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jeudi 15 janvier 2026

LE VITRAIL DU VIVANT DE PHILIPPE LOUIS COUDRAY


Il y a des partages facebookiens qui méritent d'être lus ....

Merci Philippe Louis Coudray pour ce texte magnifique.


 


 

Le vitrail du vivant

Il arrive, dans le silence diffus des heures suspendues, que le monde se révèle non par éclat, mais par effacement. Ainsi l’aile de la libellule — posée là comme un soupir figé sur le bord du visible — ne se donne pas au regard, elle le recueille.
Sa transparence n’est pas absence, mais densité subtile : une architecture de souffle et de lumière, un réseau de signes que le temps a laissés intacts, comme on conserve dans l’écume des songes les débris légers d’un continent englouti. Il y a dans cette aile quelque chose d’un manuscrit ancien, que l’on ne lit pas mais que l’on écoute — à peine — à travers l’épaisseur du silence.
Chaque nervure, chaque cloison de verre poli semble le fruit d’un patient oubli du tumulte : un dessin qui s’est formé dans la lenteur, loin du feu des hommes, dans l’atelier discret des choses qui n’ont pas besoin de nom pour exister. C’est une forme d’ordre sans volonté, un équilibre plus ancien que nos lois.
Le regard, d’abord ébloui, s’apprivoise. Il cesse de chercher un sens, une fonction, un pourquoi. Il entre, peu à peu, dans cette présence — non pas pour comprendre, mais pour s’accorder. L’aile devient alors moins un objet à voir qu’un seuil à franchir. On y perçoit un autre rythme, une autre gravité. Rien ne presse. Tout repose.
Et dans ce repos, quelque chose se dit. Non pas par mots, mais par l’évidence d’un silence plein, d’un espace où l’âme enfin trouve à s’étendre, à ralentir. L’aile ne vole pas, elle veille. Elle est là, comme une respiration lente du monde, comme une prière sans adresse.
On comprend alors que la contemplation n’est pas un acte, mais une qualité du regard — celle qui permet au monde d’exister autrement qu’à travers nos usages. L’aile, dans sa fragile permanence, devient alors une offrande : non pour être prise, mais pour être habitée.

Et le silence qui s’ensuit n’est plus vide. Il est le lieu même de la présence.
 
 
 
 
 
 
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