Cette année-là ce fut notre première visite sur le sol espagnol. Le créateur, hélas, n'était pas chez lui mais le fabuleux site de Jo Farb Hernandez, l'indispensable SPACES, m'a donné tous les renseignements souhaités.
À San Román, dans la discrétion d’un paysage rural espagnol, se dresse un rêve de pierre. Non pas un monument hérité des siècles, mais une œuvre née de la persévérance d’un seul homme : Luis Rico Pinilla.
Rien ne prédestinait cet autodidacte à devenir bâtisseur d’un royaume imaginaire. Pourtant, depuis l’enfance, les silhouettes des châteaux et des cathédrales espagnoles habitaient sa mémoire. Tours crénelées, arcs solennels, élévations défiant le ciel, autant de formes gravées dans son regard, comme une promesse silencieuse.
Des années plus tard, cette promesse prend corps. À San Román, il entreprend d’ériger ce qu’il nomme "Palacios y Catedrales". Le pluriel n’est pas anodin : il ne s’agit pas d’un édifice unique, mais d’un monde. Un paysage architectural en expansion, fait de volumes superposés, de tours surgissantes, de façades qui semblent dialoguer entre elles. L’ensemble ne copie aucun monument précis ; il en réinvente l’esprit. C’est une mémoire transformée par l’imaginaire.
Jo Farb Hernandez décrit cette entreprise comme un acte de foi artistique. Sans plans savants, sans formation académique, Rico Pinilla construit à la mesure de son intuition. Chaque pierre posée affirme une volonté de créer, chaque élévation traduit une admiration pour la grandeur historique de l’Espagne. Le chantier devient existence.
L’œuvre n’est jamais close. Elle croît au rythme des saisons, des forces disponibles, des idées nouvelles. Elle respire avec son créateur. Cette inachèvement permanent lui confère une dimension presque vivante : "Palacios y Catedrales" n’est pas un monument figé, mais un organisme en devenir.
Dans la solitude du travail manuel, il y a une ténacité presque spirituelle. Bâtir ainsi, jour après jour, relève moins de la simple construction que d’un dialogue avec le temps. À travers ses tours et ses murs, Rico Pinilla affirme une appartenance à une histoire plus vaste, celle des bâtisseurs médiévaux, des artisans anonymes, des cathédrales surgies de la patience humaine.
Sous le regard attentif de Jo Farb Hernandez, son environnement rejoint la constellation des grands environnements visionnaires : ces lieux où un individu transforme un espace ordinaire en univers total. À San Román, le paysage s’ouvre ainsi sur une utopie personnelle, à la fois naïve et monumentale, fragile et grandiose.
Et dans ce village discret, au détour d’un chemin, le visiteur découvre que l’architecture peut encore naître d’un rêve solitaire.
CHEZ JO FARB HERNANDEZ ET SPACES
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MERCI THOMAS POUR CE CONSEIL DE VISITE.
MERCI JO ET HENK POUR CETTE PASSION QUI NOUS HABITE ET QUE NOUS PARTAGEONS.
SEPTEMBRE 2022
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