Les Grigris de Sophie ce sont bien sûr des broches, des colliers et des sacs … mais c’est aussi un blog !

Les Grigris de Sophie ce sont bien sûr des broches, des colliers et des sacs …

Mais c’est aussi un blog ! Un blog dans lequel je parle de CEUX et de CE que j’aime …
HHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
Vous trouverez ici des artistes, des lieux insolites, des recettes, des films, des expositions, des musiques, des spectacles, des photographies d’amis ….
Tout ce qui rend la vie meilleure, tout ce qui rend ma vie meilleure !

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lundi 17 février 2020

GROS PLAN SUR CORINNE DEVILLE A CHARLEVILLE

Artiste prolifique mais jamais exposée, la voici pour la première fois à Charleville !





"Sa vie n’est pas forcément liée au bonheur et à la réussite, mais à une nécessité absolue d’être ce qu’elle est. Je pense qu’elle survivait aussi parce qu’elle sortait tout ça d’elle. Elle ne pouvait pas s’en empêcher"
  
Vitalie TAITTINGER
















Jérôme Descamps a eu la gentillesse de me donner pour les Grigris ce très beau texte (paru dans la revue Process de Reims), j'espère que vous le lirez en entier car c'est un texte magnifique  :

Un long basset artésien rouge
Une raquette de tennis bleue posée sur une chaise
Une fête de 14 juillet avec fanfare et fête foraine
Des chiens aux grandes oreilles ou, peut-être, des ânes ?
Un brasier rouge incandescent d’où nait une vierge en robe bleue
Une charrette Kamerun tirée par une autruche en bottes
Un orchestre noir joue avec les couleurs du Jazz de Matisse
Une maison flambe devant un soldat en larmes
Un long chemin rouge serpente du bas au haut de la feuille entrelaçant moult animaux comme dans les Poyas traditionnelles Suisse
Des figures noires comme des ombres, des spectres qui peuplent certains tableaux, des « autres-soi » qui essayent de se dégager des bombes et des éclats de sang

Vous entrez dans le monde de l’artiste Corinne Deville, vous n’êtes pas prêt d’en sortir. De grands dessins aux crayons de couleurs, aux feutres, à la gouache.

D’abord le cadre. La feuille comme un espace de création, une volonté de tout occuper, de ne rien laisser de côté, elle ne choisit pas, elle montre tout. Le plus souvent la ligne frontière du papier est ornée d’une vaguelette de couleur quand ce n’est pas un personnage qui pointe le bout de son nez comme s’il voulait regarder la scène au centre de la feuille.

Ensuite vient le bestiaire. Comme dans les tapisseries médiévales les animaux se superposent sans soucis pour la perspective. Les animaux d’ici sont fantastiques ou réels, fréels peut-être ? Ils empruntent aux uns et aux autres, ils volent, nagent, courent, avec des têtes expressives, de grands yeux,parfois des sourires. Ils sont en mouvement dans chaque dessin, ils se superposent aux humains, des femmes, des hommes, des militaires, des prêtres, des mères. Les animaux accompagnent tous ces personnages issus d’un même imaginaire. Corinne Deville fait une déclaration d’amour touchante aux chiens, ils ont chacun leur personnalité, des « presqu’humains », compagnons indispensables pour supporter les vicissitudes.

Enfin, il y a les couleurs. Peu de dégradés, Corinne Deville s’en remet à la force des couleurs primaires, une évidence qui doit remonter à l’enfance. Elle est directe, elle empoigne les couleurs pour s’exprimer avec le plus de puissance possible. Chaque dessin s’agrippe à notre rétine.

Concentrons-nous sur ce que cet artiste nous raconte. Il faut prendre le temps d’entrer dans chaque image, l’œil se promène, découvre, assemble, s’amuse et s’émeut de tous les détails. Chaque dessin est un instantané de sa vie, nous donne des nouvelles d’elle-même et du monde. Ou plutôt, ce qui la hante fait dessin :les bombes explosent, des corps pendus sont noirs, des corps rouges sont démembrés, des visages s’allongent (influence du Cri de Edvard Munch ?), des rires, des pleurs pendant que volent les livres de Rimbaud, Voltaire et même le Coran. Dans son monde singulier, Alfred Copeau, le Vieux Moulin et l’usine Deville se retrouvent en Suisse à côté de Nestlé et d’un chien Swatch/Swiss made, une ville est entièrement peuplée de chiens : Maison de l’amour des chiens, Maison pour les vieux chiens, École des chiens et, comme dans toute les villes, Police et Prison.

Ici, tout est possible, même de voir Adam et Eve, corps noirs ornés de colombes, courant dans un paradis d’animaux qui ont des colliers de perles, des chandelles, des croix helvètes. Une course ? une fuite ? Un trajet fulgurant vers la fin de l’Eden et le précipice de la condition humaine ?

Art brut, Art naïf ? Peu importe. Et si nous étions au plus près de la pulsion d’art ? L’art sans afféteries, l’art sans le discours sur l’art, l’art d’un geste sorti des tréfonds d’un être humain. Corinne Deville se dévoile, elle est une femme nue qui s’offre à nous, elle se montre telle qu’elle est, joyeuse ou sombre, debout ou courbée par la vie qui passe.

Peu de titres, quelques phrases : « Ce dessin est fait le jour de la mort de Colette au Chili », « Le soleil se couche », « Ici repose Corinne Deville et ses chiens bien aimés et sa sœur chérie », « Mme Salem mon amie est morte hier », « Vive le roi, la liberté, la révolte », « L’homme qui sort de prison » et l’indépassable « Merde, j’ai la grippe ».

Il y a aussi des annotations d’une écriture au crayon de mine fine et bien formée qu’il faut chercher dans chaque tableau « Aujourd’hui hommage à Sydney Bechett 16 mai 1999 Jazz, Jazz, Jazz », « la malédiction, la peur, l’angoisse et la souffrance, l’infinie douleur », « Prière pour les marins du Koursk 12 août 2000 » et souvent la mention « fait avec un bras » sans doute signe d’un épuisement, d’un empêchement. Des dessins comme un livre d’heures.

Le parcours se fait sur deux lieux, le Musée de l’Ardenne qui offre des œuvres anciennes où on peut lire dans certains tableaux l’influence des grands peintres et à la Maison des ailleurs, maison d’Arthur Rimbaud adolescent, devenue musée impressionniste autour des œuvres du poète. Le cheminement se fait sur deux étages. Avec son escalier qui craque, ses papiers peints usés, ses fenêtres qui donnent sur l’île du Vieux Moulin et les œuvres permanentes d’artistes photographes ou graveurs de planchers, on ne peut rêver meilleur endroit pour découvrir ce foisonnement. A l’angle d’une fenêtre surgit une locomotive longiligne, assemblage de bois et de boîtes de conserve qui évoque l’univers des fusils et avions d’André Robillard. Une lettre sous vitrine : « (…) J’ai vissé troué et percé dessiné échoué et recommencé mille fois personne ne s’en rend compte – Moi si – Alors je pense que j’ai fait un chef-d’œuvre car ce véhicule crache tout ce que j’avais dans ma tête (…) » lettre du mercredi de fin septembre 1977 à Reims.Ce n’est pas le seul écrit de Corinne Deville et c’est une autre plongée. Sous les verres protecteurs, des mots simples, des lettres sans fards, des images fulgurantes qui vous prennent au cœur, de la vie à l’état brut. A un de ses fils :

Si ta vie veut réussir
Il y a le rire
Il y a dormir
Rire de soi-même
dormir avec celle qu’on aime
Ris de toi ris de toi ris de toi
Et fais le tant de fois
Que tu ne penses plus à rien
Qu’à dormir et à être bien.
Ceux qui ne savent plus rire
Ont les yeux fermés à jamais
Et personne ne pourra ouvrir
Ces grands murs de galets.
Je te donne une clé comme ça
faisant ce que tu voudras.*

[*orthographe respecté]

Quoi dire de plus ?

 Corinne Deville, née ardennaise a habité entre Charleville, Reims, Paris et la Suisse. Elle a vécu un amour sans faille avec Jean Taittinger, des lettres en témoignent avec force et poésie. Vieille dame aujourd’hui, elle vit en Suisse, pays tant dessiné. Ce qui la différencie des peintres traditionnels c’est, peut-être, qu’elle n’a jamais voulu exposer. Elle a mené son travail en solitaire, comme un besoin irrépressible, loin des yeux dévorants du marché de l’art. Ses enfants ont voulu cette rétrospective. Ils ont ouvert les boites et les cartons pour nous offrir ce panorama secret et fascinant. On n’est pas loin des œuvres d’Aloïse Corbaz avec cette façon de remplir et d’enchanter une feuille de papier ou d’Henry Darger qui dépeint si bien les affres de l’enfance aux prises avec le monde des adultes. Une visite lente, enjouée et studieuse pour se questionner sur ce qui fait Art.


LE SITE DE L'ARTISTE

CORINNE DEVILLE ET LES GRIGRIS DE SOPHIE

LE LIEN VERS FRANCEINFO

(cliquer)


L'exposition est prolongée jusqu'au 23 février

dimanche 16 février 2020

SOPHIE PATRY : ENTRE RÊVE ET RÉALITÉ


Parce que j'aime aussi la photographie j'ai été heureuse de découvrir le travail de SOPHIE PATRY encore une fois grâce à Facebook ...

« Je travaille en mouvement ce qui me procure des effets directs à la prise de vue... 
Je me laisse guider par mon ressenti et mes émotions. Mon travail est à l’image de ma perception du monde. Des paysages, des silhouettes et des autoportraits qui oscillent entre rêve et réalité, laissant libre cours à l’imagination de chacun ».








 « Toute l’originalité au fantastique, monstres enfantés par les arbres, les rivières, demeures hantées… De ses gestes photographiques précieux et ordinaires, Sophie Patry tire des paysages plein d’ironie et de nostalgie qui bouleversent la perception des apparences ». 
Texte de Louis Tartarin



















Adepte du noir et blanc, ses images restituent le mouvement dans une grande poésie.

« La photographie fut pour moi une grande découverte. J'expérimente, que je teste… C’est souvent un moteur incroyablement efficace pour me faire avancer. J’aime faire des effets directs à la prise de vue… Je me laisse guider par mon ressenti et mes émotions. Mon travail est à l’image de ma perception du monde. Des paysages, des portraits et des autoportraits qui oscillent entre rêve et réalité, laissant libre cours à l’imagination de chacun ».

C’est après des études cinématographiques et audiovisuelles à l’Université Paris VIII que Sophie Patry se consacre à la photographie. Son travail est exposé en France et à l’étranger (Italie, Genève, Dublin, Namur et à Téhéran). 
Elle est représentée par UPA Gallery en Floride.


LE SITE DE SOPHIE PATRY 

DES VIDÉOS

LE LIEN VERS 9LIVES 

(cliquer)


En 2019, une des photos de la série « People » présentée par l'Association Adaïs est deuxième au Concours le Géant des Beaux-Arts. 
Sophie Patry est invitée à exposer à Art Capital au Grand Palais à Paris en février 2020.



Une quarantaine des photos en sépia de Sophie Patry se trouve dans la revue "Daïmon"






Voici la liste des expositions 2020 envoyée par Sophie à ma demande, j'ai la belle surprise de voir qu'en novembre il me sera donnée de découvrir son travail à Douarnenez  :


. Mon travail représenté par la Galerie des sens sur Artsper ICI

. CASOART est un club privé, je fais partie des artistes de réseau privé ICI

. Je vais intégrer dans quelques jours les artistes d’UPA Gallery en Floride ICI

. En ce moment prolongation jusqu’au 1er mars 2020 de l’exposition Sacrés Petits Formats à la Galerie d’Art Contemporain à Auvers-sur-Oise avec le collectif Grap’s dont je fais partie ICI

. En ce moment et jusque fin mars, j’expose dans la boutique d’encadrement à Soisy-sous-Montmorency  "Entre Cadre et Carton" ICI

. L’Association ADAÏS de Senlis a proposé ma photo au concours du Géant Beaux-Arts et elle est arrivée deuxième. Je suis invitée à exposée à Art Capital au Salon du Dessin et de la Peinture à l’eau au Grand Palais du 11 au 16 février 2020  ICI

. J’expose à Strasbourg Art Photography du 28 février jusqu’au 31 mars 2020. Mes photos seront exposées à la Maison du Diocésaine ICI

. Senlis Art Fair du 25 au 29 mars 2020 à l’Eglise Saint-Pierre à Senlis avec l’Association ADAÏS ICI

. Invitée à l’Atelier de Christophe Guillois Vexin Menuiserie Concept pour les JEEMA du 3 au 5 avril 2020 ICI

. Inauguration le 25 avril 2020 de l’Artothèque et de la mini galerie à Vauréal où j’aurais des photos exposées

. Exposition au Musée Diocésain à Andria en Italie du 7 au 22 mai 2020 avec le curateur Cosimo Strazzeri

. Exposition individuelle à la librairie la 23ème Marche à Auvers-sur-Oise de mai à fin août ICI

. Exposition individuelle au Fort Saint-Héribert (suite à une résidence) le 12 et 13 septembre 2020 avec les Lieux Communs ICI

. Exposition individuelle à la Galerie G&M à Villeneuve-sur-Yonne du 10 au 25 octobre 2020

. Exposition individuelle à la Chambre Claire Galerie à Douarnenez du 13 novembre 2020 jusqu’au 10 janvier 2021 ICI



samedi 15 février 2020

GROS PLANS SUR YVES DUSSIN AUX ARCHIVES DEPARTEMENTALES D'ALENCON



 "Yves Dussin a enseigné les arts plastiques à Alençon durant de longues années. Il a également partagé son univers au travers de plusieurs expositions, dans l’Orne. Il revient de sa Bretagne le temps de présenter son Cabinet de curiosités, aux archives départementales. Ce marin guidera les visiteurs au gré du vent, avec ses dessins, peintures, photos, carnets de voyages, boites et autres objets glanés au fil de ses voyages."





























Jusqu’au dimanche 29 mars, aux archives départementales de l’Orne, 8, avenue de Basingstoke. Exposition « Archiver le temps qui passe jour après jour… » d’Yves Dussin.

Visite libre du lundi au vendredi, de 8 h 30 à 17 h 30 et les dimanches de 14 h 30 à 18 h (fermé les jours fériés). Renseignements au 02 33 81 23 00.


YVES DUSSIN ET LES GRIGRIS DE SOPHIE

LE SITE D'YVES DUSSIN

LE BLOG D'YVES DUSSIN

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