Les Grigris de Sophie ce sont bien sûr des broches, des colliers et des sacs … mais c’est aussi un blog !

Les Grigris de Sophie ce sont bien sûr des broches, des colliers et des sacs …

Mais c’est aussi un blog ! Un blog dans lequel je parle de CEUX et de CE que j’aime …
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samedi 9 juillet 2011

" MICHEL ANGE FACE AUX MURS" D'ARMAND FARRACHI

Pour Jean-Yves Jouannais ...

LU DANS « MICHEL ANGE FACE AUX MURS » D’ARMAND FARRACHI
 (l’un et l’autre Gallimard)




…. « Ainsi Emile Littré , depuis l’enfance jusqu’à son dernier souffle, accablé de douleurs, perclus de fatigue, plongé dans la dépression , le cauchemar ou l’insomnie, s’occupait à lutter contre tant de maux en consacrant sa vie au travail acharné, opiniâtre, plutôt qu’à l’oisiveté qui libère les démons, exacerbe la souffrance et prolonge l’ennui, étudiant tout ce qu’il pouvait, la médecine puisqu’il souffrait, la philologie puisqu’il parlait , la philosophie puisqu’il pensait, s’obligeant aux recensements les plus longs, les plus ardus, les plus ingrats, pourvu qu’il y faille une assiduité sans répit, sans distraction, que s’y absorbe tout son temps, ses jours, ses nuits, transformant l’inutile insomnie en pages et la triste vie en œuvre comme le plomb en or , ne rédigeant pas seulement un immense dictionnaire qui incluait l’étymologie, l’histoire, la prononciation , des centaines de milliers d’exemples pris à six cents auteurs avec leurs références, mais encore l’Analyse raisonnée du cours de philosophie d’Auguste Comte, l’Histoire naturelle de Pline, des articles quotidiens au Journal des savants à la Revue de philosophie , une histoire de la langue avec son supplément, une histoire littéraire, avec sa suite, quantité de « fragments », « paroles » , « origine », »glanures »….s’astreignant encore aux traductions complexes ,touffues, longues, anciennes, difficiles, dix volumes d’Hippocrate, l’Iliade, la Divine comédie, mises non dans le français ordinaire qui vient sans peine, mais dans la pseudo « langue d’oïl » médiévale qu’il invente, où chaque mot impose un effort, une recherche, une tension contre l’usage courant, le simple, le fluide, le spontané, une langue incompréhensible qu’il faudrait, comme il le reconnaît lui-même, traduire à nouveau, comme Joyce le fit aussi dans Finnegans Wake, et lorsqu’il ne travaillait pas, il restait prostré, hébété, stupide, immobile et muet, pour ainsi dire « comme mort » lui aussi . »

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