et arpente à ses heures perdues les rues de Castellamare. Il y découvre des peintures murales qui le séduisent au point de le lancer à la recherche de leur auteur. C'est ainsi qu'il rencontre Giovanni Bosco qui passe son temps à dessiner dans son très modeste rez-de-chaussée, sous la protection de sa mère et le regard moqueur de ses voisins qui le considèrent comme un doux cinglé.

De retour à Paris avec de nombreuses photographies des travaux de Giovanni Bosco, Boris Piot aboutit, par le biais du site internet animula vagula consacré aux «rives et dérives de l'art brut», à l'un des principaux acteurs du petit monde de l'art brut, Jean-Louis Lanoux qui organise quelques mois plus tard un voyage en Sicile, à la rencontre de Giovanni Bosco. C'est ainsi que, à partir du printemps 2008, l'œuvre de Bosco fait son entrée sur la scène de l'art brut. Début 2009, un colloque et une exposition lui sont consacrés à Castellamare, organisés par Eva di Stefano, professeur d'histoire de l'art à l'Université de Palerme — des événements auxquels Bosco, déjà très malade, ne participera pas.

Sous la houlette de Salvatore Buongiorno, le collectif Zep a consacré in extremis un film (projeté à la galerie Christian Berst le 5 avril dernier) à Giovanni Bosco. On le voit à l'œuvre, chez lui, avec feutres et papiers d'emballage, et dans les rues de Castellamare, armé d'un pinceau de peintre en bâtiment.
On l'écoute parler de son travail: il peint principalement des «bonshommes» sous forme de cœurs avec des yeux, des bras, des jambes, «correctement faits», «comme s'ils étaient beaux», ajoute-t-il. Il représente aussi des «gens modernes, d'aujourd'hui» sous forme de «petites vipères»: de minces corps allongés, démembrés, surplombés d'une petite tête… Ces dessins au feutre, «sans cadre, on pourrait penser qu'ils ne valent rien», constate-t-il.
Quant aux murs, pourquoi y peindre des fresques? «Pour que les gens les voient», explique-t-il. Et il insiste pour que son interlocuteur les photographie. L'œuvre n'existe bien que dans le regard, dans le discours de l'autre.

Il reste difficile aujourd'hui de faire admettre en Sicile l'idée qu'il faut protéger ces peintures, réalisées par ce genre de personne de surcroît, précise Salvatore Buongiorno qui, avec le collectif Zep, travaille à sauvegarder l'œuvre de Giovanni Bosco.
Comme chez tous les artistes dits «bruts», l'édification d'un monde à soi vient compenser l'exclusion et l'incompréhension dont ils sont victimes. Giovanni Bosco, qui n'a sans doute jamais franchi la porte d'une quelconque université, se définissait comme un «dottore di tutto» (docteur ès tout) en des termes que, selon l'expression de Witold Gombrowicz, on pourrait appeler une «vérité d'artiste».

C'est bien à une entreprise totale de reconstruction du monde que se livre Giovanni Bosco. Son répertoire de formes et le rythme de ses compositions sont simples, mais ils lui permettent amplement d'inventer une manière bien personnelle et de se réinventer lui-même autrement."

Giovanni Bosco est donc l'homme des peintures murales mais il a aussi réalisé des dessins...
Deux photos prises par moi en mai dans un restaurant de Castellamare

 

 


.... et quelques visuels glanés sur Google qui donneront un plus vaste aperçu de son travail sur papier









UN LIEN : GIOVANNI BOSCO DANS LIBÉRATION

GIOVANNI BOSCO ET LAUSANNE

LE TEXTE DE CÉLINE DELAVAUX

GIOVANNI BOSCO ET LA COLLECTION ABCD


GIOVANNI BOSCO ET COSTRUTTORI DI BABELE 


( cliquer sur les liens)


lundi 17 août 2015

GIOVANNI BOSCO A CASTELLAMARE DEL GOLFO


GIOVANNI BOSCO .... une rencontre que j'espérais depuis longtemps !
Avec son œuvre bien sûr puisque l'homme est décédé en 2009 ....

 Il y avait eu  l'enthousiasme de Roberta, de Chiara et de Danilo, la projection à Nantes en avril du film " Giovanni Bosco, dottore di tutto"  réalisé en 2008 par  Salvatore Bongiorno.

"Giovanni Bosco, « habité par la mémoire d’une cruauté ancienne », invente tout un univers graphique qui déborde la page puis les murs de sa chambre pour s’évader dans tout son village natal de la côte sicilienne.
Dans ce film tourné par le collectif Zep, sous la direction de Salvatore Bongiorno, « on le voit à l’œuvre, chez lui, avec feutres et papiers d’emballage, et dans les rues de Castellamare, armé d’un pinceau de peintre en bâtiment.On l’écoute aussi parler de son travail, des « bonshommes » qu’il peint sous forme de cœurs avec des yeux, des bras, des jambes, « correctement faits », « comme s’ils étaient beaux », ajoute-t-il. Quant aux murs, pourquoi y peindre des fresques? « Pour que les gens les voient », explique-t-il. Et il insiste pour que son interlocuteur les photographie ».

Deux passages à Castellamare del Golfo en mai m'ont permis de prendre des photos, de voir de nouvelles vidéos, de rencontrer des personnes qui défendent cet artiste et oeuvrent pour  la conservation des peintures murales  ....

 " Les peintures murales sont situées sur les façades de plusieurs maisons dans la partie supérieure de Castellammare del Golfo. Certains d'entre eux sont encore en bon état, mais la plupart est en processus de destruction. En 2011 certains ont été restaurés.
  
Depuis 2003, Bosco a décoré avec de la peinture et marqueurs les rues de son pays natal, Castellammare del Golfo (et de certains pays voisins), avec des formes colorées et instantanément reconnaissables: bonhommes, cœurs avec des grands yeux, des grands cercles avec des noms de villes, des chiffres et des textes de chansons. Berger marqué par une vie difficile, il a vécu l'internement psychiatrique et l'exclusion sociale. Il peint non seulement sur   les murs, mais aussi sur des feuilles de papier et des déchets, créant des œuvres passionnantes."
















Et la même photo prise quelques années plus tôt ...

Photo Zep @ crédit photographique - Collection de l'Art Brut, Lausanne










Et en 2008 ...

 Photo Lucienne Peiry, archives de la collection de l'art brut de Lausanne.




" Giovanni Bosco est né à Castellammare del Golfo, une petite ville sicilienne. Il est le deuxième enfant d’une fratrie de cinq. Après seulement deux années de scolarité, le jeune garçon travaille comme gardien de troupeau et fait l’expérience d’un premier deuil à l’âge de quatorze ans lorsque son père décède. Deux ans plus tard, il perd ses deux frères jumeaux qui sont assassinés. Bosco est ensuite emprisonné pour des délits mineurs. L’expérience de la prison le traumatise: il souffre de dépression et de paranoïa, cesse de travailler et se clochardise. Par la suite, il retourne vivre dans sa ville natale et emménage dans un espace exigu constitué d’une seule pièce sans aucune commodité.
Dans sa chambre, Giovanni Bosco passe des heures à peindre sur des morceaux de carton un univers graphique d’une rare puissance. Les formes, sobres et économes - essentiellement des parties du corps humain, telles que le cœur, un bras, une jambe, des poumons, parfois accompagnés de l’ossature et de la musculature - sont agencées avec un sens inné de la composition. Elles sont parfois accompagnées d’inscriptions désarticulées où l’auteur mentionne notamment son identité, son année de naissance, celle de son père, ainsi que des noms de villes italiennes ou de villages siciliens. Il inscrit aussi des paroles de chansons napolitaines de Mario Merola qu’il connaît par cœur et qu’il chante parfois à tue-tête lorsqu’il travaille. Mais la nécessité impérieuse qui l’anime le conduit à déborder le huis clos du support pour peindre sur les murs de la petite pièce où il dort, mange, boit, fume, chante et peint. Dans les rues de Castellammare del Golfo où il réside, il marque son passage de peintures à l’huile sur les murs de la cité. Giovanni Bosco s’approprie l’espace public.
De son vivant, il a été soutenu par le peintre du village Giovan Battista di Liberti et par l’association bénévole sicilienne ZEP, qui a beaucoup contribué à valoriser et à faire connaître son œuvre."



photo: Lucienne Peiry

photo Google





 Deux photos  del Osservatorio Outsider Art



UN LIEN : GIOVANNI BOSCO DANS LIBÉRATION

GIOVANNI BOSCO ET LAUSANNE

LE TEXTE DE CÉLINE DELAVAUX

GIOVANNI BOSCO ET LA COLLECTION ABCD


GIOVANNI BOSCO ET COSTRUTTORI DI BABELE 


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Pour Eva di Stefano et toute son équipe  ... avec reconnaissance pour ce formidable colloque de mai ....


Un ouvrage à consulter :



Christian Berst, Jean-Louis Lanoux et Eva di Stefano, Giovanni Bosco, il dottore di tutto (textes en français, anglais et italien), catalogue d'exposition, Galerie Christian-Berst / Le Livre d'art, Paris, 2011