Les Grigris de Sophie ce sont bien sûr des broches, des colliers et des sacs … mais c’est aussi un blog !

Les Grigris de Sophie ce sont bien sûr des broches, des colliers et des sacs …

Mais c’est aussi un blog ! Un blog dans lequel je parle de CEUX et de CE que j’aime …
HHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
Vous trouverez ici des artistes, des lieux insolites, des recettes, des films, des expositions, des musiques, des spectacles, des photographies d’amis ….
Tout ce qui rend la vie meilleure, tout ce qui rend ma vie meilleure !

.......................................................................................
........................................................................................
........................................................................................
.........................................................................................

dimanche 3 mai 2015

LES VIERGES EN DEVENIR DE PIERRE AMOURETTE

Pierre Amourette parle de son travail ...

"je suis céramiste tripoteur de terre. Je travaille également d'autres matériaux: bois, pierre, fer, plâtre en fonction des projets qui me viennent à l'esprit ou des sollicitations.
Si la terre s'est imposée à moi, c'est qu’elle me permet de travailler vite, d'aller directement à l'émotion. En effet, les céramiques créées se veulent être un média, une histoire que chacun peut interpréter à sa façon.

Je perpétue ainsi une expérience familiale qui pousse chacun à la création, à la recherche de solution pour résoudre une problématique sans tomber dans la facilité de l'achat ou du faire faire. Cette conception de la vie permet à chacun de se construire et d'être fier de ce qu'il est capable de réaliser aussi bien dans notre vie quotidienne que dans nos projets artistiques.
Pour ce qui est de mon travail actuel, je me sens de plus en plus « potier art populaire ».
A partir d'une idée, d'une image, j'essaie de trouver techniquement ce qui peut la réaliser. Plus les moyens sont simples et évidents, plus je les retiens. Je n'ai, autant que faire se peut, aucun a priori sur les moyens à employer.
Pour exemple, en ce moment je réalise des inclusions d'ardoise dans des corps en porcelaine. "
























 Et sur les Grigris aujourd'hui le texte de Ludovic Duhamel publiè dans Miroir de l’Art n°61




"De la truculence

Chaque pièce comme un objet sacré imaginé par un esprit espiègle...

Qui d’entre nous n’a pas un jour éprouvé une indicible émotion devant une sculpture moyenâgeuse, aperçue dans la pénombre soyeuse d’une église romane ? Qui n’en a pas gardé le souvenir ému, comme après une rencontre avec un être solaire ? Qui n’en a perçu sous le vernis de la foi l’incroyable humanité ?
La sculpture de Pierre Amourette, à l’instar de celle des artistes qui ont contribué à la richesse de nos églises, irradie une émotion qui saisit instantanément aux tripes. Redoutable efficacité qui empêche d’en détacher le regard, qui hypnotise… Magnétisme singulier qui incite à caresser du bout des doigts les reliefs, les creux, les courbes… Chaque pièce comme un joyau irradiant la lumière, une divine apparition. Chaque pièce comme un objet sacré imaginé par un esprit espiègle.
A mon humble avis, Pierre Amourette est une espèce de sorcier de la terre cuite, un céramiste qui en sait plus long sur le sujet qu’il ne veut bien l’avouer, qui maîtrise des techniques anciennes oubliées depuis des lustres.
Si la terre s’est imposée à moi, mentionne-t-il modestement, c’est qu’elle me permet de travailler vite, d’aller directement à l’émotion. En effet, les céramiques créées se veulent être un média, une histoire que chacun peut interpréter à sa façon.
Chacune de ses créations offrent de fait matière à s’inventer un monde, la porcelaine y est truculente, iconoclaste, débridée, chatoyante. Chaque pièce est un conte dont les mots résonnent en volumes colorés, chaque pièce est une fable peuplée de personnages hauts en couleurs, dont le regard halluciné envoûte, dont l’apparente fragilité conjuguée à un inénarrable maintien en impose.
La sculpture de Pierre Amourette puise autant ses racines dans l’imagerie populaire que dans la symbolique religieuse, et se nourrit de l’inépuisable fantaisie de son auteur. Y foisonnent quantité de Maternités, de Pieta, revisitées avec exubérance, bouleversantes de vérité. Aux frontières de l’art singulier, c’est un travail qui s’appuie sur le savoir-faire des siècles passées, tout en instillant avec candeur, drôlerie et hardiesse, dans chaque œuvre, une pointe d’humour, un zeste d’humanité vraie, un soupçon d’anticonformisme.
L’univers de Pierre Amourette se reconnait au premier coup d’œil, et c’est comme une réjouissance à chaque fois qu’on l’envisage, la perspective de se trouver un joyeux moment en compagnie d’êtres chaleureux, un peu étranges, éminemment fascinants."


PIERRE AMOURETTE ARTISTE PROLIFIQUE ET GÉNÉREUX !


LE SITE DE PIERRE AMOURETTE

PIERRE AMOURETTE ET LES GRIGRIS DE SOPHIE

( cliquer sur les liens)


Pierre Amourette
Les Crocs
61260 Mâle


Un grand merci à Ludovic Duhamel pour son texte


samedi 2 mai 2015

LES VIERGES DE PIERRE AMOURETTE

Avril 2015 ... Le bonheur de retrouver Pierre Amourette chez lui, avec dans ses différents  ateliers des  Vierges somptueuses ...




















Et pour accompagner mes photos aujourd'hui un texte de Nicole Crestou, céramiste elle aussi,   publié dans le numéro 191 de la Revue de la céramique et du verre en 2013 :

"Pierre Amourette, un parcours atypique construit sur d’heureux hasards
Il est rare de rencontrer un artiste qui obtient ce que la plupart des sculpteurs souhaitent et attendent parfois longtemps, à savoir, exposer dans une galerie, parisienne de surcroît, et cela sans avoir commencé la moindre pièce, sans avoir quasiment jamais réalisé de sculptures. C’est pourtant ce rêve qui est arrivé à Pierre Amourette, sans qu’il ait lui-même conscience du caractère exceptionnel de son histoire.
Instituteur à Nogent-le-Rotrou, Pierre Amourette s’intéresse à l’art et y initie ses élèves. En 1999, il leur propose une recherche inspirée des œuvres de Jephan de Villers et prolonge l’aventure en les emmenant jusque dans l’atelier du sculpteur en Belgique. L’enthousiasme est tel tant de la part des enfants -qui réalisent 80 sculptures- que de celle du sculpteur, qu’une exposition est organisée au musée de Nogent et dans la galerie de Béatrice Soulié, à Paris. Celle-ci accompagne Jephan de Villiers chez Pierre Amourette et découvre une statue qu’il avait réalisée 20 ans auparavant pour marquer la fin des travaux de sa maison. Béatrice Soulié lui propose alors une exposition personnelle qu’il ne prend pas au sérieux. Un an plus tard, lors d’une naissance, il lui offre une statue témoignage de la relation entre Jephan de Villiers, les enfants et Béatrice. Elle renouvelle sa proposition. Cette fois, il accepte. 15 statues sont montrées rue Génégaud et 15 sont vendues. Ce fut un choc pour le nouvel artiste : « Je ne m’attendais pas à cela, je n’y étais pas préparé car je viens d’une famille qui fonctionne avec une autre forme de pensée : lorsqu’un problème se pose, nous apprenons matériellement ce qui est nécessaire pour le résoudre puis nous passons à autre chose. Cette façon de vivre est bien éloignée de toute expression personnelle et d’un questionnement artistique.»
Depuis les expositions s’enchaînent, nombreuses, environ 17 l’an passé et génèrent des ventes : 1250 réalisations en 13 ans. « J’acceptais encore récemment presque toutes les expositions : les plus reconnues comme la biennale de Châteauroux cette année ou un petit salon local. Maintenant j’en refuse certaines, notamment lorsqu’il faut subir les discours inadaptés des politiques ou lorsque les organisateurs ne reconnaissent pas à sa juste valeur le travail artistique. Au début, lorsque les statues revenaient d’une exposition, je les cassais systématiquement. Mais un jour, ma femme s’en est aperçue et m’a incité à installer une salle d’exposition, ici, qui d’ailleurs est partagée avec une autre céramiste. »
S’il prend du plaisir à créer, Pierre Amourette est plus à la recherche du dialogue, du partage avec le spectateur, de la réaction du collectionneur. Il a choisi de vendre à petit prix, en province, car il travaille vite mais surtout pour qu’un grand nombre d’œuvres circule : « Plus je vends, plus je me partage. Ce qui m’intéresse, c’est que les gens me parlent de leur vie avec la sculpture qu’ils ont choisie. Que l’on puisse s’emparer de ce que j’ai fait et vivre avec, et même en acheter plusieurs et commencer une collection, me semble tout à fait magique. Il est fondamental que quelqu’un prenne du temps pour discuter, c’est lui qui me fait un cadeau. Et quand ce sont des artistes qui échangent ou acquièrent une pièce, le plaisir est immense, comme lors d’une visite inopinée chez Danièle Jacqui, qui m’en a gardé 4, 1 pour elle et 3 pour exposer à Aubagne. J’allais porter des statues à Nice puis à St Sever mais je n’en n’avais pas prévues suffisamment. »
Sans doute le style des visages naïfs, les mains justes dégrossies, ou le parcours de Pierre Amourette ont induit qu’il pouvait appartenir à la famille des artistes singuliers. Ce réseau étant bien organisé, les expositions sont nombreuses. Mais le style du céramiste déborde cette tendance artistique. Les postures, les élégants plis des vêtements, l’emploi de couleurs douces, sobres, les matières sont d’un ordre plus classique et concourent avec les sujets à conférer aux œuvres un statut d’art sacré. Car Pierre Amourette puise ses sujets dans l’art religieux : les maternités, les piétas, Saint-Georges terrassant le dragon ou d’autres légendes sont maintes fois représentées. « Je travaille sur un imaginaire commun avec plein d’entrées possibles. Mes statues trouvent leur place aussi bien dans un musée d’art populaire que dans une galerie d’art contemporain. Je travaille pour le plus grand nombre, pour susciter une émotion. Les moments de grâce qui me sont donnés par les amateurs me donnent envie de continuer.» Si nombres de statues sont séduisantes, l’artiste n’est pas à la recherche de la beauté. Les expressions des visages peuvent être violentes, plus sorcières que fées. Les plus récentes femmes ont à la place de leur ventre des morceaux d’ardoise des monts d’Arrée qui augmentent de volume ou bouillonne pendant la cuisson. Et sans doute, il n’est pas anodin que ce soit les entrailles qui explosent pendant la cuisson, c’est delà que part cette création.
Si Pierre Amourette reste étonné que des galeristes puissent prendre des risques financiers pour exposer ses œuvres, il a compris le fonctionnement du marché de l’art. Il a conscience que son aventure n’arrive pas à tous les créateurs et mesure le bonheur d’être bien accueilli, que son œuvre soit recherchée, bien exposée et appréciée. « La consécration fut l’invitation de Chris de participer à une émission de radio avec Béatrice Soulié. Ce fut un merveilleux moment car dans mon enfance et encore à l’époque pour mes parents, la radio était une institution sacrée, la voix de la vérité et des personnages importants. J’en garde un souvenir intense car Chris était une grande professionnelle et une belle personne. » Intégré dans le milieu des galeries, il est devenu l’ami de peintres et de sculpteurs. L’hiver dernier, il a participé à une résidence de tailleur de pierre à Saint-Sever du Moustier.
Depuis qu’il est à la retraite Pierre Amourette se consacre totalement à la céramique, construit des fours, à gaz, à bois et en abandonne même l’entretien du jardin. Pendant les 5 premières années, il n’a créé que des maternités : des femmes couronnées avec un enfant dans les bras. Devenu plus céramiste, il apprend à monter des jarres à la corde, à estamper dans le plâtre, à trouver de nouveaux émaux de haute température pour la porcelaine ou à utiliser des couleurs de terre vernissée comme dans la tradition locale de Ligron… « Je travaille avec l’argile comme avec les enfants, je propose et construis en fonction des réponses. J’ai la sensation d’être un enfant, je fais sans réfléchir. Je « balance » sur une sorte de squelette, de base solide, et je compose de manière très spontanée. Je façonne plusieurs pièces en parallèle, mais le modelage d’une sculpture peut être terminée en une journée. La terre papier a libéré mon façonnage. Après je regarde et juge. Mais maintenant je travaille aussi à partir des réactions suscitées par les statues. Cela crée des étincelles qui suggèrent de nouvelles pièces. Cela rend aussi possible le fait de répondre à une commande.  Avant je me disais « tripoteur de terre », aujourd’hui je sais un peu mieux qui je suis. »




Un grand merci Nicole pour ce texte ...

LE SITE DE PIERRE AMOURETTE

PIERRE AMOURETTE ET LES GRIGRIS DE SOPHIE

( cliquer sur les liens)



vendredi 1 mai 2015

DANS L'ATELIER DE PIERRE AMOURETTE


PIERRE AMOURETTE c'est une rencontre, une invitation, une vraie générosité ...
Pierre aime partager, Pierre aime montrer ...
Pierre raconte et se raconte, il parle de la genèse de son œuvre, de son métier d'avant, de "sa" galeriste, des expositions à venir, des œuvres d'autrefois ...
Passé et présent se mêlent, il y a tant à voir, tant à entendre ....



















Et dans la maison de Pierre ... cette Vierge qui fut la toute première !



Un autoportrait



Pierre a aussi sculpté le bois



.... et la pierre





Prochaines expositions :

- Château du logis à Brecey
du 25 juillet à septembre 2015

- Paris Galerie Béatrice Souliè
du 26 novembre au 23 décembre 2015

- Malicorne les 10 et 11 octobre 2015


LE SITE DE PIERRE AMOURETTE

PIERRE AMOURETTE ET LES GRIGRIS DE SOPHIE

( cliquer sur les liens)


Pour Chantal et Michel Leroux ...
Souvenirs du 8 avril 2015 ....