Les Grigris de Sophie ce sont bien sûr des broches, des colliers et des sacs … mais c’est aussi un blog !

Les Grigris de Sophie ce sont bien sûr des broches, des colliers et des sacs …

Mais c’est aussi un blog ! Un blog dans lequel je parle de CEUX et de CE que j’aime …
HHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
Vous trouverez ici des artistes, des lieux insolites, des recettes, des films, des expositions, des musiques, des spectacles, des photographies d’amis ….
Tout ce qui rend la vie meilleure, tout ce qui rend ma vie meilleure !

.......................................................................................
........................................................................................
........................................................................................
.........................................................................................

samedi 7 avril 2018

LE VILLAGE DE SATURNIN PELLE

Bérénice Fourmy connait mon amour pour l'Art Brut.
Elle m'a contactée avec une photographie de carte postale et un texte.
Elle aimerait (et moi aussi!) en savoir plus sur SATURNIN PELLE.  

Si vous possédez d'autres cartes postales, si vous avez des renseignements, contactez moi sur lesgrigrisdesophie@gmail.com






Le « village » de Saturnin

Il existait autrefois au lieu-dit le Bois-Brûlé, en limite des communes de Conan, Boisseau et Maves, près de la route départementale de Blois à Châteaudun, un personnage original : carrier de son état, il extrayait de là une pierre dont la qualité avait fait la réputation.


Saturnin Pellé, ainsi se nommait-il, était né à Conan en 1836. Il vivait à proximité de son lieu de travail, dans un « cul de loup », comme un ermite, et passait pour un original inoffensif : il était de petite taille et, disait-on, travaillait en été avec un tablier bleu pour tout vêtement.

Il avait édifié un curieux village en pierres sèches : là étaient groupés autour d'un élégant clocher des bâtiments, la tombe de son chien et même sa propre sépulture; en attente. L'ensemble était de belles proportions.

Des inscriptions philosophiques fleurissaient partout, gravées dans la pierre, primesautières ou plus profondes ; au-dessus de la porte d'entrée de l'enclos : « On aime à faire rire les sots et à faire réfléchir les gens d'esprit. » De chaque côté de la même porte : « Ici on flûte et l'ourse danse. ». Sur le clocher : « Tout ici par un seul homme fut fait, sans l'aide de qui que ce soit. »

Et encore : « Car rusée est la femme, trompeur est l'ami. - Je ne sais rien, je ne peux rien, je me soumets à mon destin - Je cherche tout, je suppose tout, je ne vois rien - J'ai aimé l'indépendance et j'ai chéri la liberté, j'ai vécu dans l'indifférence c'est ici l'égalité. »

Non, le carrier philosophe ne restera pas dans l'indifférence. Certes, les voisins riaient de lui, mais bientôt la presse le découvrit le comparant au facteur Cheval. Des cartes postales furent éditées.

Mais il était trop tard ; le vieil original arrivait au bout de sa vie ; il entra à l'hospice de Mer le 22 juin 1916 et y décéda le 5 mars 1917. Il fut inhumé à Conan.

Son travail fut dévasté par les visiteurs. Les derniers vestiges de son église disparurent, nous a-t-on dit, vers 1975.



Aucun commentaire: