Les Grigris de Sophie ce sont bien sûr des broches, des colliers et des sacs … mais c’est aussi un blog !

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Mais c’est aussi un blog ! Un blog dans lequel je parle de CEUX et de CE que j’aime …
HHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
Vous trouverez ici des artistes, des lieux insolites, des recettes, des films, des expositions, des musiques, des spectacles, des photographies d’amis ….
Tout ce qui rend la vie meilleure, tout ce qui rend ma vie meilleure !

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samedi 1 août 2015

LES GRAVURES RUPESTRES DE TANUM EN SUÈDE

ÉTÉ 2009 ...

Nous choisissons d'atterrir à Göteborg pour découvrir  
LES GRAVURES RUPESTRES DE TANUM EN SUÈDE !
Une splendeur qui mérite tous les kilomètres parcourus !
A voir ABSOLUMENT !

 


 

 

 

 

 

 

 


"Les gravures rupestres de Tanum se trouvent sur la côte occidentale de la Suède, approximativement à équidistance d’Oslo et de Göteborg, à environ 150 kilomètres au nord de Göteborg, dans la province historique de Bohuslän. Elles sont parmi les plus célèbres des gravures rupestres de Suède. Le site est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1994.

Dans la Scandinavie du nord, larges régions de la Norvège et centre de la Suède, de nombreuses gravures représentant des chasseurs et des animaux peuvent être rattachées au temps mégalithique.
Plus au sud, les gravures, réalisées sur des dalles rocheuses, concernent plutôt la vie d'agriculteurs et datent de l'âge du bronze. En Allemagne (Schleswig-Holstein et Basse-Saxe) sont présentes des cupules, des images de mains ou pieds, des images du soleil et des figurations humaines. Au Danemark, des centaines de gravures, surtout de cupules, ont été relevées. En Norvège, les gravures les plus importantes se trouvent dans l'Ostfold, le Rogaland et le Trøndelag (près de Trondheim).
Les gravures sont beaucoup plus nombreuses en Suède, notamment dans le Bohuslän, l'Östergötland et l'Uppland. Au Bohuslän, environ 1 200 rochers plats portent des figurations.

La région de Tanum
La région est particulièrement riche en vestiges préhistoriques, dolmens et caveaux funéraires de l'époque mégalithique, gravures rupestres et tumuli de l'âge du bronze, champs de sépultures, menhirs, « Domar-ringar » (« cercles des juges  ») et grosses pierres disposées en forme de navires datant de l'âge du fer.
Les fresques ont été gravées, par martelage à l'aide de pierres dures, sur des dalles de granite au début de l’âge du bronze, entre 1800 et 500 av. J.-C.. Cependant, quelques gravures de Vitlycke, d'hommes portant des boucliers quadrangulaires, ne sont sans doute pas plus anciennes que 300 av. J.-C..
Les motifs représentés sont significatifs des croyances des hommes dans cette région du Sud de la Suède. Les thèmes agricoles et de chasse sont nombreux, de même que des navires. Les gravures sont généralement groupées en de petits tableaux séparés, mais il existe aussi de larges scènes. Plus de 10 000 gravures ont été identifiées dans la région de Bohuslän.
La plupart des gravures ont été, pour plus de lisibilité, mises en évidence par une peinture rouge mais nul ne sait si elles étaient colorées à l’origine.

 LES SITES

  • Vitlycke, à deux kilomètres environ au sud de Tanum, présente sept groupes de fresques. La plus grande, sur une dalle inclinée de 30 à 35 degrés par rapport à l'horizontale, a une hauteur de 7 mètres sur une largeur de 22 mètres. Plus de 400 images et symboles y sont assemblés, dont environ 250 figurations et 165 cupules. Elle réunit notamment de nombreux navires et un célèbre couple de « jeunes mariés » (Images n° 1 et 2) avec à proximité un homme brandissant une hache.
Six autres ensembles, nettement moins importants et plus dégradés, se trouvent plus au sud, sur une distance totale d'environ 500 mètres. Le deuxième présente un bateau d'une forme relativement rare dont le pont est courbe, le quatrième plusieurs oiseaux (grues ?) au long cou chassés par un homme levant une hache.
Deux tumuli funéraires (Image n° 3) faits de grosses pierres se trouvent sur les hauteurs.
Un musée consacré aux gravures a été établi sur ce site, proposant également une ferme d’époque reconstituée.
  • Finntorp, à un kilomètre environ au nord est de Vitlycke, est plus difficile à trouver.
  • Aspeberget, à un kilomètre environ au sud de Vitlycke : parmi les nombreuses scènes, celle de troupeaux et de leurs gardiens, un archer, un laboureur, un chariot (Image n° 4).
  • Litsleby, à un kilomètre environ au sud-ouest d'Aspeberget présente des cupules et des traces de pieds, des figurations humaines et animales, en particulier la gravure de plus de deux mètres d’un homme portant une épée et un javelot, la plus grande jamais identifiée de cette époque (Image n° 5). Le site de Tegneby se trouve à 100 mètres (homme sur des chevaux).
  • Fossum, à trois kilomètres environ au nord-est de Tanum. Le site compte autour de 200 gravures, datant de 700-600 av. J.-C. (nombreux bateaux et figurations humaines portant des épées et des haches).
Interprétation
Les interprétations contemporaines s'accordent à reconnaître une dimension religieuse à ces gravures, en liaison avec les croyances et les cultes de populations pratiquant l'agriculture.

Cupules
On trouve ces creux circulaires en forme de coupes, d'un diamètre de deux à cinq centimètres et d'une profondeur d'un centimètre, sur la plupart des rochers. Le site de Vitlicke en compte autour de 165. Une ligne verticale de sept mètres, sur la partie droite de la dalle principale, en assemble 68 (Image n° 6).
Ces cupules furent interprétées comme figurations du soleil, de la lune, des astres ou de gouttes de pluie. Évoquant les trous creusés avec les plantoirs dans les champs pour y semer les céréales, on les a considérées aussi comme symboles de la fécondation de la terre par le dieu du ciel.
D'autres interprétations avancent que ces cupules ont été gravées pour libérer la force ou « mana » de la roche, la poudre de pierre obtenue par le forage étant ensuite mélangée aux semailles et au fourrage pour transférer sa fertilité au sol cultivé et au bétail.

Traces de pieds

Soit le contour seul du pied a été dessiné, un trait transversal complémentaire pouvant évoquer la courroie fixant un soulier ou une sandale, soit le pied probablement nu a été gravé en entier avec des orteils.
Ces traces peuvent être interprétées comme celles de la divinité et signes de sa protection.
Elles peuvent aussi être mises en rapport avec des cultes funéraires, une légende islandaise indiquant qu'on avait l'habitude de munir le défunt de souliers pour le protéger des pierres coupantes et des épines durant son voyage vers le pays des morts.

Soleils

Les images de soleil sont associées à des cupules et des figurations d'hommes et de bateaux. Elles sont souvent composées d'un cercle et d'une croix. On rencontre à Vitlycke une douzaine de soleils.
Près de la longue ligne de cupules, une figuration d'homme de plus grande taille que de coutume présente des cercles concentriques au niveau de l'estomac, le corps de deux autres hommes est composé de croix solaires. Un autre homme encore porte à la main un disque, soleil ou tambour (Image n° 7).
Un motif particulier est composé d'un petit disque entouré de quatre figurations ramifiées. Il peut s'agir du soleil et de ses rayons ou de la terre et de ses plantes. Pour certains, le motif témoigne d'un culte solaire, pour d'autres un tel culte, qui n'a dominé qu'une période de l'âge du bronze, n'a que peu d'importance dans la compréhension des gravures rupestres.

Navires

Bateaux et canots sont avec les cupules les motifs les plus fréquents. Vitlycke présente environ 90 bateaux de taille variable, de 15 centimètres à 3,6 mètres. De petits traits verticaux représentent généralement les hommes de l'équipage, dont les têtes sont quelquefois indiquées sous forme de cupules. Aucune rame n'est jamais visible.
Plusieurs types de navires utilisés pendant l'âge du bronze sont probablement représentés, les canots étant peut-être constitués de troncs d'arbres creusés. Les bateaux les plus grands devaient être faits de peaux dont est stylisé l'assemblage par des traits verticaux ou des croix (Image n° 8).
On a pu penser que ces figurations avaient un caractère magique et étaient destinées à assurer la richesse aux marchands de l'âge du bronze. L'explication n'est sans doute pas suffisante quand on observe les scènes où les hommes sont dessinés les mains levées et offrant des haches (Image n° 8). Il ne s'agirait pas de navires employés pour un usage normal mais pour un culte.
Un autre bateau est visible sur le sixième ensemble Vitlycke, avec à bord un homme debout tenant un objet de forme courbée au-dessus de sa tête et six autres, agenouillés ou accroupis et mains levées, tenant également des objets.

Figurations humaines

On en dénombre plus de 50 à Vitlycke dont l'une, avec des bras à l'horizontale de 4,5 mètres de long, pourrait être l'image d'un prêtre.
De nombreux hommes sont représentées les mains levées (Image n° 9), signe de la dimension religieuse des gravures. Ils sont souvent armés d'épées, de javelots, d'arcs ou de haches (Images n° 11 et 12). Plusieurs sont représentés avec un long phallus. Certains présentent de forts mentons ou leurs têtes sont ornées de cornes ou d'autres attributs.
Deux figurations féminines seulement sont clairement identifiables à la présence de nattes ou de plus larges chevelures. L'une d'entre elles, les genoux courbés, est parfois considérée comme l'une des plus belles gravures de l'âge du bronze (droite de l'image no 10). Sa position rappelle celle de certains personnages (orants) placés à bord des bateaux.
L'une des gravures les plus remarquables de Vitlycke est celle dite des « jeunes mariés  » (Image n° 1), représentant un homme et une femme (cheveux longs) qui s'embrassent. À leur gauche un homme, deux fois plus grand, est tourné vers eux et lève une hache. Sans doute est-ce une divinité, du tonnerre ou de la foudre. Une hypothèse interprète la scène comme noce rituelle et fécondation symbolique de la déesse-mère.
Il semblerait que la mort et les funérailles du dieu de la fertilité, moment important de l'année agricole, soient évoquées en une scène de « lamentation » (Image n° 10) où la femme agenouillée se penche sur un homme, portant une épée, dont les pieds touchent un bateau. Cette figuration correspondrait aux cérémonies pratiquées en automne lors du départ en bateau du dieu de la fertilité, dont le retour est accueilli en triomphe au printemps. Ce retour est probablement représenté dans la scène où sept petits « orants » (Image n° 9) sont placés devant une silhouette, beaucoup plus grande, du dieu ou du représentant de son culte.
Le haut de la grande dalle de Vitlycke, de part et d'autre de la ligne de cupules, présente une scène de lutte (Image n° 2) sans doute plus rituelle que réelle, celle des représentants de l'été et de l'hiver, comme il en a existé dans les fêtes populaires.

Figurations animales

Une douzaine d'animaux sont gravés à Vitlycke, dont il est difficile de préciser les espèces. Dans la partie supérieure de la dalle, au bord de la ligne de cupules, deux petits cerfs sont cependant identifiables. La plupart des animaux, fréquemment chiens et chevaux, sont des quadrupèdes dont les quatre pattes sont représentées même lorsqu'ils sont figurés de profil. Un animal cornu peut être une vache ou un bœuf. Il est possible qu'il s'agisse de victimes de sacrifices. Une baleine est également représentée.
Figurations animales et humaines apparaissent souvent associées, ainsi de la composition dans laquelle, au-dessus d'un cercle, se trouvent réunies les silhouettes d'un bœuf et d'un homme (Image n° 13). À droite de cette gravure un autre homme semble tenir un animal en bride. On rencontre encore un homme à cheval, stylisé en un trait vertical comme les passagers des bateaux.
Sur une autre gravure, en haut et à gauche de la ligne de cupules, un cheval est attelé à un char conduit par un dieu ou son représentant lors d'un culte, portant des cornes et donc peut-être vêtu d'une peau d'animal, avec un serpent placé devant son phallus. Ce char cultuel, imitant le tonnerre, devait implorer la pluie fertilisante.
Tout en bas à droite de la dalle de Vitlycke, un homme les bras levés (orant) fait face à un serpent, ce qui peut confirmer l'association du phallus et du serpent dans le culte de la fertilité.



D'AUTRES PHOTOS ET EXPLICATIONS


SUR WIKIPEDIA



LES GRAVURES RUPESTRES ET LES GRIGRIS DE SOPHIE

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vendredi 31 juillet 2015

LES TOMBES DE TRULLHALSAR EN SUEDE





 Trullhalsar

La pinède de Trullhalsar,  est la plus grande nécropole de l’île de Gotland  : les mystérieux arrangements de pierre sont des tombes vikings.


Environ 350 tombes datant du 7eme et du 8eme siècle après J.C sont visibles dans cette zone. En général, les défunts étaient incinérés avec leurs  biens. Les restes du bûcher funéraire étaient recouverts de pierres. De nombreuses tombes étaient alors entourées d’un petit mur de pierres sèches. Parfois une pierre sphérique était déposée dessus.
Il y a également d’autres types de tombes ici, comme des cercles de pierres ou des pierres dressées.

















jeudi 30 juillet 2015

ETIYE DIMMA POULSEN A LA GALERIE BOURREAU RAVIER A NOIRMOUTIER






 

 










Une belle présentation de Jean-Michel NEHER :

Née en 1968 à Aroussi en Ethiopie
Etude aux Beaux-arts de Copenhague

Les œuvres d'ETIYE DIMMA POULSEN sont issues d'une enfance dont elles rappellent la couleur, la chaleur et l'émerveillement. C'est au spectateur de les comprendre. Car avec ses origines éthiopiennes, son éducation danoise, ses séjours dans plusieurs régions d'Afrique (Tanzanie, Kenya) et sa vie actuelle en France ETIYE, se trouve confrontée à quelques défis...
Mais c'est dans sa mémoire qu'elle cherche pour célébrer les premiers éblouissements de sa vie, les couleurs chaudes, la terre craquelée, les lignes tracées sur les tissus ou les corps pour donner à entendre qu'il y a aussi une pensée à l'œuvre sous la toile ou la peau.
Mickaël GIBSON
Etiyé Dimma Poulsen, artiste d'origine éthiopienne, enchaîne depuis trois ans les expositions, aussi bien en Europe qu'en Afrique - où elle est représentée par la galerie Mam, basée à Douala. Elle a pourtant difficilement commencé en faisant vainement le tour des galeries parisiennes qui l'orientaient vers des boutiques "africaines " où ses sculptures avaient du mal à se situer au milieu de copies de masques anciens et d'artisanat touristique. C'est finalement par le biais des galeries de céramistes et surtout par la galerie Capazza, galerie d'art réputée, située à Nançay au sud de la région parisienne, quelle a fini par imposer ses fascinants personnages de terre et de fer.
Couchées sur une longue table de bois ou posées à même le sol, les sculptures d'Etiyé Dimma Poulsen, quelque soit leur taille, ne sont dressées qu'une fois terminées. Toutes sont faites de la même trame, entourées d'une sorte de grillage maintenu par une structure de fer à béton et recouvert d'une fine couche d'argile. La jeune femme ne sculpte que des corps prolongés par une petite tête qu'elle habille de pigments naturels, déclinés dans des camaïeux d'ocre, de rouge, de beige, de brun ou de bleu.
Arrive ensuite l'étape quelle considère comme étant la plus excitante de son travail, celle de la cuisson et de la sortie du four où ses personnages cuisent à mille degrés. Les sculptures soumises à l'épreuve du feu apparaissent animées d'une étrange vie qui semble émerveiller autant celle qui en est à l'origine que son public.
"C'est toujours une découverte pour moi lorsque mes personnages sortent du four. Je ne sais jamais comment ils vont en sortir. Le feu est un élément créateur qui modèle mes sculptures tout en leur donnant vie". Fascinée par cet élément qui joue sur son œuvre et la parachève, la jeune femme en revendique l'apport aléatoire dans ses créations. Si dans la vie, elle a besoin de repères solides et structurés, Etiyé aime que les choses lui échappent un peu dans son travail. "Parfois, il y a des pièces que j'aime beaucoup et dont certaines parties explosent au four. Passé l'effet de surprise, je constate que le feu a raison, que le visage qui ressort creusé est certes diffèrent de celui que j'ai sculpté à l'origine mais il est souvent plus beau. Certains corps ont perdu une couche d'argile qui finalement était de trop. Le feu est comme un mentor qui corrige les défauts de mes sculptures et efface les traits inutiles que je peux faire".
Une fois les sculptures retirées du four, s'accomplit le rituel de la naissance de l'œuvre qui est recouverte de sciure avant d'être lavée à l'eau. Instants sacrés pour le sculpteur, où l'alchimie de la terre, des pigments et de la chaleur révèle l'œuvre dans une atmosphère de fumée et de vapeur, l'imposant en un symbolique accouchement.
La première sculpture est née par hasard il y a dix ans alors qu'elle joue avec un morceau de treillis métallique auquel elle donne une forme conique. Par la suite recouvert de terre et cuit selon un mode de cuisson particulier que lui enseigne le sculpteur Michel Moglia, le petit grillage ainsi transformé, devient le premier personnage du peuple mystérieux qui compose l'œuvre d'Etiyé Dimma Poulsen. Depuis, elle n'a eu de cesse de creuser et d'affiner sa démarche créatrice tout en gardant la ligne élancée de sa première sculpture. Ce sont les infinies variations des corps et des expressions qui intéressent Etiyé, celles que l'on retrouve dans chacun de ses personnages qui, même si elle reconnaît volontiers à certains un "air de famille", sont finalement tous très différents les uns des autres. Toute sa démarche réside dans ces multiples variations sur un même thème qui peuvent se décliner à l'infini. "Loin d'être un frein, cela m'a obligée à trouver des variations dans un cadre limité et c'est là que j'ai le plus appris". Chez Etiyé, les silhouettes sont épurées, démembrées, désencombrées de tout artifice, les yeux se dessinent d'un simple trait qui donne au visage un regard lointain, mystérieux, posé à la fois sur un horizon inconnu et tourné vers un passé inassouvi.
Le parcours de l'artiste, qui préfère à ce terme être "quelqu'un qui fait", a d'abord été contrarié par des débuts en peinture restés sans échos. Etiyé a commencé par la peinture à l'huile au Danemark où, influencée par le travail d'Emile Nolde, elle peint de nordiques paysages de ciel et de terre. Parce qu'elle ne peut rentrer à l'Ecole des Beaux Arts de Copenhague, elle s'inscrit en faculté d'histoire de l'art où l'analyse et la théorie la pétrifient. Période de doute et de frustration où l'envie de créer reste la plus forte. Plus que l'université, elle fréquente les musées où, déjà sensible aux silhouettes longilignes, elle s'abreuve des sculptures de Giacometti. "Le fait de voir une œuvre forte me chargeait en énergie, et c'est cela qui me donnait envie de créer, même si à l'époque, on me faisait sentir qu'il n'y avait pas de place pour mes peintures. C'est douloureux et frustrant de lâcher dans le vide quelque chose qui vient du plus profond de soi. J'ai arrêté de peindre, et cette frustration a probablement attisé mon envie de m'exprimer qui s'est peut-être ensuite traduite dans mes sculptures."
De son enfance africaine, il lui reste des clichés de villages, de soleils couchants et de "silhouettes qui s'allongent", mélange d'images d'Ethiopie - quittée à l'âge de six ans - de Tanzanie et du Kenya où elle vécut jusqu'à l'âge de 14 ans avec sa famille d'adoption danoise avant de rejoindre le Danemark. C'est à son arrivée en France huit ans plus tard qu'Etiyé découvre les arts africains à Paris au Musée des Arts d'Afrique et d'Océanie et au Musée Dapper. Si elle reconnaît que l'habillage de ses sculptures peut être inspiré par les "arts premiers", il l'est autant des arts d'Afrique que d'Océanie, notamment des arts aborigènes. "Mon travail a des affinités avec certains arts d'Afrique, mais en même temps cela ne veut rien dire. Les formes élancées m'ont toujours parlé, peut-être font-elles écho à des images d'enfance, mais on ne peut rattacher ce travail de recherches formelles à une culture ou à une autre. Il est vrai que la surface craquelée de mes sculptures est proche de ce qu'on peut retrouver en Afrique sur les maisons en banco dont la terre est séchée et craquelée par le soleil, mais ce n'est pas une raison pour m'étiqueter artiste africaine, cela ne veut rien dire !"
Riche de plusieurs vies, Etiyé Dimma Poulsen ne veut pas se limiter à un morceau de vie accroché à une origine, une nationalité ou à une fonction : "certains ont envie de me voir comme danoise, d'autres éthiopienne, d'autres sculpteur ou d'autres encore comme céramiste, l'éventail est large, j'ai plusieurs familles et chacune correspond à ce que je suis."
Aujourd'hui, l'artiste est en phase de recherche et de réflexion, animée par l'envie et le besoin d'expérimenter de nouveaux matériaux, notamment le bronze pour la sculpture et le bois pour la peinture, jamais totalement interrompue. "Je ne peux plus peindre comme je peignais avant, je suis forcément influencée par les recherches que j'ai faites en sculpture. J'essaie d'inclure quelques éléments dans mes peintures où je travaille plus sur un jeu de formes et de couleurs que sur un sujet précis". Déjà, elle a commencé à réaliser des peintures sur bois, réchauffées, brûlées, cloquées par l'apport du feu, élément fondateur de son œuvre qu'elle est bien décidée à expérimenter dans ses recherches picturales, même si elle dit ne pas être encore parvenue à faire le lien entre sa sculpture et sa peinture.
Eternel questionnement d'une artiste sensible, en doute perpétuel, qui, malgré une reconnaissance grandissante, s'étonne encore d'avoir rencontré un public. Belle revanche pour celle qui n'osait pas s'imaginer artiste, trouvant cela trop beau pour elle, elle qui s'émerveille aujourd'hui que son rêve soit partagé par d'autres: "ce sont des petits trucs que je fais, qui avaient besoin de ça."
Virginie Andriamirado
Etiyé Dimma Poulsen et le verdict des flammes
A presque 42 ans, Etiyé Dimma Poulsen pourrait déjà s’enorgueillir d’un brillant parcours personnel et professionnel qui l’a conduite de sa condition d’orpheline -née dans la ville d’Aroussi en Ethiopie- à celle d’une artiste reconnue et considérée comme l’un des sculpteurs les plus originaux de la scène contemporaine éthiopienne.
Plusieurs ouvrages, catalogues d’exposition, sites Internet, retracent en détail le parcours de cette artiste d’origine éthiopienne, vivant en Europe depuis son enfance. C’est à l’occasion de l’exposition «Ethiopian Passages: Dialogues in the Diaspora» organisée par le National Museum of African Art du Smithsonian Institute (mai-octobre 2003) et de l’édition de son catalogue (en anglais) en 2003, qu’Ici Palabre a découvert cette artiste et s’est intéressé de près à son parcours et à sa démarche esthétique.
La vie d’Etiyé Dimma Poulsen démarre sous de funestes auspices: sa mère décède alors qu’elle n’a que deux ans. Un couple de Danois l’adopte et c’est le début d’une perpétuelle transhumance entre Afrique de l’Est, Europe et Amérique. A l’âge de raison , sa condition d’exilée surgit comme une évidence. Seule réponse au sentiment d’isolement et de déracinement qui l’habite et aux difficultés de communication qui en procèdent, Etiyé trouve dans l’expression artistique la voie de son salut, un cataplasme sur les lésions de l’âme. A l’université, elle étudie l’histoire de l’art et s’essaie à la peinture, d’abord, s’inspirant de l’austère expressionnisme allemand. Alors que les portes des écoles d’art lui restent désespérément closes, elle approche la matière et tente ses premières improvisations sculpturales à base d’argile et de fer. L’idée lui vient de composer les squelettes de ses sculptures en maille de fer qu’elle recouvre ensuite de terre, d’émaux, de vernis. 
La «part naturelle» de ses créations est un respectable hasard qu’elle accepte comme les vérités parfois douloureuses parfois heureuses de son propre destin. Cette «composante extrinsèque» , étrangère et étrange, contrôlée et incontrôlable à la fois, lui est donnée par le feu. Ainsi, lorsqu’elle soumet une sculpture au verdict des flammes, Etiyé ne sait pas toujours quel être nouveau s’en affranchira. Car dans la matrice du brasier, l’incandescence fait son oeuvre, s’accouple avec l’imagination de l’homme. Et de cette gestation incertaine naissent des personnages de terre et de cendre, sylphides superbes et paisibles, dont on se plaît à penser qu’ils seraient enfantés par le mariage d’Héphaïstos  (dieu grec du feu) et d’une nymphe, archétype de la légendaire beauté abyssine.
Ce mariage revêt-il une dimension sacrée ? On ne saurait dire. Mais rappelons qu’en Ethiopie, ont encore cours des croyances anciennes, entretenues par l’art talismanique et l’art religieux, qui considèrent les artisans, potiers et forgerons - tous ceux qui parviennent à transformer la matière brute- avec un regard méfiant. Pire, on ne les regarde pas dans les yeux, par crainte du «mauvais oeil».
La terre, le métal et le feu, éléments majeurs des créations de Poulsen, pourraient donc d’emblée jeter le trouble dans l’interprétation, en laissant supposer qu’il existe entre l’artiste et une nature réputée indomptable, une familiarité paranormale. Et dès lors, on se laisse gagner par le doute, on s’interroge sur la «présence» qui habite telle forme sculptée, et pour peu qu’on se laisse surprendre par la puissance d’apparition de l’objet - c’est mon cas, mais il faut en faire l’expérience personnelle - ,  on serait tout prêt à croire à son intensité magique!
D’aucuns en jugeront par eux-mêmes. Mais il n’est sans doute pas interdit de voir les sculptures de Poulsen sous cet angle relevant autant de conceptions esthétiques que de l’ethnographie, en se rappelant ces mots de J.Kerchache à propos de la sculpture africaine (authentique) : «Les formes ne sont pas inventées, elles sont découvertes» .


En permanence, à la galerie d'art 12 grande rue
85330 Noirmoutier en l'île
( tél : 02 51 39 17 14 )

de juillet à septembre, à la galerie du château 7 rue de la cure
85330 Noirmoutier en l'île
( tél : 02 51 39 18 27 )


 LE LIEN DE LA GALERIE

LE LIEN DE L'ARTISTE  

(cliquer les liens)


JUSQU'AU 5 SEPTEMBRE 2015 !







( Et d'autres photos trouvées sur Google)


Pour Anne-Marie .....


mercredi 29 juillet 2015

L'ART BRUT EN BRETAGNE AU TERMINUS DU VAL A SAINT MALO





J'avais évoqué cette exposition dans mes propositions singulières de cet été 2015 ....

J'ai maintenant de vrais visuels à vous présenter ceux de Joëlle  Jouneau ( présidente de l'Association des amis de l'Abbé Fouré) et de Michel Leroux (partie prenante dans cette exposition avec des œuvres de sa collection l'Art Obscur) .
Des photos qui créent l'envie  et qui vous inciteront, je l'espère, à faire un détour par Saint Malo !










 (Photos Joëlle Jouneau)

 











(photos Michel Leroux)


 Des œuvres donc de Youen Durand, Jean Grard, Pierre Jaïn, Alexis Le Breton ; ainsi que des livres-objets et des photos de Bernard Dattas,  quelques photos prises par moi sur des environnements d’Art Brut/Populaire en Bretagne.
 Et les artistes de Michel Leroux : Simone Le Moigne, le patient de Saint-Avé ,  Anne Pirault, Yvette et Pierre Darcel ....
Cette exposition est en lien avec la nouvelle présentation de l’imposante documentation rassemblée par Joëlle Jouneau sur L’Abbé Fouré. Deux sculptures sur bois y seront exceptionnellement montrées !

Si vos pérégrinations estivales passent par Saint-Malo arrêtez-vous au 
"Terminus" et régalez vous ! 


 JUSQU'AU 16 AOUT 2015 !