Les Grigris de Sophie ce sont bien sûr des broches, des colliers et des sacs … mais c’est aussi un blog !

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Mais c’est aussi un blog ! Un blog dans lequel je parle de CEUX et de CE que j’aime …
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lundi 31 août 2026

JEAN DUBUFFET " LA HOULE DU VIRTUEL" A DINARD


 


 Je suis très heureuse d'avoir vu cette magnifique exposition et j'espère très sincèrement qu'il vous sera possible de la voir avant le 20 septembre ...

 

 

 

 

 

 

 
























"Du 31 mai au 20 septembre, la Ville de Dinard présente au Palais des Arts et du Festival une exposition consacrée à Jean Dubuffet (1901-1985), artiste majeur de la seconde moitié du XXe siècle, conçue en étroite collaboration avec la Fondation Dubuffet.

L’exposition Jean Dubuffet. La houle du virtuel propose une immersion approfondie dans l’un de ses cycles les plus emblématiques et les plus prolifiques : L’Hourloupe. À travers un ensemble de cent cinquante oeuvres (peintures, dessins, sculptures, maquettes, etc.), le parcours retrace la genèse et les développements successifs de cet univers graphique immédiatement reconnaissable, fait de lignes sinueuses et hachurées aux tonalités de rouge, bleu, blanc et noir.

Pensée selon une approche chrono-thématique, l’exposition met en lumière la richesse et la diversité de cette période déterminante. Des premiers dessins au stylo bille, réalisés machinalement, jusqu’aux sculptures et aux reliefs devenus architectures, Jean Dubuffet explore sans relâche les relations entre imaginaire et réalité. L’œuvre devient espace, invitant le visiteur à une expérience immersive et réflexive.

Au début des années 1970, Jean Dubuffet imagine un spectacle total issu de l’univers de L’Hourloupe. Avec Coucou Bazar, il crée un monde en mouvement mêlant décors, costumes, musique et danse. À travers des éléments peints, des costumes et des archives audiovisuelles, cette section de l’exposition invite à découvrir une œuvre singulière qui brouille les frontières entre la peinture et le spectacle vivant."




DUBUFFET ET LES GRIGRIS DE SOPHIE 

 (cliquer)

 

Information pratiques :

Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h. (fermé le lundi)





JUIN 2026 



dimanche 30 août 2026

ORLYGUR KRISTFINNSSON AU ART MUSEUM A AKUREYRI

 


 

Il y a, dans les voyages, des découvertes que l’on avait soigneusement inscrites dans un programme, et puis il y a celles qui arrivent sans prévenir. Une porte que l’on pousse, une salle dans laquelle on entre presque par hasard, une œuvre devant laquelle on s’arrête plus longtemps que prévu.

C’est ainsi que j’ai découvert Örlygur Kristfinnsson au Musée d’art d’Akureyri, en juin, au nord de l’Islande.

Je suis venue pour l’Islande, pour ses paysages, sa lumière, ses immensités. Et c’est finalement dans une salle de musée que j’ai rencontré une autre Islande : celle de la mémoire. Une Islande qui se souvient de ce qu’elle a perdu.

 

 

 

 

 

 

Une histoire de mer, de solitude, de nature, de mémoire et de disparition.

 



En Islande, le paysage semble déjà appartenir à une autre temporalité. La terre volcanique, les montagnes, les champs de lave, les falaises et l’océan donnent constamment l’impression que le temps humain n’est qu’une parenthèse. Alors, lorsque l’artiste utilise des matériaux venus du bord de mer, les œuvres semblent prolonger naturellement le paysage extérieur. Comme si la mer elle-même avait conservé quelques fragments de cette histoire. L’artiste devient alors moins un peintre qu’un passeur de mémoire. Et le grand pingouin, peu à peu, cesse d’être simplement un oiseau disparu. Il devient une figure.

 







Il y a des expositions que l’on visite et d’autres que l’on emporte avec soi. Celle d’Örlygur Kristfinnsson au Musée d’art d’Akureyri appartient à la seconde catégorie. Découverte en juin, au détour d’un séjour en Islande, elle m’a laissé une impression singulière : celle d’entrer dans l’histoire d’un oiseau que je ne connaissais pas, et de comprendre peu à peu qu’il était aussi question de nous.

Au Musée d’art d’Akureyri, dans le nord de l’Islande, Örlygur Kristfinnsson consacre son exposition Sýning um heilagan fugl  (Exposition sur un oiseau sacré) à une créature presque légendaire : le grand pingouin, ou geirfugl en islandais. Une œuvre qui tient à la fois du récit, de la mémoire et de l’avertissement.

Né à Siglufjörður en 1949, Örlygur Kristfinnsson a étudié à l’École islandaise des arts et métiers entre 1969 et 1973. Longtemps peintre, puis davantage attiré par l’aquarelle, il a également consacré une grande partie de sa vie à la mémoire culturelle de son pays. Pendant vingt-cinq ans, il a dirigé et conçu les expositions du Musée de l’ère du hareng, à Siglufjörður. Restaurateur de maisons anciennes et auteur de livres consacrés à la vie durant les années du hareng, il est un artiste profondément lié à la mémoire des lieux et aux traces laissées par les générations précédentes.

Dans cette exposition, son regard se porte sur une disparition.

Le grand pingouin n’est pas une invention. Il a réellement existé. Oiseau marin incapable de voler, il vivait autrefois en grand nombre dans l’Atlantique Nord. Sa silhouette rappelle vaguement celle d’un manchot, mais il n’appartenait pas à la même famille : c’était un alcidé, proche des macareux et des guillemots. Sa particularité — ne pas pouvoir voler — en faisait une proie particulièrement facile pour l’être humain.

Les derniers grands pingouins connus furent capturés sur l’île d’Eldey, au large de la côte sud-ouest de l’Islande, le 3 juin 1844. Ils furent tués pour être vendus à des collectionneurs et à des commerçants. Avec eux disparaissait une espèce entière.

C’est précisément cette histoire que Kristfinnsson transforme en matière artistique.

L’exposition réunit aquarelles, sculptures en argile et installations composées notamment d’objets trouvés sur le rivage. Ce choix des matériaux est particulièrement évocateur en Islande : le bord de mer devient une sorte d’archive naturelle. Bois rejeté par les vagues, fragments, coquillages et autres traces échouées semblent porter en eux la mémoire de ce qui a disparu.

Le grand pingouin devient alors plus qu’un sujet. Il devient un symbole.

Le Musée d’art d’Akureyri présente l’oiseau comme une représentation de toutes les espèces menacées d’extinction, petites ou grandes. Le destin du geirfugl résonne ainsi avec une actualité qui dépasse largement l’Islande : que reste-t-il d’une espèce lorsque l’homme a cessé de la voir comme une présence vivante et commence à la considérer comme un objet à posséder, à collectionner ou à conserver dans un musée ?

C’est peut-être là que réside la force de cette exposition.

En entrant dans la salle, on pourrait croire que l’on vient simplement découvrir le travail d’un artiste islandais. On rencontre finalement une absence. Celle d’un animal autrefois familier dans les paysages de l’Atlantique Nord et dont il ne subsiste aujourd’hui que des spécimens naturalisés, des représentations et la mémoire collective.

Le titre même, "l’oiseau sacré", donne à cette disparition une dimension presque spirituelle. Le grand pingouin devient une sorte de figure tutélaire de la fragilité du vivant. Sa disparition a d’ailleurs contribué, en Islande, à faire naître une réflexion plus large sur la protection des espèces vulnérables. C’est ce qui rend la découverte particulièrement marquante.

On pourrait attendre d’une exposition consacrée à un oiseau disparu qu’elle soit documentaire, voire nostalgique. Örlygur Kristfinnsson choisit plutôt la poésie. Il ne cherche pas seulement à raconter la fin du grand pingouin : il lui redonne une présence.

Et cette présence est troublante.

Car le visiteur sait que l’oiseau que l’artiste fait apparaître devant lui n’existe plus. Il est réel, mais absent. Familier, mais impossible à rencontrer. L’œuvre se situe précisément dans cet espace fragile entre le souvenir et l’imagination.

L’exposition d’Örlygur Kristfinnsson est ainsi une belle découverte, mais aussi une découverte qui laisse une trace. Celle d’un artiste qui transforme la mémoire d’un oiseau disparu en une méditation délicate sur notre rapport à la nature et sur notre responsabilité envers ce qui est encore là.

 

 

 L'ISLANDE ET LES GRIGRIS DE SOPHIE 

LES FEROE ET LES GRIGRIS DE SOPHIE 

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 JUIN 2026 

 

samedi 29 août 2026

LATE PICASSO ... AU MUSÉE D'AALBORG

 

Si vos pas se font danois il vous reste quelques jours ( jusqu'au 6 septembre) pour découvrir cette très belle exposition !

 

 

 

 





























 

"Au Danemark, le musée Kunsten d’Aalborg consacre une exposition exceptionnelle aux dernières années de Pablo Picasso. Avec plus de 60 œuvres réalisées dans les années 1960 et 1970, " Late Picasso"  révèle un artiste octogénaire toujours animé par le désir de peindre, d’expérimenter et de surprendre.

À première vue, on pourrait croire que tout a déjà été dit sur Picasso. Le maître du cubisme, l’artiste de Guernica, le peintre aux multiples métamorphoses appartient depuis longtemps au panthéon de l’art moderne. Pourtant, à Aalborg, dans le nord du Danemark, une exposition entend déplacer le regard. "Late Picasso" présentée au Kunsten Museum of Modern Art Aalborg, s’intéresse à une période longtemps restée dans l’ombre : les dernières années de la vie de l’artiste.

Du 9 mai au 6 septembre 2026, plus de 60 œuvres réalisées au cours des années 1960 et 1970 sont réunies dans ce qui est présenté comme la plus importante exposition nordique consacrée à cette période depuis quarante ans.

Lorsque Picasso aborde les dernières décennies de sa vie, il n’a plus rien à prouver. Né en 1881 à Málaga, il a déjà révolutionné la peinture, bouleversé les codes de la représentation et traversé plusieurs des grands courants de l’art du XXe siècle. Mais loin de s’installer dans le confort de sa réputation, il continue de travailler avec une intensité étonnante.

C’est précisément cette énergie que l’exposition d’Aalborg veut faire ressentir.

Dans ses œuvres tardives, le geste devient souvent plus libre, plus rapide, parfois presque brutal. Les coups de pinceau sont larges, les couleurs franches, les figures volontairement déformées. Picasso semble peindre avec une urgence nouvelle, comme s’il cherchait à rattraper le temps.

L’artiste revient à des motifs qui l’accompagnent depuis des décennies : les autoportraits, les couples, les personnages historiques, les mousquetaires. Mais ces thèmes familiers apparaissent sous une forme renouvelée, plus spontanée, parfois presque enfantine.

L’un des intérêts majeurs de  "Late Picasso" est de montrer que la vieillesse n’est pas seulement un contexte biographique : elle devient un sujet artistique.

L’âge, le désir, l’amour, la mort et la créativité traversent les œuvres de cette période. Picasso observe son propre visage, son corps, son rapport au temps. Mais il refuse toute posture nostalgique.

Au contraire, ses tableaux tardifs donnent souvent l’impression d’un artiste qui recommence à zéro.

Cette liberté explique peut-être pourquoi ces œuvres, longtemps moins considérées que celles de ses grandes périodes historiques, apparaissent aujourd’hui sous un jour nouveau. Après la mort de Picasso, en 1973, une partie de cette production tardive a été regardée avec méfiance, voire comme une œuvre secondaire. Elle est désormais réévaluée par les historiens de l’art et considérée comme une étape essentielle de son parcours.

Ce qui frappe dans le Picasso tardif, c’est l’absence apparente de prudence.

À plus de 80 ans, l’artiste ne cherche plus à démontrer qu’il maîtrise la peinture : il semble chercher ce qu’il peut encore inventer. Ses œuvres peuvent donner une impression d’inachèvement, de rapidité ou même d’insolence. Mais cette apparente désinvolture est aussi une forme de liberté conquise au terme d'une vie artistique exceptionnelle.

La commissaire de l’exposition, Caroline Nymark Zachariassen, souligne justement cette énergie brute et cette manière de peindre qui peut donner l'impression d'œuvres presque inachevées, témoignant surtout de l'immense désir de créer qui animait encore Picasso.

C’est là que réside peut-être la véritable modernité de cette exposition : elle ne montre pas un Picasso arrivé au terme de son histoire, mais un Picasso qui continue de chercher.

L’importance de  "Late Picasso" tient également à son ampleur. L’exposition est le fruit d’une collaboration entre plusieurs institutions nordiques, notamment le PoMo de Trondheim, en Norvège, le Moderna Museet de Stockholm et le Kunsten d’Aalborg. Elle bénéficie également de la collaboration de la Fundación Almine y Bernard Ruiz-Picasso, ainsi que de prêts provenant de musées et de collections privées.

Le choix d’Aalborg n’est donc pas anodin. La ville danoise devient, le temps de quelques mois, un point de rencontre pour ceux qui souhaitent redécouvrir une facette moins familière de l’un des artistes les plus célèbres du XXe siècle.

Le musée Kunsten possède d’ailleurs lui-même des œuvres de Picasso dans ses collections, dont l’une des premières œuvres internationales acquises pour l’ouverture du musée en 1972.

À Aalborg,  "Late Picasso"  propose finalement plus qu’une rétrospective des dernières années du peintre. L’exposition pose une question simple et vertigineuse : que reste-t-il à inventer lorsqu’on a déjà révolutionné l’histoire de l’art ?

La réponse de Picasso semble tenir dans chaque coup de pinceau : continuer.

Continuer à regarder, à déformer, à recommencer. Continuer à peindre malgré l’âge et malgré les conventions. Les dernières œuvres de Picasso ne ressemblent pas à un adieu. Elles ressemblent plutôt à une affirmation de liberté.

À l’approche de ses dernières années, Picasso ne paraît donc pas vouloir conclure son œuvre. Il semble vouloir la maintenir ouverte.

Et c’est peut-être ce qui rend cette exposition d’Aalborg si fascinante : elle nous rappelle que la modernité, chez Picasso, n’était pas un style. C’était une attitude."

 

 

 

UN LIEN QUI EN PARLE 

(cliquer)

 

 Kunsten Museum of Modern Art, situé au Kong Christians Allé 50 à Aalborg au Danemark

 

 JUIN 2026