Les Grigris de Sophie ce sont bien sûr des broches, des colliers et des sacs … mais c’est aussi un blog !

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Mais c’est aussi un blog ! Un blog dans lequel je parle de CEUX et de CE que j’aime …
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Vous trouverez ici des artistes, des lieux insolites, des recettes, des films, des expositions, des musiques, des spectacles, des photographies d’amis ….
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dimanche 30 août 2026

ORLYGUR KRISTFINNSSON AU ART MUSEUM A AKUREYRI

 


 

Il y a, dans les voyages, des découvertes que l’on avait soigneusement inscrites dans un programme, et puis il y a celles qui arrivent sans prévenir. Une porte que l’on pousse, une salle dans laquelle on entre presque par hasard, une œuvre devant laquelle on s’arrête plus longtemps que prévu.

C’est ainsi que j’ai découvert Örlygur Kristfinnsson au Musée d’art d’Akureyri, en juin, au nord de l’Islande.

Je suis venue pour l’Islande, pour ses paysages, sa lumière, ses immensités. Et c’est finalement dans une salle de musée que j’ai rencontré une autre Islande : celle de la mémoire. Une Islande qui se souvient de ce qu’elle a perdu.

 

 

 

 

 

 

Une histoire de mer, de solitude, de nature, de mémoire et de disparition.

 



En Islande, le paysage semble déjà appartenir à une autre temporalité. La terre volcanique, les montagnes, les champs de lave, les falaises et l’océan donnent constamment l’impression que le temps humain n’est qu’une parenthèse. Alors, lorsque l’artiste utilise des matériaux venus du bord de mer, les œuvres semblent prolonger naturellement le paysage extérieur. Comme si la mer elle-même avait conservé quelques fragments de cette histoire. L’artiste devient alors moins un peintre qu’un passeur de mémoire. Et le grand pingouin, peu à peu, cesse d’être simplement un oiseau disparu. Il devient une figure.

 







Il y a des expositions que l’on visite et d’autres que l’on emporte avec soi. Celle d’Örlygur Kristfinnsson au Musée d’art d’Akureyri appartient à la seconde catégorie. Découverte en juin, au détour d’un séjour en Islande, elle m’a laissé une impression singulière : celle d’entrer dans l’histoire d’un oiseau que je ne connaissais pas, et de comprendre peu à peu qu’il était aussi question de nous.

Au Musée d’art d’Akureyri, dans le nord de l’Islande, Örlygur Kristfinnsson consacre son exposition Sýning um heilagan fugl  (Exposition sur un oiseau sacré) à une créature presque légendaire : le grand pingouin, ou geirfugl en islandais. Une œuvre qui tient à la fois du récit, de la mémoire et de l’avertissement.

Né à Siglufjörður en 1949, Örlygur Kristfinnsson a étudié à l’École islandaise des arts et métiers entre 1969 et 1973. Longtemps peintre, puis davantage attiré par l’aquarelle, il a également consacré une grande partie de sa vie à la mémoire culturelle de son pays. Pendant vingt-cinq ans, il a dirigé et conçu les expositions du Musée de l’ère du hareng, à Siglufjörður. Restaurateur de maisons anciennes et auteur de livres consacrés à la vie durant les années du hareng, il est un artiste profondément lié à la mémoire des lieux et aux traces laissées par les générations précédentes.

Dans cette exposition, son regard se porte sur une disparition.

Le grand pingouin n’est pas une invention. Il a réellement existé. Oiseau marin incapable de voler, il vivait autrefois en grand nombre dans l’Atlantique Nord. Sa silhouette rappelle vaguement celle d’un manchot, mais il n’appartenait pas à la même famille : c’était un alcidé, proche des macareux et des guillemots. Sa particularité — ne pas pouvoir voler — en faisait une proie particulièrement facile pour l’être humain.

Les derniers grands pingouins connus furent capturés sur l’île d’Eldey, au large de la côte sud-ouest de l’Islande, le 3 juin 1844. Ils furent tués pour être vendus à des collectionneurs et à des commerçants. Avec eux disparaissait une espèce entière.

C’est précisément cette histoire que Kristfinnsson transforme en matière artistique.

L’exposition réunit aquarelles, sculptures en argile et installations composées notamment d’objets trouvés sur le rivage. Ce choix des matériaux est particulièrement évocateur en Islande : le bord de mer devient une sorte d’archive naturelle. Bois rejeté par les vagues, fragments, coquillages et autres traces échouées semblent porter en eux la mémoire de ce qui a disparu.

Le grand pingouin devient alors plus qu’un sujet. Il devient un symbole.

Le Musée d’art d’Akureyri présente l’oiseau comme une représentation de toutes les espèces menacées d’extinction, petites ou grandes. Le destin du geirfugl résonne ainsi avec une actualité qui dépasse largement l’Islande : que reste-t-il d’une espèce lorsque l’homme a cessé de la voir comme une présence vivante et commence à la considérer comme un objet à posséder, à collectionner ou à conserver dans un musée ?

C’est peut-être là que réside la force de cette exposition.

En entrant dans la salle, on pourrait croire que l’on vient simplement découvrir le travail d’un artiste islandais. On rencontre finalement une absence. Celle d’un animal autrefois familier dans les paysages de l’Atlantique Nord et dont il ne subsiste aujourd’hui que des spécimens naturalisés, des représentations et la mémoire collective.

Le titre même, "l’oiseau sacré", donne à cette disparition une dimension presque spirituelle. Le grand pingouin devient une sorte de figure tutélaire de la fragilité du vivant. Sa disparition a d’ailleurs contribué, en Islande, à faire naître une réflexion plus large sur la protection des espèces vulnérables. C’est ce qui rend la découverte particulièrement marquante.

On pourrait attendre d’une exposition consacrée à un oiseau disparu qu’elle soit documentaire, voire nostalgique. Örlygur Kristfinnsson choisit plutôt la poésie. Il ne cherche pas seulement à raconter la fin du grand pingouin : il lui redonne une présence.

Et cette présence est troublante.

Car le visiteur sait que l’oiseau que l’artiste fait apparaître devant lui n’existe plus. Il est réel, mais absent. Familier, mais impossible à rencontrer. L’œuvre se situe précisément dans cet espace fragile entre le souvenir et l’imagination.

L’exposition d’Örlygur Kristfinnsson est ainsi une belle découverte, mais aussi une découverte qui laisse une trace. Celle d’un artiste qui transforme la mémoire d’un oiseau disparu en une méditation délicate sur notre rapport à la nature et sur notre responsabilité envers ce qui est encore là.

 

 

 L'ISLANDE ET LES GRIGRIS DE SOPHIE 

LES FEROE ET LES GRIGRIS DE SOPHIE 

 (cliquer) 

 

 JUIN 2026 

 

samedi 19 janvier 2013

UN LIEU D'ART BRUT EN ISLANDE A REYKJAVICK : CHEZ HRAFN GUNNLAUGSSON


 Ces photos ont été prises à Reykjavik par Patrick Chevallier...
 
 Je rêvais d'Islande encore une nouvelle raison d'y aller !















C'est une création de Hrafn Gunnlaugsson, appelée Raven's Nest me dit mon ami 
HENK VAN ES (Voici un lien vers son blog ICI )
 
"Gunnlaugsson, né à Reykjavik le 17 juin 1948, après ses études primaires, a étudié à Stockholm, en Suède, à l'université et à l'Institut dramatique, où il s'est qualifié pour la réalisation de films.

Dans les années 1970, il est devenu un cinéaste réputé, qui a fait connaître l'industrie cinématographique islandaise à l'échelle internationale grâce à ses films, certains se déroulant à l'époque des Vikings, d'autres dans l'Islande moderne.
 
Gunnlaugsson épouse Edda Kristjánsdóttir et le couple aura quatre enfants.

En 1977, il achète la maison et le terrain environnant qu'il transformera, au fil des ans, en un environnement artistique. La propriété est située en bordure de Reykjavik, un endroit chargé d'histoire, puisqu'il abritait autrefois un hôpital, un cimetière et les casernes de l'armée britannique pendant la Seconde Guerre mondiale.

En raison de cet achat, le projet de la municipalité de démolir le bâtiment a été annulé.
 
Ainsi, cet environnement artistique est une collection multiforme de toutes sortes d'objets collectés.

Un guerrier viking rouillé, dressé dans un coin, accueille le visiteur, un corbeau sur le toit garde un œil sur les choses, il y a des dieux nordiques, des divinités chrétiennes et des icônes bouddhistes, il y a aussi des sculptures faites à partir de vieux morceaux de bateaux, quelque 160 pierres massives provenant de diverses régions d'Islande reposent autour, des installations en fer avec de grosses boules rondes se dressent entre les plantes et décorent le toit et un balcon ......

Il s'agit d'une collection qui évolue constamment et dont la composition change, difficile à décrire par thème, mais dans laquelle chaque objet a sa place et fait partie de toutes ces choses avec lesquelles Gunnlaugsson entretient une relation de confiance.
 
 La maison résidentielle se trouve au centre du site. Ses murs extérieurs sont décorés de masques tribaux et de talismans religieux.

Le rez-de-chaussée de la maison n'a pas de murs intérieurs qui divisent l'espace, un vestige des temps anciens qui est resté inchangé.

La cuisine, la salle à manger et le salon se trouvent donc tous dans un même espace, qui comprend bien sûr diverses collections, comme un ensemble d'objets de collection anciens dans la cuisine, des peintures sur toile représentant des corbeaux, des reproductions de peintres français, toutes sortes d'objets fabriqués par les enfants dans leurs jeunes années, ainsi que de nombreux livres et films.
 
 
Hrafn Gunnlaugsson
Ravens nest (Nid de corbeaux)
le long d'une route secondaire de la route principale Laugarnestangi
Reykjavik, Islande
peut être vu de la route
 
 

(cliquer)


mardi 15 septembre 2026

L'EXCEPTIONNELLE COLLECTION DE PETRA SVEINSDOTTIR A STODVARFJORDUR EN ISLANDE

 

 " La collection de pierres de Petra raconte l'histoire de la nature islandaise. Plus qu'un simple musée minéralogique, elle retrace le parcours d'une femme extraordinaire qui a déplacé des montagnes, pierre après pierre. Petra a consacré sa vie à la beauté de la Terre et à la partager avec le monde entier.
Avec passion et minutie, Petra a consacré des décennies à la création de sa collection. Celle-ci compte aujourd'hui des milliers de pierres, chacune avec sa propre histoire, sa couleur et sa forme. Cristaux de quartz étincelants, jaspes multicolores, zéolites insolites et obsidienne d'un noir profond accueillent les visiteurs, au milieu des fleurs parfumées du jardin." 

Pour moi ce fut une passionnante et émouvante visite, lorsque le minéral et le végétal se mêlent c'est un grand bonheur, lorsque derrière tout cela il y a une passion, la quête de toute une vie on ne peut qu'être heureux d'être là.  

 

   



 





























 

À Stöðvarfjörður, petit village posé au bord des fjords de l’est de l’Islande, il existe un lieu singulier où le temps semble s’être arrêté. Derrière les murs d’une maison, des centaines de pierres racontent une histoire qui n’est ni celle de la géologie, ni celle d’un musée ordinaire. C’est l’histoire d’une femme, Petra, et d’une passion qui aura accompagné toute son existence.

Pendant des décennies, Petra a parcouru les paysages de l’Est islandais à la recherche de pierres. Elle les trouvait au bord des chemins, dans les montagnes, sur les plages ou dans les terres volcaniques. Elle les ramassait, les rapportait chez elle, les observait. Puis elle les classait avec patience, comme on rassemble les fragments d’un monde que l’on voudrait préserver.

Aujourd’hui, sa collection impressionne par son abondance, mais surtout par sa poésie. Les pierres sont organisées par couleurs, formes et aspects. Certaines sont translucides, d’autres sombres et profondes ; certaines semblent polies par les éléments, d’autres portent encore les traces de leur naissance. Ensemble, elles composent une étonnante palette minérale, comme si les paysages islandais avaient été démontés pierre après pierre avant d’être soigneusement réunis ici.

Mais réduire cet endroit à une simple collection serait passer à côté de son essence. Car ici, chaque pierre est aussi le témoignage d’un geste. Celui de Petra qui, année après année, a pris le temps de regarder ce que d’autres auraient laissé derrière eux.

La collection accueille également des sculptures et des objets qui prolongent cet univers minéral. Parmi eux, des bois de rennes recouverts de mousse semblent avoir été déposés là par la nature elle-même. Leur présence introduit une autre dimension : celle d’un paysage vivant, où la roche, le végétal et l’animal se rencontrent.

Il y a quelque chose de profondément émouvant dans cette accumulation. Non pas l’émotion spectaculaire que peuvent provoquer les grandes œuvres ou les monuments célèbres, mais une émotion plus intime, presque silencieuse. Celle que l’on ressent face à une vie entière consacrée à une obsession douce : chercher, trouver, conserver.

Petra n’a pas seulement collectionné des pierres. Elle a collectionné des instants. Chaque morceau de roche porte en lui le souvenir d’un lieu, d’une promenade, d’une découverte. La collection devient ainsi une sorte de journal intime sans mots, écrit avec des pierres plutôt qu’avec de l’encre.

Dans ce petit coin de l’Islande, le visiteur comprend peu à peu que la valeur de ces centaines de spécimens ne réside pas uniquement dans leur rareté ou leur beauté. Elle réside dans le temps qui les relie. Des années de marche, de curiosité et de patience sont là, sous nos yeux.

C’est peut-être ce qui rend la collection de Petra si particulière. Elle ne cherche pas à impressionner. Elle témoigne.

Et lorsque l’on quitte Stöðvarfjörður, on emporte avec soi une impression étrange : celle d’avoir pénétré, l’espace de quelques instants, dans la mémoire d’une femme. Une mémoire faite de pierres, de couleurs, de mousses et de paysages.

Une collection comme une vie entière en fragments et la preuve bouleversante qu’une quête personnelle, poursuivie avec constance pendant des décennies, peut finir par devenir un patrimoine partagé.

 

 

 SUR WIKIPÉDIA 

 LE SITE DE PETRA 

 (cliquer) 

 

 POUR ISABELLE ET AMAR 

 

JUIN 2026  

 

 Emplacement

 Collection de pierres de Petra 

Fjarðarbraut 21, 755 Stöðvarfjörður 
La collection est située au cœur de Stöðvarfjörður, le long de la Route 1 (la Route circulaire), ce qui en fait une étape idéale pour les voyageurs curieux explorant l'Islande.

Horaires d'ouverture
 
Ouvert de 9h00 à 17h00, tous les jours du 1er mai au 15 octobre