Les Grigris de Sophie ce sont bien sûr des broches, des colliers et des sacs … mais c’est aussi un blog !
Les Grigris de Sophie ce sont bien sûr des broches, des colliers et des sacs …
Mais c’est aussi un blog ! Un blog dans lequel je parle de CEUX et de CE que j’aime …
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Vous trouverez ici des artistes, des lieux insolites, des recettes, des films, des expositions, des musiques, des spectacles, des photographies d’amis …. Tout ce qui rend la vie meilleure, tout ce qui rend ma vie meilleure ! ....................................................................................... ........................................................................................ ........................................................................................ .........................................................................................
EXTASES EN NORMANDIE OU LE RAVISSEMENT DES GRIGRIS ...
Il arrive que l'on vive des moments d'intenses émotions, des moments de gratitude et d'émerveillement. Mon passage à Bernay fut de ceux-ci. Je remercie Pierre-Louis Basse qui a rendu ce moment possible. Tout est parfait dans cette installation. Quant au lieu il est tout simplement sublime.
"Une évidence s’impose au travers du projet artistique imaginé par Ernest Pignon-Ernest : l’Abbatiale de Bernay, millénaire, prolonge dans sa forme et profondeur, son histoire, les huit destins religieux qui s’élèvent juste au-dessus du miroir créé par le bassin. Un filet d’eau circulaire. Au-dessus, huit élévations ; huit corps ; ces traces dessinées, ondulent dans le silence et l’obscurité de la nuit des temps. Ces corps disent la douleur et la joie : « représenter ce qui ne peut se voir »… Ernest Pignon-Ernest, ébloui par Bernay. Ses lieux chargés d’histoire. Il rêve de poser dans la fraîcheur de l’Abbatiale, ses « extases » dont la beauté, le dessin et l’émotion qu’elles offrent à notre regard, seront au rendez-vous d’un tel lieu. Une promesse."
Voici le texte de Pierre-Louis Basse annonçant cette exposition :
Ernest Pignon-Ernest aura donc poussé l’art de la « révélation », jusqu’au bout. Jusqu’au plus beau. Le plus invisible. Longtemps, l’artiste aux semelles de vent, a posé son échelle sur les murs de Naples, Nice, Afrique du sud, posant des dessins dont le destin était de disparaître avec le temps. L’art des rues. Depuis plusieurs années, l’un des artistes majeurs de notre temps, dépose ses extases, figures féminines du don spirituel et religieux. De la chapelle Saint-Pons à Nice, au palais des Papes, à Avignon. Marie-Madeleine... Sainte-Thérèse d’Avila... Hildegarde de Bingen…Huit présences, huit dessins, huit corps féminins, comme soulevés par le divin, la grâce, au-dessus d’un court filet d’eau. Bernay, sa région, n’en reviendront pas de toute cette beauté silencieuse. De cette immense révélation du sacré.
« Après Avignon j’avais beaucoup de propositions de lieux pour
exposer, j’ai fait mon choix en fonction de la dimension historique et
spirituelle de ces lieux. Mon coup de cœur a été pour Bernay »
Longue vie à Ernest Pignon-Ernest !
Pour accompagner mes photos aujourd'hui un article de Serge Velain :
Ceux qui suivent la carrière d’Ernest Pignon-Ernest, l’artiste
qui fait de la rue et de tous les endroits où il expose des œuvres
d’art, l’octogénaire que tous les plus grands artistes d’un « street art
» devenu à la mode citent en exemple, auront peut-être été surpris
d’apprendre sa venue dans la petite ville de Bernay qui plus est pour y proposer un projet rare. Ce projet, c’est celui d’exposer à l’abbatiale ses « Extases ».
Un coup de cœur pour Bernay
Lesdites Extases sont des représentations des visages et corps sacrés de huit « grandes mystiques », ces femmes amoureuses du Christ aux
corps et à la gestuelle sensuelle, dessinées par l’artiste en grandeur
nature. Leurs représentations sont fixées en hauteur, au-dessus d’un
plan d’eau où leurs corps se reflètent, tant et et si bien
qu’effectivement et conformément aux souhaits de l’artiste, ce ne sont
pas ses dessins qui sont œuvres d’art, mais le lieu en lui-même.
Depuis
sa première version en 2008, l’œuvre Les Extases a ensuite été exposée
dans plusieurs édifices religieux à Saint-Denis, Lille, à l’Hôpital de
la Pitié-Salpêtrière à Paris, à l’église abbatiale de Saint-Pons à Nice,
à Avignon ou encore à l’église Sainte-Marie-des-Ames-du-Purgatoire à
Naples. Elles ne sont pas exposées souvent mais le seront donc cet été à
l’abbatiale de Bernay.
Ce lieu, l’abbatiale de Bernay, Ernest Pignon-Ernest l’a découvert avec son ami Pierre-Louis Basse, journaliste et écrivain installé depuis cinq ans à Bernay. Ernest Pignon-Ernest a été séduit par le site de l’Abbatiale.
Pierre-Louis Basse exprime quant à lui sa fierté de proposer cet été à
Bernay grâce à Ernest Pignon-Ernest « la beauté en partage ».
Et pour cet anniversaire un conte japonais bien sûr....
Le rêve vendu
Youkitchi et Mosouké étaient d'excellents amis. Youkitchi était un garçon joyeux, presque frivole, Mosouké par contre était sérieux et fort prudent. Tout différents qu'ils étaient, ils s'aimaient tant que si l'un devait entreprendre un voyage d'affaires -en effet, ils étaient marchands- il attendait toujours que l'autre puisse se joindre à lui.
Ainsi, une fois de plus, ils faisaient route ensemble. La journée avait été chaude et ils furent heureux d'arriver au bord d'une forêt et de pouvoir s'étendre à l'ombre d'un pin. Au bout d'un moment, Youkitchi était profondément endormi. Mosouké regardait le dormeur et, en soupirant, se disait : "Il dort tranquillement ici, dans la nature, comme s'il était dans la maison. Je ne le pourrais pas, moi, j'aurais peur de me faire voler. Et pourtant, un petit somme serait le bienvenu. Mais malheureusement, je ne peux pas m'endormir dehors." Pendant que Mosouké faisait ces réflexions, il vit tout à coup une guêpe sortir de la narine gauche de son ami. Il la regarda avec étonnement. Elle s'envola vers un haut pin solitaire campé sur un rocher, tourna trois fois autour de l'arbre, puis revint vers Youkitchi et disparut dans sa narine droite. Mosouké n'avait jamais vu chose aussi étrange.
A cet instant, Youkitchi s'éveilla, s'assit en riant et dit : "Mosouké, je viens de faire un rêve merveilleux. Il faut que je te le raconte. Figure-toi qu'il y avait un haut pin campé sur un rocher élevé, oui, exactement comme celui que tu vois là-bas ; une guêpe tournait autour du tronc en bourdonnant : -tu dois creuser à cet endroit, tu dois creuser à cet endroit ! Et effectivement je me suis mis à creuser et j'ai trouvé un grand pot plein de pièces d'or. De ma vie je n'ai vu tant d'argent, sauf dans mes rêves !" "Vraiment c'est un rêve étrange" répondit Mosouké, "A ta place j'irais creuser autour de ce pin là-haut." "Mais qu'est-ce qui te prend, je ne vais pas aller me fatiguer par une telle chaleur simplement à cause d'un rêve stupide. Continuons plutôt notre route pour arriver à temps en ville." Mais Mosouké ne voulait rien entendre : "un tel rêve a sûrement un sens. Si tu ne veux pas creuser, moi je veux bien essayer. Sais-tu ce que je te propose : vends-moi ton rêve." Youkitchi éclata de rire : "Voilà une bonne affaire pour moi qui n'ai jamais vendu de rêve. Que m'offres-tu ?" "Tu as dit qu'il y avait là un grand tas de pièces d'or. Je ne sais pas vraiment ; je suis ton ami et je ne veux pas te léser. Dis-moi toi-même à combien tu estimes ton rêve." Après une courte discussion, ils se mirent d'accord sur la somme. Et Mosouké acheta le rêve pour trois cent pièces d'argent. "Jamais je n'ai fait une telle affaire. Tant d'argent pour un simple rêve," dit Youkitchi en riant. "Mais maintenant, dépêchons-nous, sans quoi nous serons en retard pour le marché".
Les amis avaient parlé à haute voix car ils se croyaient seuls. Ils ne pouvaient pas deviner que l'avare Katchiémon avait surpris leur conversation. Lui aussi faisait route vers la ville et s'était reposé à la lisière de la forêt. Il s'était endormi mais les voix des deux marchands l'avaient réveillé. Maintenant il eut un rire mauvais : "Que voilà d'honnêtes gens, acheter un rêve. Heureusement qu'ils ont parlé fort. Grâce à eux, je sais où est enterré le trésor et je l'aurai pour rien." Katchiémon renonça à aller au marché et grimpa rapidement sur le rocher. Il creusa entre les racines du pin jusqu'à ce qu'il trouvât quelque chose de dur. Il continua à creuser avec précaution et finit par sortir de terre un grand pot ventru rempli de pièces d'or. Katchiémon brisa le pot et mit les pièces d'or dans le grand sac qui ne le quittait jamais. Arrivé à la ville, il acheta pour tout cet argent une auberge et il devint un homme riche. Mais cet or ne lui porta pas bonheur. Au bout de quelque temps, il perdit non seulement l'or qu'il avait trouvé mais également tout ce qu'il avait possédé auparavant. Bientôt il fut mendiant.
Lorsque, à la ville, Mosouké eut terminé ses affaires, il quitta Youkitchi et s'en retourna à l'endroit où il avait acheté le rêve. Quelle ne fut pas sa déception lorsqu'il vit que les racines du pin étaient dénudées et que les tessons du pot gisaient tout autour. "Quelqu'un a pris les devants et a déterré le trésor," se dit-il avec tristesse. Et il regarda les tessons. Tout à coup il tomba en arrêt car sur l'un d'eux il avait découvert une inscription. Il la déchiffra à haute voix : "Le premier des septs." "Le premier des septs, cela veut dire qu'il doit y avoir encore six autres pots sous terre," se dit-il et il commença à creuser avec énergie. Et en effet il trouva, l'un après l'autre, six pots de terre, chacun rempli de pièces d'or jusqu'à ras bord.
Mosouké se fit construire en ville une grande auberge qu'il appela "Au pot ventru". Il y vécut riche et satisfait jusqu'au jour de sa mort. Youkitchi venait souvent lui rendre visite et il saluait son ami par ces mots : "Alors Mosouké, comment vas-tu ? Je suis venu voir ce que devient mon rêve." Et les deux compères se tapaient dans le dos en riant et à chaque fois Mosouké servait à son ami le meilleur des sakés dans le plus ventru de ses pots.
D'après les Contes Japonais de M. Novak et Z. Cerna. Ed. GRUND
Et quelques haïkus et quelques photos de ce pays cher à ton cœur ....
Ce couchant d’automne
On dirait
Le Pays des ombres.
La fraîcheur -
J'en fais ma demeure
Et m'assoupis.
Au printemps qui s'en va
Les oiseaux crient -
Les yeux des poissons en larmes.
Nature tu trembles de vouloir aimer au printemps nouveau
Le printemps qui s’éloigne
Hésite
Parmi les derniers cerisiers.
Solitude
Après le feu d'artifice
Une étoile filante.