Les Grigris de Sophie ce sont bien sûr des broches, des colliers et des sacs … mais c’est aussi un blog !

Les Grigris de Sophie ce sont bien sûr des broches, des colliers et des sacs …

Mais c’est aussi un blog ! Un blog dans lequel je parle de CEUX et de CE que j’aime …
HHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
Vous trouverez ici des artistes, des lieux insolites, des recettes, des films, des expositions, des musiques, des spectacles, des photographies d’amis ….
Tout ce qui rend la vie meilleure, tout ce qui rend ma vie meilleure !

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lundi 24 septembre 2012

MARIE GEDEON : L'ACTE D'ABANDON

 
 




" L'an mil huit cent cinquante et un, le onze du mois d'octobre, à onze heures du matin, pardevant nous, Jean Charles Pierre Beauvais, premier adjoint et par délégation du maire, officier de l'Etat civil de la commune de Romorantin, canton de Romorantin, département du Loir et Cher, Jacques Beauvais, âgé de soixante douze ans, profession de portier à l'hospice de cette ville, domicilié à Romorantin, lequel nous a présenté un enfant du sexe masculin par lui trouvé aux grandes portes du dit hospice le dix Octobre courant à onze heures du soir, né de père et de mère inconnus, paraissant naissant (marques particulières de l'enfant) l'oreille droite percée passé un fil contenant deux perles bleues, au col un collier perles bleues semblables à celles de l'oreille, cousus dans un ruban satin bleu, au ruban est passé une croix, une médaille cuivre, une perle noire au poignet gauche un morceau passementerie noire (vêtements, un bonnet de toile blanche et garnie de mousseline claire, un serre tête de coton , une brassière de coton tricoté, deux bourras de coton bleu doublé pareil, un drapeau de toile guenille, une chemise de brassière de calicot, une têtière de calicot, le tout en très mauvais état) et auquel il a déclaré vouloir donner les prénoms et nom de Gédéon Marie " .




MARIE GEDEON sur les GRIGRIS
(cliquer sur le lien)

 

dimanche 23 septembre 2012

MARIE GEDEON ... ROMORANTIN 1851


En novembre 2010 est arrivée dans nos vies une belle histoire. Une histoire dont je n’avais jamais entendu parler et qu’une lointaine cousine de mon père avait retrouvée à force de recherches.

L’histoire de mon arrière-arrière grand père, petit bébé abandonné sur les marches de l’Hospice de Romorantin.

Jusque là rien de fascinant mais lorsque j’ai appris que cet enfant retrouvé « naissant » portait une boucle d’oreille et des grigris, mon émotion fut à son comble.

A partir de là jaillirent les plus folles hypothèses, les soirées les plus délirantes.

Ma sœur, ma fille, ma cousine et moi…. Au comble d’une excitation bienheureuse, à la tête d’un aïeul mystérieux.

Marie Gédéon de petit bébé abandonné devint «  notre petit pépé abandonné ».

Cet enfant trouvé le 11 octobre 1851  fut il un enfant tsigane, comme nous le pensons, ses parents périrent ils assassinés, s’appelait il Juan ? C’est ce que disent voyante et pendule mais là nous rentrons dans un monde irrationnel qui nous convient à toutes les quatre mais dans lequel vous n’avez peut être pas envie de pénétrer.

 Mais qu’importe, ce qui compte aujourd’hui c’est ce bonheur familial, cette complicité, les soirées …… et les coups de téléphones passionnés.

J’ai fait des recherches sur internet et découvert un ouvrage " Les enfants trouvés à Romorantin aux XVIIIe et XIXe siècles".

 Le GRAHS en la personne de Frédéric Auger a manifesté un réel intérêt pour mon histoire et cela m’a beaucoup touchée . J'ai eu la possibilité de  consulter ce livre . Rien hélas concernait cet aïeul.

J’ai bien sûr raconté à tous mes amis cette histoire familiale rencontrant à chaque fois le même enthousiasme.

Voilà cet aïeul habite en nous.

Je faisais des grigris sans rien savoir de tout cela et  c’est comme si tout à coup la pièce manquante était apparue.

Son existence est arrivée dans nos vies comme un cadeau.

Nous ne saurons rien des siècles passés. Marie Gédéon est à la fois le début et la fin de notre histoire familiale.

Depuis une pensée revient souvent, de quoi fut faite sa vie.

Il faut accepter les zones d’ombre et continuer les recherches !

Hélène et Laurence ont des dons, Apolline rêvait depuis toute petite d’être  gitane, moi je suis grigriteuse …..

 


 

Et bientôt sur les Grigris l'acte d'abandon de Marie Gédéon et .... une nouvelle série de broches " ORIGINE" faites de lin, de médailles, de rubans ...
 

samedi 22 septembre 2012

PHILIPPE PROVIGNON : COURBES ET ARABESQUES

PHILIPPE PROVIGNON dessine tous les jours, sur des supports variés (parfois de simples petits bouts de papier ).

La technique est impressionnante faite de minuscules petits points , de petits traits parfois.

L'inspiration est variée elle aussi : souvent influencée par les informations (récemment par la catastrophe du Japon ), la nature (paysage d'Ardéche...) , on trouve aussi des formes géométriques enchevêtrées d'où surgissent des visages, mais le plus frappant sans doute, ce sont les sphères qui envahissent ses dessins.

Il aime le fantastique et des Aliens protecteurs apparaissent parfois , l'artiste précise que ce ne sont jamais des prédateurs .

Il part sur une base et peu à peu dévie, une forme se présente parfois très loin de l'idée originelle et le dessin prend vie ...









                                           

                                           PHILIPPE PROVIGNON ET LES GRIGRIS DE SOPHIE
                                                                          (cliquer sur le lien)


vendredi 21 septembre 2012

LES BAIGNEUSES DE CLAIRVAUX DANS L'AUBE

Etonnante découverte que ces toiles vues lors d'une visite de l'abbaye-prison  de Clairvaux ....




" Ces peintures sur toile ont été réalisées par un détenu à perpétuité dans la prison de Clairvaux .
 Sans cadre ni châssis elles couvraient les murs du café de la commune de Ville-sous-la Ferté comme des bandes de papier peint dans les années 1930 .
A la fermeture du café, ces oeuvres furent vendues aux enchères avant d'être rachetées par la Drac. L'association Renaissance de l'Abbaye de Clairvaux en est aujourd'hui dépositaire .
Le détenu de Clairvaux qui a peint ces oeuvres aurait, selon la rumeur, obtenu l'autorisation de sortir une journée pour aller au café installer ses toiles . La rumeur dit aussi  que deux détenus seraient à l'origine de ces peintures, l'un ayant peint les paysages, l'autre les femmes .

" Cet homme sait peindre et connaît la peinture . Il en a vu, il sait composer une image, préciser un trait, choisir une manière et un ton . Le peintre n'est sorti de Clairvaux que pour montrer ses peintures dans un café . Puis il y est retourné "....  peut on lire sur des panneaux explicatifs ...


" À leur sortie de prison, deux détenus trouvèrent provisoirement le gîte et le couvert dans le café-restaurant du village voisin, Ville-sous-La-Ferté. Le patron connaissait-il leur talent de peintre ? Payerent-ils leur pension en décorant les lieux de 12 grandes toiles ? Le premier peignit de somptueux paysages, le second des jolies dames sur la plage. On a retouvé ces toiles, abandonnées dans un grenier"... peut -on lire sur le site  



Je ne sais où est la vérité mais ces tableaux,  à eux seuls,  méritent le déplacement .....


***LE SITE DE L'ABBAYE DE CLAIRVAUX  

*** LE FESTIVAL OMBRES ET LUMIERES 2012 du 21 au 23 septembre 2012

(cliquer sur les liens)


jeudi 20 septembre 2012

LA BICYCLETTE ROUGE DE KIM DONG HWA


Voici une série de petits ouvrages, je devrais dire de petits bijoux empruntés à la bibliothèque de mon quartier . Ce sont des livres à offrir ou s'offrir ...






" Si vous suivez le facteur sur sa bicyclette rouge, vous arriverez sans doute à Yahwari, un petit village au fond de la campagne coréenne. Vous y découvrirez à travers son regard ses habitants, âgés mais attachants avec leurs qualités, leurs défauts et quelque part aussi leur sagesse. Vous longerez avec lui ses jolies maisons aux noms poétiques, vous vous arrêterez sur le chemin pour admirer le travail des champs, vous saluerez le meuglement du bœuf tirant sa charrue et vous découvrirez la mélodie cachée qui se trouve partout… Le poète vous aura-t-il laissé un de ces poèmes que vous aimez tant dans sa boîte aux lettres ?

Une balade poétique au fil des saisons dans une campagne superbe et au milieu de personnages à la fois amusants et touchants, auxquels l’auteur a su donner l’humanité qu’il manque parfois dans les BD. Ces histoires courtes, ces petites nouvelles imagées rassemblées en quatre saisons dans chaque tome, savent nous transporter dans une bulle de calme et de douceur

Dans ce petit village perdu au fond de la Corée, les habitants de Yahwati vivent encore de la terre et de ses fruits avec une tendresse nostalgique et portent sur le monde moderne de leurs enfants et petits-enfants un regard étonné face à ses absurdités qui diffèrent tant de leur mode de vie traditionnel. Mais partout, dans chaque petite histoire, on peut retrouver des valeurs universelles : l’amour – que ce soit dans un couple ou dans une relation parent/enfant –, le respect ou encore simplement la joie de vivre et l’espoir. De belles  leçons de vivre qui nous font chaud au cœur…"







mercredi 19 septembre 2012

LE PETIT PARIS ET LES JOURNEES DU PATRIMOINE 2012



« Bien connu des amateurs d’architectures singulières, le Petit Paris de Marcel Dhièvre faisait partie de ces lieux que l’on disait depuis longtemps en voie de disparition. Aussi est-ce avec surprise et émerveillement que l’on assiste aujourd’hui à la résurrection de ce joyau de l’art naïf, proche de l’art brut par l’accumulation décorative. Et même si les puristes, amoureux de la poésie des ruines, y trouvent à redire, il faut saluer ici l’intelligence des responsables qui ont senti combien un lieu aussi charismatique pouvait contribuer à réenchanter un tissu social en pleine mutation. Et applaudir le talent artistique du restaurateur passionné qui a su, avec modestie, s’effacer derrière l’œuvre d’un autre pour en faire profiter les générations futures. » ce texte a été écrit par Laurent Danchin, écrivain et  critique d’art , pour LES JOURNÉES EUROPÉENNES DU PATRIMOINE de Saint Dizier.

Ce week end, en effet, LE PETIT PARIS et son restaurateur RENAUD DRUBIGNY ont été à l'honneur !
Plus de 700 personnes se sont déplacées pour visiter ce " petit bijou" et rencontrer celui qui a su rendre vie au lieu mais aussi aux sculptures de MARCEL DIEVRE .
Une belle réussite pour la ville de Saint-Dizier !














Merci à Stéphane Lahierre pour son accueil chaleureux et sa disponibilité .



(Laurent Danchin, Renaud Drubigny et Stéphane Lahierre devant le Petit Paris- 15/09/12)

 





 (qui propose un texte de Laurent Danchin traduit en anglais)


(cliquer sur les liens)


Et bientôt sur LES GRIGRIS les cerfs de Marcel Dhièvre !


mardi 18 septembre 2012

L'ENCHANTEUR DE RENE BARJAVEL ... ET LA PASSIFLORE




" Le jour de son mariage Merlin lui fit un cadeau : il créa pour elle une fleur qui porte depuis lors son nom .
On la nomme passiflore et aussi fleur de la Passion .
Au grand soleil elle grimpe le long des murailles . En infusion elle calme les chagrins, et ses fruits font une bonne confiture . "






Pour Héléne ...
(cliquer sur le lien) 

lundi 17 septembre 2012

LANGUE ET LARME DE CERF





 *****  Dans un livre étonnant emprunté à la bibliothèque " Recueil de recettes pour remèdes et autres secrets" on peut lire page 165 ....

LANGUE DE CERF (Asplenium scolopendrium)

Les propriétés de cette plante qui n'est citée qu'une fois dans le manuscrit, sont ainsi résumées par Chomel dans son article Scolopendre ou Langue de cerf : " Ses feuilles sont estimées pour les maladies du foie et de la rate; on les emploie communément avec les capillaires dans l'eau bouillante ou la tisane ; quelques-uns même les font sécher et en prennent un gros jusqu' à deux pour les obstructions du foie."
Selon Lémery, " la plante est un peu astringente, pectorale, vulnéraire, apéritive, propre pour la maladie de la rate et de la poitrine ."


***** Dans une revue feuilletée par hasard ...  " Sciences et vie " peut être,  j'ai lu les lignes suivantes :


FAITES PLEURER LES CERFS

" Les apprentis sorciers de la médecine empirique prêtaient de grandes vertus aux larmes de cerf. L'animal a la réputation de secréter beaucoup de larmes , qui s'écoulent dans ses lamières, deux petites fentes situées sous ses yeux . Puis le précieux fluide s'épaissit et prend une coloration jaunâtre.
En potion les larmes de cerf réchaufferaient le corps  et constitueraient un puissant antidote contre les poisons ."




****  "Les cerfs pleurent quand ils sont aux abois."

**** Cette sculpture trouvée sur google ...





dimanche 16 septembre 2012

MARIE-PIERRE GABEUR EXPOSE A AUMENANCOURT LES 15,16, 22 ET 23 SEPTEMBRE 2012


" Une belle alchimie entre les planètes de Mireille Mallet et "les mosaïques Pessoa" de Marie Pierre Gabeur ... "





" Marie-Pierre Gabeur travaille dans son atelier rue Libergier à Reims où elle produit des peintures en formes de poésies, à moins que ce ne soit l’inverse.
Ses toiles sont de grands kaléidoscopes de couleurs éclatantes dans lesquels on rencontre des personnages qui nous entraînent dans un tourbillon d’histoires."








" Mireille Mallet, installée à Orsay, travaille le grès et la porcelaine cuits à 1280° en four à gaz. Ses recherches sur les textures la conduisent à produire de multiples variations du traitement des terres, créant ainsi une ambigüité de la matière."














Le centre culturel d'Auménancourt sera ouvert les week end des 15 et 16 et 22 et 23 septembre  de 14h30 à 18h30.
( à 15 min de Reims route de Vervins)




LE SITE DE MARIE-PIERRE

LE SITE D'AUMENANCOURT

LE SITE DE MIREILLE MALLET 


Cette église est chère à mon coeur, voici un lien vers BERNARD COULON et ses stèles magnifiques ...
Souvenir émouvant d'une exposition de 2008 .....


samedi 15 septembre 2012

LE PETIT PARIS VU PAR LAURENT DANCHIN ET HENRI-PIERRE JEUDY


J'aimerais vous présenter aujourd'hui deux textes écrits sur LE PETIT PARIS de SAINT DIZIER  .
Le premier par Laurent Danchin ,écrivain, critique d’art , le deuxième par Henri-Pierre Jeudy, sociologue .




Voici donc le texte de Laurent Danchin :

" Les maisons peintes, décorées par leurs habitants eux-mêmes, étaient autrefois nombreuses à la campagne, surtout dans les régions et les pays où dominait le bois, et c’était un trait distinctif de l’art populaire à l’ère préindustrielle où, dans les auberges ou les fermes, portes et volets peints, barrières ornées, décors de cheminées et épis de faîtières, n’étaient pas rares. Sans compter les mille et une façons de colorer les façades et d’égayer les huisseries, les gouttières, les toits, les murs aveugles, etc., pour agrémenter le décor d’un quotidien souvent ingrat. Dans un contexte urbain et à l’époque moderne industrielle, où sont apparus des supports nouveaux – volets de fer, plâtre, ciment armé –, tandis que l’habitat se laissait enfermer dans un carcan de réglementations très strictes, l’équivalent est beaucoup moins habituel. C’est ce qui fait d’abord l’originalité et le caractère ‘hors-normes’ du Petit Paris de Marcel Dhièvre, qu’aux Etats-Unis sans doute les connaisseurs considéreraient tout simplement comme un cas typique d’art populaire (Folk Art) contemporain, c’est-à-dire de Folk Art urbain, caractéristique d’une époque de mutation où le fil de la tradition a été rompu.

En France, où la critique est plus pointilleuse pour qualifier l’art des autodidactes, des amateurs inventifs et autres bricoleurs inspirés, on distingue art naïf, art brut et art singulier, et ces trois termes ont été ou pourraient être légitimement utilisés à propos du petit chef d’œuvre de Saint-Dizier. De l’art naïf, le Petit Paris a la dimension essentiellement profane, décorative et un brin moralisatrice (la fable du corbeau et du renard). Et ses médaillons de la Tour Eiffel ou de l’Arc de Triomphe, éloge à la fois de la capitale et du patriotisme, font même partie des poncifs traditionnels de l’art naïf, sans que l’ensemble ne manifeste par ailleurs aucune dimension ni religieuse ni métaphysique, contrairement à la maison de Picassiette, à Chartres, ou à la Maison Bleue d’Euclides Da Costa à Dives-sur-Mer, auxquelles le « casseur d’assiettes » d’Eurville et de La Noue pourrait faire penser. Quant aux colombes, aux papillons, aux oiseaux, aux libellules, avec tous les motifs végétaux qui les accompagnent, ils contribuent clairement à rythmer un décor et à meubler l’espace dans un souci de pur embellissement.

Si pourtant on a pu parler parfois d’art brut, par commodité sans doute au départ, parce que le mot est porteur pour désigner les créations insolites des autodidactes, ou pour qualifier la survivance incongrue d’une forme de pratique artisanale ou de bricolage en milieu industriel, on peut y trouver au moins une solide raison : la surcharge décorative ou l’horror vacui qui semble se manifester partout dans l’oeuvre, à l’intérieur comme à l’extérieur, une caractéristique bien connue de l’art brut exprimant en général un excès d’énergie, concentré de façon maniaque, obsessionnelle, sur une fin unique, une idée fixe. Comme Robert Vasseur à Louviers, Marcel Dhièvre, une fois sa tâche de décoration entreprise, ne put jamais s’arrêter,et c’est cette obstination dans la surenchère, à leurs yeux inexplicable, que certains voisins jugeaient sans doute « démesurée ». Alors que c’est par elle au contraire que l’auteur nous apparaît, non pas comme un artiste – il refusait le mot – mais comme un vrai créateur. Dhièvre, qui avait conscience de l’importance de son œuvre, était, paraît-il, « peu causant ». Méprisant le confort, il ne cherchait pas à vendre et refusait les commandes, et pendant trente ans, malgré une main paralysée, il développa une activité incessante, pour séduire un public virtuel qui ne se présentait que rarement. Tout cela sonne familièrement aux oreilles des amateurs d’art brut, qui savent intuitivement la différence entre l’individu habité jour et nuit par une vision personnelle originale et le simple peintre du dimanche.

Singulier, enfin, le Petit Paris l’est évidemment, c’est-à-dire unique et ne ressemblant à rien d’autre (même si les historiens pourraient y voir comme un lointain écho de l’art de la rocaille, né un siècle auparavant). Ce qui n’empêche pas son auteur d’appartenir à la grande famille, aujourd’hui internationale, de ceux que le photographe Jacques Verroust, qui le rencontra in extremis, quelques mois avant sa mort, appela Les inspirés du bord des routes, dans le titre d’un livre fameux publié en 1978 avec l’écrivain Jacques Lacarrière.





Et celui d' Henri-Pierre Jeudy

Magasin de lingerie et de bonneterie, le Petit Paris a été transformé par Marcel Dhièvre en ce qu’il est convenu d’appeler un lieu « d’art insolite ». Pour des raisons de taille, l’espace choisi par des habitants paysagistes est rarement dans une ville, il se trouve plutôt à l’écart des milieux urbains. Choisir son propre magasin en ville est une manière de capter quotidiennement le regard des citadins dans l’espace public.

En ne se retranchant pas sur un territoire plus ou moins caché que les gens viennent découvrir, tel un secret dévoilé, Marcel Dhièvre offre la possibilité d’une visibilité immédiate des multiples expressions métaphoriques de sa féérie. Les façades qui ne sont pourtant pas grandes, présentent sa légende en « pleine ville », provoquant des effets d’étrangeté malgré la vue familière qu’impose son implantation rendue plus monumentale depuis sa restauration. Le Petit Paris manifeste sa souveraineté urbaine grâce à la passion de cet homme inventif qui a créé en son lieu une véritable constellation de symboles connus de tous. C’est un livre « à ciel ouvert ».

Dans sa voyotte, Marcel Dhièvre travaillant chaque jour l’édifice lilliputien de son Petit Paris, conviait les voisins et les passants à confectionner les façades de leurs habitations, aussi exigües fussent-elles, en paysages imaginaires. Aurait-il souhaité que dans toutes les voyottes les fruits de l’imagination de chacun créent une nouvelle esthétique urbaine ? Le terme de voyotte serait alors devenu l’expression d’un
mythe. Une nouvelle utopie urbaine aurait été mise en scène avec une reconquête de l’espace public par le travail quotidien de créations pour le moins singulières.

Ce que Marcel Dhièvre, tout au long de sa vie et du temps consacré à son œuvre, révèle au regard des passants et des voisins, c’est le paradoxe d’une « intimité publique ». Comme dans un rêve éveillé, il dévoile l’intimité de son imagination en la figurant dans le grand récit de ses deux façades du Petit Paris. Il recrée publiquement une énigme familière qui soutient la lecture pour tout un chacun de ce récit devenu légende du monde tout en puisant son inspiration dans les signes tangibles de la réalité telle qu’elle nous est présentée conventionnellement.

Marcel Dhièvre tire de la convention (la Tour Eiffel représentant Paris) ce qui fait la puissance de son imaginaire. Il intériorise le dehors en jouant avec les signes les plus stéréotypés de notre culture. Telle est son originalité de citadin paysagiste.


*** LE SITE DU PETIT PARIS

*** LE SITE DE LAURENT DANCHIN

*** LES GRIGRIS DE SOPHIE ET LE PETIT PARIS

(cliquer sur les liens)



les photos présentées aujourd'hui appartiennent à Francis Dhièvre (qui  a accepté de me les prêter pour Les Grigris !) et ne sont pas libres de droit 


*** JOURNÉES EUROPÉENNES DU PATRIMOINE 2012 :

Le Petit Paris sera ouvert au public samedi 15 et dimanche 16 septembre dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine ayant pour thème cette année les "Patrimoines Cachés".

 Dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine, venez assister à deux conférences au sujet du Petit Paris : le 15 septembre à 20h30 et  le 16 septembre à 14h30.


* Samedi 15 septembre, à 20h30 : Laurent Danchin

Lieu : Salle du Conseil municipal, Hôtel de Ville de Saint-Dizier

Classiques de l’art brut et singulier : de Jean Dubuffet aux singuliers de l’art.

* Dimanche 16 septembre, à 14h30 : Sophie Lepetit

Lieu : Salle du Conseil municipal, Hôtel de Ville de Saint-Dizier

Mon tour de France d’Art Brut : rencontre avec des créateurs et des lieux insolites.




vendredi 14 septembre 2012

LES JOURNEES DU PATRIMOINE DU 15 ET 16 SEPTEMBRE 2012 ET ... L'ART BRUT

LES JOURNÉES EUROPÉENNES DU PATRIMOINE partout en France regorgent de propositions nombreuses et enthousiasmantes ... en voici quelque unes !

**** LA MAISON DE MARIETTE







"la maison de Mariette"
sera ouverte
de 10 heures à 20 heures

au plaisir de vous rencontrer...


LE SITE DE MARIETTE



**** LES ROCHERS DE ROTHENEUF et l'invitation de JOELLE JOUNEAU





Venez nombreux vous balader sur les pas de l’Abbé Fouré …


Nous vous attendons à 14 h – place de l ‘Eglise de Rothéneuf : c’est un peu tôt pour un dimanche mais c’est que la marée n’attend pas … Avec un coefficient de 101, la mer sera basse à 15 h 11.

Nous commencerons par la présentation de l’Ermitage de l’Abbé Fouré : lieu de son musée bois : plus de 200 sculptures peuplaient galeries et jardin…


Ensuite, nous irons directement rejoindre la grève pour une balade sur la plage en découvrant les rochers sculptés :

Sensations garanties :

• comment faisait l’Abbé Fouré pour sculpter son oeuvre ?

•l’état de l’autel ST BUDOC est alarmant !

•et nombreuses autres découvertes !

Puis nous repartirons à la Pointe du Christ : lieu préféré de l’Abbé Fouré …

Nous irons à la Fontaine Jacques CARTIER ou en parlerons

et notre retour nous emmènera vers le Puits derrière l’Eglise de Rothéneuf : la boucle sera bouclée…


N’oubliez pas : chaussures de marche indispensables…

A dimanche…


LE SITE DES ROCHERS








**** Ghyslaine et Sylvain Staëlens exposent  à la Galerie de la Halle Saint Pierre leurs sculptures d'assemblage.













Vernissage le samedi 15 septembre 2012 à 14h.

Halle Saint Pierre
2 rue Ronsard 75018 Paris
Entrée libre.



Ouvert de 10h à 18h.
Samedi de 10h à 19h
Dimanche de 11h à 18h





*** Le  Jardin de Gabriel à Nantillé





Samedi 15 septembre à 21 h : Spectacle : Hommage à Gabriel Albert organisé par l’Association des Amis du Jardin de Gabriel et présenté par Jean-Marie Bréhier de la Comédie de l’Eperon.

Évocation en mots et en musique de Gabriel Albert, habitant de Nantillé, menuisier qui, la retraite venue, se fit sculpteur et transforma son jardin en cité idéale abritant près de 400 personnages venus d'horizons divers, réels ou imaginaires.

Sans formation artistique, il composa seul un univers "naïf" dont les créatures, puisées aux sources de l'art populaire ou sacré, aux illustrations des magazines, à la vie rurale, aux contes de l'enfance ou à des rêves de féminité témoignent d'un besoin prodigieux de faire, de construire, d'inventer. Floraison fantastique de présences, le jardin de Gabriel est une invitation à franchir une frontière vers un monde en quête de douceur, d'innocence, de beauté.

Spectacle déambulatoire d’environ 1 heure. Nombre de places limitées. Entrée libre avec participation au chapeau. Réservation obligatoire auprès de l’Office de Tourisme de St Jean d’Angély & St Hilaire de Villefranche au 05.46.32.04.72.



Dimanche 16 septembre de 14h à 16h : Visites commentées du Jardin de Gabriel organisées par l’Association des Amis du Jardin de Gabriel.

Découverte du Jardin de Gabriel, jardin peuplé de 388 statues à échelle humaine. Venez découvrir ce site insolite où l’on croise des célébrités comme le Général de Gaulle, Georges Brassens, Charlie Chaplin…, des personnages de contes et de fables, et bien d’autres. La visite inclut la découverte de l’atelier de l’artiste Gabriel ALBERT (1904-2000).

Pour ces deux dates : Rendez-vous au lieu-dit « Chez Audebert », le long de la D129, (Route Aulnay-Saintes), commune de Nantillé.


Et si bien sûr vous avez vent d'autres manifestations je suis preneuse !

jeudi 13 septembre 2012

LES JOURNEES DU PATRIMOINE A SAINT DIZIER : LE PETIT PARIS A L'HONNEUR !




Le Petit Paris sera ouvert au public samedi 15 et dimanche 16 septembre dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine ayant pour thème cette année les "Patrimoines Cachés".







**** Conférences autour du Petit Paris

* Samedi 15 septembre, à 20h30 : Laurent Danchin
Lieu : Salle du Conseil municipal, Hôtel de Ville de Saint-Dizier

Classiques de l’art brut et singulier : de Jean Dubuffet aux singuliers de l’art.

Découvert et baptisé par le peintre Jean Dubuffet en 1945, l’art brut était à l’origine une forme spontanée, non professionnelle, de création, dont les auteurs – pensionnaires d’hôpitaux psychiatriques, médiums spirites ou marginaux illuminés –, œuvraient le plus souvent dans la solitude, poussés par une irrépressible nécessité intérieure. Aujourd’hui cette forme d’art, non savante mais fortement inspirée, a de nombreux descendants que désigne une multiplicité d’étiquettes : art singulier, art hors les normes, création franche, neuve invention, art outsider, etc. Autant de sous-catégories d’un genre insolite, aujourd’hui très à la mode, et qui est au cœur des mutations de l’art populaire contemporain.

Abondamment illustrée, cette causerie présentera quelques grands classiques de l’art brut mais également des cas plus récents d’art autodidacte spectaculaire.

Ecrivain, conférencier, critique d’art et commissaire d’expositions, Laurent Danchin (né le 1er octobre 1946) est agrégé de Lettres Modernes, ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure. Il a fait sa carrière dans l’enseignement secondaire à Nanterre et à Boulogne-Billancourt, mais a également enseigné la culture générale et l’analyse filmique dans une école de dessin (illustration, bande dessinée, dessin animé, infographie) à Lyon (Ecole Emile Cohl, 1985-1990).

Ses dernières expositions : Marcel Storr, bâtisseur visionnaire (Pavillon Carré de Baudoin, Paris, décembre 2011, mars 2012), Stars of Africa (Musées de Hämeenlinna, Kokkola, Kajaani et Oulou, Finlande, 2011), Aux marges de l’art brut (Territoires de l’art Modeste, MIAM, Sète, 2011), Chomo – Le débarquement spirituel (Halle Saint Pierre, Paris, 2009-2010).

Ses derniers ouvrages : Médiums et virtuoses – Le dessin à l’ère des nouveaux médias, (Ed. lelivredart, Paris, juin 2009), Pour un art postcontemporain (Ed. lelivredart, Paris, 2008), Art Brut – L’instinct créateur (Gallimard, Découvertes, novembre 2006).

* Dimanche 16 septembre, à 14h30 : Sophie Lepetit

Lieu : Salle du Conseil municipal, Hôtel de Ville de Saint-Dizier

Mon tour de France d’Art Brut : rencontre avec des créateurs et des lieux insolites.


Et des photos très récentes, prises fin août, lors de ma venue à Saint-Dizier








Le Petit Paris est une restauration exemplaire. Il est le fruit d’une collaboration réussie entre différents intervenants qui ont tous agi dans le même sens !
Je me réjouis de ce qui EST aujourd’hui à Saint-Dizier et félicite Monsieur le Maire, François Cornut-Gentille, qui a voulu faire du Petit Paris « une surprise » et un atout pour sa ville, Katy Couprie qui a choisi en 1996 cette maison pour « sa lumière particulière dans le paysage urbain » et bien sûr Renaud Drubigny, qui, par sa grande compétence a rendu son âme au lieu.
« Pour moi l’essentiel est de faire sourire les gens quand ils passent et d’égayer la rue, j’ajoute juste un peu de couleur dans la grisaille des jours » disait Marcel Dhièvre, il serait heureux aujourd’hui !
M. Cornut- Gentille lui espérait « fédérer l’esprit d’un quartier et faire de Saint-Dizier une
ville unique ».
Le Petit Paris plus qu’un simple musée est devenu lieu de mémoire et lieu d’avenir, l’esprit d’hier dans la vie d’aujourd’hui et de demain, tout simplement le lien entre hier et aujourd’hui !

Le Petit Paris car un lieu singulier rend une ville heureusement singulière !


Et des photos des tableaux qui seront visibles à l'intérieur de la maison en ce week end des journées du patrimoine ...















LE SITE (tout récent!)  DU PETIT PARIS pour en savoir plus sur MARCEL DHIEVRE !