Après avoir visité le jardin de Jean-Pierre Gallais nous avons eu la chance de pénétrer dans son atelier.
À Herbignac, l’atelier de Jean-Pierre Gallais est un lieu de transformation. Ici, les vieux outils, souvent voués à l’oubli, deviennent les éléments d’un langage sculptural unique.
Sur les établis et le long des murs, s’accumulent des pièces de métal récupérées : outils agricoles usés, fragments de machines, objets délaissés. L’artiste les sélectionne avec soin, attentif à leur forme, à leur patine, à l’histoire qu’ils portent en eux. " Chaque outil a vécu. Il suffit de l’écouter ", confie-t-il.
Le processus de création repose largement sur l’intuition. « Je ne fais pas de dessin avant. Je regarde l’objet, et petit à petit, une forme apparaît », confie Jean-Pierre Gallais. Découpe, soudure, assemblage : le geste est direct, presque instinctif.
Dans cet atelier, l’accident a aussi sa place. " Parfois, c’est une erreur qui donne la meilleure idée ", reconnaît-il. Cette part d’imprévu nourrit un travail où les sculptures semblent à la fois maîtrisées et libres.
Les œuvres conservent toujours une trace de leur origine. " Je ne veux
pas faire disparaître l’outil. Je veux qu’on devine ce qu’il a été ",
insiste l’artiste. Une lame peut devenir une aile, une dent de machine
suggérer un mouvement, sans jamais perdre totalement son identité
initiale.
L’atelier est aussi un lieu de réflexion silencieuse. " Quand je
travaille, je suis seul, mais jamais isolé. Tous ces objets
m’accompagnent ", dit-il.
Ouvert ponctuellement au public, l’atelier offre une plongée rare dans les coulisses de la création. On y découvre comment, à partir de fragments du passé, l’artiste compose des œuvres nouvelles, chargées de mémoire.
À Herbignac, Jean-Pierre Gallais fait ainsi de son atelier un lieu où le passé se recompose, donnant naissance à des sculptures à la fois brutes et poétiques.
Les éditions ESDÉE ont consacré un petit ouvrage à cet artiste :
L’assembleur – Jean-Pierre Gallais
«Les petites flèches pianotent contre la fenêtre, font naître des
larmes, les petites flèches comme des cibles, indicibles dans le
ruisseau, les petites flèches s’en vont à la pêche, à la pêche dans la
rivière, les petites flèches s’en viennent, s’emmêlent sur les ondes,
sont de mèche entre elles. Les petites flèches ruissellent pêle-mêle
quand il pleut à corde. Arc-boutée au cordeau invisible. Jusqu’à la mer.
Suivre les flèches…»
(cliquer)
MARS 2026




















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