Les Grigris de Sophie ce sont bien sûr des broches, des colliers et des sacs … mais c’est aussi un blog !

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Mais c’est aussi un blog ! Un blog dans lequel je parle de CEUX et de CE que j’aime …
HHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
Vous trouverez ici des artistes, des lieux insolites, des recettes, des films, des expositions, des musiques, des spectacles, des photographies d’amis ….
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jeudi 5 mai 2016

GUY BRUNET AU LIEU UNIQUE A NANTES



J'ai eu la chance de rencontrer GUY BRUNET chez lui à Viviez, de découvrir dans son atelier ses décors empilés, ses affiches enroulées, ses personnages à touche touche ...

Re-découvrir cet artiste atypique au Lieu Unique à Nantes fut un grand moment !
Chaque objet est valorisé et présenté dans un bel espace. "Déployé au cœur d’un dispositif scénographique spécifique, l’exposition présente un ensemble représentatif des réalisations de l’artiste. Les visiteurs déambulent ainsi dans un parcours – qui doit se regarder comme un film – au milieu de scénarios, de personnages, de décors miniatures et d’affiches. Plusieurs de ses longs-métrages sont aussi projetés, films dans lesquelles Guy Brunet fait tous les rôles, manipule la caméra d’une silhouette en carton à une autre et récite des intrigues inventées."






"Depuis plusieurs années, le lieu unique invite régulièrement des créateurs indisciplinés dont les trajectoires empruntent des chemins sinueux, pour rendre la balade plus belle encore, aux frontières de l’art (Daniel Johnston, Kim Fowley, Charlemagne Palestine, R. Stevie Moore, Calvin Johnson, etc.).

Du 13 avril au 29 mai 2016, nous sommes heureux de présenter la première exposition dans une institution française du cinéaste autodidacte Guy Brunet. Artiste cheminant (très) loin des sentiers académiques, aux abords de l’art brut, Guy Brunet est un créateur hautement atypique, encore très peu connu du grand public."





























"Issu d’une famille d’exploitants de cinéma, Guy Brunet a été immergé très jeune dans l’univers d’Hollywood, qui reste pour lui la référence absolue. Contraint par la vie à ne pouvoir poursuivre d’études et à devenir travailleur manuel, il commence dès les années 60 à écrire ses premiers scénarios (plus de 350 au total) sur des cahiers d’écolier, avant de concrétiser son souhait le plus cher : faire des films !
Sans moyen, sans relation, sans acteur, mais avec une immense culture cinématographique, Guy Brunet crée chez lui un studio de cinéma, le studio Paravision, dans lequel il fabrique ses comédiens/personnages (plus de 700 silhouettes au total – réalisées en carton et scotch – de vamps, acteurs, producteurs, réalisateurs), ses décors (produits à partir d’objets de récupération), ses affiches (peintes à l’acrylique dans le moindre détail, elles peuvent placer un second rôle au premier plan) qu’il met en scène dans un minuscule studio de quelques mètres carrés au fin fond de l’Aveyron, fief familial qu’il ne quitte qu’à de très rares occasions.
Tournées en prise directe avec une petite caméra numérique, les scènes et les dialogues sont tous écrits par ses soins et il en résulte un cinéma sans équivalent, d’une poésie étonnante, proche des contes populaires.
À Nantes, l’exposition a été conçue pour rendre hommage à ce créateur aussi improbable que prolifique. Déployé au cœur d’un dispositif scénographique spécifique, Guy Brunet réalisateur : Le studio Paravision présentera un ensemble représentatif des réalisations de l’artiste. Les visiteurs déambuleront ainsi dans un parcours – qui devra se regarder comme un film – au milieu de scénarios (écrits à la main et agrémentés d’illustrations), de personnages (silhouettes de Rita Hayworth, Ava Gardner, Humphrey Bogart, etc.), de décors miniatures (Ben Hur en carton ou Le Pont de La Rivière Kwaï en bois de cagettes) et d’affiches très frappantes (Le train sifflera trois fois, Autant en emporte le vent, etc.). Plusieurs de ses films seront aussi projetés : des histoires à rebondissements dans lesquelles Guy Brunet fait tous les rôles, manipule la caméra d’une silhouette en carton à une autre et récite des intrigues inventées.
Et si avant de venir à Nantes, vous passez par Viviez ne manquez pas la maison de Guy Brunet avec sa façade repeinte à la gloire du 7e Art !"


 JUSQU'AU 29 MAI

 GUY BRUNET ET LES GRIGRIS DE SOPHIE

 (cliquer)


 le Lieu unique  
quai Ferdinand-Favre  
44300 Nantes

*** VISITES COMMENTÉES
Par un médiateur : dimanches 8 mai et 29 mai 2016 à 15h30.

mercredi 13 mai 2015

GUY BRUNET VU PAR APOLLINE LEPETIT


"Si le cinéma n'’existait pas, Guy Brunet l’'aurait certainement inventé, écrit Joël Born.
Depuis qu’il est môme, ce personnage haut en couleurs, digne et éclatant représentant de cet art que l’'on dit modeste, brut ou populaire, vit la tête dans les étoiles.
De cinéma, bien sûr. Ce cinéma des grandes productions hollywoodiennes des années trente à soixante, l'a toujours fait rêver. Et le fait rêver encore, à 70 ans ."

"Quand je suis en dehors de chez moi, je me demande sur quelle planète je me trouve"

" Gamin, il a passé une bonne partie de son enfance et de sa jeunesse dans la cabine de projection du Kamélo, le cinéma populaire que tenait son père, à Viviez. À deux pas des usines et des prolos de la Vieille-Montagne.
 Depuis des années, dans son atelier aussi modeste que son art, qui borde l'’ancienne route nationale, Guy Brunet peint inlassablement des stars et des affiches de cinéma. Étonnant univers sur lequel de plus en plus d’'amateurs éclairés posent un regard intéressé. Captivés par cet artiste, hors du commun, hors du cadre et des codes habituels, passionné de l’'âge d’or du cinéma. Art modeste, brut, singulier ou populaire... Peu importe pour Guy Brunet, son art est, avant tout cinématographique. Dans sa maison capharnaüm, qui lui sert de studio, il crée ses décors, le plus souvent avec des matériaux de récupération, monte ses films, ses émissions. Invente des histoires, des scénarios. Refait le festival de Cannes et les grands classiques du cinéma à sa manière.

350 affiches et 750 personnages

Il a réalisé plus de 350 affiches et quelque 750 personnages de cinéma. Acteurs, réalisateurs, producteurs. Des silhouettes en carton, dont la sienne, toutes de la même hauteur (1,38 mètre) pour les besoins de tournage de ses propres films.
"Pour moi, le cinéma, les acteurs, c’est une seconde famille", avoue Guy Brunet qui a même créé sa propre firme : la Paravision.
Dès son plus jeune âge, Guy Brunet voulait être réalisateur. À 7 ans, le petit écolier bricolait déjà figurines et décors de cinéma. Ses premiers scénarios datent des années 61-62. Il n'’était encore qu’'un ado.
Au Kamélo paternel, le même film était projeté à trois reprises chaque week-end. Sans en perdre une seule miette, Guy Brunet assistait aux trois séances et il en faisait autant de lectures différentes. Le scénario, les décors, la mise en scène. Sans oublier le jeu des acteurs. "Dans ma famille, ils n’aimaient pas ça", regrette simplement Guy Brunet. Prisonnier, à sa façon, de cette culture ouvrière, qui faisait que l’on devait d’abord gagner son pain, il dut se résoudre à prendre le chemin de l’'usine et des petits boulots pour faire chauffer la marmite. Mais dès qu' ’il le pouvait Guy Brunet replongeait des deux pieds dans ses films. "Quand je suis en dehors de chez moi, je me demande sur quelle planète je me trouve. Pour moi, la rue c’est l’'enfer, la jungle, je suis perdu, raconte-t-il en rigolant. Mon appartement, c’est mon studio. Je ne sais même plus où passer, c'’est un vrai labyrinthe. Oui, je me sens un peu marginal, mais c'’est cette part de folie qui me fait vivre, rester jeune et rêveur."
























 DE BROADWAY À HOLLYWOOD, LE CINEMA DE GUY BRUNET...

" Guy Brunet est né juste après la guerre à Viviez dans l'Aveyron. Il passe son enfance au Caméo, cinéma créé par ses parents en plein pays minier. Ils l'exploiteront jusqu'en 1963, programmant essentiellement les standards hollywoodiens à la grande joie du petit Guy. Mais faute de spectateurs, c'est contraints et forcés qu'ils projetteront la Dernière Séance avant d'émigrer plus au nord, à la recherche de nouvelles salles obscures.
Dés lors, tel un sacerdoce, Guy Brunet peint inlassablement l'Age d'Or du cinéma, celui des années 30 aux années 60 ( les films contemporains, trop violents et sexuels à son goût ne trouveront jamais grâce à ses yeux ), utilisant toutes sortes de matériels pourvu qu'ils ne lui coûtent pas un sou.
Une manière d'arrêter le temps, de se protéger d'un monde qui ne l'a jamais vraiment intéressé, comme si associer aussi intimement le cinéma à sa propre existence le renvoyait définitivement au Caméo de son enfance, là où les étoiles brillent éternellement.
Revenu au pays, il s'adonne à l'écriture de nombreux scénarii, puisant la matière dans les archives paternelles, seul bien gardé précieusement au fil du temps. Il ira jusqu'à (ré)écrire en plusieurs tomes la vie quotidienne de Napoléon à St Hélène, sa seconde passion, en s'appuyant plus ou moins sur des recherches historiques bien réelles.
Il liste aussi sur des cahiers d'écolier des inventaires déments aux entrées multiples: classement par titres de films, par genres, acteurs mythiques, grandes firmes cinématographiques.ou producteurs fameux au palmarès éloquent mais souvent inconnus du grand public. Sans parler des centaines de silhouettes peintes sur des cartons découpés à l'effigie de stars célébrissimes, telles des P.L.V. publicitaires d'un autre monde, installées au premier étage de sa maison, les femmes dans une chambre, les hommes dans l'autre dont il ne se séparerait pour rien au monde.
A côté de ce travail obsessionnel, Brunet peint à la glycéro de salle de bain les affiches de films qu'il vénère sur des supports récupérés, vieux plans industriels, annonces de fêtes votives périmées etc... De génériques joliment érudits ( il cite D.Trumbo au cartel de Spartakus ou Gore Vidal adaptant pour Mankiewicz Soudain l'été dernier d'après la pièce de T.Williams), Guy Brunet réinvente un nouveau visuel où se marie avec bonheur une figuration singulière haute en couleur puisée dans sa documentation vintage et une typographie totalement inspirée qui se moque franchement des conventions. En usant de raccourcis saisissant, il donne alors à voir sa propre interprétation du film pleine de bon sens et habitée d'une authentique modestie."


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LE SITE DE VIVIEZ

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LE LIEN VERS LA COLLECTION DE L'ART BRUT DE LAUSANNE

GUY BRUNET ET LES GRIGRIS DE SOPHIE

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mardi 12 mai 2015

LES ACTEURS ET LES ACTRICES DE GUY BRUNET

«Après des années d'ignorance et de dénigrement, la reconnaissance arrive après mes 60 ans.
C'est la première fois qu'on expose autant d'œuvres : 300 dont 260 personnages», explique ravi, GUY BRUNET  pour qui le «vrai» cinéma va de 1930 à 1960, en 2012 lors d'une exposition à Villefranche-sur-Saône.
Depuis les expositions se succèdent et à partir du 5 juin l'artiste sera à l'honneur à Lausanne puis en 2016 à Nantes .

" Le cinéma : Guy Brunet est tombé dedans tout petit. Le petit Guy accompagne son papa qui tient le cinéma «Caméo» à Viviez  puis «le Plaza» à Cagnac-les-Mines, jusqu'en 1963. Déjà, il créait son propre ciné, réinventant des films dans des scénarii écrits sur deux feuilles d'écoliers agrafées. Tout y figurait : l'affiche, le pitch, le casting…
Sa vie rêvée s'est à jamais figée en 1963, quand ses parents délaissent le grand écran pour le petit en ouvrant une boutique d'électro-ménager et vente de téléviseurs à Montauban. Plus rien ne sera comme avant : Guy travaille cinq ans avec ses parents puis en usines à Cahors, Viviez, de nouveau Cahors. Il tente sa chance à Paris où, sans diplôme, il tente en vain de devenir assistant de plateau. Au bout de six mois d'échecs, il se résout à rentrer. Encore l'usine, à Cransac. Un plan de licenciement le conduit à l'ANPE en 1986 : «On m'a laissé six mois pour trouver un emploi dans ce que j'aimais». C'est alors qu'il commence à créer ses personnages, et des affiches de cinéma. Des personnages peints sur des cartons, hauts de 1, 38 m précisément «La hauteur idéale pour mes films»."








750 personnages en carton de Bernard-Hugues Saint-Paul:

" Il en compte aujourd'hui 750 qui, juchés sur leurs cales de bois, occupent toutes les pièces de son atelier et de son domicile : les comédiens et comédiennes de l'âge d'or du cinéma, les producteurs et réalisateurs, les hommes et femmes de télé, les «voix» de la radio… Il a récupéré de vieux téléviseurs devenus des cadres pour ses créations en relief : «Le Pont de la Rivière Kwaï», «Les Canons de Navarone»…
Il ne se consacre plus qu'à son univers. Son imaginaire débordant puise sa source dans une connaissance certes autodidacte mais encyclopédique de l'âge d'or du cinéma. La production artistique de Guy Brunet est prolifique, stakhanoviste : «Je dors quatre heures par nuit. Je travaille de 8 heures du matin à 4 heures du matin».
Du papier, Guy Brunet est passé au support carton «plus solide, stable et moins brillant au projecteur». Car depuis dix ans, Guy Brunet réalise aussi ses films tirés de ses scénarii ; il met en scène ses personnages, leur donne sa voix. Son studio s'appelle «Paravision», contraction des mots «paradis» et «vision». Déjà douze films et documentaires de durées allant d'une heure à plus de trois heures pour ses superproductions. A l'occasion de l'exposition de Villefranche-sur-Saône, sera diffusé son film «Le monde magique des frères Lumière».
Lui-même entre dans la lumière, au fil des expositions : 2002 à Sète, 2004 à Paris et Rodez (La Menuiserie), 2005 à Nice, 2008 à Rodez (Musée Artaud), 2011 à Villeneuve d'Asc. Et enfin la consécration cette année à Villefranche sur Saône.
Des cinéastes tels que Philippe Macary et Jean-Marc Pennet, Clovis Prévost ont déjà filmé Guy Brunet, lequel se moque bien des qualificatifs entourant son art : «Art brut, art singulier, art hors-normes. Cela m'est égal : je crée ce que j'imagine». Sans encore vivre de son art, Guy Brunet connaît un succès croissant avec des commandes à la clé, notamment du musée d'art moderne LaM de Villeneuve d'Asc qui lui consacre depuis cette année une salle permanente. à quand une grande expo à Decazeville et une rétrospective de ses films à la Strada ?"






















Pour accompagner mes photos aujourd'hui un texte de Philippe AZOURY publié en 2004 :

Ce cinéphile fait revivre, à coups de pinceau, les stars et les films du Hollywood des années 50.

"Guy Brunet habite Viviez, dans l'Aveyron. Pas vraiment le paradis sur terre, ni son enfer. Juste un endroit perdu, loin. Ce qui tombe bien : la peinture de Guy Brunet est, elle aussi, lointaine. Elle appartient aux années 50. Ses couleurs rêvent de splendeur d'Hollywood. Une peinture qui bat des paupières pour Rita, Ava, Michelle, Martine. Et serre la mâchoire pour prendre une pose Humphrey ou une pose Gary. Ou John, ou Jean...
Dernières séances. Guy Brunet, né en 1945, est pour toujours l'enfant du Caméo, le cinéma qu'exploitaient ses parents vers Decazeville, en plein pays minier. Le Caméo a tiré le rideau en 1963, pionnier à sa façon d'une interminable série de dernières séances. Les goûts de Guy Brunet se sont arrêtés à sa fermeture : du cinéma d'aujourd'hui, il ne retient que le sang, la violence, le sexe. C'est peu dire qu'il lui fait horreur. Sur une des rares photos où il pose, dans l'encoignure de la porte de son atelier aveyronnais, Guy Brunet porte une paire de moonboots et un pull à rayures. Il est sans âge. Il se tient presque trop droit, un bras dans le dos. Derrière lui, les sept nains de Disney repeints sur du polystyrène prédécoupé.
Silhouettes peintes. Brunet aime les acteurs, ce sont ses poupées. On parle de l'existence, au premier étage de sa maison, d'une centaine de silhouettes peintes. Tout le gratin de Hollywood est là : vamps, acteurs, producteurs. Par prudence, il tient à ce qu'hommes et femmes vivent dans des chambres séparées. Ces silhouettes peintes, on ne les voit pas dans l'exposition que lui consacre, à Paris, la pop galerie Art's Factory . Guy Brunet refuse de s'en séparer. Ce qu'on voit, par contre, c'est la partie immergée de l'oeuvre: affiches peintes, reprenant les grands titres de l'histoire du cinéma : Gilda, le Train sifflera trois fois, Autant en emporte le vent, Cléopâtre, le Troisième Homme, Planète interdite...
Sorties de leur musée imaginaire, souvent dépliées en dix, ces affiches portent des marques de faux plis. On croirait qu'elles ont servi. Elles ne sont que le résultat d'une cinéphilie poussée jusque dans son dernier retranchement. Brunet ne décalque pas des affiches déjà existantes, il rend justice. L'affiche est le moment d'une lecture quasi critique : il y place le nom d'un scénariste, d'un musicien négligé des dictionnaires ou de la mémoire collective, remet au premier plan un acteur de second rôle. Au centre de sa vision du Train sifflera trois fois, un cadran d'horloge, plus important encore que le visage de Glenn Ford. Le personnage principal du film, c'est la montre. Si son affiche de l'Homme qui n'a jamais existé (un autoportrait ?), passée sous un drôle d'enduit vert, frôle l'abstraction, c'est pour rappeler aux oublieux que le personnage qu'incarnait Clifton Webb aux côtés de Gloria Grahame vivait dans la vase.
Maniaquerie. Le «Brunerama» est un art de la couleur brillante, soit tout le criard de la glycéro de salle de bains au service d'un déni de vieillesse : l'enfance éternelle ne se vit que dans l'éclat. Si, tels qu'il les redessine, les acteurs restent reconnaissables, le trait de Brunet est loin de tout réalisme : c'est l'hésitation d'un dessin d'enfant. Sa naïveté, sa maladresse, ses perspectives boiteuses, disent la cinéphilie aggravée, ce sacerdoce, cet enfermement fétichiste, cette maniaquerie maladive.
L'horizon ultime (et atteint) de Guy Brunet, c'est de ne plus peindre in fine que les logos des firmes : celui de la MGM, d'Universal, de la Fox. C'est le dernier des mistons, ceux qui, dans Mes Petites Amoureuses, le film de Jean Eustache, s'arrêtaient devant les affiches Rex Cinéma en disant: «On n'entre pas, ils sont cons, les films Paramount !» Soit un art de vivre son cinéma complètement disparu."

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