Les Grigris de Sophie ce sont bien sûr des broches, des colliers et des sacs … mais c’est aussi un blog !

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Mais c’est aussi un blog ! Un blog dans lequel je parle de CEUX et de CE que j’aime …
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Vous trouverez ici des artistes, des lieux insolites, des recettes, des films, des expositions, des musiques, des spectacles, des photographies d’amis ….
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mardi 30 juin 2020

LES VANITES DE FLORENCE JOLY VUES PAR ANOUK RUDIGOZ

Je suis heureuse de vous présenter aujourd'hui sur les Grigris un texte d'Anouk Rudigoz sur une artiste qu'elle aime tout particulièrement : FLORENCE JOLY.
D'autres textes suivront évoquant différentes facettes du travail de l'artiste.




1.    La mort nous regarde droit dans les yeux. Ses sourcils sont des doigts qui caressent une jeune fille fleur.  En elle et autour circulent des énergies très fortes, des courants, des éléments organiques vibrants, animés. C’est une vision de la mort qui regorge de vie. Ici la mort est totémique, protectrice, rassurante. On aimerait s’approcher, être pris dans ce courant. D’ailleurs on voit ici plusieurs personnages, des femmes, des poissons.  L’impact des symboles est renforcé par la virtuosité technique : à l’opposé de l’art dit brut, nous sommes ici en présence d’une artiste cultivée, hyper douée, qui maitrise parfaitement son art. Néanmoins sa vision est tout à fait singulière, c’est un travail qui jaillit de l’intime et qui a, tout en douceur, des choses importantes à nous dire.





2.   De profil, la mort déesse, reine des fleurs. Ses yeux sont des algues, des pétales ; de son crâne jaillit une exubérante nature. La mort, décomposée, favorise la vie. En prenant du recul, en élargissant notre point de vue, il est possible de comprendre que ce cycle intelligent ne devrait pas nous effrayer. On le perçoit ici, on touche du doigt ce grand mystère : la mort et la vie dansent un même ballet. Tout se rejoint dans le cycle cosmique, tout se régénère, dans un merveilleux équilibre. La beauté du dessin et la pureté de l’intention qui l’ont fait naître font mouche. C’est un dessin qui jaillit de la source de l’être, qui nous parle parce qu’il nous raconte – tous.


3.Barroco. La mort, parée de ses plus beaux atours, la mort à l’allure de dandy, sophistiquée, raffinée, s’avance, réjouie, vers le bal que les ténèbres donnent en son honneur. Ses orbites vides sont des puits de noirceur sans fond où l’on plonge avec effroi mais elle, cela la fait rire et la réjouit. Les ondes de son rire se diffusent autour d’elle ; l’espace en est (merveilleusement) contaminé.  La mort resplendissante a les dents du bonheur. Comme tout semble vivant en elle et autour d’elle ! On se laisse emporter par l’énergie, le mouvement du dessin et ce face à face nous interroge. Nous sommes dans l’intériorité de l’artiste – et dans la nôtre.




4.   La mort, de profil, dont les orbites vides évoquent des lunettes d’aviateur dans lesquelles se reflètent de jolies jeunes filles, semble se réjouir de ce qu’elle contemple : nous peut-être, notre incapacité à être au monde sans causer de dégâts, nos errances, notre obstination à nous perdre. Tout cela l’amuse peut-être profondément. C’est qu’elle, elle est affranchie de ces affres, et pour cause ! Elle, dans sa souveraine transparence, peut se laisser traverser de toutes parts. Elle et l’environnement ne font qu’un, dans une jouissive fusion.Et de son crâne surgit une présence féminine, l’artiste elle-même sans doute, qui peut « percer » la mort et son mystère, par la magie du dessin !

 




Épilogue.

Face à moi sur le mur de mon petit salon, un singe aux yeux écarquillés qui est aussi une fleur semble observer, sidéré, le monde et ce que nous en avons fait. Une jeune femme mélancolique, à l’allure médiévale, chevauche une vanité ricanante et semble méditer quelques sombres pensées.
J’ai tout de suite aimé ce dessin qui clôture la série sans vraiment en faire partie. La Dame a apprivoisé la Mort.Quelque chose nous bouleverse dans cette image, comme dans toute la série : force et douceur, passé et présent, vie et mort… et si tout cela n’était qu’une comédie aigre-douce à laquelle nous nous identifions? « Quoiqu’il arrive, tout est bien » semble dire la mort héroïne de Florence Joly. Tout est dans le regard qu’on porte sur les choses.Si nous mettons de côté nos préjugés, alors la beauté se révèle : elle a toujours été là. Tout comme le talent immense de l’artiste dont on parle ici, et son exigence. Sa subtilité et sa douceur. Elle fait de l’art doux qui est aussi singulier que l’art brut.  Cela peut dérouter, peut-être ; et pourtant, il s’agit bien de singularité.





1 commentaire:

Unknown a dit…

Très beau texte et ressenti sur le travail de Florence Joly, bravo!