Merci Karianne pour cette belle idée de visite !













Røros est un village situé au Sud du comté de Trøndelag,
au pied du massif du Dovrefjell. Il est très célèbre en Norvège pour
ses nombreuses maisons en bois traditionnelles datant des XVIIe et
XVIIIe siècles, ainsi que ses anciennes mines de cuivre qui en ont fait
une cité prospère. Surnommé « Bergstaden », soit « la ville minière »,
il revêt un aspect issu d’un autre temps. Un caractère historique et
unique qui lui a valu d’être inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco
en 1980.
Cependant, avant d’être une cité minière renommée, Røros n’était qu’une simple localité perdue dans la montagne, habitée par les Samis, le peuple autochtone de la Laponie,
lesquels vivaient de l’élevage de rennes. Toujours présents, mais
seulement en petit nombre, les Samis de Røros appartiennent à la
communauté des Samis du Sud et appellent le village Plaassje dans leur
langue. Majoritairement installés dans les régions les plus au Nord, ils
forment ici le peuplement sami le plus méridional de toute la
Scandinavie.
Mais, au XVIIe siècle, à la suite de la
découverte de cuivre dans les environs du village, la vie des habitants a
été chamboulée et la première mine a été ouverte en 1644. Brûlé par les
troupes suédoises en 1679, le village a été reconstruit et l’activité a
repris. Dès lors, de nombreux hommes, à la recherche d’un travail, ont
été embauchés et sont arrivés de tout le pays. Certains venaient même de
l’étranger et en particulier d’Allemagne, d’où l’origine de certains
noms de personnes ou de lieux. Ils s’installaient donc au village et
bâtissaient de nouvelles fermes pour leur famille. Ces fermes
permettaient de produire assez de nourriture pour subvenir aux besoins
du village, pendant que dans les mines, on extrayait des tonnes de
cuivre.
Pour exploiter ce métal indispensable, les
mineurs devaient d’abord arracher d’immenses quantités de roches,
qu’ils allaient chercher dans de profondes galeries creusées dans la
montagne. Pour fragmenter la roche, ils allumaient des feux dans les
galeries, puis remontaient les minerais à la surface à l’aide de
chariots tirés par des chevaux. Grâce à la rivière, les mineurs
pouvaient aussi utiliser la force hydraulique avec des roues à aubes,
lesquelles actionnaient un système mécanique de cordages et
d’engrenages, facilitant la remontée des matières premières ou bien le
pompage de l’eau dans les galeries. Ensuite, pour extraire le cuivre pur
de la roche, les minerais étaient brûlés plusieurs fois jusqu’à obtenir
le métal désiré. Cette activité n’était pas sans conséquence sur
l’environnement puisque des hectares de forêts ont été abattus en quête
de combustible, tandis que le brûlage des minerais dégageait des fumées
de sulfure toxiques.
Toutefois, les méthodes d’extraction se
sont modernisées au fil du temps et sont devenues plus efficaces et
moins nocives. Mais face à la perte de rendement du site, la dernière
mine a été définitivement fermée en 1977, soit 333 ans après son
inauguration. Pendant ces trois siècles d’exploitation, les mines de
Røros ont exporté de grandes quantités de cuivre dans toute l’Europe. Du
temps de la domination danoise de la Norvège, ce cuivre a notamment
servi à couvrir la toiture de la Bourse de Copenhague, ainsi qu’à soutenir la production d’armes en période de guerre.
Aujourd’hui, il ne reste que quelques
bâtiments témoins de l’activité minière, dont la Smelthytta, le lieu où
était fondu le métal et qui abrite désormais le Musée de Røros (Rørosmuseet).
Ce dernier retrace l’histoire de la mine en présentant aux visiteurs
des objets anciens et des maquettes animées de la mine. De plus, il
dispose également de collections de costumes traditionnels locaux et possède un espace dédié à diverses expositions temporaires.
Quant aux mines elles-mêmes, seule la mine Olav, située à quelques
kilomètres du village, dans la zone de Storwartz, est ouverte au public.
Dernière a avoir été exploitée avant la fermeture du site en 1977, elle
est connectée avec deux autres mines plus anciennes et descend jusqu’à
90 m de profondeur. Les visiteurs sont alors invités à découvrir les
galeries souterraines et vivre un instant le quotidien des mineurs.
Cependant, le village de Røros a su conserver son identité, forgée par
son histoire minière. Il est toujours dominé par des terrils (appelés
localement « Slegghaugan »), monticules constitués de plusieurs mètres
de terre de déblai, à la couleur noire et à l’aspect ferreux. Au pied de
ces terrils, des maisons en bois ont été construites, dont les plus
anciennes sont reconnaissables à leurs façades sombres et leurs toits
recouverts d’herbe. Les plus emblématiques se trouvent en haut de la
Sleggveien, une petite rue en pente menant directement aux terrils, et
sont au nombre de cinq. Langs-stuggu, Tyri-stuggu, Per-stuggu,
Bokkstuggu et Spjell-stuggu étaient habitées par des laboureurs, des
artisans et des personnes sans terre ni travail permanent. Elles sont
dorénavant la propriété du musée et peuvent être visitées en été.
Quant à l’église de Røros, elle a été construite en 1784 et financée par
la mine, dont elle arbore l’emblème sur sa façade. Avec une capacité de
plus de 1 600 places assises, elle est la cinquième église de Norvège.
Surnommée « Bergstadens Ziir », soit « la fierté de la ville minière »
dans le dialecte local, elle est une figure incontournable du village
ainsi que le lieu de nombreux événements religieux et culturels.
Dans les rues étroites et escarpées du village, de nombreuses boutiques
et restaurants ont investi d’anciennes demeures. D’autres vieilles
maisons sont reconverties en hôtels, prisés des touristes à la recherche
d’authenticité. On croise même régulièrement des calèches tirées par
des chevaux, dont l’arrivée est annoncée par le son de leurs clochettes.
Celles-ci transportent des visiteurs et font gaiement le tour du village.
Enfin, le marché de Noël, organisé dans la Kjerkgata, la rue principale, est un des plus renommés de Norvège."