Les Grigris de Sophie ce sont bien sûr des broches, des colliers et des sacs … mais c’est aussi un blog !

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Mais c’est aussi un blog ! Un blog dans lequel je parle de CEUX et de CE que j’aime …
HHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
Vous trouverez ici des artistes, des lieux insolites, des recettes, des films, des expositions, des musiques, des spectacles, des photographies d’amis ….
Tout ce qui rend la vie meilleure, tout ce qui rend ma vie meilleure !

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dimanche 25 août 2019

MARILENA PELOSI MOI J'AIME


Jean-Pierre Faurie aime, comme moi, MARINENA PELOSI.
Il l'a rencontrée en juillet 2019 et suite à une interview a écrit ce texte pour les Grigris :

Rencontre avec Marilena Pelosi
Pas/sage du réel à l’imaginaire


Au bout du chemin des Bois Niquaux à Tourneville (Eure), j’arrive au Chesnay. Au fond d’un parc une belle maison bourgeoise, Marilena Pelosi m’y attend. Elle habite cette belle bâtisse où elle loue un appartement. La nature est partout prairies, fleurs, forêt mais aussi une barrière électrique installée pour empêcher les sangliers de tout défoncer. Marilena travaille dans ce lieu bucolique « Quand tu me prendras en photo je veux que tu me montres souriante car je suis heureuse ici. Tu parleras de mon travail simplement » me lance-t-elle.

Les murs de son coquet logis accueillent des œuvres d’artistes singuliers qu’elle aime. Elle me les présente tous afin d’étancher ma curiosité puis elle me conduit dans sa chambre où est installé un petit bureau sur lequel naissent ses dessins. « Je travaille ici tous les jours mais que quelques heures. La réalisation d’un dessin peut me prendre plusieurs jours. J’utilise des papiers de couleurs et de formats différents. Mes outils sont des Bics plastique classiques ordinaires de couleur bleue et rouge et des crayons HB noirs. Quand je pose mon crayon sur la feuille je ne sais ce qui va se passer. C’est la surprise » précise-t-elle puis, elle me montre des invitations, des catalogues de ses dernières expositions et une série de dessins récents et plus anciens.

« Tu peux les photographier. Mets-toi à cette table c’est de là que je les prends. Tu peux voir que mon imaginaire est très fermé, très centré sur moi-même. Je ne suis pas influencée par l’apparence que donne le monde extérieur. Je préfère rester dans mon monde particulier. Jeune je me sentais isolée, presque autiste mais avec le temps j’ai pris l’habitude de sortir, mais sortir de la maison ne m’empêche pas de rester dans ma bulle. On peut sortir dans le monde et rester enfermé dans son jardin » affirme-t-elle.

Tout en prenant le café dans ce lieu paisible Marilena veut bien dévoiler des pans de sa vie qui n’a pas été un long fleuve tranquille….. Fille unique elle a eu une enfance très solitaire car ses parents ne s’occupaient pas d’elle. Elle a été élevée dans la religion catholique jusqu’au jour où son père s’est converti au Vaudou. « Il m’a amenée avec lui lors de séances de vaudou. C’était horrible parce que des animaux étaient sacrifiés. Leur sang était mis dans des coupelles pour offrande à des statues. L’atmosphère de ces cérémonies était très chargée, beaucoup d’émotions, des incantations, des percussions, des psalmodies dans des langues que je ne comprenais pas » dévoile-t-elle. Elle a été spectatrice et parfois actrice lors de ces séances et de ces cérémonies elle en garde des souvenirs très précis. Quand il entre dans ses dessins le spectateur se pose des questions quand il voit les nus, les sacrifices, les tortures, les mutilations, les processions et les transes.

« Tu vois de 2000 à 2009 mes dessins étaient remplis de couleurs. Puis j’ai fait un retour à l’essentiel : le trait » lance-t-elle.

Beaucoup de femmes dans ses productions. Elles tricotent, lient, relient, nouent…« Ces femmes c’est moi dans différents états émotionnels que je connais puisque je me vois tous les jours en tant que femme. Il y a des fluides qui circulent car nous sommes des êtres aquatiques »

Le sexe masculin n’est pas totalement absent il y a des personnages « avec des jeux de zizi, arbre ou aiguille ». En 2012 dans six dessins il y a même eu des couples qui dansaient.


« Je suis une créatrice. Je mets une distance entre le réel et l’imaginaire. Quand j’entre dans mon univers, je sais en ressortir pour revenir au monde de la vie courante. Mon monde imaginé c’est moi qui le nourris . Il est intense, érotique, violent mais moins que le monde réel »

























 Photos Jean-Pierre Faurie

Biographie

1957 : Naissance à Rio de Janeiro (Brésil)
1973 : Hospitalisation à cause d’une grave maladie. Elle commence à dessiner par intermittence des dessins imaginaires pour passer le temps.
1979 : Quitte le Brésil pour Londres car son père veut la marier à un prêtre Vaudou qui a le double de son âge.
1980 : premier mariage avec un grand voyageur qui l’amène faire le tour du monde. Elle dessine toujours par intermittence.
1986 : 2ème mariage, après son arrivée en France. Elle se met à dessiner avec une plus grande fréquence puis tous les jours.
2000 : divorce et première exposition à la Galerie Alain Dettinger-Mayer à Lyon. Ensuite les expositions s’enchainent  comme à la Création Franche à Bègles,  "Émancipations"  au Musée Singer-Polignac, à l’Hôpital Sainte-Anne, « Arte Bruta » à la fondation Vieira de Silva de Lisbonne, « Corps Accords » au Musée Art et Marges de Bruxelles.
2008 : 1ère exposition chez Christian Berst Art Brut à Paris.
2014 : Marilena Pelosi est représentée en France par Christian Berst Art Brut.
2017 : 2ème exposition chez Christian Berst Art Brut
2019 : « Flying Higth » Women artists in Art Brut au Kunstforum à Vienne ( Autriche), "Extravaganza" Au centro de Arte Oliva prés de Porto ( Portugal), "Lusopolia i a beleza insensata" au Musée Arpad Szenes Vieira da Silva à Lisbonne (Portugal), « La folie du jour » Gerorges Focus et la collection d’Art Brut de Françoise et Jean Greset au Musée des Beaux Arts et d’Archéologie de Besançon



 Marilena Pelosi
1, lieu dit Le Chesnay
27930 Tourneville


Merci Jean-Pierre Faurie pour ce texte et ces photos ....


jeudi 23 mars 2017

MARILENA PELOSI VUE PAR LAURENT DANCHIN


« Ce sont les gens normaux qui deviennent fous. Mais comme je ne l’ai jamais été, je ne risque rien »










(photos Google)

Laurent Danchin : l’anti vaudou de Marilena Pelosi :
"Quand on lui décrit un de ses dessins au téléphone, Marilena Pelosi en a la chair de poule. Il est vrai qu’à première vue, ses anges bourreaux et ses « hommes mutés », survolés de bataillons d’abeilles à têtes humaines dans d’étranges laboratoires où des initiées, aux corps transpercés de toutes parts, semblent soumises aux rituels les plus pervers, son art, immédiatement reconnaissable, évoquerait plutôt quelques séances de tortures sado-masochiste ou la sexualité déviante d’obscures cérémonies d’envoûtement.
A dessiner pourtant ces scènes si énigmatiques et dérangeantes, Marilena éprouve un plaisir proche de l’extase. Vous y décelez de la souffrance ? Elle rit de bon cœur : pas du tout ! Mais cette pluie de gouttes de sang ? Ce n’est pas du sang, juste un liquide rouge quelconque. Quant aux abeilles, « ça peut être par exemple un bourdonnement ». C’est que le dessin, dit-elle, est d’une facture assez naïve, assez enfantine, parce que je ne sais pas dessiner, et ça aide beaucoup ».
Dans sa jeunesse au Brésil, passionnée de surréalisme, Marilena aurait bien voulu faire les beaux-arts, mais comme elle dit heureusement que je n’y suis pas allée, peut-être qu’on m’aurait appris à dessiner correctement ». Du coup elle a pu inventer son propre code et sa façon personnelle de dessiner, une écriture symbolique qui la rapproche des auteurs de l’art brut, surtout des dessinateurs médiumniques, la seule famille artistique avec laquelle elle se sente vraiment en affinité. Car quand Marilena se met au travail-« parfois deux dessins à la suite dans le même jour »-l’image, en fait est déjà là, « accomplie dans l’invisible », sa main n’a plus qu’à suivre ce qui lui est imposé. « ca vient très facilement sans poser de questions c’est très drôle. Je ne peux pas contrarier les dessins, ni les titres, ils doivent tellement être ce qu’ils sont, ils ont comme une vie autonome. »
Pour ses petits formats, bicolores, ou monochromes, elle utilise en général le feutre ou le stylo bille, mais elle a aussi toute une production de grands dessins coloriés de couleurs vives, réalisés le plus souvent sur papier calque, un support qu’elle aime comme « un rêve dans un rêve ». Guidée par la scène à « mettre sur le papier », elle n’a jamais fait de croquis préalable et dessine directement, en ligne claire comme dans la BD, sans possibilité de repentir. D’où des surimpressions et les corps transparents, la chaise ou le lit vus à travers le personnage par exemple, comme des dessins d’enfants. Puis l’image achevée, le titre s’impose : « Femme immortelle prise dans un piège mortel », « Levier de revenance », « Manger sa dernière chance de pardon »….
Comprend-elle pour autant ce que sa main a tracé ? Comme un rêve complexe, difficile à déchiffrer au réveil, les images de Marilena sont pour elle-même une énigme qu’elle accueille sans la juger : « Moi-même je ne suis pas en mesure d’expliquer. Tout ce que je sais, c’est que ça sort comme ça, et je ne discute pas. Le mystérieux pour moi c’est toujours positif. Si le mystère n’existe pas, la vie serait monotone et il serait inutile de la continuer ». Obsessionnels, flottant parmi les fluides ou les effluves autour des corps reliés par d’étranges cordons, quelques thèmes et symboles reviennent en variantes, décrivant surtout l’univers de la femme, son corps, ses organes, ses accessoires :le haricot, figurant sur les ovaires, les chevelures immenses, les seins comme des fontaines, mais aussi le tricot ou les tresses, les robes sur des cintres, les hauts talons ou le sac à main, en souvenir peut-être des longues séances de maquillage où, petite fille, l’auteur observait sa mère sans dire un mot.
Enfant Marilena était quasi autiste, plongée dans une sorte de  léthargie dont ne  devait la tirer que le premier joint, fumé à l’adolescence. C’est pour échapper au mariage forcé avec un prêtre de la macumba, le vaudou brésilien, qu’elle a dû ensuite fuir son pays définitivement. D’où une période de voyages et d’errance ponctuée par deux mariages, au terme desquels elle a pu se reconstruire par la création. Loin d’être un plaisir pervers, dessiner pour elle est une résurrection, un exorcisme, le seul moyen sans doute de se libérer d’une enfance malsaine, longtemps subie comme une maladie. « Si je ne dessinais pas ça, dit-elle je serai morte. Mais je n’ai aucune pensée du Mal quand je le fais. Ce sont des symboles d’une alchimie mentale qui est intense. » A ceux qui pourraient la croire dérangée, elle objecte : « Je ne deviendrai jamais folle parce que je ne suis pas très normale. Ce sont les gens normaux qui deviennent fous Mais comme je ne l’ai jamais été, je ne risque rien. » Et en riant elle ajoute : « Avec mes dessins, j’ai même guéri mon psychiatre ». Guéri de quoi ? « De son indifférence. »"

 SUR LE SITE DU HANG ART

 CHEZ CHRISTIAN BERST 2009

CHEZ CHRISTIAN BERST  

UNE VIDÉO


(cliquer)


mercredi 22 mars 2017

MARILENA PELOSI CHEZ CHRISTIAN BERST VUE PAR PHILIPPE CARCALY

Depuis des années je rencontre le fascinant  travail de MARILENA PELOSI au grès de mes périples et de mes visites d'exposition.
Philippe Carcaly aime lui aussi son travail et m'a proposé ses commentaires sur l'exposition qui vient de se terminer à Paris chez Christian Berst.
















(photos Google)


Les lignes suivantes ont été rédigées à partir du catalogue de l’exposition (28 janvier-25 février 20017) de Marilena Pelosi, Catharsis et de quelques commentaires personnels, m'écrit Philippe Carcaly :

« Ce sont les gens normaux qui deviennent fous. Mais comme je ne l’ai jamais été, je ne risque rien ». En disant cela, Marilena Pelosi bat en brèche, sans le vouloir, l’idée même de normalité et de son corollaire, la folie. L’artiste qu’elle est devenue s’est néanmoins construite sur le terreau d’une altérité nourrie des séismes de son existence.(1)
L’artiste Marilena Pelosi  est née en 1957 à Rio de Janeiro au Brésil, aujourd’hui elle vit et dessine à Gauville-la- Campagne dans l’Eure. Son exposition Catharsis, à la Galerie Christian Berst à Paris vient de prendre fin, le catalogue éponyme, permet de cerner une œuvre, qui par bien des aspects, affirme sa grande inventivité, son originalité et réussit à  étonner, surprendre, en abordant des thématiques où si, selon Laurent Quéhénen, trois mondes se croisent : le sexuel, le médical et le carnaval. (2), ils constituent un passage vers d’autres horizons, que l’admirateur que je suis, a cru discerner.
 
 "Née en 1957 à Rio de Janeiro, Marilena aurait aimé faire les Beaux-Arts : « Heureusement, je n’y pas allée, peut-être qu’on m’aurait appris à dessiner correctement ». C’est à l’âge de 16 ans, à la suite d’une maladie grave, qu’elle commence à produire des œuvres dans lesquelles le catholicisme exubérant et la macumba fiévreuse de son Brésil natal tournoient jusqu’au délire. Les réminiscences de transes, de processions eucharistiques, de carnavals endiablés sont inextricablement mêlées à des évocations bien plus intimes : l’enfance recluse, la fuite d’un mariage forcé avec un prêtre vaudou, les années d’errance à travers le monde, en quête d’un havre… » (1)
Enfant Marilena était quasi autiste, plongée dans une sorte de  léthargie dont ne  devait la tirer que le premier joint, fumé à l’adolescence. C’est pour échapper au mariage forcé avec un prêtre de la macumba, le vaudou brésilien, qu’elle a dû ensuite fuir son pays définitivement. D’où une période de voyages et d’errance ponctuée par deux mariages, au terme desquels elle a pu se reconstruire par la création. Loin d’être un plaisir pervers, dessiner pour elle est une résurrection, un exorcisme, le seul moyen sans doute de se libérer d’une enfance malsaine, longtemps subie comme une maladie. « Si je ne dessinais pas ça, dit-elle je serais morte. Mais je n’ai aucune pensée du Mal quand je le fais. Ce sont des symboles d’une alchimie mentale qui est intense. » A ceux qui pourraient la croire dérangée, elle objecte : « Je ne deviendrai jamais folle parce que je ne suis pas très normale. Ce sont les gens normaux qui deviennent fous Mais comme je ne l’ai jamais été, je ne risque rien. » Et en riant elle ajoute : « Avec mes dessins, j’ai même guéri mon psychiatre ». Guéri de quoi ? « De son indifférence. » (3)
La majorité des œuvres présentées lors de l’exposition sont de petits formats : « Pour ses petits formats, bicolores, ou monochromes, elle utilise en général le feutre ou le stylo bille, mais elle a aussi toute une production de grands dessins coloriés de couleurs vives, réalisés le plus souvent sur papier calque, un support qu’elle aime comme « un rêve dans un rêve ». Guidée par la scène à « mettre sur le papier », elle n’a jamais fait de croquis préalable et dessine directement, en ligne claire comme dans la BD, sans possibilité de repentir. D’où des surimpressions et les corps transparents, la chaise ou le lit vus à travers le personnage par exemple, comme des dessins d’enfants. Puis l’image achevée, le titre s’impose : « Femme immortelle prise dans un piège mortel », « Levier de revenance », « Manger sa dernière chance de pardon … ». Dans sa jeunesse au Brésil, passionnée de surréalisme, Marilena aurait bien voulu faire les beaux-arts, mais comme elle dit heureusement que je n’y suis pas allée, peut-être qu’on m’aurait appris à dessiner correctement ». Du coup elle a pu inventer son propre code et sa façon personnelle de dessiner, une écriture symbolique qui la rapproche des auteurs de l’art brut, surtout des dessinateurs médiumniques, la seule famille artistique avec laquelle elle se sente vraiment en affinité. Car quand Marilena se met au travail-« parfois deux dessins à la suite dans le même jour »-l’image, en fait est déjà là, « accomplie dans l’invisible », sa main n’a plus qu’à suivre ce qui lui est imposé. « ça vient très facilement sans poser de questions c’est très drôle. Je ne peux pas contrarier les dessins, ni les titres, ils doivent tellement être ce qu’ils sont, ils ont comme une vie autonome. » (3)
Laurent Quénéhen,  insiste quant à lui sur l’espace non occupé par le dessin. Le fond de l’oeuvre étant constitué par la feuille elle-même, ce qui comme on peut le lire ci-dessous crée une « circulation salutaire »,  le vide est en effet « le lieu où s’opèrent les transformations », transformations physiques des objets…… » (4) et des figures, en ce qui concerne Marilena Pelosi.
« Ses œuvres sont cadrées, elle fabrique des scènes qui laissent une marge blanche entre son trait et la limite du papier ; c’est une fosse qui donne la possibilité d’un regard extérieur, une impression de séquence théâtrale, d’ailleurs ses personnages sont quelquefois représentés sur un plateau. Ses productions ont un caractère expiatoire, le non-dessiné permet l’usage du vide, à l’instar de la peinture chinoise ancienne, cela crée ainsi une circulation salutaire. » (2)  «Son trait rappelle celui des dessins d’enfants, mais sans individuation. Les yeux des femmes sont ouverts ou absents, comme ceux des morts-vivants. Parfois les traits sont au simple stylo, scène précise, mais parcellaire. » (2) 
Quelques uns de ses chef d’œuvres, mais ils sont très minoritaires, placés dans un espace annexe, déploient, par l’utilisation de feutre et de crayon aux teintes riches et nombreuses, leur couleurs, exubérantes, et finissent par détonner : « D’autres sont remplis de couleurs vives, celles du carnaval ou du cirque, représentent alors une séquence entière. L’ensemble de ce qui se joue dans cette usine de soins effraie, violente et guérit. »  (2)
Aux dessins viennent s’ajouter parfois quelques didascalies, qui ne nous éclairent pas vraiment sur ce que l’artiste a dessiné.
« Les didascalies  qu’elle sème parfois dans la marge, au lieu de nous renseigner, renforcent l’étrangeté de ces saynètes sauvages tracées d’un trait sobre, sans artifice, presque clinique. En jaillissent de cruelles fééries dans lesquelles le sens se dérobe, défie la raison-la sienne en premier-mais dont tout, absolument tout, transpire la résilience. C’est comme si nous assistions-à travers ce théâtre de la réparation fait de germinations, de floraisons, de simulacres de noces barbares, de fluides séminaux et de renaissances érotisées-à la plus vibrante des carthasis. » (1)

 « Certains artistes ont un lien direct avec le « ça » perché, l’inconscient, c’est un travail du sensible qui déjoue le manque de formation institutionnelle, ils sont aux aguets. Ce qui est tracé par la main de Marilena Pelosi se ressent sous la peau, l’intensité est au maximum, mais cela n’exclut pas l’agencement et la classification. » (2)
Pour Laurent Quénéhen « Trois mondes se croisent : le sexuel, le médical et le carnaval. »
 « Le carnaval suggère un retour vers l’enfance c’est le ressenti devant les géants des défilés. Lorsque l’angoisse est prégnante l’adulte redevient enfant sans défense, rempli de perceptions affolantes. La projection des peurs dans l’image construit un pare-feu, l’angoisse et les pulsions sont sorties des entrailles, c’est en substance « Guernica » de Pablo Picasso. Les fondements de Marilena Pelosi s’apparentent à cette œuvre majeure, notamment par le rappel de l’éclairage électrique, mais la répétition des séquences évoque chez Marilena le regard du commandeur, un médecin  harceleur qui surveille le théâtre des opérations. 
Derrière le Carnaval et Picasso, celui de Guernica en tout cas, comment ne pas entrevoir aussi  les grandes tragédies du XX°siècle.  D’abord celles des massacres de masse, de la mort industrielle, qui en soit, fut derrière les masques des criminels, ceux des victimes de ce carnaval funéraire, que nombre de travaux  peuvent évoquer, par les corps dénudés, amassés, transpercés, amputés, les crânes rasés ……Et puis apparait le médical, mais pas n’importe lequel, celui de la « médecine- tortionnaire », oxymore né bien involontairement par le biais de certaines thérapies asilaires ou délibérément pour ce qui des camps du III° Reich.
Le personnage féminin est arrosé souvent, aspergé d’eau froide. Cette armée de femmes est tortionnaire et victime, parfois femmes-hommes, elles deviennent collaboratrices à leur propre souffrance et réhabilitation. Le trait de ses dessins  a évolué ces dernières années, s’est augmenté de fines hachures : bourses pleines et poils apparaissent, mais les liens sont plus rares qu’auparavant; les êtres deviennent plus autonomes, indépendants. Les personnages de Marilena pourraient venir d’un cirque de cruauté. Le carnaval renverse les valeurs du bien et du mal, de l’homme et de la femme. Ici les séquences semblent de l’ordre du sadomasochisme, les fluides coulent, les corps sont découpés, pénétrés, sauvés par les femmes papillons, les femmes abeilles et les fleurs. L’homme devient parfois un personnage féminin et la femme prend les formes du masculin  ou de l’animal. C’est un rêve éveillé puissant, Marilena dessine ses vibrations internes. Ce sont des liens, ce qui se joue entre les êtres à chaque instant. Cela se remet debout dans le cirque qu’elle cite plusieurs fois : pubis fournis et sexes masculins en forme de saucisse, gros bâtons ronds qui provoquent l’effroi et le rire. Les hommes chauves se masturbent sur le côté lors des séances de soins, certaines deviennent des femmes-troncs sur roulettes, des femmes supports de phares ou tubes phalliques, le plus souvent des lumières scintillent comme des projecteurs, les met en valeur sur la piste. Ce sont des diablesses à la langue bien pendue, dans des cirques, bras en l’air, cheveux fleuris, les monstres et objets se partagent la feuille. Ses personnages sont casqués par des chevelures très marquées ou se déploient comme nuages évanescents frisés ou cheveux à moitié sur le crâne, ou carrément absent chauve. Les cheveux captent les ondes du ciel, ce sont des antennes frisées, leur absence transforme la tête en sexe masculin, la moitié forme un androgyne, un être spirituel et sexuel.
Ses  dessins sont structurés comme une usine en pleine activité, c’est un cirque forain, on monte, on descend, on remplit puis on longe parfois ses bras sans fin qui encerclent les ustensiles. Cela se déroule souvent dans le : « Cirque Ambroise Secret-CMP ». Le CMP est un Centre Médical psychologique Centre de Santé psychiatrique que l’on trouve dans toutes les grandes villes. Les liens qui circulent entre les êtres et les choses sont toujours présents, tout est lié par ceci ou cela. C’est une fonction mécanique et utile de l’être.
Cela peut partir du  cœur ou de la bouche, mais le plus souvent du ventre pour entrer dans les oreilles, le vagin, les orifices et ressortir comme un serpent médical. Le corps est  une usine qui se transforme en insecte, des robes sont cousues à même la peau, la langue pend, du jus coule des êtres et se retrouve aspiré par d’autres. Les fleurs sont attachées, reliées parfois à des croix juteuses. Marilena n’oublie pas l’ironie dans ses annotations, elle commente un dessin de femmes harnachées et infiltrer de toute part : « se figurer une certaine liberté ».
Apparaissent également des signes de la religion catholique, les expériences vaudous et les mutilations qui rappellent les sacrifices chez les Incas ou l’origine des religions : la théosophie analogique. L’ascèse comme le dérèglement des sens donnent accès au spirituel. Le théosophe est à la fois artiste, prêtre et philosophe, des mouvements se perpétuent au fil du temps, c’est le New Age et la Nouvelle Acropole en Amérique du Sud. Cette société inspirée des pratiques militaires comporte une brigade féminine et des forces vives. Marilena évoque la nécessité d’un passeur : « les vertus de ses pensées mobiles restaient encore cachées. Un agent de liaison est nécessaire ».
La femme et sa sexualité sont des axes majeurs des dessins de Marilena Pelosi. C’est une femme en quête d’amour qui répond à une demande mystérieuse de soins, elle est essentiellement représentée comme une poupée russe qui s’emboite, femme objet pénétrée, les cheveux et les poils pubiens en avant. La femme à un corps utile à l’expérimentation. C’est une femme soumise à d’autres sœurs-jumelles ou mère miroirs, plus petits ou plus grands, étirées parfois par ses membres, on tente de l’adapter à la bouche comme un vulgaire chewing-gum. Mais ces femmes  se soutiennent mutuellement, c’est un univers potentiellement saphique, un monde multiple, Marilena écrit : » Elles s’aiment beaucoup. Oui, elles sont vraiment très proches les unes des autres ». Dans certains dessins, la femme est omnipotente : pot de fleur, lampadaire, support de croix, chaise, alimentée par les gouttes de savon ou de sang. La femme est trouée, les viscères à l’air, le cœur transpercé, vidé. Sur ce théâtre des opérations, les femmes sont des vases à remplir sous l’autel. L’important est de combler les trous, tous les trous. C’est ce qu’organise Marilena dans ses dessins : une usine de découpage, recadrage où elle tente d’échapper à quelque chose qui la remplit, mais la tue. Elle note : « Recréation, se faire des ailes et ne plus aller vers lui ».
Des femmes sont parfois accompagnées d’un  haricot géant, une espèce de grande oreille qui sur le ventre ou posé sur la tête, un genre d’objet sexuel ou transitionnel. La femme est en l’absence d’amour et les haricots durs se sont substitués aux songes, c’est un monde sans sentiment qui laisse la jeune femme s’armer désespérément de machines à envoyer des cœurs et des fleurs.
Le travail de Marilena Pelosi condense et projette la puissance du désir féminin et ce qui lui fait barrage: la culpabilité, la religion et l’obligation de soins. Elle dessine l’histoire de cette emprise profonde et trace les attaches invisibles des manipulations internes et externes, à double interprétation, du mal qui est fait et qui permet d’échafauder des solutions : « rester accrochée à ses mailles pour ne pas mourir », elle crée des allitérations poétiques dans ses commentaires : « la fonction du double défrisement dans la protection d’une floraison tardive ». Marilena trouve des solutions plastiques et esthétiques aérées, c’est un espace stellaire où se joue la survie ; »Femme immortelle prise dans un piège mortel ». Son monde virevolte entre l’envie et la défiance, le plaisir et la souffrance, le bien et le mal ; elle annote un dessin : »Un parfum délicieux encerclait cette nourriture pourtant très mauvaise pour la santé ». Marilena Pelosi échappe à l’indigestion par la création, un crayon révélateur à la main. (2)


 
Ouvrage monographique, 48 pages en couleur, 20 x 20 cm
Ouvrage coédité avec les éditions Le livre d'art, 2009




(1) Avant-propos de Christian  Berst. p 9-10
(2) Préface de Laurent Quénéhen (commissaire d’exposition indépendant et critique d’art) p 12 à 17
(3) Laurent Danchin : l’anti vaudou de Marilena Pelosi.p 18 à 21
(4) Odile le Guern : Du vide au rien entre expérience esthétique et expérience esthétique (le vide en peinture), epubloication.unilim.fr 28 janvier 2014.

vendredi 27 septembre 2013

LE SINGULIER BOUDOIR DE BABART A LYON


Et BABART s'en va à Lyon pour la B.H.N. Biennale internationale d'art Hors les Normes !

Impossible pour moi  d'être à Lyon entre le  28 septembre et le  5 octobre alors j'attends avec impatience vos photos et vos impressions !

VERNISSAGE Lundi 30 septembre à 20h00





"Une mairie transformée en boudoir, un cocon rouge et noir ampli de créations brutes, dérangeantes ou poétiques, une librairie « Hors-les Normes »... Entrez dans l'Univers de l'association BABART et découvrez une sélection d'œuvres issues de son Artothèque.
Pour cette 5ème BHN, BABART présente une partie du fond de son Artothèque autour des artistes suivants: Joël Lorand, Evelyne Postic, Marilena Pelosi, Jo Guichou, Huguette Machado- Rico, Christine Bonin, Jean Philippe Durand et Marie Bernadette Bouyer
Des œuvres de Paul Amar seront également exposées en partenariat avec Les Nouveaux Troubadours.
Outre cette sélection, une œuvre de chaque artiste présent dans l'Artothèque sera exposé.   L'association présentera également une librairie spécialisée autour de créateurs Hors- Normes, que l'on pourra consulter en buvant un très bon café torréfié à l'ancienne dans le Gard...."


 Les Artistes :


* HUGUETTE MACHADO-RICO Vit et travaille à Vincennes

« Sans doute chaque tableau d’Huguette Machado-Rico est-il un petit poème dédié au bonheur de peindre, une petite musique de vie heureuse… mais c’est aussi là qu’on voit que le bonheur de l’expression est dans la cohérence d’un langage où les mots et la syntaxe se fécondent et se régénèrent mutuellement, comme au pays des cœurs purs et de leur jardin originel. »
Pierre Souchaud  Avant-propos du livre de la collection Iconofolio





* JEAN-PHILIPPE DURAND Vit à Cholet
Travailleur infatigable, il utilise des techniques où il mixte la peinture acrylique, le crayon et le pastel à l’huile. Ses difficultés psychomotrices ajoutent de la force et de l’émotion à une œuvre qui parle de la souffrance et de la vie. Jean Philippe DURAND, aujourd'hui en maison de retraite dans les Mauges vivait au sein de l'ESAT Arc-en-Ciel à Cholet


* MARIE- BERNADETTE BOUYER Vit et travaille à Cholet
Personnage haut en couleur et plein d’humour, Marie-Bernadette accompagne son travail d’éclats de rire, de jurons sonores et de considérations générales sur le monde. Pourtant l’œuvre qu’elle construit peu à peu, malgré son handicap visuel, nous révèle d’évidence que derrière le masque du clown, se cache toute la gravité de ses interrogations sur sa vie. Cette apparente difficulté à voir derrière ses  épaisses lunettes n’est qu’un leurre : Marie-Bernadette sait peindre    l’invisible.


* CHRISTINE BONIN Vit À CHOLET
Son œuvre, plutôt joyeuse est un journal intime où l’écriture et les teintes chaudes se mêlent en succulentes propositions. Le graphisme est très présent, le trait devient parfois brutal, la couleur se fait plus sourde. Des textes se mêlent au dessin, l’organisation du fond disparaît au profit de la figure.
Jean Philippe DURAND, Chritine BONIN et Marie Bernadette BOUYER, aujourd'hui en maison de retraite, vivaient au sein de l'ESAT Arc-en-Ciel à Cholet et participaient à l'atelier peinture encadré par Jean Boccacino. «  L’animateur ne suggère aucun thème. Il aide chacun à trouver la voie qui lui permettra d’élaborer une œuvre dans ce qu’elle exprime de plus fort, de plus urgent, avec un maximum d’autonomie dans la réalisation. Il n’y a aucune visée thérapeutique, il s’agit essentiellement que chacun découvre (après de longs tâtonnements ou exceptionnellement dès le début), les moyens techniques qui serviront au mieux son expression. »
Extrait du site artelier


* JO GUICHOU Vit et travaille à Nice
« Pour un artiste plasticien tous les matériaux sont nobles et c’est ce qu’il en fait qui est important. Mais personne avant Jo Guichou n’avait songé à la noblesse du chewing-gum et à en tirer partie de si belle manière. Le chewing-gum mâché devient ici matériau d’excellence et révèle des qualités plastiques insoupçonnées. Le gluten durci prend l’aspect de l’ivoire ou de l’albâtre pour donner naissance à de minuscules portraits qu’elle a enfermés dans un premier temps dans de précieuses petites boites. Aujourd’hui Guichou donne à son travail une autre dimension : les personnages de plus en plus nombreux sont mis en scène et composent de véritables tableaux colorés où elle associe poésie et critique sociale pour nous faire naviguer de notre enfance à nos préoccupations bien contemporaines. »
Texte issu d'un article dans Artension 33, janvier-février 2007







* JOËL LORAND Vit et travaille à Alençon
Face à une création de Joël Lorand il faut prendre le temps.  Plonger au cœur de ses personnages, suivre les lignes et courbes , se laisser happer par les regards envoûtants, par les variations de couleurs des crayons de couleurs... « J'ai été pâtissier presque un tiers de ma vie. Je pense q u'il reste qu'il reste dans mon travail un certain savoir-faire  : l'intelligence de la main, la volonté d'arriver à un produit abouti. »*
« Les gens ressentent quelque chose de torturé ou d'agressif dans mon travail : cela me chagrine. La vraie agressivité est dans la vie de tous les jours. Il n'y a chez moi aucune volonté d'agresser les gens. C'est plutôt une défense, celle d'une sensibilité exacerbée » *
Extraits issus d'une interview par Laurent Danchin publiée dans la revue HEY n°10







* MARILENA PELOSI Vit et travaille à Gauville La  Campagne
Quand son père a voulu la marier à un prêtre de la macumba, le vaudou brésilien, Marilena n’a pas dit non. Le lendemain, elle était partie pour toujours. Elle avait à peine dix-neuf ans, et après avoir beaucoup bourlingué et s’être ouvert les ‘portes de la perception’ sur toutes les routes tracées par ses aînés hippies, quelque vingt ans et deux divorces plus tard – un mari businessman, un autre marionnettiste –, elle s’est retrouvée en France, dans la campagne normande, aux environs d’Évreux. C'est là que, cette fois, vivant seule, elle consacre l’essentiel de son temps à l’exploration des images qui la hantent : par la voie du dessin et du coloriage. Un dessin direct, presque enfantin et proche de la ligne claire de la bande dessinée, qu’elle pratique de façon passive, à la manière des médiums aux ordres de l'inconscient, et dont le style très particulier décline en variations infinies le vocabulaire préformé de ses obsessions intimes.
Texte de Laurent Danchin







* EVELYNE POSTIC Vit et travaille à Lyon
Évelyne Postic a une œuvre au trait précis et assuré. Face à celle-ci il faut prendre le temps, se laisser emporter par les lignes et courbes, suivre ces enchevêtrements de formes, car il y a foule de détails à découvrir dans l'antre de ses personnages protéiformes,.
Ses travaux à l'encre sur toile présentés dans le fond de l'artothèque BABART ne sont que la face immergée de l'iceberg, l'aboutissement « temporaire » d'une recherche entamée à la fin
des années 80'.
Vous pouvez également découvrir les créations d'Evelyne Postic et de Marilena Pelosià la Galerie Dettinger-Mayer (Lyon)



 gestation de rêves encre sur toile 38X55cm
 L'homme transparent encre sur toile 55X38cm


* PAUL AMAR Vit et travaille à Paris
Paul Amar est né à Alger en 1919. Ancien coiffeur et chauffeur de taxi, il fait surgir ses visions et exprime son talent créatif dans son appartement d’un HLM parisien. Obsédé par la création d’œuvres grandiloquentes largement inspirées d'influences aussi diverses que le baroque, la religion ou l'art africain, il mélange ces courants artistiques en créant des tableaux grandioses faits de coquillages les plus divers (huîtres, coraux, bigorneaux, moules...) qu'il meule, cisèle et ajoure dans l’une des chambres de sa demeure qui fait office d’atelier.
Vous pouvez découvrir une grande partie de l’œuvre de Paul Amar à l'espace Paul Amar chez Les Nouveaux Troubadours à Saint Sever du Moustier (Aveyron).






* L' association BABART

L'Association BABART créée en 2010 à Collias (30) promeut tout au long de l'année des artistes « en marge » par divers actions.  Elle a par exemple créé en 2012 une Artothèque (bibliothèque d'œuvres d'art) qui compte aujourd'hui plus de 350 peintures et sculptures d'une quarantaine d'artistes « hors-normes ». Outre les abonnements à destination des particuliers, l'association développe également des abonnements pour les entreprises et les collectivités. Enfin, BABART retourne depuis quelque temps à l'école... Les élèves choisissent des œuvres qu'ils empruntent pour deux mois et réalisent ensuite des ateliers à partir des créations de l'Artothèque (en 2013, une quinzaine d'écoles du territoire participent à ce projet).
BABART organise également depuis 2010 un événement festif le second week-end de décembre: l'Épicerie de l'Art. Le principe est simple, les fruits et légumes sont remplacés par des petits formats à moins de cent euros. La manifestation est ponctuée par des concerts, des spectacles, des ateliers et un loto culturel ou les places de concerts et les livres prennent la place des écrans plats et autres jambons.
Enfin, après trois ans d'itinérance à l'échelle du Pays Uzège-Pont du Gard, l'association s'est dotée en mai 2013 d'un lieu permanent d'exposition: Le Tracteur. Projet collectif qui regroupe outre l'association, un restaurant, une épicerie, un pépiniériste, Le Tracteur est un lieu ouvert à l'année qui accueil l'ensemble des activités de l'association (Artothèque, Épicerie de l'Art, expositions temporaires...).




Le Singulier Boudoir
A la mairie de Lyon 3
215 rue Duguesclin 

 69003 Lyon


du 28/09/13 au 06/10/13

lundi au vendredi de 10h à 19h

samedi 9h à12 h
Fermé le dimanche



Vernissage Lundi 30 Septembre à 20h!

Association BABART Le Tracteur,
30210 Argilliers www.babart.fr –
 contact@babart.fr
06 13 07 63 59
06 49 23 13 01


(Merci à Victor Guinehut pour les visuels )