Un atelier comme je les aime !
Laetitia Crahay en parle :
Nadine Vergues, sa vie est un magnificat
Elle a dit oui à un coteau pelé en lisière des Grands Causses, elle
en a fait un lieu d’accueil, un lieu d’espoir, un lieu de vie, un petit
paradis.
Elle a dit oui à une vieille bergerie oubliée des hommes,
oubliée des ans, battue par les vents, elle en a fait son atelier
immense et lumineux; Ici le temps et les valeurs s’inversent. Quand,
pressé, bouleversé, stressé, vous le traversez, vous retrouvez l’âme
paisible et posée des vieux bergers qui savent goûter l’instant,
accepter l’éphémère des saisons, savourer le fruit de la moisson.
A
contrario, quand elle y reçoit, comme des invités choisis, quelques
matériaux laissés de côté par nos industries d’aujourd’hui, des morceaux
mis au rebut parce que trop petits, mal protégés ou tout simplement
oubliés au fond d’un hangar, elle les entoure de beaux objets du passé,
témoins de l’ingéniosité, de la beauté, de la bonté de ceux qui nous ont
précédés. Puis elle y pose son regard. Son regard qui dit oui. Oui à
l’accueil, oui à l’espoir, oui à la vie. Et c’est un futur impensable et
magnifique qu’elle offre à la matière rejetée, si celle-ci lui fait
confiance, dans ce mouvement à la fois spirituel et matériel, physique
et intellectuel, fulgurant et patient qu’est l’œuvre de création par
laquelle, humblement, dans un repli du temps enfoui au cœur du
quotidien, elle transfigure !
Oui, elle transfigure, à la fois
créature et créateur, elle transfigure textiles et métaux, rejets de
feutres et fin de rouleaux. Après parfois de longs et beaux dessins
préparatoires, armée de fers à souder, de machines à poinçonner, à
découper, à transpercer, à chauffer, elle détaille, elle entaille, elle
détoure, elle entoure, elle assemble, elle rassemble, elle coud, elle en
découd et elle recoud, elle soude, elle fond, et sous les coups de ses
coudes les miracles se font… Métamorphes inclassables, incassables et
délicats, tableaux sculptés dans la matière, assemblages de formes qui
se souviennent de l’humanité de leur créatrice, foule de visages sans
masques dont le regard, intense et intérieur, nous respecte et nous dit «
choisis ! ». Choisis ton coteau, choisis ta bergerie, choisis ton
espoir, choisis ta vie. Et si tu m’y accueilles, je serai l’invité,
celui qui nous réjouit, celui qui dit Merci. Alors, si une œuvre de
Nadine Vergues pose son regard sur vous, dites-lui, de tout l’amour de
l’être qui en vous est touché, dites-lui « Oui » !
NADINE VERGUES ET LES GRIGRIS DE SOPHIE
(cliquer)
SEPTEMBRE 2025























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