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samedi 29 août 2026

LATE PICASSO ... AU MUSÉE D'AALBORG

 

Si vos pas se font danois il vous reste quelques jours ( jusqu'au 6 septembre) pour découvrir cette très belle exposition !

 

 

 

 





























 

"Au Danemark, le musée Kunsten d’Aalborg consacre une exposition exceptionnelle aux dernières années de Pablo Picasso. Avec plus de 60 œuvres réalisées dans les années 1960 et 1970, " Late Picasso"  révèle un artiste octogénaire toujours animé par le désir de peindre, d’expérimenter et de surprendre.

À première vue, on pourrait croire que tout a déjà été dit sur Picasso. Le maître du cubisme, l’artiste de Guernica, le peintre aux multiples métamorphoses appartient depuis longtemps au panthéon de l’art moderne. Pourtant, à Aalborg, dans le nord du Danemark, une exposition entend déplacer le regard. "Late Picasso" présentée au Kunsten Museum of Modern Art Aalborg, s’intéresse à une période longtemps restée dans l’ombre : les dernières années de la vie de l’artiste.

Du 9 mai au 6 septembre 2026, plus de 60 œuvres réalisées au cours des années 1960 et 1970 sont réunies dans ce qui est présenté comme la plus importante exposition nordique consacrée à cette période depuis quarante ans.

Lorsque Picasso aborde les dernières décennies de sa vie, il n’a plus rien à prouver. Né en 1881 à Málaga, il a déjà révolutionné la peinture, bouleversé les codes de la représentation et traversé plusieurs des grands courants de l’art du XXe siècle. Mais loin de s’installer dans le confort de sa réputation, il continue de travailler avec une intensité étonnante.

C’est précisément cette énergie que l’exposition d’Aalborg veut faire ressentir.

Dans ses œuvres tardives, le geste devient souvent plus libre, plus rapide, parfois presque brutal. Les coups de pinceau sont larges, les couleurs franches, les figures volontairement déformées. Picasso semble peindre avec une urgence nouvelle, comme s’il cherchait à rattraper le temps.

L’artiste revient à des motifs qui l’accompagnent depuis des décennies : les autoportraits, les couples, les personnages historiques, les mousquetaires. Mais ces thèmes familiers apparaissent sous une forme renouvelée, plus spontanée, parfois presque enfantine.

L’un des intérêts majeurs de  "Late Picasso" est de montrer que la vieillesse n’est pas seulement un contexte biographique : elle devient un sujet artistique.

L’âge, le désir, l’amour, la mort et la créativité traversent les œuvres de cette période. Picasso observe son propre visage, son corps, son rapport au temps. Mais il refuse toute posture nostalgique.

Au contraire, ses tableaux tardifs donnent souvent l’impression d’un artiste qui recommence à zéro.

Cette liberté explique peut-être pourquoi ces œuvres, longtemps moins considérées que celles de ses grandes périodes historiques, apparaissent aujourd’hui sous un jour nouveau. Après la mort de Picasso, en 1973, une partie de cette production tardive a été regardée avec méfiance, voire comme une œuvre secondaire. Elle est désormais réévaluée par les historiens de l’art et considérée comme une étape essentielle de son parcours.

Ce qui frappe dans le Picasso tardif, c’est l’absence apparente de prudence.

À plus de 80 ans, l’artiste ne cherche plus à démontrer qu’il maîtrise la peinture : il semble chercher ce qu’il peut encore inventer. Ses œuvres peuvent donner une impression d’inachèvement, de rapidité ou même d’insolence. Mais cette apparente désinvolture est aussi une forme de liberté conquise au terme d'une vie artistique exceptionnelle.

La commissaire de l’exposition, Caroline Nymark Zachariassen, souligne justement cette énergie brute et cette manière de peindre qui peut donner l'impression d'œuvres presque inachevées, témoignant surtout de l'immense désir de créer qui animait encore Picasso.

C’est là que réside peut-être la véritable modernité de cette exposition : elle ne montre pas un Picasso arrivé au terme de son histoire, mais un Picasso qui continue de chercher.

L’importance de  "Late Picasso" tient également à son ampleur. L’exposition est le fruit d’une collaboration entre plusieurs institutions nordiques, notamment le PoMo de Trondheim, en Norvège, le Moderna Museet de Stockholm et le Kunsten d’Aalborg. Elle bénéficie également de la collaboration de la Fundación Almine y Bernard Ruiz-Picasso, ainsi que de prêts provenant de musées et de collections privées.

Le choix d’Aalborg n’est donc pas anodin. La ville danoise devient, le temps de quelques mois, un point de rencontre pour ceux qui souhaitent redécouvrir une facette moins familière de l’un des artistes les plus célèbres du XXe siècle.

Le musée Kunsten possède d’ailleurs lui-même des œuvres de Picasso dans ses collections, dont l’une des premières œuvres internationales acquises pour l’ouverture du musée en 1972.

À Aalborg,  "Late Picasso"  propose finalement plus qu’une rétrospective des dernières années du peintre. L’exposition pose une question simple et vertigineuse : que reste-t-il à inventer lorsqu’on a déjà révolutionné l’histoire de l’art ?

La réponse de Picasso semble tenir dans chaque coup de pinceau : continuer.

Continuer à regarder, à déformer, à recommencer. Continuer à peindre malgré l’âge et malgré les conventions. Les dernières œuvres de Picasso ne ressemblent pas à un adieu. Elles ressemblent plutôt à une affirmation de liberté.

À l’approche de ses dernières années, Picasso ne paraît donc pas vouloir conclure son œuvre. Il semble vouloir la maintenir ouverte.

Et c’est peut-être ce qui rend cette exposition d’Aalborg si fascinante : elle nous rappelle que la modernité, chez Picasso, n’était pas un style. C’était une attitude."

 

 

 

UN LIEN QUI EN PARLE 

(cliquer)

 

 Kunsten Museum of Modern Art, situé au Kong Christians Allé 50 à Aalborg au Danemark

 

 JUIN 2026 

 

 

 

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