"Il a toujours un livre en tête pour soulager les maux de l’âme : dans sa
« Pharmacie littéraire » installée sur une péniche, le libraire Jean
Perdu vend des romans comme on vendrait des remèdes pour vivre mieux. Il
sait soigner tout le monde – à l’exception de lui-même.
Cela fait
vingt-et-un an, déjà, que Manon, la belle Provençale, s’est éclipsée
pendant qu’il dormait en lui laissant pour tout adieu une lettre qu’il
n’a jamais osé ouvrir. Mais voilà qu’arrive l’été, un été pas comme les
autres qui verra Jean Perdu s’échapper de la rue Montagnard pour
s’engager dans un voyage au pays des souvenirs, en plein cœur de la
Provence, avant de revenir à la vie.
Une histoire pleine de chaleur,
de réflexion et de drôlerie, racontée avec beaucoup de finesse, qui va
tout droit au cœur du lecteur."
QUELQUES EXTRAITS :
- La peur modifie ton corps, comme un sculpteur maladroit qui
s'attaquerait à une pierra parfaite. A la différence qu'elle te creuse
depuis l'intérieur, si bien que personne ne voit combien de couches de
pierre te sont enlevées. Intérieurement, tu deviens de plus en plus
mince, de plus en plus instable, jusqu'à ce que la plus insignifiante
des émotions parvienne à te renverser. Il suffit que quelqu'un
t'embrasse pour que tu croies te briser, te perdre à jamais.
Si d'aventure, Jordan demandait conseil à Perdu, celui-ci lui dirait : "N'écoute jamais la peur ! Elle rend idiot."
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Elle ne faisait jamais de projets, elle était toujours entièrement présente.Elle ne parlait pas du dessert quand on en était au plat principal, elle ne parlait pas du matin au moment de sombrer dans le sommeil, elle ne parlait pas de retrouvailles au moment des adieux. Elle était toujours dans le moment.
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Nous sommes immortels dans les rêves de ceux qui nous aiment, et nos
morts continuent de vivre dans nos rêves bien après leur disparition. Le
monde des songes est la passerelle qui relie les différents mondes, le
temps et l'espace.
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Le tango est la drogue de la vérité. Il démasque tes problèmes, tes
complexes mais aussi tes forces, celles que tu caches aux autres pour ne
pas les blesser. Il montre ce qu'un couple peut représenter l'un pour
l'autre, la manière dont chacun écoute l'autre. Si quelqu'un n'aime
écouter que soi-même, il détestera le tango.
Quand il dansait, Jean n'avait pas d'autre choix que de sentir au lieu de se réfugier dans des idées abstraites.
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-Est-ce que vous avez des livres sur la mort ?
-Oh, j'en ai beaucoup, oui, dit Perdu. Sur le fait de vieillir, sur le
fait d'être atteint d'une maladie incurable, sur la mort lente et la
mort rapide, sur la mort dans la solitude, quelque part, dans une
chambre d'hôpital.
- Je me suis souvent demandé pourquoi il n'existait pas davantage de
livres sur la vie. Après tout, tout le monde peut mourir. Mais vivre ?
-Vous avez bien raison, madame. Il y aurait beaucoup à dire sur la vie.
La vie avec les livres, la vie avec des enfants, la vie pour les
débutants.
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Perdu voulait qu'Anna se sente comme dans un nid. Qu'elle prenne
conscience de cet infini que l'on trouvait dans les livres. Il y en
aurait toujours assez. Les livres ne cesseraient jamais de donner de
l'amour à un lecteur ou à une lectrice. Ils étaient un pôle sécurisant
dans tout ce qu'il y avait d'imprévisible. Dans la vie. Dans l'amour.
Dans la mort.
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....c'était le seul aspect tragique des livres : ils avaient le pouvoir
de changer les gens de bonne volonté, certes, mais ils étaient
impuissants contre les personnes foncièrement méchantes. Celles-là ne
devenaient ni de meilleures pères, ni de tendres époux, ni de petites
amies attentionnées. Elles restaient des tyrans, continuaient à
martyriser leurs employés, leurs enfants et leurs chiens, étaient
haineuses à petite échelle et lâches dans les grandes lignes, et elles
se réjouissaient quand leurs victimes avaient honte.
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Bien entendu, les livres ne sont pas seulement des médecins. Il existe
des romans qui constituent de merveilleux et tendres compagnons de vie.
D’autres peuvent faire l’effet d’une gifle. D’autres, encore, celui
d’une couverture chaude dont votre petite amie vous enveloppe quand vous
êtes pris de mélancolie, à l’automne. Et d’autres… comment dire.
D’autres sont comme de la barbe-à-papa rose, ils picotent pendant
quelques secondes dans le cerveau et laissent dans leur sillage une
sorte de néant bienheureux.
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Le petit amour. Le grand amour. N'était-il pas cruel, en vérité, que l'amour existe en différents formats ?
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-Mais il faut que je pleure encore un peu,sinon je vais me noyer. Vous comprenez?
-Bien sûr.Parfois, on arrive à nager dans les larmes qu'on n'a pas versées, mais quand il y en a trop on risque de se noyer.
Et moi je me retrouve au fond d'une mer de larmes.
-Et bien, je vais vous apporter un livre pour pleurer, alors.
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Face à une femme, je me demande : est-elle le personnage principal de sa
vie? Qu'est-ce qui la motive? Est-ce qu'elle ne tiendrait pas plutôt un
rôle secondaire dans sa propre histoire? Est-ce qu'elle se coupe
volontairement de son histoire parce que son mari, son métier, ses
enfants ou son travail prennent le dessus?
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M. Perdu savait que les choses qu'une personne aimait coloraient également sa manière de parler.
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Avoir un enfant, c'est un peu comme de dire adieu à sa propre enfance,
pour toujours. C'est seulement à partir de ce moment-là que tu as peur
que toutes les faiblesses apparaissent soudainement au grand jour parce
que la paternité exige bien plus de toi que tu ne peux donner … Je
ressentais toujours le besoin de mériter ton amour.
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Je suis la fille d'un arbre, d'un arbre fort. Mon bois se fait bateau
mais il n'a ni ancrage ni bannière. Je m'en vais chercher l'ombre et la
lumière.; je bois le vent et j'oublie tous les ports. Condamnée à la
liberté, qu'on me l'offre ou que je me l'octroie moi-même. Dans le
doute, je la porterai toujours seule
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Les souvenirs sont comme des loups. Tu ne peux pas les chasser, tu ne peux pas espérer qu'ils t'oublieront.
LE LIEN VERS BABELIO
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