Les Grigris de Sophie ce sont bien sûr des broches, des colliers et des sacs … mais c’est aussi un blog !

Les Grigris de Sophie ce sont bien sûr des broches, des colliers et des sacs …

Mais c’est aussi un blog ! Un blog dans lequel je parle de CEUX et de CE que j’aime …
HHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
Vous trouverez ici des artistes, des lieux insolites, des recettes, des films, des expositions, des musiques, des spectacles, des photographies d’amis ….
Tout ce qui rend la vie meilleure, tout ce qui rend ma vie meilleure !

.......................................................................................
........................................................................................
........................................................................................
.........................................................................................

Affichage des articles dont le libellé est Art brut en Espagne. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Art brut en Espagne. Afficher tous les articles

jeudi 23 juillet 2026

JOSE DOMINGUEZ CARBAJO ET SON ENVIRONNEMENT EN ESPAGNE "EL RECREO" (1)

 

Voilà un environnement espagnol que je dois à l'incroyable inventaire de JO FARB HERNANDEZ.

Il n'est visible que de la route mais vaut un détour ... 



Dans la première maison au N°9 ...


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 Quelques dizaines de mètres plus loin EL RECREO ... 

 

 












Derrière un portail modeste se déploie un univers sculpté pierre après pierre : El Recreo, un environnement d’art brut aussi singulier que son auteur.

Domínguez Carbajo n’était ni un architecte ni un artiste. Comme beaucoup de créateurs autodidactes étudiés par Jo Farb Hernandez, il s’inscrit dans cette lignée d’individus qui, loin des institutions culturelles, façonnent un monde selon leur nécessité intérieure. Pendant des années, il transforme son espace domestique en un paysage total : façades ornées, sculptures de ciment, figures animales ou humaines surgissant des murs, inscriptions gravées comme des messages adressés à l’invisible.

À El Recreo, l’ornement n’est pas décoratif : il est existentiel. Chaque surface devient support d’expression. Les matériaux sont pauvres (béton, fragments récupérés, peinture industrielle) mais l’énergie créatrice est monumentale. L’espace ne se visite pas comme un musée ; il s’arpente comme un journal intime à ciel ouvert.

Domínguez Carbajo demeure profondément enraciné dans son territoire : motifs populaires, religiosité diffuse, bestiaire méditerranéen.

Comme l’a montré Jo Farb Hernandez dans ses recherches sur les environnements d’art brut, ces lieux sont fragiles. Ils dépendent souvent d’un seul individu. À la disparition du créateur, l’ensemble peut tomber en ruine ou être détruit. El Recreo pose ainsi la question cruciale de la conservation : comment préserver une œuvre qui est aussi un mode de vie ?

Chez Domínguez Carbajo, l’acte créatif relève moins de la revendication artistique que de la nécessité vitale. El Recreo n’est pas une œuvre à contempler, mais une existence matérialisée.

LONGUE VIE A CET ENVIRONNEMENT !  



José Domínguez Carbajo, en 2007, en su finca "El Recreo"  / Foto L. O. Z.

 

Voilà ce que Jo Farb Hernández a écrit en 2014 sur SPACES : 

"José Domínguez est né dans le village de Montamarta, à environ douze kilomètres de Roales, l'un des cinq enfants d'un éleveur de bétail décédé alors que le jeune José n'avait que huit ans. Il a fréquenté l'école de Montamarta jusqu'à l'âge de quatorze ans, puis, n'ayant pas d'autre choix, il a commencé à travailler dans le bâtiment, à la construction de routes. Il s'est rapidement marié avec Resurrección, qu'il avait rencontrée alors qu'il travaillait sur la route, et ils ont déménagé à Roales, le village natal de celle-ci, après leur mariage. Ils ont eu quatre enfants et, au moment de mon travail de terrain en 2008, cinq petits-enfants et un arrière-petit-enfant. Toute la famille vit près de chez lui à Roales.

Bien qu'il aimait dessiner quand il était enfant, Domínguez n'a jamais étudié ni pratiqué sérieusement aucun art dans sa jeunesse. Cependant, après avoir pris sa retraite de son travail sur les routes, vers l'âge de soixante-huit ans, alors qu'il se rendait chaque matin à vélo dans le petit jardin situé en bas de chez lui, où il élève également quelques poules et son paon afin de lutter contre l'ennui de la retraite, il a commencé à explorer l'idée de recréer des images qu'il voyait dans des livres ou à la télévision, ainsi que celles qu'il dessinait à partir de son imagination.

Le petit jardin de Domínguez se trouve le long du chemin de pèlerinage menant à Saint-Jacques-de-Compostelle. En regardant passer chaque jour les randonneurs avec leurs sacs à dos, il a rapidement commencé à décorer son jardin d'une série de sculptures aux couleurs vives représentant ces pèlerins ainsi que divers animaux et personnages issus de mythes et légendes. La plupart sont grandeur nature ou plus grands. Romulus et Remus tétant leur mère, une sirène aux seins nus et Cerbère, le chien à trois têtes qui grogne, côtoient des personnages issus de nombreux récits bibliques. Parmi les œuvres les plus captivantes, on trouve saint Jacques galopant sur un cheval blanc, sa robe flottant derrière lui, et l'expulsion d'Adam et Ève du jardin d'Eden. Certaines figures de Domínguez sont impassibles, voire rigides, tandis que d'autres évoquent une certaine fluidité et émotion ; les animaux sont, en général, un peu plus réalistes que les figures humaines : bien que chaque visage soit sculpté séparément et non moulé, ils partagent une certaine expression vide, malgré les détails personnalisés qui les identifient.

Bien qu'avant sa retraite, il n'ait jamais manifesté le moindre intérêt pour les arts, Domínguez travaille désormais fébrilement chaque jour à la création de son paradis de retraite, « El Recreo ». Ses œuvres vibrantes, placées au bord du célèbre chemin de Compostelle, l'ont mis en relation avec les pèlerins se rendant en Galice et ont élargi ses horizons, au sens figuré comme au sens propre, vers le monde extérieur."


CHEZ HENK VAN ES 

CHEZ JO FARB HERNANDEZ 

LA OPINION EN PARLE 

(cliquer) 

 

José Dominguez Carbajo
El Recreo
83 C. Gral. Franco
Roales, dept Zamora, region Castilla y Léon, Spain

Visible de la route 


OCTOBRE 2022
 
 
 

mardi 21 juillet 2026

L'ENVIRONNEMENT DE LUIS RICO PINILLA (PALACIOS Y CATHEDRALES) A SAN ROMAN EN ESPAGNE

 

Cette année-là ce fut notre première visite sur le sol espagnol. Le créateur, hélas, n'était pas chez lui mais le fabuleux site de Jo Farb Hernandez, l'indispensable SPACES, m'a donné tous les renseignements souhaités. 

 












 













 

À San Román, dans la discrétion d’un paysage rural espagnol, se dresse un rêve de pierre. Non pas un monument hérité des siècles, mais une œuvre née de la persévérance d’un seul homme : Luis Rico Pinilla.

Rien ne prédestinait cet autodidacte à devenir bâtisseur d’un royaume imaginaire. Pourtant, depuis l’enfance, les silhouettes des châteaux et des cathédrales espagnoles habitaient sa mémoire. Tours crénelées, arcs solennels, élévations défiant le ciel, autant de formes gravées dans son regard, comme une promesse silencieuse.

Des années plus tard, cette promesse prend corps. À San Román, il entreprend d’ériger ce qu’il nomme "Palacios y Catedrales". Le pluriel n’est pas anodin : il ne s’agit pas d’un édifice unique, mais d’un monde. Un paysage architectural en expansion, fait de volumes superposés, de tours surgissantes, de façades qui semblent dialoguer entre elles. L’ensemble ne copie aucun monument précis ; il en réinvente l’esprit. C’est une mémoire transformée par l’imaginaire.

Jo Farb Hernandez décrit cette entreprise comme un acte de foi artistique. Sans plans savants, sans formation académique, Rico Pinilla construit à la mesure de son intuition. Chaque pierre posée affirme une volonté de créer, chaque élévation traduit une admiration pour la grandeur historique de l’Espagne. Le chantier devient existence.

L’œuvre n’est jamais close. Elle croît au rythme des saisons, des forces disponibles, des idées nouvelles. Elle respire avec son créateur. Cette inachèvement permanent lui confère une dimension presque vivante : "Palacios y Catedrales" n’est pas un monument figé, mais un organisme en devenir.

Dans la solitude du travail manuel, il y a une ténacité presque spirituelle. Bâtir ainsi, jour après jour, relève moins de la simple construction que d’un dialogue avec le temps. À travers ses tours et ses murs, Rico Pinilla affirme une appartenance à une histoire plus vaste, celle des bâtisseurs médiévaux, des artisans anonymes, des cathédrales surgies de la patience humaine.

Sous le regard attentif de Jo Farb Hernandez, son environnement rejoint la constellation des grands environnements visionnaires : ces lieux où un individu transforme un espace ordinaire en univers total. À San Román, le paysage s’ouvre ainsi sur une utopie personnelle, à la fois naïve et monumentale, fragile et grandiose.

Et dans ce village discret, au détour d’un chemin, le visiteur découvre que l’architecture peut encore naître d’un rêve solitaire.



CHEZ JO FARB HERNANDEZ ET SPACES 

CHEZ HENK VAN ES 

 (cliquer)

 

 

Luis Rico Pinilla
Palacios y Catedrales
San Roman Auzoa,
Zierbena, Bizkaia, País Vasco, Spain

 

 MERCI THOMAS POUR CE CONSEIL DE VISITE. 

MERCI JO ET HENK POUR CETTE PASSION QUI NOUS HABITE ET QUE NOUS PARTAGEONS. 

 

SEPTEMBRE 2022