Les Grigris de Sophie ce sont bien sûr des broches, des colliers et des sacs … mais c’est aussi un blog !
Les Grigris de Sophie ce sont bien sûr des broches, des colliers et des sacs …
Mais c’est aussi un blog ! Un blog dans lequel je parle de CEUX et de CE que j’aime …
HHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
Vous trouverez ici des artistes, des lieux insolites, des recettes, des films, des expositions, des musiques, des spectacles, des photographies d’amis …. Tout ce qui rend la vie meilleure, tout ce qui rend ma vie meilleure ! ....................................................................................... ........................................................................................ ........................................................................................ .........................................................................................
Il est des lieux que l'on aurait aimé visiter, des êtres que l'on aurait aimé rencontrer, des films que l'on aurait aimé tourner, des regrets qui sont presque douloureux..
Voilà ce que j'éprouve , ce que j'ai éprouvé en regardant à la Halle Saint Pierre le superbe film
documentaire réalisé en 1985 par Antoine de Maximy.
"A deux heures de Paris, dans un univers créé de ses mains, vit un homme, poète, sorcier, guérisseur, sculpteur, musicien : Roger Chomeaux dit Chomo. Depuis plus de vingt ans Chomo a créé un « Village d’Art Pré-Ludien », c’est à dire un ensemble de bâtiments étranges faits de matériaux de récupération, et qui servent de musée à son œuvre : des sculptures et des peintures de toutes sortes, faites également à partir de déchets trouvés dans les poubelles, ou ramassées dans la forêt : bois mort, plastiques, grillages, bouteilles, plate, métal… Vivant sans aucun confort, dans la plus totale pauvreté et la plus grande solitude, Chomo a pris l’habitude d’ouvrir au public ce qu’il appelle son royaume et de le faire visiter tous les samedis, dimanches et fêtes. "
J'ai eu une grande chance car le jour où j'ai visité l'exposition CHOMO, le commissaire de l'exposition Laurent Danchin faisait une visite guidée et parlait avec passion de l'artiste qu'il connait bien puisqu'il l'a rencontré et qu'il travaille à faire vivre son oeuvre ...
Je me suis jointe au groupe déjà constitué et ai pu profiter de l'enthousiasme d'un éminent spécialiste .
J'ai appris qu'une vente aurait lieu le 6 juin au château de Cheverny de 99 oeuvres (sur les 1000 existantes ), vente devant servir à sauver le lieu de création (aprés l'exposition de la Halle Saint Pierre, en effet, il n'est pas possible que les oeuvres retournent dans la forêt d'Achères)
Laurent Danchin a évoqué ces bâtiments "beaux comme des sculptures géantes" et a dit que" la nuit les vitraux sont hallucinants ".
Durant toute cette visite j'étais à la fois enthousiasmée par l'oeuvre et par le personnage de CHOMO mais aussi dans le total regret de n'avoir pu visiter le lieu magique, dans la tristesse de ne pas avoir rencontré l'artiste.
CHOMO en vrac :
- Chomo c'est l'homme des ruches , le " père déboussolé " , l'homme des grandes gouaches stylisées, des céramiques,de la technique des Bois Brûlés, des moulages de plâtre, des assemblages de verre cassé, des collages et des papiers froissés,des bouteilles, des sculptures de grillage et de plastique fondu, des masques en mosaïque de brique et de porcelaine, des poèmes et des expériences sonores , des sculptures en béton cellulaire, des grandes peintures bleues sur contreplaqué, des sculptures de plâtre blanc, des jouets stigmatisés(assemblage d'objets en plastique récupéré ), des Bois de sèverine, d'une maison recouverte de fresques, des tôles martelées récupérées dans les poubelles. C'est aussi le médium et le guérisseur (il faut regarder l'extrait proposé du film incantatoire de Clovis Prévost : "Chomo Le Débarquement Spirituel" .)
-" l'alcool abrutit l'imbécile et divinise le guide ".
- Chomo parlait à 300 à l'heure.
- Chomo n'a jamais rencontré Dubuffet.
- le monde l'animation et de la bande desssinée doit beaucoup à Chomo.
- " Les Bois de Séverine" viennent du mot sève car à la grande consternation de Chomo de jeunes gens venus l'aider avaient abattu un arbre vivant détruisant ainsi les esprits de la forêt.
- certaines sulptures s'appellent "les anges refusés".
-sa compagne a voulu défendre son oeuvre mais sans que l'on comprenne le pourquoi d'un geste aussi " iconoclaste" (le mot n'est peut être pas judicieux concernant CHOMO!) elle a effacé TOUS les textes écrits par Chomo.
Restent les photographies, seules traces de cette écriture parallèle ( née après la rencontre avec le poète André Vernier, dit Altagor ) .
-Le superbe film d'Antoine de Maximy (dont je reparlerai plus longuement) est à voir absolument.
- " en vérité on est toujours tout seul"
- Chomo évoque "l'ange du matin , l'ange du midi et l'ange du soir, celui du travail accompli ".
-" La nuit je suis un prince et le jour je suis un mendiant"
-" je travaille dans le rêve , la plupart de mes peintures c'est du rêve ".
-"Quelle empreinte auras- tu laissé sur la terre pour que ton dieu soit content".
- "Chomo, on ne peut pas le classer et il a mauvais caractère ".
- "La pensée s'incruste dans la pierre, la pierre elle va devenir quelque chose indépendamment de moi . Elle a un devenir ".
-"La musique doit être spontanée.La musique c'est un tzigane abandonné".
-"Quand tu as envie de créer, tu crées . La création doit être spontanée".
-" On est là pour faire une évolution, pas pour manger et faire l'amour".
-"Quand on brûle le bois on apporte une âme au bois. C'est plus beau que le bronze car cela respire ".
-Et cette phrase prononcée avec amertume "je suis surtout connu à l'étranger" .
Et ce texte de Laurent Danchin qui présente l'exposition :
" Il y a dix ans mourait Chomo, l’ermite de la forêt de Fontainebleau, artiste total à la fois poète, musicien, peintre, sculpteur, architecte, et auteur d’un film récapitulatif de toute son œuvre, plus long que le Mahâbhârata : Le Débarquement Spirituel. Une véritable légende vivante, dont l’empreinte est profonde sur tous ceux qui l’ont rencontrée.
Des milliers de visiteurs, de toutes conditions, ont été admis, au fil des ans, dans le territoire mythique de son Village d’Art Préludien, sur la commune d’Achères-la-Forêt, non loin du Cyclope de Tinguely et de la chapelle Saint-Blaise-des-Simples, où est enterré Cocteau, à Milly-la-Forêt. D’Angleterre, des Etats-Unis, d’Allemagne, du Japon, la télévision est venue filmer l’Eglise des Pauvres, le Sanctuaire des Bois Brûlés ou le Refuge, trois chefs d’œuvre de l’architecture spontanée de Chomo, réalisés, comme toute son œuvre, en matériaux de récupération : bois morts de la forêt, grillage, plâtre, bouteilles, tôles de voitures, glanés dans les sous-bois, les décharges publiques et les casses automobiles des environs.
Déjà, en 1960, les derniers surréalistes, André Breton, Dali, Joyce Mansour, Henri Michaux, mais aussi Cocteau, Anaïs Nin, le peintre Atlan, les galeristes Claude Bernard et Iris Clert ou même Picasso, avaient admiré, à Paris, les Bois Brûlés de Chomo, ses assemblages de verre et ses toiles lacérées, dans l’unique exposition qu’il devait consentir avant de se retirer du monde. Par la suite, sur les traces de Clara Malraux, mandatée en son temps par le Ministère des Affaires Culturelles pour faire protéger le site à ses débuts, des personnalités aussi différentes que Bernard Anthonioz, Jacques Attali, Henri-Claude Cousseau, Jean-Hubert Martin, se sont rendues dans le « Royaume » de Chomo, pour voir de plus près celui qui se disait aussi médium et guérisseur et vivait dans une telle symbiose avec ses abeilles qu’une séquence « choc » lui a été consacrée, en 1965, dans un film d’Edouard Logereau, Paris-Secret.
Bernard Lassus, Michel Ragon, les peintres Jean Revol, Lisette Combe et Jean de Maximy, le sculpteur Josette Rispal, les photographes Jean-Paul Vidal, Marcus Schubert, Jean-Claude David, Pascal Brousse, Minot-Gormezano, le psychiatre Gaston Ferdière, Michel Thévoz, de la Collection de l’Art Brut de Lausanne, Jean-Paul Favand du Musée des Arts Forains, John Maizels, de la revue internationale Raw Vision, et beaucoup d’autres ont été parmi les admirateurs et défenseurs de l’univers de Chomo. Clovis Prévost et Antoine de Maximy lui ont consacré un film. J’ai moi-même recueilli les souvenirs et les pensées de Chomo, dans un livre iconoclaste publié en 1978. France Inter, France Culture, Radio Libertaire sont venus enregistrer la poésie sonore, les musiques expérimentales et les propos détonants de cet écologiste avant l’heure, grand pourfendeur de la société de consommation, auquel une Fondation a même été un temps dédiée, destinée à protéger le lieu et l’oeuvre de Chomo.
Mais Chomo était un irréductible, et s’il avait décidé de poursuivre son œuvre en-dehors du circuit des galeries et du marché, payant sa rébellion au prix fort de l’inconfort et de la solitude, c’était pour préserver sa liberté totale d’esprit et de création, pour pouvoir sans entraves enseigner sa voie à tous ceux qu’il prenait au piège de son rêve, et pour rester jusqu’au bout fidèle à sa révolte contre une société qu’il estimait gravement dévoyée, sur une planète elle-même en grand danger.
Depuis dix ans, l’univers de Chomo n’est plus accessible au public, et ce créateur inoubliable, ce visionnaire tourmenté par tous les excès de l’inspiration, auteur de centaines d’expériences de tous genres en sculpture, peinture, poésie, musique, cinéma, est en passe de disparaître de l’écran de nos mémoires. Il était temps que la France reconnaisse cet artiste extraordinaire, trop longtemps cantonné dans les curiosités du bord des routes, et rende hommage à celui que le chanteur britannique Jarvis Cocker, dans son road movie Journeys into the Outside (Voyages dans l’ailleurs), tourné l’année même du décès de Chomo, considérait déjà comme un monument du XXème siècle. Ce sera l’honneur et la fierté de la Halle Saint Pierre d’avoir eu, la première, ce souci et ce privilège. Puissent, dans cette lancée, les pouvoirs publics prendre les décisions qui s’imposent afin de consacrer à Chomo, sur le lieu où il a vécu, le musée qu’il mérite. "
Heureuse aprés-midi que celle passée chez Valérie ! Son boudoir recèle des trésors, son sens de l'accueil est exceptionnel et son goûter un pur délice ! Demain sur mon blog les photos des essayages d'Apolline ou comment transformer une banale journée de vacances en un souvenir rare et heureux .....
Les Madeleines de Valérie :
-1 oeuf
-75 g de sucre
-75 g de farine
-65 g de beurre salé
-1 sachet de sucre vanillé
La " Pâte à Mamy " de Valérie :
Sur une pâte faite maison (250 de farine, 125 g de farine, 75 g de sucre et un peu d'eau)versez un peu de lait , ajoutez des noisettes de beurre salé,et saupoudrez de sucre.
L'idéal est d'utiliser des petits moules individuels !
Voici le blog de Valérie (elle est voix-off professionnelle ) :
J'avais hâte, vraiment hâte de voir cette exposition .
Quand autant de signes convergent et semblent vous "porter" vers quelqu'un, l'impatience est totale.
J'ai d'abord eu un peu d'angoisse (cette peur toujours d'être déçue) en voyant les immenses tableaux de MARIE MOREL .
Je m'attendais à de petits détails et m'apparaissaient des oeuvres gigantesques aux couleurs indéfinissables.
Ce que j'ai un jour écrit sur MARIE-CHRISTINE BOURVEN prend ici toute sa signification :
"Entrer dans l'univers de Marie-Christine Bourven c'est entrer dans un monde foisonnant de détails invisibles au premier coup d’œil..."
Lorsqu'on approche des tableaux, lorsqu'on entre dedans, on est comme happé, fasciné, émerveillé et là on pourrait rester des heures, des jours à déchiffrer les mots (les maux), les phrases, les incantations de MARIE MOREL .
Il y a une période sombre et douloureuse (je n'ai pu m'empêcher de penser aux fêlures de FREDERIQUE PROKOP), la noirceur de la Shoah, la sexualité difficile, les femmes battues, la face obscure de Marie et la luminosité d'oeuvres comme "Mon ange " où l'émotion et l'admiration me submergent.
Mon rêve pour 2010 serait de la rencontrer .
Posséder un tableau minuscule, une toute petite partie d'une si grande oeuvre !
Marie tu portes la paix .... et la douleur,
Marie, autant que tes couleurs, tes mots me font vibrer .
Moi je suis conquise, subjuguée, charmée, émerveillée, enchantée , ensorcelée !
Depuis hier, depuis toujours (?) MARIE MOREL enchante mon ordinaire !!!
Voici un texte extrait de " l'art caché " d' Aude de Kerros découvert grâce à Pascale Loufrani :
" Une certaine forme d'art contemporain est atteint par une marchandisation outrancière , la starification et la spéculation effrénée . L'art doit renouer avec sa fonction initiale : créer un choc sur le public pas forcement par le gigantisme ni la transgression mais par la subtilité : la sensation que donne l'artiste d'être imprégné de son environnement . La fonction purement hédoniste et apaisante de l'art n'est pas forcement suffisante . L'art peut déranger mais par la force de son contenu plastique non par son spectacularisme ? La peinture encore bien vivante remplie pleinement cette fonction et c'est parce qu'elle est en dehors des modes qu'elle traversera le temps . Qu'est ce qui peut bien à l'âge de la technologie planétaire pousser des gens à risquer leur existence a produire -encore- une image peinte faite de main d'homme? Le besoin d'un travail sur soi même , d'une perpétuelle métamorphose , de puiser dans l'entière connaissance de la tradition le sentiment raisonné et indépendant de sa propre individualité, de donner à voir des choses que les autres ne voient pas ... L'amour de l'art et l'activité du collectionneur qui en découle n'est nullement une question de budget ou d'érudition , et cette approche doit être instinctive et anti-élitiste.
.....et depuis peu (à la demande d'une de mes lectrices !) à la droite de mon blog, tout en bas après les archives du blog la liste des artistes que j'aime :
BERNARD COULON
XAVIER BERTHEAU
MARIE-CHRISTINE BOURVEN
FERO LIPTAKMELITTA CSORJAN
FREDERIQUE PROKOP
ANAIS COLIN
GODJO........
avec une photo d'une oeuvre et le lien vers une exposition rémoise (ou d'ailleurs!)
Superbe et étonnant travail que celui de FREDERIQUE PROKOP !
Après les fillettes rencontrées chez Rose et son Roman voici cette robe magnifique découverte sur son site ....
" Enclose est une robe dont la partie supérieure trône sur une crinoline en forme de cage enfermant un grand nombre de boules de mes propres cheveux. Cette pièce marque la fin d’une longue période de refus de montrer mon travail. A l’instar de la poussée et de la chute de mes cheveux mes idées ont continué à prendre forme par la pratique comme des objets autonomes qu’il faudrait maintenant laisser aller. Enclose parle donc de mon cheminement par rapport à l’acte de création : faire sans donner à voir. En retrait J’ai tissé ce qui s’échappait de moi. Contre toute attente, aujourd’hui, il y a une nécessité que je ne m’explique pas, une nécessité d’entrer dans une logique d’échange en donnant à voir mes travaux et en acceptant les regards qu’ils susciteront. C’est seulement maintenant que je m’autorise à être prête."
"Elle portait son habit de tempête, une longue robe noire, un tissu épais, ceux qui la connaissaient disaient que l'on pouvait lire dans ce tissu des mots cousus avec du fil noir.
DES MOTS EN FIL . ET QUE CES MOTS RACONTAIENT SON HISTOIRE ."