Le prince
Roland Bonaparte dans la note de son récit de voyage
Excursions en Corse édité en 1891, décrit le site ainsi :
« Le golfe de Porto, que l'on découvre ensuite après avoir franchi le
petit col de la Croix, est encore beaucoup plus beau… Les rochers noirs
alternent avec les granits rouges et donnent un cachet particulier à
toute cette région, sans aucun doute, une des plus belles de Corse, pour
celui qui n'est pas l'ennemi des couleurs flamboyantes et de la nature
sauvage… La route qui suit la côte sud du golfe s'élève assez rapidement
à travers une série de ravins aux pentes abruptes et remplies d'une
végétation des plus luxuriantes. On dirait des cascades de verdure se
précipitant dans le golfe, aux eaux bleues frangées d'écume. C'est le
maquis, l'impénétrable maquis, formé de chênes verts, de genévriers,
d'arbousiers, de lentisques, d'alaternes, de bruyères, de
lauriers-thyms, de myrtes et de buis, que relient entre eux, les mêlant
comme des chevelures, les clématites enlaçantes, des fougères
monstrueuses, des chèvrefeuilles, des cistes, des romarins, des
lavandes, des ronces, jetant sur le dos des monts une inextricable
toison. Cette forêt qui cesse au bout d'une heure de montée, est dominée
par une arête de rochers curieusement découpés en vastes aiguilles
dénudées, s'élevant d'un seul jet au-dessus de cet océan de verdure qui
ne se termine qu'au niveau de la mer… La route qui traverse cette région
appelée Calanche, s'accroche pour ainsi dire aux parois des rochers ;
de grands murs de soutènement ou des ponts la conduisent aux étroites
échancrures taillées dans les rochers et qui font communiquer toutes ces
étroites vallées tombant dans la mer au milieu d'éboulements de
pierres, qui de loin ressemblent à des scories, tellement elles sont
boursouflées et remplies de cavités, souvent pleines d'une terre
rougeâtre où poussent quelques brins d'herbe. Au moment où nous entrâmes
au milieu de cette forêt de granit pourpré, le soleil venait de
disparaître derrière la ligne d'horizon… Nous avancions dans un
clair-obscur qui faisait ressortir davantage les dentelures des crêtes
rocheuses, se projetant sur le fond jaune d'or du ciel qui, au-dessus de
nos têtes, passait par toutes les nuances du bleu pour arriver au
noir… »
— Prince Roland Bonaparte, Une excursion en Corse - À compte d’auteur 1891
SUR WIKIPEDIA
UNE VIDEO
( cliquer sur les liens)