Les Grigris de Sophie ce sont bien sûr des broches, des colliers et des sacs … mais c’est aussi un blog !

Les Grigris de Sophie ce sont bien sûr des broches, des colliers et des sacs …

Mais c’est aussi un blog ! Un blog dans lequel je parle de CEUX et de CE que j’aime …
HHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
Vous trouverez ici des artistes, des lieux insolites, des recettes, des films, des expositions, des musiques, des spectacles, des photographies d’amis ….
Tout ce qui rend la vie meilleure, tout ce qui rend ma vie meilleure !

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samedi 4 mai 2013

LE HANG ART A SAFFRE : LES 6 ARTISTES DE L'EXPO 13


UN ESPACE  D’EXPOSITION DÉDIÉ à L’ART SINGULIER
SITUÉ à la CAMPAGNE au MOULIN ROTY à SAFFRÉ (44)
Géré par l’Association ABBAC
Direction artistique François CHAUVET

Pour cette expo 13, nous accueillons 6 artistes :
Laurent Bahanag
Patrick Chapelière
François Géhan
Gaëtan Grimaud
Lionel Sergent
Éric Straw
Pendant cette expo 13, dans les cabanes 1 et 2, nous accueillons 120 pièces d’Art Posté qui nous ont été prêtées par 4 collectionneurs ; Blanche-Marie et Alain Arnéodo, Jean-Michel Chesné, GEHA et Pierre Albasser et Michel Leroux.




Pendant cette expo 13 au hang-art,  dans les cabanes 1 et 2, vous pourrez voir des  travaux de :

Pierre ALBASSER, Alain ARNÉODO, Jean-Michel CHESNÉ, Marielle CONTE, Éric COUGELIN, GEHA, GIORGIO, Claudine GOUX, Michel JULLIARD, Gilles MANERO, MARIETTE, Marc PESSIN, Jean-François RIEUX, André ROUSSAY, Fabienne RUAULT-LICHET.




* PATRICK CHAPELIERE

 "Patrick Chapelière. D’abord la transparence de ses yeux bleus si clairs. Tournés vers son monde à lui, celui qui décore aussi les murs intérieurs de la maison. Patrick ne parle pas plus qu’il ne faut, il peint, que dire de plus ?

    Sans goût, il est allé à l’école jusqu’à 14ans. Il préférait partir seul rôder dans la campagne. Dessinait-il ? Pas plus que les feuilles mortes imposées par le maître.

    Un apprentissage de pâtissier puis du travail à droite, à gauche, dans tous les métiers de l’alimentaire. Même aux abattoirs. C’est très dur comme expérience.

    La maladie arrive, l’inactivité, le chômage longtemps. Patrick a 50 ans.

    Un jour, juste » pour ne pas rester sans rien faire », il prend une feuille de papier, crayonne, 1er dessin, puis 2ème, il y prend goût, il montre à un ami qui lui fait connaître  Joël Lorand, artiste qui n’habite pas loin et qui s’intéresse à son travail. C’est le début d’une aventure inattendue en premier lieu pour lui-même. Une production impressionnante réalisée en juste 10ans.

    « Quand je commence, non , je ne sais pas ce qui va arriver. Ça vient tout seul, c’est comme ça. »
« et quand j’ai fini un tableau, je me demande toujours si c’est moi qui l’ai fait. »

    Des fleurs, des centaines de fleurs rondes couleurs pastel, roses surtout, les mêmes toujours, attachées au même arbre, pendant plusieurs années. Parfois des fonds de tapisseries de maisons d’autrefois. Elles sont cachées, toutes ces premières œuvres le long des armoires, des buffets, elles ont pris la poussière. Patrick dit souvent : « Ça, ça ne vaut rien. » Il préfère sa production plus récente, avec des animaux de rêves, des châteaux fantastiques, des églises éclatantes de couleur. Il expérimente des outils différents, c’est plus élaboré.

    Il peint tous les soirs après dîner, sur la table de la salle. Son monde de rêve, d’imaginaire, de douceur. Il nous l’offre sans d’autres mots  que ses  éclatantes harmonies de couleurs. " 


Joëlle Flahault 2013







* FRANÇOIS GEHAN 

" De son imaginaire débridé est né ce bestiaire improbable, entre Jérôme Bosch et les Shadocks, dont le graphisme épuré en noir et blanc, ou couleur, nous invite à un voyage intime, pour lequel chacun d'entre nous possède une carte propre.
    Peintre du doux délire, François GÉHAN nous emmène par la main dans un conte pour tous, avec humour et légèreté, afin de nous laisser les commandes des scénarios les plus fous, à côté desquels les Fraggle Rock et autres Fritz the cat ont bien pâle figure...
    Attachez vos ceintures, mais surtout ne la bouclez pas, ouvrez grands vos yeux et...
Bon voyage !  "                                                                                                                                  Geof

    "François GÉHAN emprunte au surréalisme et à l'enfance l'instinct et l'intuition : il devient tératologue – celui qui étudie les chimères et les monstres – concentré sur leur cas et leur vie, dès que le hasard les place  sur la toile."


Robert Brasseur





* LAURENT BAHANAG

"Les reflets de l’âme.
Les yeux nous fixent, toutes les expressions s’y dessinent.
Une présence en jaillit et nous questionne.
Elle semble percer  nos secrets et cela interpelle.
Le temps s’estompe sur ces figures sans âge.
Ces scarifications de couleurs glissant sur leur peau noire d’encre, s’amusent de notre étonnement
Le vide blanc, noir, gris, entoure ces visages, ces personnages.
 Leurs yeux grands ouverts attendent comme une offrande faite à des dieux anciens.
Aucun message, aucune histoire ne se reflète dans leurs regards à part peut-être
une part de nous-mêmes.
Intrigués par notre confusion, nous restons là, pantois.
Ainsi, commence le dialogue…"

Laurent Bahanag, 2013








* GAÉTAN GRIMAUD

 " Pour commencer, il a ramassé quelques morceaux de métal rouillé, puis sans vraiment y penser les a assemblés et a ainsi donné naissance à des créatures pleines de surprises. Certains y ont trouvé de l’intérêt et les ont dénommées sculptures. Les personnages se sont accumulés, les expositions sont arrivées, depuis quelque temps, il allie le métal au vieux bois et participe aussi aux actions du groupe d’artistes : L’Arête Inutile.
    Créé pour un usage, l'objet perd son utilité et est remplacé par un plus "moderne" plus performant. Le rebut est le destin commun des objets ainsi frappés "d'obsolescence", après avoir fait leur temps. C'est pour soustraire ces objets à une funeste destruction que des artistes, tel Gaëtan Grimaud, s'en emparent pour leur donner une autre vie.

     Fer et bois, l’improbable alliance !
    Que serait notre environnement sans le fer et le bois ? Au cœur des constructions et des objets, leur utilité suffit à en dire la noblesse. Dans l’ombre, ils rendent des services dont l’homme ne saurait se passer, dans l’ordinaire des jours. Confiés au fer à souder et aux outils de l’artiste, les mêmes matériaux sont transfigurés. Sous des formes improbables, ils s’adressent à l’âme de qui s’en empare, en même temps qu’ils permettent l’expression de celle de leurs créateurs, qui leur donnent des formes improbables.
    L’intrusion soudaine et insolite des œuvres sollicite des sentiments qui n’obéissent pas aux injonctions de l’esprit. Ils renvoient chacun à sa part indéchiffrable et inaccessible de mystère."
Hubert Bouchet










 * ERIC STRAW
 

Le carton

   " Le carton, pour moi c’est le médium : en tout cas, c’est le mien, celui qui m’attire et fait aussi sens dans cette aventure. J’aime son contact, sa chaleur, sa légèreté… J’apprécie qu’il donne envie de s’en faire un modeste abri, qu’il semble fragile alors qu’il est très solide, qu’il soit chaud comme une peau, taillable sans effort démesuré, à vrai dire très souple et compréhensif…
    Le carton que l’on récupère c’est comme la vie qui nous est donnée : tout cela est gratuit sans grande vocation spécifique à priori… J’ai besoin de la légèreté, j’allais dire de l’élégance de la légèreté, du charme de la légèreté. J’aime aussi accepter la surprise de ce qui va apparaître, sans oublier non plus que tenir ses cartons prêts fut un temps une nécessité quasi-historique ( souvenirs de guerre liés à ma famille)…"
Éric Straw









 * LIONEL SERGENT

  "Lionel Sergent a commencé ce nouveau travail, il y a 8 ans. À ce jour, il a produit 11 tableaux dont 7 seront accrochés au hang-art, c’est leur première sortie.

    Tout a commencé par une lettre d’une assistante sociale qui était déjà venue au hang-art, et avait été touchée par certains travaux de personnes en situation de handicap présentés lors d’une expo : « Nous recevons régulièrement Mr Sergent,…, son petit logement est entièrement décoré du sol au plafond…, nous lui avons parlé du hang-art et il était fier de vous envoyer quelques photos… »
    Après quelques échanges, je suis allé le rencontrer et visiter le logement. Je lui ai proposé de participer à l’expo 13.

    C’est un travail très surprenant, très minutieux dans la réalisation, une sorte d’abstraction géométrique qui pourrait évoquer des Kandinsky en relief.
    Son travail n’appartient à aucune famille, ne subit aucune influence, c’est de l’unique et du brut. On est au-delà du beau ou du laid."









Mais le HANG ART présente aussi une collection permanente avec des oeuves de :

 JOEL LORAND, GHYSLAINE ET SYLVAIN STAELENS,EVELYNE POSTIC, CÉLINE RANGER, CATHERINE URSIN, JEAN-LUC GIRAUD, FANNY CRENN .......


 (Noël Fillaudeau)

 
   " L’art pour moi, c’est un champ (chant) poétique, c’est quelque chose qui vit au-delà du temps et de l’espace…
    On ne fait pas une œuvre d’art pour faire plaisir aux gens…
   
    L’art c’est une émotion, quelque chose qu’on ressent, mais l’art peut être dans toute chose, dans n’importe quoi, dans un petit morceau de bois, dans un ciseau à bois…
    On dira l’art brut, mais moi, cela me chiffonne cette histoire d’art brut parce que l’on a beaucoup parlé de cela, parce que, ceux qui faisaient de l’art brut, c’étaient des désaxés, des déséquilibrés. Je ne suis peut-être pas très équilibré parce que, vous savez, tous les artistes ont peut-être un esprit à part…
    Il m’est impossible de vivre sans mon art… Dans mon atelier, je parle avec mes œuvres ; je fais des jeux de mots… Ca peut énerver les gens mais j’ai besoin de cette fraîcheur. Le plus fou n’est pas celui qui dit mais celui qui n’ose pas dire ! »


Noël Fillaudeau







 (Julien Francet )

«  Vous pouvez le rencontrer sur le chemin, l’œil brillant, courbé comme un glaneur, s’arrêtant à chaque pas, s’émerveillant de toute chose, ramassant brindilles tordues et racines séchées, cailloux divers, morceaux de briques ou de tuiles dans le but d’alimenter le stock de ses créations futures… Tous ces riens, ces objets sans valeur, promis à l’oubli, à la désagrégation poussiéreuse ou à la pourriture sans cette rencontre inespérée, deviendront par transfiguration une chair nouvelle capable de reconstruire un monde à la destinée moins vaine ».

Rémy Le Guillerm







 (Claudine Goux)


 "La peinture de Claudine Goux est un voyage à travers le temps et la mémoire : tantôt nous sommes transportés au milieu de l’ancienne Egypte, tantôt nous assistons à un combat de dieux Mayas, tantôt nous sommes perdus dans des dédales bouddhistes ou alchimiques… en un long rêve éveillé. Mais cet aspect onirique de la peinture de Claudine Goux n’est pas obtenu à partir de réminiscences ou de ressemblances brutes, naïves ou mal contrôlées. Au contraire, son art est fait de précision, de patience, de ciselure, de minutie, ces éléments se fondant en un syncrétisme et un univers personnels, marqués de beaucoup d’humour. Et c’est pourquoi ses tableaux rendent heureux notre œil et notre esprit, en même temps que les replis secrets de notre âme et de nos souvenirs les plus enfouis."
Jean Claude Martin




(Yvonne Robert)


    "Des amateurs distraits croient distinguer dans ses tableaux des représentations gentiment bucoliques, des pastorales pour des calendriers. En somme, des témoignages naïfs pour les nostalgiques de l’ancien temps, de ce temps où les hommes n’auraient vécu que d’amour et d’eau fraîche. Yvonne Robert peut donner cette impression.
Peut-être conviendrait-il mieux de célébrer son humilité prudente, sa méfiance innée envers les beaux discours, les vaines espérances. Farouchement athée, profondément humaine, incurablement fataliste, elle ne se pose pas en martyre unique, elle sait très bien que beaucoup de gens ont souffert autant ou plus qu’elle. Elle rougirait de se mettre en vedette. Elle dit « Elle » plus facilement que « Je ». Elle se désirera anonyme au sein d’une foule écrasée, elle exagérera les décors de ses tableaux pour apparaître plus infime. Et les amateurs distraits n’y verront que des arbres et des maisons gentiment décoratifs.
    L’ambition d’Yvonne Robert se révèle dans son incomparable manière de saisir à la fois, dans une même toile : et la nature et la société, et les bonheurs et les malheurs, et toutes les tensions de l’existence ! Un monde perpétuellement en action, en destruction, en renouveau. Avec des personnages étroits qui marchent pour offrir moins de prise au destin, qui rasent les murs en pleins champs, qui se déroulent. Avec une fillette à l’étoile qui sert de cible."

    Alain Arnéodo  Création Franche n° 12 – janvier 96


Jusqu'au 20 mai 2013 ! 
Ouverture de l'expo les samedis, dimanches et jours fériés
 de 14 h 30 à 18h30
 ou en semaine  sur RDV.

Visite accompagnée le samedi et le dimanche à 15h30

Gratuit les week-end et jours fériés, payant sur la semaine.


 Le HANG-ART se situe dans un hameau, au Moulin Roty sur la commune de SAFFRÉ
(c'est très facile à trouver, c'est à 20 mn de Nantes et une heure de Rennes) 

LE SITE 



vendredi 3 mai 2013

LE HANG ART A SAFFRE



De ce lieu j'avais beaucoup entendu parler et nous sommes repartis enchantés et étonnés 
d'avoir pu trouver en pleine campagne un endroit aussi riche de merveilles.
Je vous recommande la visite guidée faite avec enthousiasme par François Chauvet .
Ce samedi là petit bonheur supplémentaire un des artistes était présent ( Laurent Bahanag) .
Nous avons eu le bonheur des retrouvailles et la joie de la découverte ...
A signaler les œuvres  de Lionel Sergent exposées pour la toute première fois !
PRÉCIPITEZ VOUS A SAFFRE L'EXPOSITION SE TERMINE LE 20 MAI !


















Avec des oeuvres de Laurent BAHANAG, Patrick CHAPELIERE, François GEHAN
Gaëtan GRIMAUD, Lionel SERGENT,Éric STRAW, Pierre ALBASSER, Alain ARNÉODO, Jean-Michel CHESNÉ, Marielle CONTE, Éric COUGELIN, GEHA, GIORGIO, Claudine GOUX, Michel JULLIARD, Gilles MANERO, MARIETTE, Marc PESSIN, Jean-François RIEUX, André ROUSSAY, Fabienne RUAULT-LICHET, Joel LORAND, Ghyslaine et Sylvain STAELENS,Evelyne POSTIC, Céline RANGER, Catherine URSIN, Jean-Luc  GIRAUD, Fanny  CRENN .......



Et sur le site du HANG -ART voici quelques notes de François CHAUVET initiateur du projet, expliquant le lieu et ce qu'il propose :

1 – Un espace d’exposition situé en milieu rural, géré par l’association ABBAC qui a financé le bâtiment, en échange d’une utilisation du lieu pendant 12 ans, sans frais de location.

  2 – Un bâtiment à ossature bois de 150 m2, bardé de planches verticales noires, composé de sept espaces limités par des cloisons de bois brut blanchi. 110 m d’accroche possible.

3 – Un lieu avec une direction artistique. Tous les artistes invités auront été choisis. En aucun cas les murs ne leur seront loués.

4 – Un espace où on décidera de venir comme on va au spectacle.

5 – Un lieu plus orienté vers l’art singulier, l’art à la marge, un art parfois déroutant mais toujours profondément humain. Un art qui questionne et qui amène les gens à échanger.

6 – L’ABBAC essaiera d’accompagner les visiteurs dans leur découverte, parfois il suffit de peu de mots pour les aider à regarder autrement : les rendre curieux, orienter leur regard, leur donner quelques clés pour pénétrer l’œuvre.

7 – Les œuvres exposées pourront être achetées si l’artiste le souhaite. Le montant de la vente leur sera versé directement.

8 – Les frais de déplacement des œuvres, de communication et d’assurances, seront à la charge de l’ABBAC. Un contrat sera signé entre les exposants et l’organisateur.

9 – Produire une exposition coûte de l’argent : visites d’ateliers, reportages photos, interviews, transports, installation, matériel publicitaire, animations autour, vernissage, assurances et ne rapporte pratiquement rien, d’où l’importance des subventions.
Les artistes plasticiens vivent très difficilement de leur travail, souvent sans aucune protection d’aucune sorte. Je rêve qu’un jour on puisse payer pour les exposer, comme les théâtres pour les spectacles.


10 – Le HANG-ART n’est pas ouvert en permanence. Nous espérons réaliser deux expos différentes par an, l’une au printemps, l’autre à l’automne, chacune ouverte sur sept semaines :
Ouvert les samedis, dimanches et jours fériés de 14 h 30 à 18h30.
Visites accompagnées les samedis et dimanches à 15h30.
Nous assurons aussi une visite avec les enseignants du secteur de Nozay ou au-delà afin qu’ils puissent revenir avec leurs élèves s’ils le souhaitent.
Des ateliers d’arts visuels autour de chaque exposition sont aussi proposés aux écoles, dans leurs locaux scolaires. L’ABBAC embauchera un animateur pour les encadrer ou l’école traitera directement avec l’intervenant.

11 – Un petit coin salon de lecture est aménagé dans le HANG-ART où nous mettons à la disposition du public, notre collection de revues ou livres d’art en rapport avec l’exposition.

12 – Le HANG-ART est un lieu vivant mais paisible où j'espère on a plaisir à venir.

En 11 expositions, le hang-art a accueilli 25020 visiteurs.


LE SITE  DU HANG-ART

 ET DEMAIN SUR LES GRIGRIS L'EXPO 13 ET SES 6 ARTISTES .... 

jeudi 2 mai 2013

PEUT ON ENCORE SAUVER LA MAISON DE BODAN LITNIANSKI ?

Les mois, les années ont passé ...
Il est encore possible de sauver  la maison de BODAN LITNIANSKI mais il faut pour cela se mobiliser.
Qui veut participer à cette difficile aventure ?












(photos François Parmentier) 

Et pour accompagner les photos de François un texte écrit par Roberta Trapani et publiè en octobre 2011 dans le n° 2 de  50°Nord - revue d'art contemporain :

Le Jardin de Litnianski :une stratégie créative de résistance

Il n'y a architecture qu'à partir du moment où la construction passe au stade de l'expression . L'architecture est donc un art et nous nous excusons de devoir rappeler une telle évidence que beaucoup d'architectes eux-mêmes semblent avoir oublié.
Michel Ragon L'architecte, le Prince et la Démocratie 1977 

 " Architecte spontané d’une habitation poétique et d’un refuge idéal, Bodan Litnianski (1913-2005) est l’un de ces bâtisseurs autodidactes qui ont été définis de différentes manières : habitants-paysagistes (Bernard Lassus), inspirés du bord des routes (Jacques Lacarrière et Jacques Verroust), bâtisseurs de l’imaginaire (Claude et Clovis Prévost), en France; margivagantes (Juan Antonio Ramirez) en Espagne, créateurs visionnaires aux Etats-unis.
L’œuvre architecturale de Bodan Litnianski se présente comme une cathédrale laïque et personnalisée, bâtie en marge du système de l’art : un ensemble structuré d’objets naturels et de résidus industriels agrégés en colonnades au fil de nombreuses années de travail (1975-2005). Chez Litnianski,ex-maçon vierge de culture artistique, le bourrage spatial et temporel est un rituel qui impose l'ordre de l'inachèvement1 : l’espace de son Jardin n’est pas, en effet, géométrique ni statique, mais se veut plutôt en expansion ininterrompue. Il donne une forme architecturale à l’univers intime de son bâtisseur, qui y projette son mode de représentation, sa culture, ses attentes visuelles, ses désirs.
D’une part, le bourrage - concept utilisé pour décrire la production picturale des aliénés -, l’extranéité au monde de l’art, l’urgence et la force primordiale de l’acte créatif permettent d’apparenter la démarche créative de Litnianski à celle de nombreux artistes bruts. D’autre part, la forte liberté formelle et expressive de cette l’architecture marginale permet de parler de contre-architecture : elle questionne, en effet, les fondements et l’esthétique mêmes de l’architecture officielle et tisse un lien idéal avec de nombreuses propositions d’architectes savants et contestataires.

On assiste aujourd’hui à un nouveau mouvement d’architectes indisciplinaires, par leurs prises de positions politiques (sociale et économique), par leurs conceptions du rôle de l’architecture dans la société, et surtout par leur manière de traiter la matière. Chez tous on peut trouver au moins cette caractéristique : laisser advenir des objets de réemploi comme matériau, avec la conscience de participer à un projet territorial.2

Le réemploi d’objets récupérés dans des décharges publiques pour la réalisation d’une œuvre architecturale, fait du Jardin de Bodan Litnianski un exemple remarquable et incroyablement actuel d’architecture soutenable. D’ailleurs, comme le souligne Michel Ragon dans L’Architecte, le Prince et la Démocratie (1977) - son premier texte sur le thème de la participation et de l’autogestion appliquées à l’architecture - pour une architecture démocratique, « toute architecture ayant pu échapper au contrôle du prince », à savoir « l’architecture populaire, spontanée, vernaculaire, “sans pedigree”, anonyme, “sans architecte”, devient le grand modèle. 3»
En s’appropriant et en anthropomorphisant son territoire, Bodan Litnianski rend sa construction un habitat idéal et un modèle spontané d’une utopie radicale. Son Jardin peut, en effet, être appréhendé comme l’emblème des revendications révolutionnaires d’une époque, revendications qui, selon Asger Jorn, sont toujours en relation avec l’idée que l’époque en question se fait du bonheur 4.

De la dignité du déchet
L’une des problématiques cruciales de la société actuelle est d’économiser les ressources de notre planète, en réduisant la production de déchets et en augmentant le bien-être commun. La prise de conscience d’un monde global dont les ressources ne sont pas infinies et le risque que l’on court de voir un jour notre terre ressembler à une énorme poubelle ont conduit de nombreux acteurs de la ville contemporaine à penser la ville autrement. Suivant les critères du « développement soutenable5 », paradigme du XXIe siècle et défi majeur de l’architecture contemporaine, on commence à penser en termes d’économie et de réévaluation de la matière déjà transformée. Le déchet cesse alors d’être une « chose immonde » et devient porteur de « dignité »6. Prendre soin, à travers le réemploi, des objets-abjects de nos ordures ménagères, se révèle un excellent escamotage pour conjurer le danger de poubellisation globale et pour restituer aux matériaux leur valeur, autre que la simple consommation. Dans une optique écologiste, une nouvelle éthique de la matière surgit, poussant de nombreux architectes indisciplinaires7 à l’élaboration d’édifices architecturaux soutenables, bâtis à l’aide d’objets non pas recyclés, mais remployés8. « L’objet remployé garde sa mémoire, l’histoire de ce qu’il a vécu, de l’amour avec lequel il a été réalisé ou utilisé, il est un héritage9 » aux multiples possibilités expressives et il est, pour cela, l’un des protagonistes de l’art de XXe-XXIe siècles - de Picasso à Wladimir Tatline, de Max Ernst à Joseph Cornell, de Jean Dubuffet à Daniel Spoerri, à Jean Tinguely, Louise Nevelson et Tony Cragg. Dans les travaux de ces artistes, ainsi que dans ceux de nombreux artistes bruts comme Auguste Forestier, Nek Chand, Richard Greaves, Armand Schultess, entre autres, le déchet connaît une nouvelle vie, esthétique et sémantique. Dans le Merzbau (« bâtiment merz ») de Kurt Schwitters (1887-1948), les fragments les plus hétéroclites, abîmés, ordinaires et pourtant détenteurs de mémoire, s’accumulent, en donnant forme à une architecture autobiographique et paradoxale10. Les matériaux y sont utilisés « non pas dans la logique de leurs rapports matériels mais uniquement selon la logique interne de l’œuvre d’art11 », car, pour Schwitters, « plus une œuvre d’art détruit la logique matérielle rationnelle, plus grande est la possibilité de faire œuvre d’art.12 »

Pour une nouvelle anthropisation du territoire
À l’instar de Schwitters, Antoni Gaudí, ou encore l’architecte américain Samuel Mockbee (Rural Studio)13, le créateur spontané d’origine ukrainienne Bodan Litnianski bâtit dans son jardin à Viry-Noureuil dans l’Aisne une jungle archi-sculptée de reliques du quotidien, qui se compactent et se structurent autour d’un système de relations symboliques. Principe central de ce système, la poupée, objet familier et inquiétant, simulacre de l’humanité : « Ah j’en aime bien des poupées. Ah c’est mon système. La poupée, c’est quelqu’un14 », confie Litnianski à Agnès Varda15.
Dans son environnement immédiat, dans les poubelles, au coin des rues, dans des décharges municipales, Bodan Litnianski glane les objets qui, au gré du hasard, le séduisent. Il se les approprie, en préparant la matière de sa construction utopique. La matière brute, endormie, se change alors en matière organisée et vivante. Utilisés au début pour consolider un mur d’enceinte de son jardin, puis entassés en colonnades et consolidés avec du ciment, du plâtre, des tiges et des treillis métalliques, des objets obsolètes aux couleurs vives se structurent organiquement. De 1975 à 2005, cette métastructure croît et change incessamment, poussant telle une végétation sauvage. En marge du gigantisme urbain, dans un jardinet pavillonnaire étouffé par la grisaille environnante, c’est le rêve de la forêt vierge qui intervient. En renversant les mécanismes de notre société dévoratrice d’objets, à partir de ses détritus, Litnianski bâtit un monde nouveau. L’architecture, sublimée de ses fonctions, devient ici moyen d’expression et compréhension de soi.
« Utopie réalisée16 », l’œuvre de Litnianski s’inscrit alors parallèlement dans le mouvement écologique, dans la démarche collective des « habitants paysagistes 17 » et dans le mouvement contestataire intellectuel qui attaque l’élitisme d’une architecture de spécialistes en faveur d’une architecture démocratique, participative, à la fois lyrique et pragmatique18. Il s’agit d’une utopie de compensation au regard de la pauvreté sémantique et techniciste des grands ensembles et des nouveaux pavillons tous identiques, préfabriqués et rationnels.
« Libre artiste expérimental », dirait Asger Jorn19, en marge du système de l’art, Bodan Litnianski offre un modèle architectural et aussi un modèle de vie qui se configure comme un défi jeté d’instinct contre la logique capitaliste, l'artiste « fonctionnaliste », le processus de rationalisation et standardisation de la production, la commercialisation et la banalisation de la pratique artistique."

(Les 19  notes de Roberta sont visibles dans les commentaires)

mardi 30 avril 2013

MICHEL NEDJAR CHIFFONNIER FLAMBOYANT !


















Ce dimanche là il fut question du ravissement d'Aloïse, d'une jeune institutrice , d'une feuille d'automne, d'un verre renversé, d'un dessin accroché au tableau, de " Nuit et Brouillard", d'enfance détruite, de poupées rafistolées, de sanatorium, d'éblouissement (Téo Hernandez), de Maroc, de LSD, de Katmandou, des Bourbonnais, de l'Atelier Jacob, du Mexique, du Pérou et du Guatemala, d'une petite chambre rue de la Goutte d'Or, de Madeleine Lommel, d'une vieille 2 chevaux, d'Aulnay sous Bois, de liens qui se font, du lieu de l'enfance, de l'odeur de la moisissure, de déguisements, d'un père tailleur, d'une grand-mère qui ramassait des habits, d'habits-cadavres, des poupées Pourim du Mahj, d'un psychiatre, de bains de fleurs, de poupées-cocons, de la mort de la mère, de mélancolie, de dépression, d'agressivité, de moments mystiques, de bain de boue et de sang , de poupées vaudou, de poupées-fétiches, de " Chair d'âmes", de poupées gargouilles, de poupées totem, des films super 8, de poupées salvatrices, de "Poupées de lumière",  des films "sculptures de lumière" de Téo, de résurrection, de Daniel Cordier, de Michel Thévoz, de Beaubourg, de honte, de César, de Dubuffet, de Chaissac, d'une conservatrice, de clous, de marteau , de mites, de Picasso, de Matisse, de poupées gazées, de poupées aux Abattoirs et de poupées en souffrance , de l'Aracine, d'Abdelkader Rifi, de Josué Virgili, de la mort de Madeleine, de la mort du père, du sida, du "Gant de l'autre", d'école du corps, de films faits par 4 personnes qui s'aimaient, de Pascal Martin, de films, de dessins et de poupées mêlés dans une une rétrospective magnifique , de photos, de poupées monstrueuses et de poupées -shmattès  de "Monsieur Loulou", de Paris, de voyages, de poussière et d'énergie, de conversations secrètes, de pensées magiques, de voix volées, de rêves d'araignées, de bruits de rossignols, d'animal à  cornes, de cerfs, de 6 tourterelles , de la violence du père, d'une biquette blanche, de réfrigérateur, de " Bouche d’œil", de voix filmées, de sauna, de soupirs, de jouissance....

MICHEL NEDJAR CHIFFONNIER FLAMBOYANT !
MICHEL NEDJAR OU LA DOULEUR TRANSFIGURÉE ....



(Photo Google)


Merci à Isabelle Schmitt, responsable de la programmation de ce week end 
délicieusement singulier !
Merci à Deborah Couette et Christophe Bichon ....










(Photo Google)

 « De retour de son périple mexicain, [Michel Nedjar] se met à fabriquer d’étranges poupées, parfois immenses.
« “Sculptures” advenant dans l’intrication douloureuse et macératrice de tissus que le temps travaille, corrode, use, moisit, ils suintent d’humeurs brunâtres, excrémentielles et terreuses. La corde serpente, lacère, torsade la silhouette en boursouflures putrescentes et hiératiques convulsions.
« Les formes suffoquent et s’auto-génèrent dans la stupeur et l’effroi. Elles s’hybrident mais restent résolument anthropomorphiques, reliques ténébrantes et archaïques au cœur de l’irrévocable Sacrifice. Formes ligaturées aux membres engourdis, la corde pétrifie le geste et agenouille l’être : accumulation de guenilles et creusement pulmonaire des strates en l’épuisement de ces figures aux visages tuméfiés, rongés. Les orbites sont creuses et plombent la cavité profane d’une Bouche obscure. D’autres orifices peuvent trouer ces corps enténébrés d’où s’absente tout repère.
« C’est l’assomption d’une lèpre dentelée, synergique aux forces du grand cycle cosmique : “L’émotion de la pourriture. Le tissu pourri, le travail de la terre, la terre qui ronge, la moisissure. La poupée se transforme sans doute, dans la terre. Pour moi, il n’y a pas de frontière entre la pourriture et le contraire. J’ai besoin de toute une métamorphose »





 « Une poupée est quelque chose de fabuleux, elle fait marcher l’imagination. J’aime le mot poupée, il est magie dans ma tête. »


Michel Nedjar, Poupées Pourim ©Mahj DR

( Photo Adam Rzepka,  extrait du livre "Poupées Pourim")

 Qu'est ce qu'une poupée ?
c'est quelque chose d'étrange
c'est quelque chose de l'ombre
c'est quelque chose de  la terre
c'est quelque chose de l'origine
c'est quelque chose de magique
c'est quelque chose de paternel
c'est quelque chose d'interdit
c'est quelque chose de Dieu
c'est quelque chose de lointain
c'est quelque chose sans yeux
c'est quelque chose d'animal
c'est quelque chose d'oiseaux
c'est quelque chose de silencieux
c'est quelque chose d'éternel
c'est quelque chose de boue
c'est quelque chose de cailloux
quelque chose de végétal
quelque chose de cruel
quelque chose de l'enfance
 quelque chose de joie
quelque chose de cri
quelque chose de muet 


Michel Nedjar

(Photo Google)



Et bientôt sur les Grigris LES CERFS DE MICHEL NEDJAR !

dimanche 28 avril 2013

A TABLE AVEC LA MAFIA : 90 RECETTES ITALO-AMERICAINES



" A table avec la Mafia revendique l'attachement à la terre-patrie et à ses produits : huile d'olive, tomate, orange, piment, vin... De Palerme à Manhattan, du Parrain à Il était une fois en Amérique, autant de scènes cultes que de recettes mythiques, emblématiques d'une cuisine italo-américaine du partage, riche d'influences et fière de ses origines. Entre Marlon Brando et Al Pacino, dégustez les lasagnes de Mamma Corleone... tout simplement divines. Testez la pizza au pepperoni de Catherine Scorsese avec Robert De Niro ... Lire la suite : forcément la meilleure du monde ! A moins que les gnocchi, dans les bras d'Andy Garcia, n'aient votre préférence... Passer aux aveux grâce au chili con carne de Serpico ou au gril de Tony Soprano devient un doux supplice. Un petit déjeuner avec Robert De Niro ? Ou un dernier verre, rédempteur, avec Sharon Stone ? C'est du cinéma ? Du film à la réalité, ces 90 spécialités gastronomiques italo-américaines - révélées et testées pour vous par les plus grands acteurs - sont autant de bonus pour la réussite de vos repas de famille, tête-à-tête amoureux, pique-nique dans les collines, dîners entre amis.."








CAPONATA

les ingrédients
5 aubergines moyennes
500g de tomates oilvettes bien mûres concassées
300 g de céleri
100g d'olives vertes dénoyautées
sucre
vinaigre de vin
câpres de Pantelleria
Huile d'olive


Préparation
Coupez les aubergines en cubes, salez et laissez dégorger au moins deux heures dans une passoire . Rincez et séchez les câpres et le céleri puis coupez ce dernier en morceaux .
Faites chauffer l'huile dans une poêle profonde et faites frire les aubergines en remuant.
Quand elles ont pris une couleur brune, ajoutez les olives, les câpres et le céleri . Remuez pendant au moins 10 mn, puis ajoutez la purée de tomates, laissez cuire pendant 1 heure à feu doux.
Ajoutez ensuite 4 cuillers à soupe de sucre et 4 de vinaigre .
Mélangez, laissez reposer 30 mn et servez . Délicieux froid sur des tranches de pain grillé .