Les Grigris de Sophie ce sont bien sûr des broches, des colliers et des sacs … mais c’est aussi un blog !

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Mais c’est aussi un blog ! Un blog dans lequel je parle de CEUX et de CE que j’aime …
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Vous trouverez ici des artistes, des lieux insolites, des recettes, des films, des expositions, des musiques, des spectacles, des photographies d’amis ….
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mardi 16 août 2016

LE MUSEE DES MEUBLES MODESTES D'ALAIN FORNELLS VU PAR LAHCENE ABIB

Le journaliste-photographe professionnel  LAHCENE ABIB est entré en contact avec moi car lui aussi est passionné d'Art Brut .
Il a réussi à intéresser le magazine Le Parisien Magazine par une série d’été.
Ainsi depuis le 8 juillet et pour 7 semaines a lieu chaque vendredi une publication de 4 pages sur un lieu emblématique de  l’Art Brut et de l’Art du Bord des Routes . 
Les lecteurs ont pu découvrir le « Musée Robert TATIN » à Laval,  Danielle Jacqui « Celle qui peint », GORODKA de Pierre Shasmoukine, Le Palais du Facteur Cheval à Hauterives.... et un lieu que je ne connais pas le Musée des Meubles Modestes à BASSAN (Béziers).
Le voici aujourd'hui sur les Grigris  avec pour accompagner les PHOTOS de LAHCÈNE ABIB un TEXTE D’ANNE-CLAIRE GENTHIALON

















Les meubles qui parlent 

A Bassan dans l’Hérault, à quelques kilomètres de Béziers, Alain Fornells a créé un « Musée des meubles modestes ». 


"Il y a Henri, le buffet oscillant. Antonio, un bahut tout rouge. Gaston, un chevet surmonté d’un phare d’automobile. Dans cette maison, le mobilier est doté de parole. Et chacun raconte son histoire. Des récits dans lesquels on croise des créatures imaginaires, des réfugiés espagnols, des ruelles étroites ou des amourettes entre un garagiste et une vendeuse de fruit. A travers leurs grincements, leurs formes étranges, leurs couleurs, ils dévoilent leurs secrets. Et seul Alain Fornells comprend leur curieux langage. 
A Bassan, dans l’Hérault, il a aménagé voilà bientôt seize ans un « Musée des meubles modestes » dans la maison qu’il a retapé et qu’il occupe avec sa femme et ses filles. Ce retraité de 63 ans propose, grâce à ses créations à mi-chemin entre les jouets en bois et le meuble rustique, une déambulation poétique.« Le meuble est un objet qui porte l’empreinte des devoirs quotidiens. C’est un contenant qui fonctionne comme la mémoire. Une part de son contenu est vite accessible, une autre fraction est plus cachée, un peu oubliée…», explique-t-il. Les meubles qu’il construit sont volontairement « inutiles ». Ils sont bâtis à partir de «délaissés » comme il les appelle: cagettes, vieux bidons d’huile, caisses en bois, roulement à billes….Récupérés à Emmaus, dans les décharges ou dans les brocantes. « Je respecte ma règle du jeu: je n’utilise que des matériaux simples et des techniques pauvres. » Car Alain Fornells, n’est ni ébéniste, ni menuisier. Pendant des années, il a été infirmier libéral.« Mes meubles sont inspirés du bricolage des anonymes confrontés à la pauvreté. En les fabricant, je retrouve une manière de faire d’autrefois. Comme lorsque, enfant, je voyais dans les grangettes de vignes des petits meubles faits de planches clouées par des saisonniers. » 
Sous les poutres de sa maison du 17 ème siècle, avec sa voix douce, teintée d’accent du Languedoc, Alain Fornells convie ses visiteurs dans un pays imaginaire où résonnent ses propres souvenirs d’enfance. Où chaque meuble est dédié à un personnage, un lieu ou un évènement et constitue un maillon d’un conte moitié fantastique, moitié authentique à travers lequel il se dévoile. Devant un grand sablier en bois, il révèle.« Je dis bien des choses grâce aux meubles, seul moyen dont je dispose, seul espace où les exprimer. Mes meubles sont mes supports matériels de mémoire. Ils me rappellent des personnes que j’ai connues et m’aident à vous en parler» Les saynètes s’enchainent. Le voilà qui grimpe sur un buffet qui bascule pour raconter l’histoire d’un bateau pris en pleine tempête. Dans d’autres meubles, Alain Fornells a caché des mécanismes pour jouer avec les sonorités. Des billes stockées dans la corniche en haut d’un meuble figurent une « cascade de souvenirs cristallisés ». 
Il s’amuse, avec les logos, les noms de marques trouvées sur ses cagettes. Dans un chiffonnier, Alain Fornells a aménagé une chambre de malade miniature. Avec, en guise de tapisserie, des publicités anciennes pour des médicaments récupérées dans de vieux journaux. Théâtral, ce timide boit une petite fiole. « Céphalose, une dose et tu oses! ».
Il raconte également la ruralité, les anecdotes des vignes racontées par ses grand-parents, a ressuscité la camionnette de l’épicerie ambulante d’antan. Souvent, des paroles en Occitan, des expressions locales s’invitent dans son récit. Comme pour ses matériaux, Alain Fornells glane ces mots. « Il a fallu que je constitue un nuage de paroles. J’écoute des phrases dans les rues des villages », explique t-il. « Mais je puise aussi dans mes souvenirs: il y a beaucoup de gens qui sont partis, qu’on entend plus. » Comme sa grand-mère qui lui répétait , petit, qu’il était « chocolat Meunier : tu crains la chaleur et l’humidité». Avec ses meubles, il concrétise ces petites phrases qui s’effacent petit à petit, ce patrimoine oral voué à s’évaporer. « C’est perdu mais ce qui me console c’est que cela laisse place à l’imaginaire. »
Le ton se fait parfois plus grave. Comme devant un coffre en planches de palettes bleues,un mémorial pour les 118 marins marins russes du Koursk. Ou devant Policakarpov, une commode sur laquelle se balance, au bout d’un gros ressort, un avion en zinc.  « C’est un avion russe qui, s’il était venu en aide, aurait pu changer la donne pour les républicains espagnols pendant la guerre civile de 1936. » Son père, Salvador, a fait parti des réfugiés. Des tiroirs, Alain Fornells extrait des masques en papier mâché. « Lola, anarchiste, Ramon, emprisonné sur dénonciation mensongère… » Et rend hommage à ces disparus qu’il n’a jamais connu.
A mi-chemin entre l’art de rue et l’ébenisterie, il se plait à ne pas être catalogable. Ses meubles, déjà exposés en dehors de sa maison, lui ont permis de se créer un espace de douce songerie dans une société où il n’est plus possible de rêver « On n’expose pas, on ne crée pas parce que c’est beau, on crée pour trouver un autre langage on crée ce qui manque à notre vie. » Et retire beaucoup de fierté à offrir à ses visiteurs  avec de simples meubles « une parenthèse de merveilleux dans le quotidien ». "




UNE VIDÉO

LE LIEN VERS LE PARISIEN MAGAZINE

(cliquer)


L’imaginaire emménage à Bassan
2, rue des Remparts, Bassan (Hérault).
Tél. : 04 67 36 11 91.

Horaires : sur rendez-vous uniquement.
Entrée : Visite simple : 2 €. Visite contée : 5 €.


Quelques visuels des parutions ...



LE MUSÉE PICASSIETTE ICI


LE MUSÉE ROBERT TATIN ICI


LA FABULOSERIE ICI



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