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mercredi 7 octobre 2015

LA VILLA PALAGONIA A BAGGHERIA ET "SES MONSTRUEUSES BEAUTES "

Splendide découverte de ce mois de mai 2015 ......

LA VILLA PALAGONIA A BAGGHERIA

"La Villa Palagonia est l'une des demeures les plus célèbres d'Italie. Située dans la ville de Bagheria, à 15 km de Palerme, en Sicile, la villa elle-même, édifiée à partir de 1705 sur les plans de l'architecte Tommaso Napoli, est l'un des tout premiers exemples du baroque sicilien. Toutefois, sa notoriété auprès du public lui vient principalement des statues de monstres à figure humaine qui ornent son jardin et lui valent le surnom de « Villa des Monstres » (Villa dei Mostri).
Cette collection unique au monde, créée à partir de 1749 par Francesco Ferdinando II Gravina, prince de Palagonia, a suscité la curiosité des voyageurs du Grand Tour aux XVIIIe et XIXe siècles, qu'il s'agisse de l'Anglais Henry Swinburne, de l'Écossais Patrick Brydone, de Goethe, du comte de Borde, du dessinateur Jean-Pierre Houël ou d'Alexandre Dumas, avant de fasciner les surréalistes, parmi lesquels André Breton, des auteurs contemporains comme Giovanni Macchia et Dominique Fernandez ou le peintre Renato Guttuso."














































" Nous avons découvert la villa Palagonia grâce au récit que Goethe fit, dans Le voyage en Italie (1819), de la visite qu’il y effectua en 1787. En particulier, l’étrangeté du blason familial – un satyre tendant un miroir à une femme dont la tête est celle d’un cheval –, qu’il décrivit avec précision, nous a fasciné et étonné, semant en nous le désir de mieux connaître cette mystérieuse demeure. Dans le même temps, la lecture de l’essai que Macchia consacra spécifiquement à l’esthétique de la villa Palagonia a donné grandement satisfaction à notre curiosité... tout en faisant sourdre de multiples interrogations. Pour cette raison, nous avons souhaité aller plus loin

Une demeure et un parc cauchemardesques

La Sicile du XVIIIe siècle a été caractérisée par de nombreuses bizarreries architecturales. Jean Babelon  explique que « dès le début du siècle, on avait élevé un monument compliqué et sinueux à la gloire de Philippe V, qui ne devait pas garder l’île dans son obédience. Dans cette étrange Sicile, toutes les fantaisies pouvaient se déployer ». Cependant, « aucune n’égale la villa de Bagheria, près de Palerme, où le fameux prince de Palagonia passa sa vie à enfanter des monstres et des chimères »

La villa Palagonia fut construite en 1715, pour Don Francesco Ferdinando Gravina et Cruylas, cinquième prince de Palagonia et grand d’Espagne allié à la famille royale. Le palais est de forme elliptique. Il s’est d’abord présenté comme une demeure élégante, entourée d’un demi-cercle de communs. Mais il faut croire que cette construction ne fut pas du tout du goût du neveu de son premier propriétaire, qui décida de l’embellir à sa façon lorsqu’il en hérita, en 1747. L’extravagante fantaisie de cet homme fut à l’origine d’une étonnante collection de monstres de pierre, qui envahirent alors les murs. Ce déconcertant neveu est né à Palerme le 25 novembre 1722 et est mort le 1er mai 1788. Il fut le septième prince du nom, vassal de la « principauté de Palagonia », créée par le roi d’Espagne en 1629 et recouvrant une région fertile et riche située dans la « vallée des démons », près de l’Etna. Notons que la généalogie des Palagonia est très complexe; elle comporte au moins une branche pisane, une branche normande et une branche germanique.

Comme le précise l’essayiste Giovanni Macchia, « en 1770 déjà, la villa Palagonia était devenue une halte obligée pour les voyageurs, aux yeux desquels, de Jean Houel à Goethe et von Arnim, elle semblait résumer toute la bizarrerie des choses siciliennes ». Les monstrueuses statues de la villa étaient initialement au nombre de 250 – certaines sources avancent le chiffre de 600 – et il en reste à présent 62. Pierre Sébilleau a fourni d’exaltantes informations aux personnes qui, de nos jours, souhaitent la visiter : « Ce chef d’œuvre mérite, mieux que tout autre, le nom de « folie ». Sur une place immense, écrasée de soleil, s’ouvre, de guingois, un portail soutenu par deux atlantes hauts de trois mètres, mais qui n’en sont pas moins des nains monstrueux, l’un vêtu en égyptien, l’autre en gentilhomme avec fraise et rhingrave  C’est-à-dire un haut-de-chausses très ample attaché...baveuse. Passé ce portail, vous pénétrerez dans un jardin, fouillis de palmiers sales, de cactus mités et d’herbes folles, qu’entoure un mur surmonté d’une frange ininterrompue de statues, hautes d’un mètre environ et représentant des musiciens, des danseurs burlesques, des stropiats, des bossus, des monstres : animaux à tête d’hommes et hommes à têtes d’animaux. Par contre, la villa se présente avec une belle façade convexe aux nobles balustrades. Mais elle n’a pas de porte ! Vous embouchez la seule ouverture qui s’ouvre devant vous : une sorte de tunnel jalonné de statues fantomatiques, qui traverse le corps du logis de part en part et vous mène devant la façade arrière, concave celle-là et encore plus harmonieuse que l’autre, avec son escalier à double révolution. Mais vous n’avez aucun recul pour l’admirer : le mur couronné de grotesques est là tout près, percé d’un autre portail aux atlantes monstrueux. L’intérieur est tout aussi extravagant, mais encore plus désolant de saleté et d’abandon. Vous y accédez par un vestibule ovale, dont les colonnades en trompe-l’œil gardent de l’allure sous une couche de crasse. Mais il faut enfoncer une porte déglinguée pour entrer dans la galerie qui longe la façade convexe et qu’encombrent les débris amoncelés d’une ravissante décoration faite de miroirs, de stucs et de panneaux en marqueterie de verres colorés. À côté, dans une grande salle au plafond tapissé de miroirs vénitiens, sertis d’or mais ébréchés et verdis, on ne trouve plus rien des facéties du prince de Palagonia : statues dont la main était placée de telle façon qu’elle accrochait les perruques au passage, sièges dont un pied se pliait quand on s’y asseyait... ».

Un coup de tonnerre esthétique dans le ciel bleu du néoclassicisme

La villa Palagonia proposait à ses premiers visiteurs, à la fin du XVIIIe siècle, un itinéraire erratique au travers du difforme. Comme le rapportent François-Xavier Bouchart et Nadine Beauthéac : « Scandaleux, monstrueux, absurde, outrageant... Dérision, sarcasme, goût dépravé... Dans la lumière des temples grecs, de la Sicile, les visiteurs s’indignaient. Amoureux de l’esprit grec antique, ils venaient de l’Europe entière, dans cette tradition du « voyage en Italie », contempler les colonnes de Segeste et d’Agrigente, témoignages de l’ordre et de l’harmonie classique; ils étaient peintres, écrivains, intellectuels ou aristocrates et avaient pour nom Goethe (dont le Faust venait d’être publié); Houel, paysagiste de Rouen; Swinburne, baron anglais... Mais à la suite de la publication du Voyage en Sicile et Malte de Patrick Brydone en 1770, ils étaient aussi curieux de parcourir la campagne palermitaine pour parvenir au petit village de Bagheria où quelques riches familles siciliennes avaient établi leur villégiature. Aucun mot du vocabulaire du XVIIIe siècle ne pouvait s’appliquer à circonscrire la « folie » du prince de Palagonia dans une catégorie d’architecture, car à cette époque le beau était antinomique du laid ». De fait, la découverte des difformités palagoniennes choquait intensément les conceptions esthétiques des visiteurs, basées sur la norme et la cohérence et développées par l’allemand Johann Joachim Winckelmann (1755).

Le plus célèbre et – semble-t-il – le moins éprouvé de ces voyageurs fut Goethe, qui passa une journée entière à visiter la villa en avril 1787. L’écrivain atténua de deux façons l’effroi qu’il ressentit :
  • D’une part, il s’attacha à classer les monstres et les autres bizarreries ornementales. Notons que le poète était familier de la classification. Il tenait assez curieusement le naturaliste suédois Linné – qui mit au point la classification des plantes – pour un des hommes qui avait agi avec le plus de force sur son esprit.
  • D’autre part, il situa les réalisations palagoniennes dans une généalogie artistique (certes, sans fondement sur le plan scientifique) elle-même sous-tendue par un grand principe : la synthèse, au nom de laquelle l’accidentel – ici le trauma esthétique causé par la visite de la demeure aux monstres – était voué à être enchâssé dans l’universel grâce au dépassement harmonieux et résolutif des contraires. Ajoutons que juste avant de se rendre à Bagheria, l’écrivain chercha à se représenter une entité organique idéale, conjoignant le multiple et l’unité : la « plante originelle » (Urplantze), dont il eut l’intuition en se promenant dans le parc botanique de Palerme.

On sait par ailleurs que Goethe aimait voyager incognito. En septembre 1786, il partit pour l’Italie sous les dehors d’un négociant de Leipzig et sous le faux nom de Philippe Müller. Même pendant son long séjour romain, il garda fréquemment l’anonymat. Ce qui est frappant, c’est que la dissimulation goethéenne de soi évoque celle du prince de Palagonia ! Rien n’interdit donc de penser que l’écrivain ait pu se sentir secrètement proche de cet homme lorsqu’il eut connaissance de son extrême discrétion vis-à-vis de son voisinage et des visiteurs de sa demeure... Le 8 novembre 1786, soit quelques semaines seulement avant d’embarquer pour la Sicile, le poète parla de lui-même dans son journal de voyage en des termes que l’on aurait pu attribuer au prince de Palagonia : « Mon singulier demi-incognito, peut-être simple lubie, m’apporte des avantages auxquels je ne pouvais penser. Comme chacun se fait un devoir d’ignorer qui je suis et que personne ne peut donc parler de moi-même avec moi, il ne reste aux gens qu’à parler d’eux-mêmes ou d’objets qui leur sont intéressants; ainsi j’apprends en détail les occupations de chacun ou tout ce qui se passe de remarquable ».

On peut imaginer que la complicité identificatoire, même si elle fut purement fantasmatique (puisque les deux hommes ne parlèrent pas ensemble), que Goethe tissa peut-être avec le prince de Palagonia l’aida à ne pas céder à l’affolement lorsqu’il déambula parmi les statues monstrueuses du parc de sa villa. Dans cette perspective, le cauchemar de pierre – si repoussant soit-il – n’aurait représenté aux yeux du poète qu’un procédé – éminemment familier pour lui – aménagé par le prince pour dérober sa vie privée, l’effroi généré chez les visiteurs de sa demeure ne constituant qu’une incidence amusante, malicieuse et, au fond, sans intérêt véritable.

Pourtant, il semble que la visite de la villa ne laissa pas Goethe indemne sur le plan psychique. Le souvenir de la demeure aux monstres lui a vraisemblablement fourni un repère pour se représenter – mais certes pas pour mettre résolument au travail – les zones chaotiques de son esprit. Si le poète ne fut pas choqué par les monstres, la villa elle-même s’enkysta dans son esprit. Il l’a dépeinte comme une demeure « non seulement décorée de monstres, mais où, chose que l’on sait moins, on a soigneusement évité toute ligne horizontale et verticale, de sorte que tout semble sur le point de s’écrouler »

Le prince voulait-il rendre fou les visiteurs de sa villa ?

Au jugé des récits que plusieurs voyageurs de la fin du XVIIIe siècle firent de leur visite de la villa Palagonia, nous pensons que celle-ci, par-delà ses monstres et ses autres bizarreries, aurait été le fruit architectural (délirant ou non ? Cette question est quasiment insoluble) d’une intention du prince vis-à-vis des visiteurs de sa demeure, du moins ceux de son époque : leur infliger un traumatisme esthétique et psychique. Rappelons que le mot monstre a pour étymologie monstrare, c’est-à-dire « montrer quelque chose ». Or une « monstration » suppose qu’il y ait des spectateurs. Qu’est-ce que le prince souhaitait montrer ? Le spectacle minéral de la villa et de ses monstres est trop discordant, déconnecté de toute filiation architecturale, pour que l’on puisse répondre à cette question. Il nous paraît plus intéressant de prendre la mesure des efforts parfois considérables que certains visiteurs ont accompli pour tenter désespérément de donner du sens à ce qui n’en comportait farouchement pas  . Partant de là, l’absurdité du spectacle palagonesque esquisse une sorte de dispositif exhibant un ensemble de miroirs biscornus (il ne s’agit pas seulement d’une métaphore) où les visiteurs de l’âge classique étaient provoqués à discerner – au risque de passer telle Alice de l’autre côté de ce miroir dément ! – les aspects les plus indifférenciés, les plus archaïques de leur vie psychique.

Anatomie d’un trauma

Par leur originalité, les réactions des contemporains de Goethe qui se risquèrent dans la villa aux monstres nous amènent à proposer une expression : le « syndrome de Palagonia ». Il s’agit de rendre compte d’un choc psychique précis et d’une réaction tout aussi singulière : la sensation de perdre tous ses repères – et donc la peur de s’effondrer mentalement, de devenir fou – face à un être ou/et à une chose informe, absurde, ne possédant aucune signification tangible (c’est-à-dire psychiquement rassurante et contenante). Déstabilisé, menacé dans son intégrité, le Moi s’acharne à donner du sens à cet objet – au sens psychanalytique – chaotique, dont l’étrangeté et le caractère indifférencié surstimulent l’imagination sans l’enrichir ni l’apaiser, la maintenant au contraire dans un état d’hypervigilance et d’hyperactivité aussi improductif qu’harassant.

On pense ici aux « angoisses disséquantes » du nourrisson, qui ont été décrites par Donald Woods Winnicott (1989) et qui se traduisent fréquemment – lorsqu’elles resurgissent anachroniquement chez l’adolescent ou l’adulte – par la crainte panique de s’effondrer et de sombrer dans la folie. Winnicott insiste sur le fait que la trace persistante de tels affects donne lieu à une bizarre compulsion : l’individu est inconsciemment poussé à revenir vers cette angoisse psychotique – pour en faire enfin l’expérience structurante – tout en la redoutant par-dessus tout. Cette compulsion nous paraît éclairer l’étrange besoin que les voyageurs du temps de Goethe avaient de visiter la villa Palagonia, sachant pourtant que le spectacle incohérent de ses monstres provoquerait un séisme dans le champ trop ordonné de leurs représentations esthétiques !

Le besoin inconscient de revivre ou de retraverser une folie infantile demeurée en souffrance ou en attente s’allie fréquemment au besoin tout aussi incoercible – véritable toxicomanie intellectuelle – de donner du sens. Dans le détail, tant qu’ils ne peuvent pas affectivement faire face à l’impact de leur chaos intérieur afin de le dissoudre, les sujets porteurs d’une telle poche d’angoisse folle s’en défendent à l’aide d’images, de fantasmes, de pensées et de convictions qui ne « tiennent » pas, se dispersent et s’autodévorent comme si elles étaient aspirées par un trou noir... Dans cette perspective, la classification du monstrueux à laquelle certains visiteurs de la villa Palagonia se sont livrés exprimerait une tentative stérile de mise à plat de tensions pulsionnelles insolubles. Tant qu’il n’est pas en mesure d’éprouver son angoisse psychotique au lieu de s’en cliver abruptement, le sujet – coupé de sa capacité de sentir – pense sans âme et sans limite (ou passe à l’acte de manière tout aussi désaffectivée).

Les aléas de la vie psychique entre les générations

Quelles pourraient être les racines d’une telle organisation intrapsychique ? En examinant les monstres de la villa Palagonia, nous sommes frappés par deux points :
  • Ils exaltent une confusion des règnes du vivant : l’humain y est en permanence parasité par l’animal et le minéral.
  • Ils témoignent d’une absence de filiation culturelle.

Les entités palagoniennes mettent en scène une impossibilité généalogique   On peut rapprocher ces observations du vécu psychotique.. . Par là même, elles nous paraissent renvoyer leur spectateur aux traces irrésolues que certains aléas de la vie psychique d’une génération à l’autre ont éventuellement laissées dans son psychisme.

Serge Tisseron (1996) explique qu’un enfant soumis à l’influence psychique d’un secret de famille constitué au niveau de la génération de ses parents peut en pressentir l’existence sur un mode non verbal. Cet enfant perçoit alors le parent prisonnier du secret douloureux comme « un miroir porteur d’une opacité isolée »; point aveugle qu’il tente d’approcher de manière résolutive en fabriquant une phobie ou une obsession empathique. Il en va tout autrement pour les enfants soumis à l’influence d’un secret de famille qui a été constitué au niveau de la génération de leurs grands-parents. Ces enfants perçoivent alors leurs parents, dont le psychisme a été « en première ligne » déformé par l’influence du drame familial, comme des « miroirs déformants »   Nous pensons que Lucien Mélèse décrit... . Ne se trouvant plus dans un lien direct avec les personnes prisonnières du secret douloureux – sauf s’il est élevé par ses grands-parents –, le sujet développe alors des symptômes graves; par exemple un délire de filiation où l’existence du secret familial, faute de pouvoir être sentie – et donc attestée d’une certaine manière –, est hallucinée. Corrélativement, Françoise Davoine , qui aborde la clinique des psychoses à la lueur des vicissitudes transgénérationnelles du lien social, constate que chez toutes les personnes psychotiques qu’elle a accompagnées en psychothérapie « il y a eu un point de désastre, un effondrement du self-esteem, et la découverte d’incohérences transmises par les parents. (...) Ces gens ont été happés par certains événements et par des situations sociales tellement incohérents qu’ils n’ont été capables de transmettre que des distorsions culturelles à leurs enfants. En conséquence, ces mêmes enfants pourront très bien nous voir, nous autres gens normaux, comme des caricatures ou des masques de carnaval, engagés dans des activités plus ou moins injurieuses à leur égard. (...) Dans ce type de situation, le cosmos devient incertain. On perd toute confiance dans l’intégrité de l’univers et dans nos valeurs culturelles ».

Entités monstrueuses et menaçantes... Sentiment de vacillement abyssal de soi et du monde... Il est difficile de ne pas penser au malaise identitaire et culturel qui saisissait les premiers visiteurs de la villa Palagonia face à la sarabande grimaçante des statues difformes et aux discordances architecturales affligeant la demeure.

Épilogue


Plus de deux siècles après sa construction, ce cauchemar méridional, cette maison Usher sous les palmiers peut toujours être visitée. La villa Palagonia se trouve certes dans un état assez déplorable, encore qu’elle avait commencé à se dégrader du temps même de Goethe, qui la compara à « un cimetière à l’abandon »
 Mais si le lecteur estime que nous l’avons présentée de manière attractive, nous l’encourageons vivement à rendre en Sicile et à se confronter à son tour à son énigme."

Hachet Pascal, « La villa Palagonia et les voyageurs du XVIIIe siècle, psychanalyse d'un trauma esthétique. »
Imaginaire & Inconscient 1/2004 (no 13) , p. 27-36



UN LIEN 

L'ARTICLE DE PASCAL HACHET 

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1 commentaire:

Georg-Friedrich a dit…

Je rêve de voir cette villa depuis longtemps. Le rêve va peut-être devenir réalité le mois prochain! Merci pour cet article et pour ces photos!