Les Grigris de Sophie ce sont bien sûr des broches, des colliers et des sacs … mais c’est aussi un blog !

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Mais c’est aussi un blog ! Un blog dans lequel je parle de CEUX et de CE que j’aime …
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Vous trouverez ici des artistes, des lieux insolites, des recettes, des films, des expositions, des musiques, des spectacles, des photographies d’amis ….
Tout ce qui rend la vie meilleure, tout ce qui rend ma vie meilleure !

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vendredi 16 janvier 2026

"JEAN DUBUFFET & NIKI DE SAINT PHALLE CHASSÉS CROISÉS" A LA FONDATION DUBUFFET






 

 

 

 

 

 

 













 



 

 

 

 

"À la Fondation Dubuffet, un dialogue inédit entre deux maîtres de l’art du XXᵉ siècle :

Jusqu’au 13 février 2026, la Fondation Dubuffet (VIᵉ arrondissement de Paris) invite le public à un face-à-face saisissant entre Jean Dubuffet et Niki de Saint Phalle dans l’exposition "Jean Dubuffet & Niki de Saint Phalle, Chassés croisés". Organisée en partenariat avec la Niki Charitable Art Foundation (NCAF), cette rencontre artistique explore les convergences et les tensions entre deux trajectoires esthétiques singulières, réunissant plus de soixante œuvres issues de collections publiques et privées.

Au cœur de ce parcours, la Fondation met en lumière des croisements thématiques clés qui relient ces deux figures majeures de l’après-guerre. Parmi eux, leur approche subversive du corps féminin, dont Dubuffet et Saint Phalle proposent des interprétations radicalement différentes mais tout aussi puissantes : chez Dubuffet, des silhouettes rugueuses et primitives, chez Saint Phalle, des formes joyeuses, colorées, presque sculpturales dans leur exubérance. L’exposition met également en avant leur expérimentation des matériaux et leur volonté partagée de dépasser les frontières traditionnelles de la peinture et de la sculpture. Tous deux ont exploré des surfaces et des matières inédites, allant des textures brutales de Dubuffet aux matières synthétiques vibrantes de Saint Phalle,  pour réinventer la forme et l’espace.

Autre point de friction fertile : le traitement du paysage, réel ou imaginaire, qui traverse leurs œuvres. Chacun à sa manière, Dubuffet et Saint Phalle réinscrivent la figure humaine dans un monde en mutation, interrogeant notre rapport au corps, à l’environnement et à l’architecture. Cette mise en dialogue ne se contente pas de juxtaposer des œuvres emblématiques, elle propose un véritable "chassé-croisé"  artistique, où chaque pièce répond, résonne ou s’oppose à une autre, faisant du visiteur le témoin d’un échange invisible mais puissant entre deux esthétiques radicales. 

Avec "Jean Dubuffet & Niki de Saint Phalle, Chassés croisés", la Fondation Dubuffet confirme sa vocation à interroger le dialogue entre l’art moderne et les pratiques artistiques contemporaines, ouvrant un espace de réflexion original et stimulant pour les amateurs d’art comme pour les néophytes."

 

LE SITE DU MUSÉE

DUBUFFET ET LES GRIGRIS DE SOPHIE 

 

(cliquer) 

 

JUSQU'AU 13 FÉVRIER

 

Fondation Dubuffet
137 rue de Sèvres
75006 Paris

 

 Merci Matthieu pour ta visite guidée et tes précieuses et passionnantes informations !

 

 Décembre 2025 

 

 

jeudi 15 janvier 2026

LE VITRAIL DU VIVANT DE PHILIPPE LOUIS COUDRAY


Il y a des partages facebookiens qui méritent d'être lus ....

Merci Philippe Louis Coudray pour ce texte magnifique.


 


 

Le vitrail du vivant

Il arrive, dans le silence diffus des heures suspendues, que le monde se révèle non par éclat, mais par effacement. Ainsi l’aile de la libellule — posée là comme un soupir figé sur le bord du visible — ne se donne pas au regard, elle le recueille.
Sa transparence n’est pas absence, mais densité subtile : une architecture de souffle et de lumière, un réseau de signes que le temps a laissés intacts, comme on conserve dans l’écume des songes les débris légers d’un continent englouti. Il y a dans cette aile quelque chose d’un manuscrit ancien, que l’on ne lit pas mais que l’on écoute — à peine — à travers l’épaisseur du silence.
Chaque nervure, chaque cloison de verre poli semble le fruit d’un patient oubli du tumulte : un dessin qui s’est formé dans la lenteur, loin du feu des hommes, dans l’atelier discret des choses qui n’ont pas besoin de nom pour exister. C’est une forme d’ordre sans volonté, un équilibre plus ancien que nos lois.
Le regard, d’abord ébloui, s’apprivoise. Il cesse de chercher un sens, une fonction, un pourquoi. Il entre, peu à peu, dans cette présence — non pas pour comprendre, mais pour s’accorder. L’aile devient alors moins un objet à voir qu’un seuil à franchir. On y perçoit un autre rythme, une autre gravité. Rien ne presse. Tout repose.
Et dans ce repos, quelque chose se dit. Non pas par mots, mais par l’évidence d’un silence plein, d’un espace où l’âme enfin trouve à s’étendre, à ralentir. L’aile ne vole pas, elle veille. Elle est là, comme une respiration lente du monde, comme une prière sans adresse.
On comprend alors que la contemplation n’est pas un acte, mais une qualité du regard — celle qui permet au monde d’exister autrement qu’à travers nos usages. L’aile, dans sa fragile permanence, devient alors une offrande : non pour être prise, mais pour être habitée.

Et le silence qui s’ensuit n’est plus vide. Il est le lieu même de la présence.
 
 
 
 
 
 
 (cliquer)
 
 


mercredi 14 janvier 2026

SERGE GOBBÉ A LA GALERIE 75 A ROUEN

 

Voici la toute dernière exposition de Pierre Gentes :

 

 

 

 

 Des photos de Pierre Gentes ...

 



 

 

Des photos d'Isabelle Pulby ...





Et comme toujours un texte inspiré de Pierre pour présenter l'artiste de cette nouvelle exposition :
 

"Faire une expo du travail de GOBBÉ c’est comme se mettre à table. 
Je parle pas de s’mettre à table comme dans les films de flics avec la lampe dans les miros et les claques dans la gueule, mais la table avec Blier, Lio Ventura, Gabin et compagnie, (ICI) – j’vous conseille la voyure de ce p’tit film illustrateur, ça donne faim.
Donc, mettre les œuvres de GOBBÉ sur le mur c’est comme mettre la table.
Qu’est-ce qu’on mange ?
« Bah non, Serge, pas tout ça, y en a de trop, c’est tout petit ici, une sorte de guéridon, un truc pour jouer au bridge – m’ouais, t’as raison pour le bridge, pour casser la croûte faut un bridge si besoin, mais quand même, y en a trop !!! »
Faut choisir. Mais quoi écarter de ce mezzé grandissime. Même dans la « Grande Bouffe » la Table est joliment dressée et les mets apprêtés.
Trop, ça oblige à tasser, à empiler, à oublier la narration, celle qui guide l’envie de croquer, de lécher, de sucer, de mâcher, de grumer, d’avaler …
Ah, Serge, comment mettre de côté ce dessin et laisser cette peinture si forte qu’elle seule mériterait le mur complet.
GOBBÉ ! Quel nom à ouvrir la bouche pour avaler l’Univers, ou du moins ce qui peut s’y manger.
On prétend que ce nom fut donné, à l’origine, pour dire d’un homme sa suffisance. GOBBÉ suffisant ? GOBBÉ est tout sauf un suffisant – en deux mots, car en un mot il ne l’est pas non plus insuffisant tel que certains critiquent ce qu’ils pensent de sa part être une démesure. Certes c’est un phraseur du pinceau, un emplâtreur quasi haut du relief, un rajouteur tenté par l’abondance, mais du genre à planter un arbre pour cacher la forêt de ses émotions. Alors un Matamore ? Pourquoi pas, il en évoque le jeu et comme lui, GOBBÉ est un tendre qui se protège du doute en pirouettant pour s’en imposer à lui-même.
On pourrait dire de Serge, en le voyant marcher vers nous, le buste incliné vers l’avant, les bras écartés à la manière d’un catcheur prêt à l’enveloppement, qu’il cherche le combat. En fait, il marche comme un cuisinier portant une lourde charge qu’il espère estimée et prête à être dévorée.
La peinture de GOBBÉ exprime bien ce paradoxe de l’intimité flambardisée – que je crois un peu voulue. En effet, comment mieux cacher ce que l’on a envie de dire ou de montrer qu’en l’habillant d’une extrême ostentation ?
N'allez pas croire à une éventuelle fourberie de sa part mais chaussez l’idée de la pudeur, de cette pudeur profonde à ne pas confondre avec une pudibonderie de bas étage et de genoux cagneux. GOBBÉ est plus proche de Rabelais que des fonds baptismaux, ce qui ne l’empêche nullement de croire au sacré de l’âme humaine, à la main tendue aux frères de Villon qui sont aussi les siens et pour certains d’entre nous les nôtres et à la compassion et au partage.
On a déjà Saint Gobain, on se passera de Saint GOBBÉ et du « peignez pour nous ». Ce que son pinceau raconte nécessite qu’on s’y penche et que l’on noue avec lui le discours nécessaire pour s’y alimenter.
GOBBÉ peint avant tout pour lui. Ça nous plait ? tant mieux ! Ce qui ne l’empêchera pas d’avoir la déception de l’incompréhension si nous passons devant son travail sans même le voir ou simplement attaché qu’à sa forme.
Il y a des fromages dont l’odeur intimide. Le trancher n’est pas simple, mais une fois tartiné ….. Et bah GOBBÉ c’est un peu ça !"
 
 
 JUSQU'AU 28 FÉVRIER 
 
 
J'ai eu la chance de rendre visite à Pierre en décembre et de découvrir deux artistes que je ne connaissais pas. Alors pour  mémoire et pour le plaisir quelques photos des œuvres de Marina Le Gall et de Anca Branzas.
 
 
 

 
 
 
 
 
 















 
 
 
Quelques gros plans ...
 
 
 

 
 

 

 

 

"À la Galerie 75, l’exposition réunissant Anca Branzas et Marina Le Gall proposait moins une confrontation qu’un lent frottement de mondes, un espace de résonance où deux écritures plastiques, distinctes mais attentives l’une à l’autre, se répondaient par la matière, la forme et l’imaginaire.

Dès l’entrée, le regard est invité à ralentir. Ici, rien de spectaculaire au sens immédiat : les œuvres exigent une présence, une disponibilité. Elles se déploient dans une temporalité intérieure, faite de silences, de tensions sourdes et de récits fragmentaires.

Anca Branzas : la mémoire des surfaces

Le travail d’Anca Branzas s’ancre dans une relation intime à la peinture comme espace de stratification. Ses œuvres semblent porter en elles des traces, des couches successives de gestes, de couleurs et de décisions retenues. La matière n’y est jamais neutre : elle devient langage, mémoire, parfois résistance. Entre figuration suggérée et abstraction assumée, ses formes flottent, se déplacent, se recomposent sous le regard du spectateur.

Chez Branzas, la peinture agit comme un territoire mental. Les compositions évoquent des fragments de paysages intérieurs, des cartographies émotionnelles où la couleur joue un rôle central — tantôt dense, tantôt voilée, toujours chargée d’une tension silencieuse. Le dessin affleure parfois, comme un fil conducteur fragile, rappelant que l’image est en construction permanente, jamais totalement fixée.

Marina Le Gall : un bestiaire de présences

Face à cette peinture introspective, l’univers de Marina Le Gall déploie une énergie plus organique, presque tellurique. Animaux, formes hybrides, silhouettes énigmatiques habitent ses œuvres comme autant de présences archaïques. Son travail convoque la nature non pas comme décor, mais comme force autonome, vivante, indomptable.

La matière, chez Le Gall, est charnelle. Qu’elle travaille la peinture, la sculpture ou la céramique, les formes semblent surgir d’un imaginaire primitif, nourri de mythes, de récits et de souvenirs enfouis. L’humain y est souvent absent ou relégué à l’arrière-plan, mais son empreinte demeure : dans les regards, les postures, les tensions entre les corps et l’espace. Ses œuvres interrogent notre rapport au vivant, à ce qui nous précède et nous dépasse.

Un dialogue subtil

Ce qui frappe dans cette exposition, c’est la qualité du dialogue instauré entre les deux pratiques. Là où Branzas explore la surface comme lieu de mémoire et d’effacement, Le Gall affirme la présence du corps et de la forme comme nécessité vitale. L’une travaille le retrait, l’autre l’apparition ; l’une suggère, l’autre affirme — sans jamais s’opposer frontalement.

La Galerie 75 devient alors un espace de circulation sensible, où le visiteur est invité à naviguer entre intériorité et instinct, entre silence et pulsation. Les œuvres se regardent, se répondent, et parfois se taisent ensemble.

En réunissant Anca Branzas et Marina Le Gall, cette exposition offrait une expérience de lenteur et d’attention, rappelant que l’art contemporain peut être un lieu de méditation, de questionnement et de poésie — un espace où les formes, plutôt que de donner des réponses, ouvrent des possibles."

 

galerie 75

75 rue Bouvreuil. 76000 Rouen France

pbc.gentes@gmail.com