En septembre 2025 nous avons vu à Avignon une surprenante et fascinante exposition.
Toutes les collections (animaux, minéraux etc...) présentées dans une église, celle des Célestins.
Du jamais vu !
"Le Muséum Requien invite le
public à un voyage hors du commun avec son exposition « Collection(s) de
curiosités ». Pour l’occasion, une partie de ses précieuses collections
quitte les réserves et se dévoile au grand jour.
Animaux naturalisés, minéraux rares, plantes étonnantes… cette
sélection de spécimens témoigne de la richesse du patrimoine
scientifique conservé depuis des générations. Mais au-delà de
l’émerveillement, l’exposition nous interroge : que nous dit la nature
d’hier sur le monde d’aujourd’hui ?
À travers cette plongée dans la biodiversité, le Muséum souligne
autant la puissance de la curiosité que la fragilité du vivant, menacé
par les bouleversements écologiques actuels. Un rappel nécessaire de
l’urgence à préserver les espèces et leurs milieux.
Une occasion unique de découvrir des trésors insoupçonnés, de nourrir
son regard scientifique et d’aiguiser sa sensibilité face à la beauté –
et à la vulnérabilité – de la nature."


Voilà ce qu'en dit Joseph JACQUIN-PORRETAZ, conservateur du Patrimoine scientifique, technique et naturel et chef d’établissement du Muséum Requien :
« Dans les sciences naturelles, les cabinets de curiosités ont été la base de la pensée de classification, notamment au XVIIIe siècle : à partir des spécimens, on cherche à rapprocher « qui est plus proche de qui ».
Les animaux et les plantes collectés le sont pour mieux comprendre
l’évolution du Vivant. Pour comparer, tout doit être présenté d’une
façon uniforme. On expose tout, et bien peu d’objets sont stockés dans
des réserves. On vise avant tout à la régularité de la présentation et à
l’exhaustivité des espèces.
A la suite du don de ses collections par Esprit REQUIEN, en 1840, le
musée d’histoire naturelle qui porte son nom depuis 1851, poursuit ce
travail d’échantillonnage de tous les domaines d’histoire naturelle,
pour les scientifiques comme pour le public. L’Institut CALVET et la
Ville d’Avignon possèdent et entretiennent ce riche patrimoine
scientifique, technique et naturel. Les roches et les minéraux, les
coquillages, les insectes, les crustacés, les mammifères, les reptiles
et les oiseaux, les plantes à fleurs, les lichens et les mousses, les
appareils de mesure et tous les autres domaines sont représentés. On les
retrouve, dans les collections, sous de multiples formes : des œufs ou
des nids, des cornes ou des bois, des squelettes, des planches
d’herbier, des spécimens naturalisés, des objets, des pièges, des
graines… Sur ces 1,2 million de spécimens estimés, une majorité
appartiennent à des espèces protégées et quelques-uns à des espèces
disparues.
Dans la continuité du XXe siècle, au cours duquel a émergé
la prise de conscience du caractère fini de la biodiversité, dans
laquelle on ne peut pas puiser sans limite, le XXIe siècle
est celui d’une course contre la montre, en biologie : les scientifiques
se rendent compte qu’on connaît bien moins les espèces de la planète
que ce qu’on croyait. Il reste beaucoup à découvrir, tandis que les
disparitions d’espèces s’accélèrent, sous l’influence directe ou
indirecte de l’être humain.
L’exposition du Muséum REQUIEN à l’église des Célestins réunit ce
double discours : montrer beaucoup, montrer la diversité, montrer cet
échantillon du monde qui est entreposé à Avignon et habituellement peu
visible. Et aussi, présenter des pôles thématiques et des lignes de
lecture, qui permettent d’entrevoir que faire preuve de curiosité(s) à
l’égard de la Nature, c’est entrer dans un monde fabuleux, presque
infini et à portée de main de toutes et tous, dont on ne se lasse
jamais. "
Place des Corps Saints
84000 Avignon
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SEPTEMBRE 2025
POUR MÉMOIRE