Les Grigris de Sophie ce sont bien sûr des broches, des colliers et des sacs … mais c’est aussi un blog !

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Mais c’est aussi un blog ! Un blog dans lequel je parle de CEUX et de CE que j’aime …
HHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
Vous trouverez ici des artistes, des lieux insolites, des recettes, des films, des expositions, des musiques, des spectacles, des photographies d’amis ….
Tout ce qui rend la vie meilleure, tout ce qui rend ma vie meilleure !

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mardi 28 juillet 2026

L'ENVIRONNEMENT DE MAURICE BOUSTON A LA GRANDE POUGE (CHARENTE)

 

C'est à Joël Breton que je dois cette découverte et une belle rencontre .

Merci Maurice et Josiane pour votre accueil. 

Au lieu-dit La Grande Pouge, près de Montbron en Charente, l’environnement de Maurice Bouston compose un paysage singulier où se mêlent campagne charentaise, créativité populaire et recyclage artistique. 

 



 

"Je n’ai pas de plan, ça vient comme ça. Des anglais m’ont demandé de faire la même chose chez eux ou de leur donner mes plans… mais je n’en ai pas."

 




 

"Je me suis lancé dans la création pour combattre les petites dépressions. J’ai dû procéder à l’abattage de mon troupeau de vaches… Ça m’a dévasté."

 








 

" Je voulais faire la tour de Pise avec du ciment espagnol. Mais elle penchait tellement que j’ai vu le moment où elle allait se renverser. J’ai pris du ciment plus solide et, avec des roues de charrettes, j’ai pu la redresser. Finalement, c’est devenu la statue de la Liberté. Sauf que son flambeau est tombé. "

 





 

" Parfois dans ma tête, j’ai sept ou huit ans. Il faut garder son âme d’enfant."







 

"Au début, j’avais un petit cœur en rosiers en haut du jardin… Puis j’ai fait le grand cœur, le M de Maurice, le J de Josiane puis le B de Bouston. C’est après que j’ai commencé à faire mes bêtises."

 

 

 

Au bord de la départementale D16, entre Montbron et Rouzède, un paysage inattendu attire l’œil des automobilistes. Dans ce coin de campagne charentaise, au lieu-dit La Grande Pouge, la ferme de Maurice Bouston ne ressemble à aucune autre. Ici, la pelouse, les rosiers et les dépendances agricoles servent de décor à un étonnant musée à ciel ouvert.

Ancien agriculteur, Maurice Bouston a progressivement transformé les abords de sa maison en un univers peuplé de sculptures et de constructions réalisées presque exclusivement à partir de matériaux de récupération : ferrailles, roues de charrette, mannequins de vitrines, pare-brise ou pièces mécaniques. Depuis une vingtaine d’années, il façonne ces œuvres sans plans ni croquis, laissant simplement l’imagination guider ses mains. Le jardin, planté de centaines de rosiers et ponctué d’installations ludiques, a d’abord été pensé comme un terrain de jeux pour ses petits-enfants. On y croise aujourd’hui une multitude de personnages et de monuments improbables : une tour Eiffel artisanale, un Don Quichotte lancé à l’assaut d’un moulin, ou encore une statue inspirée de la Statue de la Liberté, née d’un projet initial de tour de Pise qui s’était… trop penché. Le lieu évolue au fil des saisons et de l’actualité. L’artiste bricoleur n’hésite pas à intégrer dans son décor des clins d’œil au monde contemporain : un « canon anti-Poutine » construit avec une vieille toupie de scierie, des mannequins transformés en joueurs de rugby lors de la Coupe du monde ou encore des athlètes dédiés aux Jeux paralympiques. Au-delà de l’originalité de ses sculptures, l’environnement de Maurice Bouston raconte aussi une histoire intime. Après avoir dû abattre son troupeau à cause d’une maladie, il s’est tourné vers la création pour surmonter les moments difficiles. L’art du recyclage est ainsi devenu un exutoire et une manière de redonner vie à des objets abandonnés. Aujourd’hui, ce jardin insolite fait partie du paysage local. Certains automobilistes s’arrêtent pour l’observer, intrigués par cette profusion d’objets et de couleurs surgissant au milieu des prairies charentaises. Dans cette campagne tranquille, le domaine de Maurice Bouston rappelle qu’il suffit parfois d’un peu de ferraille, de patience et d’imagination pour transformer un simple jardin en œuvre vivante.

 

SUR LA CHARENTE LIBRE 

 (cliquer)

 

 Route de l’Arbre, 16220 Montbron

 Visible de la route 

 


samedi 25 juillet 2026

LA MAISON DE REI GHOB A SAO BARTHOLEMEU DOS GALEGOS AU PORTUGAL

 

J'ai longtemps hésité à parler sur mon blog de cette étrange maison. Elle appartient en effet au plus grand serial killer portugais (aujourd'hui incarcéré) Francisco Leitão. C'est la première fois pour moi, bien sûr, qu'un environnement d'Art Brut est associé à l'horreur. 

 

 

 

 

 



















 

São Bartolomeu dos Galegos, dans un paysage rural, se trouve une construction difficile à ignorer : la maison attribuée à Rei Ghob (de son vrai nom Francisco Leitão). Cette étrange accumulation de murs, de pierres et de ciment n’est pas seulement une curiosité d’art brut ; elle est aussi liée à la figure troublante d’un homme devenu, par la suite, un serial killer.

La bâtisse ne suit aucun plan identifiable. Elle s’est développée par ajouts successifs, sans véritable cohérence d’ensemble. Des blocs de pierre locale, des morceaux de béton, des éléments récupérés composent un assemblage compact, parfois maladroit. Les volumes semblent s’être empilés les uns sur les autres au fil du temps, produisant une architecture fermée, presque étouffante.

Les surfaces sont chargées de marques, de formes grossières, de motifs gravés ou modelés dans le ciment. Rien n’est laissé lisse. Cette saturation visuelle crée un sentiment d’enfermement plutôt qu’une invitation à la contemplation. L’espace extérieur lui-même paraît envahi, comme si la construction avait progressivement débordé toute limite raisonnable.

La circulation y est incertaine : passages étroits, angles abrupts, ouvertures imprévues. On avance avec prudence dans ce dédale minéral qui ne cherche ni le confort ni l’harmonie. L’ensemble donne l’impression d’un chantier jamais vraiment terminé, d’une structure qui s’est épaissie par accumulation plus que par conception.

Savoir que cette construction appartient à un serial killer modifie inévitablement la perception du lieu. Les murs massifs, les recoins sombres et l’absence d’ouverture vers l’extérieur prennent une dimension plus lourde. La maison ne se contente plus d’être une œuvre marginale ; elle devient le cadre matériel d’une trajectoire humaine marquée par la violence.

Ainsi, ce qui subsiste à São Bartolomeu dos Galegos n’est pas seulement un exemple d’architecture brute, mais une construction étrange, dense et dérangeante, indissociable de l’histoire criminelle de son auteur."

 

 OCTOBRE 2022

 

jeudi 23 juillet 2026

JOSE DOMINGUEZ CARBAJO ET SON ENVIRONNEMENT EN ESPAGNE "EL RECREO" (1)

 

Voilà un environnement espagnol que je dois à l'incroyable inventaire de JO FARB HERNANDEZ.

Il n'est visible que de la route mais vaut un détour ... 



Dans la première maison au N°9 ...


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 Quelques dizaines de mètres plus loin EL RECREO ... 

 

 












Derrière un portail modeste se déploie un univers sculpté pierre après pierre : El Recreo, un environnement d’art brut aussi singulier que son auteur.

Domínguez Carbajo n’était ni un architecte ni un artiste. Comme beaucoup de créateurs autodidactes étudiés par Jo Farb Hernandez, il s’inscrit dans cette lignée d’individus qui, loin des institutions culturelles, façonnent un monde selon leur nécessité intérieure. Pendant des années, il transforme son espace domestique en un paysage total : façades ornées, sculptures de ciment, figures animales ou humaines surgissant des murs, inscriptions gravées comme des messages adressés à l’invisible.

À El Recreo, l’ornement n’est pas décoratif : il est existentiel. Chaque surface devient support d’expression. Les matériaux sont pauvres (béton, fragments récupérés, peinture industrielle) mais l’énergie créatrice est monumentale. L’espace ne se visite pas comme un musée ; il s’arpente comme un journal intime à ciel ouvert.

Domínguez Carbajo demeure profondément enraciné dans son territoire : motifs populaires, religiosité diffuse, bestiaire méditerranéen.

Comme l’a montré Jo Farb Hernandez dans ses recherches sur les environnements d’art brut, ces lieux sont fragiles. Ils dépendent souvent d’un seul individu. À la disparition du créateur, l’ensemble peut tomber en ruine ou être détruit. El Recreo pose ainsi la question cruciale de la conservation : comment préserver une œuvre qui est aussi un mode de vie ?

Chez Domínguez Carbajo, l’acte créatif relève moins de la revendication artistique que de la nécessité vitale. El Recreo n’est pas une œuvre à contempler, mais une existence matérialisée.

LONGUE VIE A CET ENVIRONNEMENT !  



José Domínguez Carbajo, en 2007, en su finca "El Recreo"  / Foto L. O. Z.

 

Voilà ce que Jo Farb Hernández a écrit en 2014 sur SPACES : 

"José Domínguez est né dans le village de Montamarta, à environ douze kilomètres de Roales, l'un des cinq enfants d'un éleveur de bétail décédé alors que le jeune José n'avait que huit ans. Il a fréquenté l'école de Montamarta jusqu'à l'âge de quatorze ans, puis, n'ayant pas d'autre choix, il a commencé à travailler dans le bâtiment, à la construction de routes. Il s'est rapidement marié avec Resurrección, qu'il avait rencontrée alors qu'il travaillait sur la route, et ils ont déménagé à Roales, le village natal de celle-ci, après leur mariage. Ils ont eu quatre enfants et, au moment de mon travail de terrain en 2008, cinq petits-enfants et un arrière-petit-enfant. Toute la famille vit près de chez lui à Roales.

Bien qu'il aimait dessiner quand il était enfant, Domínguez n'a jamais étudié ni pratiqué sérieusement aucun art dans sa jeunesse. Cependant, après avoir pris sa retraite de son travail sur les routes, vers l'âge de soixante-huit ans, alors qu'il se rendait chaque matin à vélo dans le petit jardin situé en bas de chez lui, où il élève également quelques poules et son paon afin de lutter contre l'ennui de la retraite, il a commencé à explorer l'idée de recréer des images qu'il voyait dans des livres ou à la télévision, ainsi que celles qu'il dessinait à partir de son imagination.

Le petit jardin de Domínguez se trouve le long du chemin de pèlerinage menant à Saint-Jacques-de-Compostelle. En regardant passer chaque jour les randonneurs avec leurs sacs à dos, il a rapidement commencé à décorer son jardin d'une série de sculptures aux couleurs vives représentant ces pèlerins ainsi que divers animaux et personnages issus de mythes et légendes. La plupart sont grandeur nature ou plus grands. Romulus et Remus tétant leur mère, une sirène aux seins nus et Cerbère, le chien à trois têtes qui grogne, côtoient des personnages issus de nombreux récits bibliques. Parmi les œuvres les plus captivantes, on trouve saint Jacques galopant sur un cheval blanc, sa robe flottant derrière lui, et l'expulsion d'Adam et Ève du jardin d'Eden. Certaines figures de Domínguez sont impassibles, voire rigides, tandis que d'autres évoquent une certaine fluidité et émotion ; les animaux sont, en général, un peu plus réalistes que les figures humaines : bien que chaque visage soit sculpté séparément et non moulé, ils partagent une certaine expression vide, malgré les détails personnalisés qui les identifient.

Bien qu'avant sa retraite, il n'ait jamais manifesté le moindre intérêt pour les arts, Domínguez travaille désormais fébrilement chaque jour à la création de son paradis de retraite, « El Recreo ». Ses œuvres vibrantes, placées au bord du célèbre chemin de Compostelle, l'ont mis en relation avec les pèlerins se rendant en Galice et ont élargi ses horizons, au sens figuré comme au sens propre, vers le monde extérieur."


CHEZ HENK VAN ES 

CHEZ JO FARB HERNANDEZ 

LA OPINION EN PARLE 

(cliquer) 

 

José Dominguez Carbajo
El Recreo
83 C. Gral. Franco
Roales, dept Zamora, region Castilla y Léon, Spain

Visible de la route 


OCTOBRE 2022