C'est à Anouk Rugueu que je dois cette belle découverte. C'est grâce au bel ouvrage "L'artiste et le vivant " qu'elle m'a prêté que j'ai découvert le travail d'ALICE DE MIRAMON.
Et sur sa page Facebook ...
"J’aime les jours de pluie, le café le matin, le calme du lever de soleil. J’aime les couleurs intenses des enluminures, les motifs des tissus orientaux, les chinoiseries, les surprises.
J’aime les objets marqués par le temps, les faïences, les inscriptions dans les livres, les vieilles lettres. Enfin j’aime la poésie, les jardins anglais, la nature et les animaux étranges, la mixité culturelle, les inspirations du bout du monde.
Tout ça se mélange et je me mets à peindre."
Il y a, dans les œuvres d’Alice de Miramon, quelque chose qui échappe immédiatement au temps. Ses femmes aux visages rêveurs, ses jungles intérieures, ses couleurs sourdes ou éclatantes semblent provenir d’un ailleurs ancien, un territoire suspendu entre mémoire, contemplation et poésie.
Née à Dakar en 1973, formée entre la France et les États-Unis, Alice de Miramon développe très tôt une fascination pour les livres anciens, les vitraux, les gravures et les papiers chargés d’histoire. Cette matière du passé irrigue aujourd’hui toute son œuvre. L’artiste peint souvent sur des supports anciens, des feuilles patinées par le temps, où apparaissent encore des fragments d’écriture, des traces effacées, des mémoires anonymes. Chez elle, le papier n’est jamais un simple support : il est déjà vivant avant même le premier trait.
Son univers visuel est immédiatement reconnaissable. Les silhouettes féminines, aux contours noirs et souples, occupent l’espace avec une présence calme et souveraine. Nus paisibles, couples enlacés, amitiés silencieuses : les corps ne cherchent jamais la provocation. Ils deviennent des territoires émotionnels, des formes de méditation. Alice de Miramon peint moins des personnages que des états intérieurs.
Son travail convoque autant l’art naïf que certaines influences orientales, les enluminures médiévales ou encore l’héritage du Douanier Rousseau. La couleur y joue un rôle essentiel : des rouges profonds, des bleus fanés, des verts végétaux composent une sorte de jardin mental où la nature semble reprendre ses droits. Dans ses tableaux, les plantes envahissent les corps, les animaux surgissent discrètement, les motifs prolifèrent comme dans un rêve éveillé.
Avant de se consacrer pleinement à son œuvre personnelle, Alice de Miramon a travaillé comme directrice artistique pour des maisons prestigieuses telles que Chanel, Yves Saint Laurent ou Disney. Mais c’est loin des grandes structures qu’elle trouve finalement son véritable souffle artistique. Installée dans le sud de la France, elle développe depuis plusieurs années une œuvre prolifique, presque organique, produisant des centaines de dessins et peintures où l’intime dialogue constamment avec l’imaginaire.
Ce qui frappe surtout dans son travail, c’est cette capacité rare à créer une atmosphère. Chaque œuvre semble ralentir le regard. Le spectateur entre dans un espace de silence, de douceur et de mélancolie légère. À l’heure des images rapides et saturées, Alice de Miramon propose une expérience opposée : celle de la lenteur, de la contemplation et de la résonance intérieure.
Ses œuvres ont aujourd’hui trouvé leur place dans plusieurs foires et galeries internationales, de Londres à Tokyo, en passant par Paris et Montpellier. Pourtant, malgré cette reconnaissance croissante, son univers conserve une forme de fragilité précieuse, comme un journal intime laissé entrouvert.
Regarder un dessin d’Alice de Miramon, c’est accepter d’entrer dans un monde où la poésie n’est jamais décorative. Elle devient une manière d’habiter le réel autrement.
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